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Max et SvenA la découverte du nouveau monde... celui des pédésexuels, le vrai, le faux, le sien!
L’air est voluptueux, habillant d’un léger linceul gris le corps presque dénudé de ce bel adolescent. Il est de taille moyenne, le nez fin et les yeux d’un vert translucide, dont l’éclat est renforcé par ses cheveux chatains délicatement ébouriffés. Merveille ! Le corps apparaît subtilement musclé, imposant à l’indiscrétion une courbure pectorale tendre mais emplie de fraîcheur. Les épaules, placides, rehaussent cette silhouette d’une touche de sagesse et d’innocence. Il est accoudé au zinc, sirotant une orangeade, avec parcimonie et délicatesse, comme on admire une œuvre d’art ! Moi, je suis un peu en retrait, l’observant dans ses gestes, admirant sa tranquillité. Je l’épie... Mon cœur palpite, s’emballe même. Je voudrais aller... j’ai peur. Son verre est vide maintenant.
L’ambiance du night-club s’écoule romantique, laissant fuir des mélodies douces et envoutantes. Partout des couples se forment, les mains s’ajustent aux hanches des partenaires, les premiers baisers naissent... Moi, je suis toujours seul. Il est là, debout, juste devant mon regard. Il attend, impatient, du moins, l’impression me hante. Il scrupte la foule mais ses yeux se perdent dans le vide. Il ne tourne pas la tête. Déception ! Son verre demeure vide. Une étrange pulsion m’envahit et le battement de mon cœur à nouveau s’intensifie. Un premier pas, le premier pas... « Désires-tu un autre rafraichissement ? », bredouillé-je. Ses yeux se fixent sur les miens, une subtile sueur perle sur mon front. Je tremble. Sa bouche s’entrouvre, ses lèvres esquissent une réponse. Je la devine... « Volontiers ! » Le bip de mon radio-réveil est assourdissant et pénible. 9h00 déjà ! Je peste, je maugrée contre cette stridente sonnerie qui vient de me plonger dans la réalité. Fichu réveil ! Je demeure alité quelques instants, tentant vainement de poursuivre mon rêve, je le souhaite ardemment... Peine perdue ! Je suis seul... toujours. Nos fantasmes ont cette particularité de nous permettre d’inventer un monde dont la création correspond à nos aspirations, à nos désirs. Le rêve nous permet ainsi de jouir quelque part, au delà de cette terre, d’un univers fabuleux et bienheureux. Mais, ces utopies revêtent aussi un caractère pernicieux puiqu’elles résultent de notre propre imagination. La réalité est souvent bien différente... Max et Sven ? Avec cette bande dessinée, Tom BOUDEN, l’auteur, nous offre une vision du monde qui entoure le jeune homosexuel qui se découvre et qui apprend à connaître la communauté homosexuelle, une fratrie entachée de préjugés... Max est un jeune gay. Devant une société hétéronormée, il s’est créé un monde imaginaire, innondé de ses représentations et de ses désirs. Le regard oblique et inquisiteur du libraire, les conceptions de ses camarades de classe... Max les connaît ou plutôt croit les connaître. Les attitudes sont-elles réellement celles qu’il ressent ? Est-il dans le rêve ou dans la réalité ? Ainsi va la vie. Entre les cours et ses pensées. Comme tout adolescent, Max jauge ses amis, tentent de découvrir ce qui se cache en eux. C’est fou le nombre d’homosexuels qu’on peut rencontrer ! Il s’imagine des desseins orgiaques avec son équipe de football et cherche à comprendre, question débattue par ses parents, pourquoi les statues antiques grecques représentent toujours des hommes nus. Pas simple la vie d’un jeune gay ! Mais Max est seul... Il a une sexualité naissante, des désirs d’amour et tendresse. Personne. Puis un matin, un nouvel élève est présenté, Sven, il s’appelle Sven. Il est beau, éthéré. Une autre histoire commence, étonnante, émouvante, attachante. Avec son œuvre, Tom BOUDEN nous dépeint, avec un humour parfois corrosif, le monde des gays, cet univers fantasmatique que les jeunes homosexuels qui se découvrent, envient. Rappelez-vous vos représentations... Ces homos, on les voyaient frivoles, privilégiant les rapports grivois sans lendemain et la superficialité. Dans nos esprits, ils formaient un univers original mais terrifiant, laissant échapper la négation du non-initié, inhibant tous sentiments merveilleux et respectueux ! Foutaise... Je ne sais pas. Toujours est-il que BOUDEN, dans un tableau jamais vitriolé, nous dépeint l’univers gay avec une réelle lumière, et une société bien actuelle, entachée dans ses peurs de l’homosexualité et dans ses représentations de folles perdues et d’aliénation de la normalité. Ne suis-je pas normal ? Max est gay, pense-t-il entendre crier partout, moi aussi bonhomme... et alors ? |
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