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BUTCH / FEMME, mode d’emploivous ne savez pas ce qu'est une butch? vous ignorez tout de l'art d'être une femme? Alors lancez vous dans la lecture,de femme / butch mode d'emploi!
BUTCH / FEMME, mode d’emploi
Leslea Newman, éditions KTM, traduction de Cécile Dumas Critiquer ce livre parce qu’il parait vraiment totalement caricatural (farci de slogans du type : « une Femme qui se fringue, c’est une Butch qui se flingue »), équivaudrait à critiquer Snoopy parce qu’il ne ressemble pas vraiment à un chien. On a vraiment dès la première page l’impression d’entrer dans des bandes dessinées du type Agrippine, version lesbienne, avec deux filles complémentaires comme un jeu de légo. Les voitures bien cirées par les butchs reluisent dans les rues de Lesbianville, où toutes les femmes possèdent des sacs à mains multi fonctions, et des quantités astronomiques de chaussures… Ce ne sont que succession de saynètes cocasses et décalées, qui tout aussi bien pourraient être celles de la vie quotidienne d’une femme …pas du tout lesbienne. Nous avons toutes une mère, une télé, des symptômes prémenstruels, et des cheveux à coiffer le matin. Nulle mélancolie, dans ce tableau lisse d’une vie de couple bien réglée où les accrocs intimes passent toujours derrière une solution élémentaire comme trois mois de consultation chez le psychiatre - en deux minutes-. Un livre sans prétention qui ménage de temps en temps un peu trop ses effets, et dont les chutes peuvent paraître attendues, mais dont le but avoué est de détendre. On ne s’esclaffe pas franchement, mais on sourit, peut-être moins parce qu’on s’y retrouve que parce que les idées sont farfelues. On pourra déplorer cependant de ne trouver absolument aucun mode d’emploi et de voir l’auteure qui finalement ne parle que d’elle-même, ne laisser échapper que bien peu de traits remarquables sur sa Butch favorite, toujours prête, toujours serviable, et dont le prénom « Flash » finit par évoquer sérieusement celui de Flash gordon. Nous en aurons donc essentiellement appris sur les femmes, et parfois, pourrons nous trouver un peu rassasiés de séances chez la manucure, le marchand de chaussures, la coiffeuse, la marchande de jupes, de pulls, de sacs, de cosmétiques, de crises de jalousie ou de nerfs. En somme, c’est mignon, ça se lit vite, et on ne sentira poindre un travail de dérision qu’à deux moments singuliers : la dernière page, lettre ouverte et relativement acerbe au président Clinton, et ce passage ou l’on peut lire en total décalage avec tout le reste : « Comment certaines osent-elles sous-estimer nos chères butches après tout ce qu’elles ont fait pour nous ? Parce que, même si nous les femmes devons supporter la drague permanente des hommes hétéros – Flash adore savoir qu’ils ont envie de moi et qu’ils ne pourrons jamais m’avoir-, c’est bel et bien ma butch qui prend des risques simplement en passant le pas de notre porte dans un pantalon fraîchement repassé, un tee-shirt noir dessinant ses muscles, ses cheveux noirs coupés courts ou pas une mèche ne dépasse. » …de quoi réfléchir cinq minutes sur le passé, l’avenir et le respect ! |
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