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Un mal sournois
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Depuis l'âge de 20 ans, je me bats contre un mal sournois qui reste incompréhensible pour la plupart des gens : ce qu'on appelle, presque par euphémisme, la "dépression".
C'est comme une bestiole cachée au fond du cerveau qui le ronge en silence... Par moment, elle s'est tellement gavée qu'elle laisse un peu de répit. Et puis ça repart de plus belle. Des cycles d'euphories, suivis d'effondrements terribles...
Médicaments, psychothérapies, bons conseils et bonnes résolutions... Tout ça a réglé quelques aspects du "problème". Mais tant qu'il reste un petit morceau de la fameuse bestiole logé dans le cerveau, il faut continuer à triturer pour l'enlever. Et pour ça il faut beaucoup de force et de courage. Parfois, on arrive à aller de l'avant, à combattre ; dans ces cas là, on progresse. Et puis il y a des jours où les forces manquent...
J'étais un garçon plutôt mignon, j'avais plutôt du succès. Entre les médicaments et les crises d'angoisse, 20 ans plus tard, j'ai pris des kilos et je ne me retrouve plus dans ce gros corps qui me sert d'armure et de prison à la fois. En société, tout le monde pourrait penser que je vais bien ; j'ai la chance d'avoir malgré tout le sens de l'humour et le goût des contacts humains. Alors je suis sympa avec tout le monde, je rigole, et en général on m'aime bien pour ça...
Mais derrière le masque, le masque avec lequel j'ai grandi à une époque où les choses n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui, il y a un vide terrible.
Etre gros et "pédé", en général ça ne pardonne pas... Prendre du poids, ça signifie ne plus plaire, donc la solitude, une solitude qui pèse. On se voit vieillir, et vieillir seul... Et on se dit qu'un jour peut-être on aura le courage de dire au revoir pour de bon.
Pourquoi écrire tout ça ? Sans doute que ça n'intéresse personne, mais ça fait du bien de vider un peu son sac. Et surtout, je voudrais éviter à d'autres de tomber dans ce piège ; il faut parler, ne pas garder les choses pour soi, s'assumer quel qu'en soit le prix...
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