 |
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Mattheo Invité
|
Posté le: Ven Sep 09, 2005 9:37 Sujet du message: Dans "le monde" de demain (10 sept) |
|
|
Le suicide révèle la souffrance des jeunes homosexuels
Une étude inédite montre que les gays âgés de 16 à 39 ans ont treize fois plus de risques de tenter de mettre fin à leurs jours que les hétérosexuels. Un phénomène lié au secret, "psychologiquement épuisant", qu'ils maintiennent sur leur vie privée. Un entretien avec Marc Shelly, médecin de santé publique, responsable du centre de dépistage anonyme et gratuit de l'hôpital Fernand-Widal. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
samikenzzz Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: région parisienne
|
Posté le: Ven Sep 09, 2005 22:27 Sujet du message: |
|
|
le suicide ..... c'est quelquechose de vraiment horrible ... et surtout de très malheureux.
Personnellement je dirai que le fait d'être homosexuel dans la société actuelle étant vu par certains (beaucoup trop ) comme une tarre social. Un enfant qui se découvre homosexuel peut craindre d'être anormal, rejeté par ses proches ou peut subir des actes homophobes ce qui bien entendu ne facilite pas les choses....
alors quand on pense que l'adolescence n'est déjà pas une période facile ... ajoutez y l'homosexualité .... ça n'arrange pas forcément les choses. _________________ "It can't rain all the time" |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
jedi69 Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 04 Juil 2005 Age : 30
Localisation: Lyon
|
Posté le: Sam Sep 10, 2005 11:47 Sujet du message: |
|
|
Voilà l'article :
A savoir que l'étude de Marc Shelly a été publiée pour la première fois en 2002 à l'indifférence générale. Puis, à la suite d'une article dans Libération l'année dernière, la fédération mOules-frItes, qui attendait impatiemment des résultats français sur le sujet a organisé un colloque sur le suicide des jeunes gays en mai de cette année à Bordeaux. Etaient présents Marc Shelly qui a présenté son étude, Michel Dorais, qui a dirigé des études similaires au Quebeq, et Serges Effez, psychologue qui vient en aide aux jeunes suicidants sur Paris.
Cet article en est une conséquence directe (Y. Gillian, également cité dans l'article, est membre de mOules-frItes et était l'un des organisateur de ce colloque et c'est lui qui a proposé proposé à cette journaliste de faire cet article). C'était la première fois que le docteur Shelly a eu l'occasion de la présenter en public, ce qu'il fit une deuxième fois à Lyon en Juin au cours de la quinzaine des fiertés. Je suis très fier que la fédération mOules-frItes et la LGP Lyon aient contribués à la diffusion de cette étude.
| Citation: | Le suicide révèle la souffrance singulière des jeunes homosexuels
Quelques bureaux garnis d'un ordinateur et d'un téléphone, une moquette gris perle, des murs immaculés : rien n'accroche le regard dans la vaste salle d'écoute de Sida-Infoservice, à Paris. Une baie vitrée permet d'apercevoir au loin la frondaison des arbres du cimetière du Père-Lachaise. "Ici, on est tranquille, c'est très silencieux , sourit Annick, une "écoutante" qui passe trente heures par semaine au téléphone. C'est essentiel pour être disponible."
Depuis 1997, la ligne Azur de Sida-Infoservice (08-10-20-30-40) s'adresse à tous ceux qui "réalisent que leur désir les porte vers des personnes du même sexe et qui n'arrivent pas à faire face à cette situation" . "En 1997, nos lignes d'écoute étaient toutes consacrées au sida , raconte He! rvé Baudoin, le référent gay de l'association. Mais beaucoup d'"appelants" voulaient également évoquer leurs difficultés face à l'homosexualité, leur isolement, leur souffrance. Nous avons donc créé une nouvelle ligne d'écoute."
Sept ans plus tard, en 2004, la ligne Azur a reçu plus de 7 000 appels, soit une progression de 8,5 % par rapport à 2003. Un tiers des appelants ont moins de 20 ans. "Ils se demandent s'ils sont "normaux", s'il existe d'autres adolescents comme eux, si "ça" va changer un jour , raconte Alain, un "écoutant". Beaucoup ont entendu des insultes homophobes au lycée ou dans la rue et ils sont terrifiés par le regard des autres. Qu'ils soient jeunes ou vieux, certains sont complètement affolés à l'idée d'être "différents" et ils en arrivent à tenir des propos suicidaires."
"STIGMATISATION"
Pour la première fois en France, une étude épidémiologique, menée par l'association Aremedia avec l! a collaboration de l'Inserm, a mesuré ce mal-être évoqué par l! es écoutants de la ligne Azur. A la veille de la Journée mondiale de prévention du suicide, samedi 10 septembre, ce travail montre que ce phénomène touche les homosexuels de très près.
Les résultats préliminaires du travail de Marc Shelly, médecin de santé publique et responsable du centre de dépistage anonyme et gratuit de l'hôpital parisien Fernand-Widal, font apparaître que, "toutes choses égales par ailleurs" âge, lieu de résidence, niveau d'études, catégorie socioprofessionnelle, structure familiale parentale, modes de vie (couple ou célibat) , les jeunes homosexuels ont treize fois plus de risque de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels. Ces résultats confirment les chiffres issus des études américaines, canadiennes et australiennes : elles aboutissent, chez les homosexuels, à des chiffres de "sursuicidalité" variant de six à treize.
Les chiffres français ont été obtenus à partir d'un échantillon de 993 hommes âgés de ! 16 à 39 ans. Tous ont raconté leur trajectoire "socio-biographique" en remplissant un long questionnaire informatisé installé, de 2000 à 2004, sur trois sites : le festival de lutte contre le sida Solidays, qui a lieu tous les ans en région parisienne, le Centre d'information et de documentation pour la jeunesse (CIDJ), à Paris, et le centre de sélection des appelés du contingent de Blois, dans le Loir-et-Cher.
Dans une étude exploratoire menée en juillet 2002 auprès de 368 personnes et publiée par le British Medical Journal , Marc Shelly avait tenté de comprendre cette forte propension au suicide des homosexuels. En analysant les résultats, il avait ainsi constaté que chez les jeunes gays, les tentatives de suicide étaient fortement associées à une dégradation de l'estime de soi : 80 % de ceux qui avaient attenté à leur vie au moins une fois avaient une opinion négative d'eux-mêmes ou évoquaient un manque de respect envers eux-mêmes ou perçu chez autrui! .
Marc Shelly avait alors fait l'hypothèse que cette for! te "sursuicidalité" était liée à la "stigmatisation dévalorisante de l'homosexualité perçue au sein du cercle familial ou à l'école, qui produit des effets désastreux sur la construction personnelle" .
Pour beaucoup de responsables associatifs du milieu gay, ces résultats ne sont guère surprenants. " Les homosexuels ont le choix entre le secret, qui est psychologiquement épuisant, et le "coming-out", qui entraîne souvent le rejet de la famille, du voisinage ou des collègues de travail , raconte Alain Piriou, le porte-parole de l'Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans), qui organise la Marche des fiertés homosexuelles. Se donner la main dans la rue, comme le font tous les hétérosexuels, c'est s'exposer à des regards, des remarques, voire des agressions. Et à l'adolescence, quand on est fragile, on le supporte très mal."
"SOUFFRE-DOULEUR"
Même constat de Yannick Gillant, psychologue, qui a, pendant tr! ois ans, accueilli des jeunes au sein de Debout étudiants gays et lesbiennes (Dégel), une association sur le campus de Jussieu : "C'est difficile, à l'adolescence, de se sentir différent, de ne pas arriver à participer aux discussions, aux flirts et aux blagues que font les copains. L'homophobie n'est pas forcément violente, mais à cet âge-là, il y a des codes à respecter et les jeunes homosexuels en sont exclus. Du coup, ils se taisent et toute leur vie psychique est organisée autour de ce secret. Jusqu'au jour où ils craquent."
Pour éviter les passages à l'acte, le psychologue Eric Verdier, chargé de mission à la Ligue des droits de l'homme et auteur avec Jean-Marie Firdion de Homosexualités et suicide (H & O, 300 p., 17 euros, 2003), a mis en place en 2004 une dizaine de groupes de parole à Paris, Cherbourg, Marseille, Arras ou Nancy. "Au cours de ces réunions, beaucoup évoquent les moqueries et les rires qui visent leur homosexualité réelle o! u supposée, affirme-t-il . L'adolescence e st l'! âge de tous les dangers et le thème de la différence est alors une question-clé. Souvent, ceux qui viennent nous voir ne sont pas conformes aux stéréotypes de la masculinité ou de la féminité et ils se sentent rejetés : ils ont le sentiment d'être des souffre-douleur."
Ces groupes accueillent régulièrement une quarantaine de jeunes. "Selon plusieurs enquêtes, un suicide adolescent sur deux serait lié à l'homosexualité , ajoute-t-il. Beaucoup ont intériorisé l'homophobie à laquelle ils ont été confrontés tout petits à travers les insultes ou les blagues visant les homosexuels. Du coup, ils se sentent dévalorisés et ils sont incapables d'en parler à leurs proches. Notre travail, c'est de leur dire qu'il y a des lieux où cette différence est acceptée et qu'on peut s'approprier une identité."
Anne Chemin
Article paru dans l'édition du 10.09.05
|
_________________ Résolument Gay, toute l'actualité transpédégouine et même au delà
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Vanyel Homo sapiens


Sexe:  Inscrit le: 28 Aoû 2005
Localisation: J'ose pas l'dire... devant mon ordi (77)
|
Posté le: Sam Sep 10, 2005 17:17 Sujet du message: |
|
|
Je lance une idée comme ca : ca serait assez intéressant de savoir si des éaloriens ont déjà pensé au suicide et ont déjà tenté de mettre fin à leur jours.
Voilà, c'est juste une idée...
Faut pas m'en vouloir d'avoir des idées comme ca, jsuis malade, faut me comprendre, et en plus j'ai de la fièvre...
En tout cas, suis complètement d'accord avec Samikenz, déjà que l'adolescence c'est vraiment pas facile à vivre, si en plus on découvre son homosexualité au mauvais moment, alors là ca devient carrément invivable. _________________ Carrie Bradshaw au masculin, mais Samantha Jones dans l'âme, et co-fondateur du CSJGL
Imaginez-vous dans la peau du savon de Chris Evans ou d'Orlando Bloom! Le pied...
Membre insignifiant du , Tête pas-pensante du CVAC, rikiki membre du CHNI |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Titou Distin-Gay


Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2005 Age : 37
Localisation: nulle part
|
Posté le: Sam Sep 10, 2005 17:26 Sujet du message: |
|
|
| Vanyel a écrit: | Je lance une idée comme ca : ca serait assez intéressant de savoir si des éaloriens ont déjà pensé au suicide et ont déjà tenté de mettre fin à leur jours.
Voilà, c'est juste une idée...
Faut pas m'en vouloir d'avoir des idées comme ca, jsuis malade, faut me comprendre, et en plus j'ai de la fièvre...
|
Ca a déjà été fait par le passé mais ce n'est pas du tout une mauvaise idée même si le sujet est extrêmement délicat
Je t'invite donc à lancer le sujet dans la partie "débat"  _________________
la haine ça ne se dit pas, ça se fait (Agnès Bihl) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Al Homo sapiens


Inscrit le: 30 Juin 2005
|
Posté le: Sam Sep 10, 2005 21:10 Sujet du message: |
|
|
C'est clair, les jeunes gays sont prédisposés au suicide, heureusement que nous avons un beau forum pour soulager ce qu'on a sur le coeur...
Merci monchoix
Bon j'ai fait le ménage sur ce topic, merci de plus le dévier
Puis on sait très bien que Al parlait de et-alors, pas la peine de le faire remarquer
Merci
Lulu
Qu'en sais-tu ?
Alci _________________ Allez voir mon site (j'insiste) : http://membres.lycos.fr/monarchiemj/souterrains/ |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Raph. Homo sapiens


Sexe:  Inscrit le: 02 Juil 2005
|
Posté le: Dim Sep 11, 2005 13:10 Sujet du message: |
|
|
Quoi ? Et ma propagande pour le suicide alors ?  _________________ TsimTsoûm
[[[Sic transit Gloria Mundi.]]] |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
jedi69 Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 04 Juil 2005 Age : 30
Localisation: Lyon
|
Posté le: Mar Sep 13, 2005 13:12 Sujet du message: |
|
|
Dans le même article, l'intervew de Marc Shelly :
| Citation: | Marc Shelly, médecin de santé publique, responsable du centre de dépistage anonyme et gratuit de l'hôpital Fernand-Widal
"Ils semblent se considérer comme des personnes de moindre qualité"
Vous avez dirigé le travail épidémiologique inédit mené par l'association Aremedia avec la collaboration de l'Inserm sur le suicide chez les jeunes homosexuels. Pourquoi avoir lancé cette étude ?
Depuis une quinzaine d'années, j'exerce à Paris dans une consultation hospitalière de dépistage anonyme du VIH/sida et je suis frappé par le fait qu'il ne suffit pas d'informer clairement les gens sur les modes de transmission du sida pour qu'ils se protègent. Il y a, à l'évidence, des problématiques psychiques qui poussent certains à s'exposer, en apparence délibérément, au risque de contamination.
J'ai donc élaboré un projet de recherche-action sur la prévention des conduites à risque chez les jeunes de 15 à 35 ans, en particulier homosexuels, afin de co! mprendre les logiques sous-jacentes à ces comportements.
Comment avez-vous procédé ?
Dans le cadre du projet Prévention à la carte de l'association Aremedia, nous avons installé des bornes interactives dans plusieurs sites fréquentés par les jeunes.
Au total, nous avons recueilli les "récits de vie" de près de 2 000 jeunes vivant à Paris, en région parisienne et en province. Ils remplissaient un questionnaire sur l'écran, ce qui permet de poser des questions difficiles à aborder dans un entretien en face-à-face : tentatives de suicide, usage de substances illicites, abus sexuels ou épisodes dépressifs. Selon plusieurs études anglo-saxonnes, l'approche informatique double le taux de confidences sur des questions "sensibles" telles que la sexualité ou la toxicomanie.
Quels sont les résultats ?
Des études américaines, canadiennes, australiennes et néo-zélandaises avaient établi une "sursuicidalité" chez le! s homosexuels, treize fois plus élevée que dans la population ! générale. Nous voulions voir si ces données étaient liées à un contexte particulier ou si elles étaient transposables en Europe.
Nous avons fait une étude permettant de comparer, toutes choses égales par ailleurs, les jeunes gays aux jeunes hétérosexuels. Et nous avons trouvé le même chiffre que celui des études nord-américaines. Il faut cependant préciser qu'il s'agit d'une donnée provisoire : nous avons neutralisé les facteurs connus mais d'autres variables jusqu'ici ignorées, et sur lesquelles nous travaillons actuellement, peuvent expliquer cet écart.
Comment expliquer que les jeunes homosexuels soient plus exposés aux tentatives de suicide ?
Nous avons repéré quelques pistes. Il y a, chez certains jeunes homosexuels, une forte dégradation de l'estime de soi : ils semblent se considérer comme des personnes de moindre qualité, comme si, confrontés au regard d'autrui, ils avaient intériorisé leur différence en termes péjoratifs.
Cette souffrance psychique secrète semble les conduire à adopter des comportements à risque dans plusieurs registres : celui de leur vie intime ils n'utilisent pas de préservatifs, même avec des partenaires "à risque inconnu" et celui de la vie publique ils ont plus d'accidents de la circulation que les autres. Ces jeunes semblent être les mêmes que ceux que nous appelons les "répétiteurs de test" ceux qui reviennent souvent dans nos centres pour se faire tester après un rapport sexuel non protégé : un sur deux a d'ailleurs déjà fait une tentative de suicide au cours de sa vie.
Cette attitude face au risque, sous-tendue par une souffrance cachée, peut s'appréhender non pas comme un équivalent suicidaire mais, paradoxalement, et plus subtilement, comme une stratégie antidépressive. On retrouve d'ailleurs chez eux une surconsommation de psychoactifs, dont des médicaments psychotropes.
Faut-il modifier les stratégies de prévention sur le sida ?
En effet, il ne faudrait pas se contenter de répéter les messages d'information mais tenter de réduire les risques en amont, en tenant compte de l'histoire personnelle de ceux qui viennent nous voir. Au centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) de l'hôpital Fernand-Widal, nous travaillons avec le réseau Espas, dirigé par le psychiatre Serge Hefez, et l'association Aremedia, qui dispose d'une psychologue clinicienne, afin que les "répétiteurs de test" puissent, le cas échéant, accéder à un travail sur soi.
Il faut également atteindre ces jeunes en souffrance, qui "résistent" aux messages habituels, grâce à des campagnes d'information qui mettraient subtilement en relation "dépressivité" masquée et conduites à risque. Enfin, il faudrait former les médecins des centres de dépistage à ces problématiques, recruter des psychologues dans les CDAG, sensibiliser les familles et aider les associations qui s'occupent de ces jeunes. |
Sur la fin de l'article et le lien avec la lutte contre le SIDA, encore une fois je rejoins tout à fait le docteur Shelly, et c'est d'ailleurs la piste que nous suivons à mOules-frItes avec nos campagnes de prévetion structurelle (basée sur une revalorisation de l'estime de soi) et sur le counselling (ou "relation d'aide"). _________________ Résolument Gay, toute l'actualité transpédégouine et même au delà
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
jedi69 Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 04 Juil 2005 Age : 30
Localisation: Lyon
|
Posté le: Mar Sep 13, 2005 13:15 Sujet du message: |
|
|
Pour finir, ce témoignage de Guillaume, un bordelais que j'ai eu l'occasion derencontrer à Boredeau pendant le colloque de mOules-frItes, un garçon très attachant, et qui, je vous rassure, va beaucoup mieux aujourd'hui.
| Citation: | Guillaume "n'arrivait pas à parler", alors, à 17 ans, il a craqué
Guillaume, 22 ans, prépare un bac professionnel. Il souhaite rester anonyme.
"Je suis le deuxième d'une famille de trois enfants qui a vécu d'abord dans une petite ville du Lot-et-Garonne puis à Bordeaux. A 17 ans, j'ai fait deux tentatives de suicide.
Déjà, vers l'âge de 8 ans, je subissais des quolibets de la part de mes copains de classe, qui me traitaient de pédé. Les profs étaient indifférents. On ne considère pas l'insulte homophobe de la même manière que l'insulte raciste. J'étais un enfant dit modèle, premier de la classe mais assez réservé. Les élèves ont dû me sentir comme une agression. Je suis devenu leur bouc émissaire.
Au collège, ça a empiré : en plus des insultes, il y avait les ! coups. C'était même un rituel : chaque matin, certains me tapaient violemment l'épaule. Entre midi et deux, une quinzaine m'encerclaient et me traitaient de tout, en me donnant des coups. Ça résonnait de toutes parts en moi quand on me disait : "T'existe pas" , "t'es une merde" , "un monstre" , "on va te buter, pédé" . Tout le monde le voyait sans réagir.
Mes parents ? A 17 ans, en première, je suis passé de très doué à dernier de la classe, je faisais des fugues. Ils n'ont pas compris ce qui m'arrivait. Ils m'ont toujours soutenu mais je leur en veux un peu de ne pas être allés au-devant de mes problèmes.
Moi, je ne pouvais rien dire. Je me bloquais pour ne pas souffrir tout en étant prisonnier de moi-même. Je n'existais ni pour moi ni pour les autres et je mentais à tout le monde car je voulais me protéger. Je me dégoûtais aussi, en pleine négation de ma personne, et ce sentiment me rongeait. Il n'y avait pas une journée sans que j'! y pense. Dans ces cas-là, on ne peut parler à personne.
UN LONG CHEMINEMENT
On dit que, de nos jours, c'est facile d'exprimer son homosexualité ou de trouver des soutiens via des associations ou des téléphones anonymes. Mais à la campagne, sans téléphone portable, vous ne pouvez pas utiliser le téléphone familial à cause des factures détaillées ni Internet à cause de l'historique laissé sur l'ordinateur. Aller acheter des magazines spécialisés est au-dessus de vos forces.
Quand on est jeune, on est isolé et on ne sait pas vers qui se tourner. Comme je n'arrivais pas à parler, on disait que j'étais dépressif. Quand j'ai fait mes tentatives de suicide, à trois semaines d'intervalle, les médecins m'ont dit que j'avais un trouble important du comportement : de la schizophrénie. A ce moment, je me suis dit que non seulement j'étais homo mais en plus malade.
On ne se suicide pas sur un coup de tête : c'est un long cheminement où il faut se couper de tout amour. Je ne pouvais pas vivre l'amour auqu! el tout le monde aspire. Pour la première tentative, j'avais refusé d'aller au lycée et j'ai avalé 80 cachets d'Efferalgan. C'est ma mère qui m'a découvert.
A l'hôpital psychiatrique, le médecin m'a bien demandé si j'aimais les garçons mais il y avait quatre autres personnes autour de moi, dont une infirmière qui notait tout. Comment pouvez-vous être en confiance quand depuis près de dix ans vous gardez tout en vous ? Je n'ai rien dit.
J'ai appris à bien connaître le personnel psychiatrique car j'ai été interné quatre mois dans une unité pour malades difficiles (UMD), avant de passer en hôpital psychiatrique de jour puis, jusqu'à présent, dans un centre de réadaptation psychosocial pour jeunes, une structure intermédiaire entre l'hôpital et le foyer. Ce milieu m'a plus détruit qu'autre chose. Je me demande toujours si le personnel est homophobe, mal formé à cette problématique ou simplement incapable de l'entendre et de la gérer.
Je me souviens d'une scène! à l'UMD : le psychiatre était entré dans ma chambre avec six ! ou sept autres médecins. En me tournant le dos, il a demandé à voix haute ce que signifiait "pédé comme un phoque" . Après avoir donné l'explication, ils sont partis en riant.
Nous vivons dans une société de peurs de tous ordres. Rien n'a changé pour les jeunes homos. Il y a une tolérance hypocrite : les gens disent accepter l'homosexualité pour éviter d'en parler et d'affronter vraiment le problème.
CASSURE IRRÉMÉDIABLE
Je me demande où j'ai puisé l'énergie pour résister, car je me dis toujours que j'aurais dû mourir. Je garderai cette cassure irrémédiable. Malgré tout, les rencontres, même rares, de personnes sans a priori m'ont aidé à m'en sortir. Maintenant, j'essaie de vivre, de me reconstruire tant bien que mal : je viens d'emménager dans un appartement, d'adhérer à une association d'écoute homosexuelle, je me projette professionnellement. Mais jamais je ne révélerai mon homosexualité à mes collègues de travail, qui tombera! ient de haut s'ils l'apprenaient. Je n'ai plus l'énergie de me justifier et je veux éviter des ennuis inutiles.
L'hétérosexualité est le dernier rempart solide sur lequel les gens se sont construits. Alors, quand on leur parle d'homosexualité, on fait vaciller cette certitude. Je suis persuadé que le sujet touche plein de jeunes, mais peu restent en vie pour en parler." |
_________________ Résolument Gay, toute l'actualité transpédégouine et même au delà
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
| |