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Des relations de plage

Un corps à corps implacable pour gagner une nuit avec un mec!


En ces temps de télé-réalité et de ferme-célébrité, il nous est devenu aisé de caricaturer les personnages que nous croisons... que ce soit dans la vie quotidienne que dans l’immensité virtuelle...

Des relations de plage ! Je vous image quelque peu l’histoire. Prenez Jerry de La V., une espèce de gym-queen pratiquement inconnue du grand public, aux airs de nouveaux riches arrivistes et la Baronne de B., dame âgée excentrique, presque vieille folle délurée parfois, qui de la vieillesse ne retient que sa passionnante et magnifique jeunesse fanée. Prenez donc ces deux personnages et asseyez-les sur des matelas de plage sur la grève de CANNES ! Ils piaillent, gloussent futilités et flons-flons, ricanent certainement, l’air goguenard devant une foule interrogatrice qui sourit plus qu’elle n’y comprend quelque chose devant l’accoutrement et le savoir-vivre de ces deux oiseaux aux panaches effeuillés, et surtout s’émoustillent devant le premier, le fabuleux torse d’un jeune vacancier.

Le décor est planté...

CANNES, un jour d’été. Edwina LOTTEN et Gabriel de TELLERS, deux anciennes connaissances, se retrouvent sur la plage, au décours d’une petite bataille pour l’obtention d’un matelas de plage situé à l’écart d’une famille nombreuse et bruyante ! Enfin, l’amitié aidante, ils décident de s’installer côte à côte, profitant l’un de l’autre, pour agrémenter quelque peu l’ennui pesant de leur oisiveté. Ils dévisagent sous leurs lunettes de soleil les gens, cette populasse moins aisée, qui sont descendus sur la Côte d’Azur passer leurs vacances.

Edwina et Gabriel sont deux richissimes héritiers, elle, la cinquantaine, veuve et lui, gay, la trentaine, possède une grosse entreprise. Les affres du luxe les possèdent, et c’est dessous des fioritures onéreuses que leurs vies coulent paisiblement, très paisiblement, trop paisiblement ! Ils s’ennuient. Cette foule ne mérite pas leur bienveillance, elle est pauvre... Le cliché est grandisoe, superbement décrit. La lecture s’avère passionnante, surtout quand nous découvrons, sortant des vagues, ruisselant de la délicate et fine écume iodée de la Méditerrannée, Serge, jeune homme d’une trentaine d’année. Serge est, lui aussi, en vacances, avec sa femme, Christine. Serge n’est pas Apollon, mais il répand un charme indéniable, envoûtant... Edwina et Gabriel, comme ensorcelés, s’en éprennent. L’ennui, enfin, meurt ! Le pari est scellé : le premier qui partagera ses sens avec Serge gagnera. Nul histoire d’amour n’est besoin, juste une nuit, quelques heures d’échanges puissants et intenses sufiront pour remporter la rivière de diamants d’Edwina ou la Bugatti de Gabriel. Insensé ! Nos deux protagonistes fixent aussitôt les règles du jeu, pas de traitrise, pas de mensonge, pas de rancune. Serge est devenue un proie, la bête à fourvoyer.

Jean-Pierre FERRIERE nous offre le récit d’un combat inédit, un polar sulfureux qui mérite une attention toute particulière. Il nous entraîne dans un enchevêtrement de dérobades, de manipulations... dans un jeu d’enfant où le loup guette, où la puissance destructrice épie. Anodin aux prémices, le piège devient infâme, et les joutes innocentes sans pitié. Et c’est sans compter sur la perspicacité et les envies de Serge et de Christine... Vous allez devenir fous.

Edwina, Gabriel, Christine Serge... une plage, CANNES, un jour d’été ! Jean-Pierre FERRIERE est également l’auteur, entre autres, des Enquêtes des sœurs Bodin, de La mort en Sautoir et de La nuit de Mme HYDE. Il signe avec Des relations de plage un chef d’œuvre du roman à suspens.

Des relations de plage, édité chez H&O 315 pages, 21€
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