J’ai fini.
Passage du Caire est le second titre le la trilogie prévue de Nathalie Vincent. J’avais déjà fait la critique du premier ici :
ICI Comme le précédent volume n’était pas suffisamment marquant pour que je retienne autrement que vaguement ce qui s’était produit et que l’auteure fait une ellipse au départ sans reprendre explicitement les jalons du premier, bah j’ai eu la flemme d’aller vérifier ou j’en étais restée. Mais l’ouverture n’a pas suffi à me remettre en mémoire qui couchait avec qui, ou pas, qui était parti, où et pourquoi. C’est bien simple, même ensuite à chaque fois que j’ai posé ce bouquin, j’avais zappé ce qui s’était passé.
Et pourtant si le premier volume fait éclater les couples stables on s’attendrait à un super remue ménage, du feu, de l’action, des perruques, de l’émotion, des verres de whisky, Sue Ellen, des confettis…mais non. L’ensemble dégage l’énergie érotique d’un nain de jardin. Tous les personnages se tâtent et mollement un peu tous seuls. (sisi je vous assure. Pas au sens figuré. Ce serait trop beau). Aucun ne sait franchement quoi faire de sa vie. Leurs actes sont mitigés sans arrêt, voire on ne comprend finalement plus du tout ce qui les motive. A chaque fois qu’on plonge dans leur esprit, on est pas loin d’avoir envie d’en ressortir le plus vite possible, et de crier « Mais si tu penses qu’elle a le sex appeal d’un raton laveur ! Barre toi !! » « Mais si elle t’intéresse autant que la conversation du slip de la reine d’Angleterre !! La rappelle pas !!! »
Les dialogues sont ennuyeux, et toujours trop peu caractérisant. Ha ! Zut ! là c’est plus Anne qui cause ! c’est Cécile ! ha ! non ! en fait c’est Marc ! Il faut dire que j’étais moyennement folle d’enthousiasme, mais quand même. Les banalités s’enchaînent et parfois on a droit à un sursaut qui déride un timide sourire. Entre les moments plus … intéressants… s’alignent des descriptions du quotidien interminables, qui, on le sent bien, devraient nous rapprocher des personnages mais sont particulièrement soporifiques, les sentiments au contraire ne passent pas du tout… c’est bien simple, j’ai l’impression qu’au final. Il n’y en a pas.
D’ordinaire même si c’est mièvre à mourir, au moment du baiser même sans faire exprès, même si j’les aime pas, même si elles son moches, je veux dire… j’ai un soupçon d’intérêt… ben non. De toutes façons c’est porte close sur les ébats de ces dames. Les scènes de découverte de l’autre sont nombreuses et pourtant je n’ai vu poindre chez moi strictement aucun intérêt tant l’ensemble est sans cesse parasité de détails tels que le pourquoi du comment l’héroïne qui arrive chez la fille convoitée fait une allergie depuis son enfance aux feuilles de ficus….Et la on dit… ? Vivement le troisième volume…
« - Tu veux de l’aide ?
- Non, ça ira.
- Carole peinait avec le tire bouchon et éternua deux fois. Comment réagir aux allusions de Laura ? Si Christophe avait été là, il lui aurait conseillé de saisir les perches. Son regard se perdit dans un paysage d’hiver désolant qui aiguisa sa curiosité. Elle demanda à Laura qui revenait dans la pièce avec un panier en osier :
- Ton atelier est en ville ?
- Non, il est ici. Tu veux le voir ?
- Oui. J’aimerais bien. Elle éternua encore.
- Tu as froid ?
- Non, c’est le ficus. Je suis allergique.
- Mais il fallait le dire ! On va le mettre ailleurs.
Carole, soulagée, se laissa guider à travers un couloir mal éclairé qui débouchait sur quelques marches. A mesure qu’elle avançait l’odeur de térébenthine se faisait de plus en plus forte. Laura poussa une petite porte vitrée et entra la première. »
Passage du Caire, L’hiver, p. 72.