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Sex Addict aux éditions ktml'orgiaque blog intime d'alex, par Tatiana Potard.
Auteure : Tatiana Potard
Titre : Sex Addict Editions : KTM Année de publication 2005 Herf. Quel douloureux dilemme mes amies. La question qui longuement m’a taraudée à été celle de savoir si j’allais ou non chroniquer le livre Taille unique paru chez le même éditeur. Et puis, et puis, vous avez remarqué ?? Je ne l’ai toujours pas fait. Je pense, d’ailleurs qu’après avoir lu Sex addict, je ne le ferai pas, mais que plutôt, je vais commenter un peu celui-ci qui s’il fallait en choisir un, prendrait la main. A l'origine de cet article, le raisonnement bien simple qui à consisté à me demander pour quelle raison je ferais un article moyennement flatteur pour des livres présentant certaines qualités tel que En souvenir de demain et en revanche nul article pour des livres affolants comme…comme …*périphrase périphrase*… les sous vêtements sexy premier prix de chez Damart. Hé bien oui. C’est pas juste. Je pourrais vouloir suggérer par la qu’il vaut mieux acheter les seconds ! Rectifions, donc. Sex Addict. Le projet : Editer un blog. Sisi. Vous avez bien compris, c’est bien ça: mettre un blog sur papier. Comment ça, un blog, c’est presque jamais français, déjà sur l’ordi on les fuit comme la peste, même qu’en plus à cause de ces saloperies, vos meilleurs amis vous haïssent parce que vous n’allez pas y adjoindre quotidiennement quelque commentaire chaleureux sur les malheurs de leur vie, leur dernière production photographique expérimentale vachement in de leur portable dernier cri qui rend l’ensemble-un-peu-flou-mais-si-inattendu, le récit de leur dernière biture avec force détails sordides, et tous ces : « tu as déjà fait un prout dans un lieu public et qu’on t’as remarqué ? Racontez moi vos histoires pour de rire un peu » ou « Il est pluto marrant jamel non ? Cé ki ton umorist préféré ! Moi cé mikael Youn ! » ? Hé ben si. Le projet, c’est ça. Là, moi je vois déjà deux cas de force majeure qui auraient dû empêcher la catastrophe. Le principal intérêt d’un blog (enfin, principal… celui qui reste quoi…) est d’être interactif. Or le roman ne l’est pas. Le principal intérêt du roman est de permettre l’épanouissement d’un projet littéraire, d’une langue de qualité, d’un retour aboutit sur la pensée or, un blog en est l’antinomie. L’histoire ? Néant. Comment ça j’abuse ? Bon, aller je fais un effort. Une fille, prénommée Alex tient un blog. Comme il fallait faire un livre avec, elle s’arrête pas comme tout le monde au bout de deux semaines. Nan ! Un an, ça dure. Elle commence suite à une douloureuse rupture, et donc, il va bien falloir s’en remettre, et comment s’en remet-on ? La réponse d’Alex est simple : « j’ai passé une excellente nuit de baise ». Bon, ben voilà. J’ai fait le tour. Elle baise, elle dort, elle mange, et elle tient son blog quand elle a le temps. Nous avons donc droit sur la forme a des messages aussi passionnants que : « Ce soir je sors avec Isa, Mag, Paty et Nico. Mes petits loukoums d’amour m’invitent au restau et cap sur une soirée [i]clubbing au gween. Ca va être encore quelque chose ! Vivement ce soir ![/i] »p. 57 Dans lesquels on note, joint à des métaphores d’une haute tenue littéraire : des déformations approximatives de lieux connus, un message d’une portée tout à fait révolutionnaire pour le lecteur et un abus de points d’exclamation allié à l'utilisation abusive de franglais. (rappellez vous du titre aussi...) « Après avoir longtemps galéré sur des sites totalement rédigés en anglais, j’ai enfin réussi à activer les comments sur mon blog. A la fin de chaque post vous pourrez désormais laisser vos commentaires sur ce que vous venez de lire. Ca vous évitera de m’envoyer un mail. Elle est pas belle la vie ? :-) (o) commentaire» Message du type de ceux dont nous avons précédemment noté l’utilité pour le lecteur, d’autant que les commentaires sont toujours passionnants, avec un petit smiley expressif. Expressif de quoi ? C’est ce qu’on se demande… Y aurait-il eu une blague dont nous aurions omis de percevoir la substantifique moelle ? Y aurait-il une raison d’être particulièrement ravi ? L’auteure aurait-elle un humour très personnel auquel je n’ai pas accès ? Le smiley… plus tragique… serait-il là pour masquer un manque cruel de vocabulaire, corriger une connerie qu’on vient de dire en s’excusant par avance de la réaction supposée du lecteur…Les raisons qui paraissent très bonnes d’en user et d’en abuser un peu partout sur le net semblent d’un seul coup nettement moins pertinentes dans un bouquin. Ce doit être pour ça d’ailleurs qu’aucun auteur ne les avait utilisés jusqu’à ce jour… Et enfin, (je saute, je saute, mais ha ! que ne puis-je vous citer intégralement ces passages épiques ?) les fameuses scènes « de baise »…fines, sensibles, aériennes et pleines d’amis de la poésie : « En rentrant à l’appartement, Pascou était dans un joli état d’excitation. Son caleçon était tout humide. Il a fallu que je la soulage bien vite. En lui faisant l’amour je voyais les images du film dans ma tête. C’était très chaud… C’était une partie de baise à sens unique parce que vu que mes règles me travaillent depuis quelques jours, j’ai préféré m’abstenir. Je ne voudrais vraiment pas avoir la vision de ma femme qui remonte de la cave avec un maquillage de clown autour de la bouche… Non non ! Très peu pour moi…:-) » Voilà. Donc au sortir de cette passionnante psychothérapie trépidante…j’ai deux choix : me dire que l’auteur a eu quand même de l’endurance et de l’imagination pour inventer de bout en bout un blog aussi léger qu’une truffade auvergnate…ou qu’au contraire elle a simplement repris ce qui pourrait être son autobiographie effective (ou en partie effective…) pour l’envoyer aux éditeurs. Et là, je me demande…pourquoi diable on l’a éditée? En soi… vivre sa vie à fond et la raconter légèrement sans se prendre le chou avec la littérature, et alors ? En revanche… l’éditer…quels peuvent bien être les ambitions de la littérature lesbienne ??? Ma conclusion ? Je ne commenterai pas taille unique. Je voulais vous le faire remarquer. |
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