auteure :
JULIE LEZZIEtitre :
Passerelles. Editions gaies et lesbiennes 2006
Coll. Le Bonheur est à tout le monde.

Haaa notre beau forum est en rade ?? Quelle occupation plus saine que de faire une petite critique en prévision de son retour ?
Alors voilà. J’ai lu pas mal de livres des éditions KTM qui fidèlement m’envoient tous leurs nouveaux opus (dont le dernier est tout neuf sur mon bureau) mais c’est la première fois qu’un livre des éditions gaies et lesbiennes me tombe sous les yeux ! (à moins que le dernier cy ?) Et pour le coup, moi qui commence à me méfier sérieusement des livres lesbiens, je dois dire que je l’ai trouvé bien sympathique.
Déjà la couverture est fort jolie… Sisi, sérieusement ça faisait longtemps que je n’avais point vu une première de couv’ aussi sensuelle.
Et puis dès le départ on sent bien que l’auteure a potassé son sujet et qu’elle écrit avec plaisir et spontanéité. Un peu la même démarche que Zola ou Flaubert, en moins ambitieux tout de même, mais c’est réussi on se laisse emporter dans cette peinture du milieu choisi. On se retrouve pourtant dans un cadre pas des masses glamour : un institut pour enfants inadaptés, une éducatrice spécialisée, un aide de camp un peu matcho pour lequel l’univers lesbien est tellement étranger qu’il prend le magasine la « dixième muse » pour une sorte de recueil de poésie, et se vexe lorsque la lectrice lui rit au nez en lui faisant remarquer que ce ne doit pas être le genre de littérature dont il raffole…
On a toujours l’histoire d’amour mais elle aussi légère, des filles aux caractères attachants, des difficultés cocasses avec un vrai discours de fond sur la différence et les efforts à faire pour dépasser l’étrange, l’étranger, l’inquiétant, mais un propos humaniste qui ne se limite pas aux problèmes liés à l’homosexualité seule.
Justine tombe sous le de charme Sarah dès les premiers instants, mais celle-ci est muette et Justine ne maîtrise que deux trois signes…Dès lors le langage du corps prend le dessus, révèle et voile, trahit parfois… les problèmes des demoiselles sont amusants, les moments de troubles jubilatoires, on s’identifie aisément quand les frustrations et les doutes explosent, quand les moments d’incompréhension surgissent, quand les difficultés semblent insurmontables, qu’elles soient réelles ou fantasmées, comme dans les vraies histoires d’amour !
Et puis en second plan, on a les mêmes soucis que d’habitude, l’acceptation, le coming out, les parents, bref on circule agréablement au travers de toutes les passerelles d’une histoire de couple, c’est frai, c’est plein d’optimisme, ça se lit vite et bien… que demander de plus ?