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Requiem for a dream. Darren AronofskyL’histoire quasi sépulcrale d’un quatuor rongé par une addiction vis-à-vis des stups ou de la petite lucarne. ![]() Une main nerveuse, surexcitée, avide d’empoigner une télécommande ou une seringue pour combler un désir inexorablement condamné à l’insatisfaction. Le constat est cruel car le tonneau des Danaïdes est traître, intensément traître, a fortiori lorsqu’il est empli d’une euphorie, fidèle épouse de l’addiction, mariée toujours de noir vêtue pour célébrer la débâcle d'êtres déboussolés. Trip télévisuel ou trip de camé, Aronofsky maîtrise son sujet avec du très grand art. Du génial fondu au blanc à l’enchaînement habile et itératif de plans serrés, le réalisateur apparaît tel un maestro de la technique et constelle avec élégance son long métrage d'une série de split screens extrêmement jubilatoires, le tout en préservant un scénario sinistrement sobre. Le savoir-faire injecté dans les veines, Aronofsky filme la vie de ses personnages drogués comme une véritable descente aux enfers. Epouse veuve et mère esseulée, Sara Goldfarb sombre dans la déchéance, l’esprit déphasé et le corps grabataire, prélude funeste à l’image d’un lit sépulcral. Idem pour son fils, dont le bras défoncé à la came finit par être ravagé par la gangrène. Pas d’étoile dans ce monde de toxicos : la taule et l’opprobre s’invitent toujours auprès des camés, les bras grands ouverts pour étrangler le bonheur jusqu’à étouffer ce dernier de leurs mains glaciales. Culte, Requiem for a dream est un pur joyau crépusculaire. |
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