Diadème Rose,
Cy Jung, éditions Gaies et lesbiennes,
2007, 143p.Un RÉ-GAL !Prenez les contes merveilleux de votre enfance, les citrouilles, les carrosses, le strass, les paillettes, le rêve, le ton enlevé et léger, ajouter un soupçon de dérision candide à la Voltaire, une petite fable initiatique, et un roman à l’eau de rose classique parmi les classiques, mélangez savamment ces genres les uns avec les autres, avec de l’autodérision, un soupçon de surréalisme fantastique Hofmannien, une lichette de Théophile Gautier et une immense jubilation au niveau de l’utilisation de la langue, légère, souple et musicale, vous aurez une idée de ce que donne à lire ce petit livre de Cy Jung.
L’auteure s’en est donné à coeur joie en nous menant d’ellipse en éllipse de rebond en rebond à la limite des horizons d’attente classiques, en tiraillant la bienséance, les codes, en palpant gaiement l’érotisme grivois des recueils sybarites que l’on se passait sous le manteau aux siècles précédents aux moments les plus inopportuns de l’intrigue. On attend avec délectation chaque nouveau dérapage de l’histoire et des personnages. Tout va vite, tout s’enchaîne, on perd la boussole et pas une minute au rythme effréné de la vie terrifiante d’ennui et tellement pleine de surprises de l’héroïne. Je me suis mise à lire le livre après une rude journée de chasse à l’asperge hier soir, et je n’ai eu le temps que de boire deux Monaco, de manger une omelette aux asparagus, et une coupe de glace ananas – Malibu, et pouf, j’étais transformée sans autre forme de procès en citrouille hilare.
Comment sans dépuceler trop l’opus vous dévoiler un peu plus de ce que recèle de magie
Diadème Rose ? Sachez en tout cas qu’à l’intérieur vous trouverez un chat nommé Bilou, un espiègle personnage féminin aux cheveux ras, blonds et aux répliques narquoises, plusieurs paires de fesses évidement, un royaume appelé Karamie riche de ressources naturelles comme le lait de baleine, un sac de courses de couleur vache, et bien évidement des couronnes, des ustensiles en plastique divers, des oranges, des micros espions, des églises et même ! Des hétérosexuels !
Seule déception, la couverture qui vraiment ne laisse rien envisager de plus qu’un roman comme tous les autres romans. Sincèrement ne vous laissez pas prendre, s’il ne fallait dans cette édition ne lire qu’un Cy Jung, ce serait celui-là !
