Homo, bi, hétéro,


Une autre vision du monde gay et lesbien.
Moins de stéréotypes, plus d'information.
  Articles

Ta vie
  Coming-out
  Expériences vécues

Infos, conseils
  Coming-out
  Réflexions, Conseils
  Homoparentalité
  Santé et prévention
  Dépression, suicide

News
  Général
  Et-alors
  Edito et-aloriens

Sorties
  mEAtings
  Boites
  Bars
  Assos
  Gay Pride

Art et Culture
  Ciné, DVD
  Livres
  Musique
  Cuisine
  Divers

Humour
  Electrolook
  Guide du tchat gay
  Guide de la Vie Gay
  Divers

champ contre champ de Veronique Breger
par lulu galipette le 7 Janvier 2006 dans Art et Culture / Livres
4 commentaires




analyse d'un roman lesbien aux éditions KTM

Et pourquoi après tout ne reviendrions nous pas sur quelques livres lesbiens des éditions KTM plus tout neufs ? (si on peut dire au seuil de 2006 qu’un livre de 2004 n’est plus tout neuf…ce qui est signe de bonne santé des éditions lesbiennes…et également de la bonne santé du lectorat qui consomme de plus en plus)
Ce livre que je viens de dévorer en quatre heures de temps (indicateur sûr qu’il n’est pas d’une approche trop amphigourique et que mes neurones verts, enterrés sous l’épidémie de gastro la plus importante des ces quinze dernières années ont tenu le coup malgré tout avec plaisir à la lecture de cet opus est réjouissant.
L’histoire : deux femmes, la première lesbienne assumée (Eva) et la seconde hétérotte en phase de rupture (Mathilde) se rencontrent au rayon BD de la Fnac autour d’un tome mettant en scène une blonde pulpeuse. Dès lors, sans surprise, on attend un dénouement programmé depuis la première page jusqu’à la fin et l’auteur s’ingénie à différer le rapprochement inéluctable de ces deux femmes splendides jusqu’aux cinq dernières pages (à croire qu’il n’y a réellement que le vieux truc de l’amour empêché, impossible, différé, lointain, caché, inavouable et le tout cumulé qui soit capable de faire vibrer au 21ème siècle…mais ça marche !) Heureusement qu’une part de second degré fait sourire lorsque les ficelles sont exposées avec tant d’évidence qu’il serait tragique de ne pas voir que c’est fait exprès.
Côté image ensuite, ce sont des lesbiennes non typées loin de certains clichés fournis concernant la masculinité de la lesbienne: la première est affublée d’une fortune mammaire relativement fascinante à en croire l’échappée belle répétée du regard de l’hétérotte de service vers son décolleté à la première entrevue, et d’une seconde protagoniste revêtue d’un tailleur strict tout du long. (Exception faite d’un peignoir sous lequel…mais ne révélons pas tout !!)
Mathilde passe du statu d’hétérotte à celui de lesbienne ravie de le devenir. On reste sur l’idée que l’amour est plus une question d’affinités électives que de sexe et que l’on peut n’être pas tout à fait lesbienne mais simplement amoureuse d’une femme au singulier… Pourtant la seconde protagoniste aligne avec plus ou moins de bonheur les conquêtes depuis longtemps et trouve une sorte de rédemption en refusant in extremis les avances répétées d’une ex.
Les personnages conventionnels sont peu développés dans leur complexité, malgré les fréquents retours en « champ » « contrechamp » qui structurent le livre. Il se déroule ainsi : description d’une scène vécue du point de vue de Mathilde puis de celui d’Eva. Au fil du roman, la distance déjà faible au départ entre deux visions s'affaiblit encore. On sent qu’un rapprochement s’effectue peu à peu jusqu’à rendre le désir de l’une égal à celui de l’autre. Si l’idée n’est pas mauvaise, peut-être les similitudes sont elles à ce point prégnantes qu’elles en amoindrissent considérablement l’intérêt d’une relecture, n’était l’incontournable aspect romantico-sentimental de l’ensemble qui rend toujours agréable la duplication de LA scène sensuelle de l’ouvrage.
L’étreinte finale est digne des plus beaux romans de gare, mais tellement attendue qu’elle en devient succulente (à croire que rien n’y fait, même sans le vouloir et en ayant conscience du cliché on s’y laisse prendre et on savoure les résurgences personnelles les plus intenses. La lesbienne aurait-elle désespérément besoin d’une iconographie romantique y compris et peut être surtout sexuelle? Sans doute est-ce là un passage obligé vers la structuration de notre identité, et la faire vivre ainsi c’est un bon point !)
Côté vraisemblance enfin, on sera surpris lorsque la lesbienne assumée d’une trentaine d’année (à vue de nez) du roman qui vit dans le Marais, enchaîne les conquêtes aux conquêtes et dont on comprend qu’elle noie le chagrin d’une rupture dans une autre aventure, hésite durant 158 pages à faire l’aveu de son homosexualité à sa dulcinée. Ensuite l’hétérotte se révèle abruptement au travers d’un fantasme qui lui fait directement imaginer…elle-même baisant les seins nus de sa courtisane…un peu abrupt comme réveil. Elle ne s’en remet d’ailleurs pas immédiatement et cache son trouble dans sa serviette de bain. Malgré cette révélation, elle reste totalement hermétique aux appels du pied de celle qui tente de la séduire en plein marais dans un restaurant lesbien en demandant à cette dernière quel est son avis sur l’intervention de Christine Boutin au congres concernant…le pacs. Un clin d’œil amusant à l’histoire de notre siècle!
Pour conclure, lancez-vous dans ce livre en vous attendant… à attendre l’impossible aveu longtemps…très longtemps, et à maronner jusqu’à ce que la cocotte explose, mais qu’est-ce que ça fait du bien quand ça arrive ! On en serait presque à relire quatre fois la subtile confession du « Tu m’as manqué aussi …» que l’on hésitera cependant pas à livrer au lecteur tant il est impossible qu’il ne s’y attende pas !





Articles liés

A nos auteures lesbiennes
un grand merci à nos auteures lesbiennes!
par lulu galipette le 22 Septembre 2007 dans Art et Culture / Livres
(4 mots clés identiques)

Passage Du caire : L'hiver, second volume de Nathalie Vincent
la suite de la saga en trois volumes de Nathalie Vincent aux éditions KTM
par lulu galipette le 26 Mars 2008 dans Art et Culture / Livres
(3 mots clés identiques)

A titre provisoire le nouveau polar de Véronique Bréger!!!
kidnapping mais pourquoi? qui pourrait bien en vouloir à cette jeune femme tranquille au présent sans histoire et au passé mystérieux?
par lulu galipette le 3 Novembre 2007 dans Art et Culture / Livres
(3 mots clés identiques)

Passage du Caire (l'été) De Nathalie Vincent aux éditions KTM
les destins croisés de plusieurs couples lesbiens.
par lulu galipette le 25 Mai 2007 dans Art et Culture / Livres
(3 mots clés identiques)

L'envol de Frederique Anne Aux editions KTM
la vie d'une femme qui pourrait être un peu vous, un peu votre mère, un peu votre voisine, un peu toutes les femmes.
par lulu galipette le 5 Mai 2007 dans Art et Culture / Livres
(3 mots clés identiques)

Sex Addict aux éditions ktm
l'orgiaque blog intime d'alex, par Tatiana Potard.
par lulu galipette le 8 Décembre 2006 dans Art et Culture / Livres
(3 mots clés identiques)

En souvenir de demain, le nouveau roman de Véronique Bréger!!!
une fabuleuse traversée du XXVe siècle sur l'île de lesvos, mais pour le coup, avec vraiment de vraies lesbiennes et rien que ça dessus!!!! qui n'en a pas rêvé?
par lulu galipette le 8 Octobre 2006 dans Art et Culture / Livres
(3 mots clés identiques)

LIBERA ME de Karin Kallmaker aux éditions KTM
compte rendu d'une lecture surprenante!
par lulu galipette le 9 Janvier 2006 dans Art et Culture / Livres
(2 mots clés identiques)
 Creative Commons License Ce/tte création est mis/e à disposition sous un contrat Creative Commons.
Photos principales: stock.xchng et iStockphoto. CNIL n°1104460. Contact: .