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Andy Warhol : Hommesun beau livre sorti chez Seuil Chronicle, pour ceux qui ne savaient pas qu'Andy Warhol aimait les hommes
Ce joli petit livre à la converture jaune paru récemment chez seuil chronicle (ou était déjà parue la "pop box" il y'a quelques années) présente une anthologie des oeuvres d'Andy Warhol sur le thème des Hommes.
Comme le souligne avec élégance le préfacier Alan Cumming "Il 'a quelques bites dans ce livre, certaines tout à fait charmantes". En fait,il y'a certes pas mal de nus, mais pas uniquement. Un bon tiers du bouquin est constitué de dessins dans le style "coctalien", très maniérés, caractéristique de la première peride de warhol, graphiste publicitaire. Certains sont dorés à la feuille d'or, d'autres ont recours à la technique de la "blotted line" que Warhol utilisait dans ses pubs, et le tout présente une sélection de jolis garçons comme Warhol les aimait, à savoir minces, glabres et assez efféminés.En clair, j'aurais eu aucune chance avec lui ! Certains dessins sont des gros plans sur des détails tels que pieds, mains, visages, mais aussi sexes, parfois ornementés de rubans,coeurs, et autres motifs décoratifs. Après quelques clichés photo en noir et blanc assez ininteressants à mon gout (à part un photo ou l'on voit Andy sucer outrageusement une banane, sans doute un clin d'oeil à son film ultrapouffe "Mario banana" dans lequel Mario Montez déguisé en Jean Harlow -oui je sais c'est n'importe quoi- mimait des trucs salaces avec ce fruit ) on atteint le vrai coeur du livre : la reproduction des polaroïdes de drag-queens ayant servi à la réalisation de la série "ladies and gentlemen". Warhol se disait fasciné par les drag-queens parce que "c'est un sacré boulot de se débarasser de tous les attributs masculins et d'acquerir tous les attributs féminins". les photographies qu'il a prises, placées en regard des tableaux qui en furent tirés, révèlent souvent la face tragique de ces créatures qu'Andy recouvre ensuite de grands aplats bariolés, avec sa caractéristique manière de repeindre les drames de couleurs vives (on pense aux sérigraphies de chaises électriques oranges ou roses, à Jackie Kennedy veuve sur fond outremer...) Après quelques portraits de Mick Jagger, on retombe sur des photographies de torses et de posterieurs, assez crues mais plus "anatomiques" que vraiment érotiques car traitées avec un flash hideux et sans aucune préoccupation de la personnalité des modèles. les tableaux correspondants sont également présentés, mais je les trouve franchement ennuyeux. Un cul ne peut pas à se contenter d'être un cul pour être sexy. Sans mise en scène, sans sensualité, sans identité, même bariolé d'orange et de bleu, le plus beau cul, photographié en gros plan, n'a rien à raconter. Le livre se conclut sur une pirouette : deux photogrammes du film "blow job", célèbre plan séquence sur le visage d'un homme en train de se faire (VRAIMENT) sucer hors champ, un tiré de "Sleep" ( le visage du poète John Giorno en train de dormir ) et...une reproduction de la banane du Velvet Underground, dont une version 3D d'un mètre orne actuellement mon canapé. Que dire de ce livre ? Pour un collectionneur comme moi, on reconnaitra l'intêret de survoler toutes les periodes de Warhol en se focalisant sur une thématique Gay. Mais l'aridité et surtout le caractère souvent blafard, cru et distant de ces oeuvres produit un effet singulièrement anti-affriolant qui risque de désappointer le lecteur peu averti. Cet effet est probablement du au caractére essentiellement voyeur de Warhol qui matait beaucoup mais détestait qu'on le touche...c'est cette froideur qui transparait sans doute dans ce recueil, qui, bien que supposé reflèter les fantasmes de cet artiste, ne dégage que peu de sensualité, et surtout manque furieusement de folie, de spontanéïté et , tout simplement de vie. |
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