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Pirlouit Khîpe au chocolat


Sexe:  Inscrit le: 06 Sep 2005 Age : 21
Localisation: Paris / Montpellier
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Posté le: Sam Jan 06, 2007 11:18 Sujet du message: |
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La Noiraude, tu as eu là une excellente idée de sujet.
Merci du fond du coeur.
Ma mère comment est-elle ?
Maman poule, ça ne fait aucun doute.
Mais elle en est consciente et elle en plaisante.
Sa référence est le sketch de Michel Boujenah sur les mères juives qu’elle me cite fréquemment.
Elle a toujours été très protectrice avec souvent une fâcheuse tendance à vouloir faire les choses à ma place. Oui j’avoue. J'en suis pas fier.
Cette année la distance ne lui permet pas d’être présente physiquement mais ça ne l’empêche pas de me harceler : « tu t’es acheté un gros manteau pour l’hiver ? Et des chaussures pour la neige ? Et tu fais attention dans la rue ? Tu te balades pas seul tard le soir parce que le quartier n’est pas sûr ! »
Mon handicap a probablement accru son tempérament protecteur mais je pense qu’elle n’aurait pas été fondamentalement différente sans lui.
Ce que j’apprécie chez elle c’est qu’elle a conscience de me couver (trop ?). Ca en devient parfois gênant lorsqu’elle culpabilise en se demandant si son attitude (et celle de mon père, parce qu’il faudra bien parler des père aussi) ne m’a pas nui ou si celle-ci n’a pas été contreproductive.
Je m’aperçois que je parle de harcèlement mais finalement elle me laisse relativement tranquille.
Un appel tous les 15 jours environ ça reste raisonnable.
Par contre elle se rattrape sur les courriels.
Mais son « ingérence » se cantonne aux questions « matérielles ».
Elle pose beaucoup moins de questions sur des sujets intimes.
Je suis certain qu’elle meurt d’envie de savoir tout un tas de chose mais elle est très respectueuse de ma pudeur.
J’ai remarqué que depuis que j’ai quitté Montpellier pour poursuivre mes études, j’ai avec elle des discussions plus intime que le simple « qu’est-ce qu’on mange à midi ? ».
Intime, ça reste relatif. Disons que je lui livre un peu plus mes états d’âme.
J’ai quand même encore énormément de mal à lui parler de sentiment, d’amour, de sexualité et de tout ce qui s’en suit.
Je lui ai fait mon CO l’an dernier une nuit où elle était venue dormir chez moi à Paris et où je déprimais.
On en a pas reparlé depuis.
Ca me stresse parfois parce que je me demande si elle a bien saisi l’irréversibilité de mon homosexualité ou si elle avait au contraire pris mon CO pour un simple questionnement
En fait, je n’arrive pas à déterminer si elle n’en parle pas pour respecter ma pudeur ou si elle n’en parle pas parce qu’elle a du mal à imaginer que je puisse éprouver des sentiments amoureux et/ou avoir une sexualité.
Elle ne me demande par exemple jamais où en sont les amour et / ou si j’ai un copain (elle ne me pose pas non plus la question pour une copine d’ailleurs).
Dans l’absolu, ça ne change pas grand-chose dans la mesure où je sais que le jour où j’en reparlerai cela ne posera pas de problème. L’homosexualité n’est pas ce qui coince dans ce cas. Enfin il me semble.
Le jour où je lui présenterai un copain (si, si ce jour viendra), je suis presque sûr qu’elle sera du genre à vouloir le mettre à l’aise, à l’apprécier, à poser plein de question et à préparer un tupperware avec les restes du repas.
Je suis assez optimiste.
Je pense qu’avec le temps , surtout si je fais l’effort de m’affirmer (je ne parle pas que d’homosexualité) notre relation peut s’équilibrer.
Qu’elle abandonne complètement son côté protecteur, c’est peine perdue (et je ne suis pas sûr de le souhaiter) mais que les excès de ce tempérament s’estompent j’ose espérer que ça viendra.
Il faudra bien parler des pères aussi. Un jour. |
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loun Timide

Sexe:  Inscrit le: 03 Jan 2007
Localisation: Aix en Provence
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Posté le: Mar Jan 09, 2007 16:05 Sujet du message: |
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Ma mère... Vaste sujet...
Comment est-elle?
Pas vraiment mère poule, plutot respectueuse de mon indépendance, de mon autonomie, de mon intimité, plutot pudique, pas très calin, parfois même un peu distante, bavarde toutefois tant qu'il ne s'agit pas de sujet vraiment grave, à l'origine très autoritaire et très je-contrôle-tout. Je dis à l'origine, car évidemment, elle a du mettre de l'eau dans son vin quand elle a admis que tout ne fonctionnait pas toujours comme elle voulait (du genre, il est possible qu'au lieu des 3gendres escomptés, elle écope en réalité de seulement 2 gendres et une bru...). Mais présente, irrémédiablement, quand un pépin arrive, médical, financier, sentimental, matériel... elle est là, c'est une maman, quoi... Avant tout le reste même aurais-je envie de dire, ce que je déplore vu les âges auxquels nous arrivons mes soeurs et moi.
Je m'entends plutôt bien avec elle, car elle me respecte tout en me soutenant, il y a une certaine confiance entre nous et il faut dire que nous nous ressemblons assez. Toutefois nous n'avons jamais été les mères-filles complices, copines, à la "comptoir des cotonniers". Ma mère c'est ma mère tout de même.
Je me suis outée auprès d'elle au bout de 8mois de relation avec ma chérie. Et là, elle a pas super bien réagis, elle a fait un truc pas joli joli, elle a implicitement profité de l'aval qu'elle avait sur moi à l'époque pour me pousser à rompre. Je n'étais pas maline maline non plus, je vous l'accorde.
Bon, la rupture artificielle n'a pas tenu. 4 mois plus tard, je me remettais officiellement (en fait nous ne nous étions jamais réellement séparées, c'est compliqué les histoires de nana, je sais...) avec ma chérie, et là je le dis immédiatement à ma mère, avec une bonne mise au point: c'est ma vie, JE décide, ça n'a rien à voir avec elle, avec ce qu'elle a fait/pas fait... c'est comme ça ou rien du tout.
S'en est suivi une année difficile de tensions larvées, de non communication extrême ou nous allions très mal toutes les deux. J'ai pris l'initiative d'aller voir un psy pour en parler, ça m'a aider, j'étais prête à lui pardonner quand elle est revenue vers moi après le paroxysme de la crise. Elle avait dit qu'elle irait voir un psy tant ses réactions violentes au sujet de mon homosexualité déconcertaient toute la famille, je sais qu'elle ne l'a pas fait, elle aurait du...
Et puis les choses sont revenues petit à petit, 6mois plus tard, en se faisant certes un peu forcer la main, elle a accepté de venir voir où ma chérie et moi habitions, elle a compris que j'étais heureuse, et semble admettre la situtation, du moins la tolérer.
Cependant rien n'est gagné pour la suite, j'ai pu observé ces dernières vacances qu'elle était très réticente à évoquer mon avenir "personnel", à savoir mes projets de famille, d'union durable avec ma chérie... Elle a de la chance, mes études sont longues, elle a donc encore un peu de temps devant elle avant que je ne vienne lui annoncer qu'elle va être grand mère. Mais tout de même, je sens bien que rien n'est acquis et qu'il faudra encore longuement la travailler au corps pour bien établir les choses.
On m'a fait la remarque, plusieurs fois, que j'accordais beaucoup trop d'importance aux réactions de ma mère, que je ne pourrais de toute façon pas la changer et qu'il ne me sert à rien que de courir sans cesse après son assentiment expresse quand un assentiment tacite convient tout autant, que cela ne peut me faire que souffrir. Ce n'est certainement pas faux non pus.
Voilà, désolée, c'est long, mais je vous promets que j'ai synthétisé!! |
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La Noiraude Khîpe Sushi


Sexe:  Inscrit le: 03 Avr 2006 Age : 33
Localisation: 93
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Posté le: Mar Jan 09, 2007 19:02 Sujet du message: |
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Quant à moi, je me rends compte, depuis plusieurs jours que je cherche à répondre à cet excellent sujet, et que c'est pas si facile que ça de parler de ma mère...
Tout le monde aime ma mère en tant que mère. Tout le monde me dit que j'ai une chance énorme d'avoir une mère comme la mienne. Je le sais fort bien. Et pourtant... A chaque fois que je la vois, je me rends compte à quel point elle est éloignée de ce que je voudrais qu'elle soit, et du coup je suis toujours extrêmement énervée après elle. Gratuitement. J'évite de le lui montrer, j'essaie d'être "cool", mais parfois j'ai du mal, et donc je m'en veux (le donc c'est parce que je suis persuadée que le concept de "maman" inclut la culpabilité de toute façon).
Une chose particulièrement m'insupporte chez elle : j'ai l'impression qu'elle fait tout pour me ressembler. Du vocabulaire aux expressions qu'elle me pique, aux idées qui sont les miennes et dont elle s'empare (mais sans les comprendre au fond, ce qui m'agace encore plus), jusqu'à la façon de se fringuer... Total je m'arrange toujours pour mettre des barrières entre elle et moi, à ne pas être tout à fait moi-même quand je la vois, pour être bien sûre qu'elle ne me copie pas tout à fait...
Ma mère, elle croit qu'elle n'est pas du genre envahissant. Sauf qu'elle envahit quand même. Mais en disant "je ne veux pas envahir" : je ne sais pas si vous voyez à quoi cela peut ressembler.
Total elle appelle très souvent, mais juste 2 mn, après quoi elle raccroche en disant "je ne te dérange pas plus longtemps", quitte à me couper la parole et à ne pas écouter ce que je suis en train de lui dire. Quand on l'invite à la maison, elle se met à dire au bout d'une heure "bon je vais y aller quand même, je ne vais pas vous embêter plus longtemps". Ma mère a toujours peur de déranger : c'est insupportable.
Ma mère elle nous couve, mon frère et moi, nous surcouve, est hyper vigilante, quitte à imaginer qu'on ne va pas quand on va bien, et à se faire du mouron dans son coin sans rien dire (ce qui fait qu'on ne risque pas de la rassurer puisqu'on ne sait pas qu'elle s'inquiète, et que des fois elle est à se faire du soucis des semaines pour rien). La vigilance est souvent irritante. Ma mère, ses enfants, c'est sa croix, sa profession de foi, son devoir, ses obligations... Quoiqu'il arrive, son sacerdoce, c'est "tout pour mes enfants". Ca fout la pression. Elle ne demande rien en retour. Ca fout encore plus la pression.
Ma mère, elle veut toujous tellement tout faire pour nous faire plaisir, à mon frère et à moi, qu'elle en est pénible. Je me sens coupable d'écrire ça. C'est grave, docteur ?
Ma mère, elle a tellement accepté Fanfan, que l'autre jour quand je lui ai fait une blague en arrivant chez mes parents, à lui raconter que je venais toute seule en visite suite à une scène de ménage entre Fanfan et moi parce que les poubelles n'avaient pas été sorties, qu'elle a eu les larmes aux yeux et qu'elle s'est écriée "oh non merde" sur un ton dramatiquement déchirant. Dieu merci, Fanfan est arrivée à ce moment là, toute en sueur parce que venue en courant pour faire son heure de sport, parce que j'avais eu beau dire "mais nan c'est une blague", ma mère croyait vraiment qu'on était sur le point de nous séparer.
Ma mère, elle imagine toujours le pire. Elle l'imagine tellement, le pire, qu'elle en oublie de profiter du meilleur : ça me rend triste pour elle. Comme c'est de la compassion, au sens premier du terme, ben j'en souffre énormément. Ma mère, quand elle était jeune, s'est fait tirer les lignes de la main : le type lui a dit qu'elle mourrait jeune, d'une maladie ou d'un accident. Quelques mois plus tard, une diseuse de bonne aventure lui a tirer les cartes, et lui a dit la même chose. Depuis, elle attend que ça arrive, et se découvre un cancer de la peau quand un grain de beauté lui apparaît. A la moindre turbulence dans un avion, elle attrappe la main de mon père comme si c'était la dernière fois. Ma mère a tellement attendu sa mort jeune qu'elle a gaché bien des moments de sa vie où elle était heureuse, tellement elle était persuadée que sa dernière heure était proche...
Ma mère, elle se reproche des tas de choses qu'elle n'aurait pas fait et aurait du faire par rapport à notre éducation, à mon frère et à moi. Par exemple, elle dit toujours qu'elle regrette de ne nous avoir pas assez dit "je t'aime" quand on était petit. Du coup elle se rattrape sur la gamine de mon frère depuis qu'elle est née, à lui répéter "je t'aime mon petit amour de bébé" toutes les 5 minutes. C'est horripilant. Parce que ça sonne faux : elle le dit à la gamine, mais ça s'adresse surtout à nous, ses 2 enfants.
Ma mère, quand je ne la vois pas, elle me manque ; quand je la vois, elle m'agace. Quand j'en parle mal, je m'en veux ; quand j'en parle bien, j'ai l'impression que ce que je dis n'est pas tout à fait juste.
Bref, malgré un certain temps à aller voir un psychologue, je n'ai pas du tout régler avec elle !
Fin de la séance : je repasserai plus tard m'allonger ici pour une autre consultation. Là, je vais téléphoner à ma mère... _________________ .
Bla bla bla...
Dernière édition par La Noiraude le Mar Jan 09, 2007 23:11; édité 1 fois |
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ALASKA Homo sapiens


Sexe:  Inscrit le: 02 Juil 2006 Age : 45
Localisation: Martinique
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Posté le: Mar Jan 09, 2007 21:51 Sujet du message: |
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Moi, ma mère a 72 ans (ben oui, puisque j'en ai 44, logique) alors inutile de dire qu'avec ces gens 'd'une autre génération', il était hors de question de faire un coming out, ou truc dans le genre...
Ma mère est très intuitive, et lorsqu'elle fait des reproches elle va tout cibler sur le côté moral...
Alors je me suis arrangée pour que ma doudou soit tout d'abord une copine, puis une très bonne copine, puis une amie intime, qui dormait dans ma chambre, avec qui je faisais tout, à qui je pensais tout le temps. Et puis un jour, j'ai dit à ma mère que je partais avec cette amie en Martinique travailler (sous-entendu faire ma vie, mais sans le dire) puis, comme cela fait 19 ans que je suis sur cette île, elle a fini par comprendre (et mon père aussi je pense) qu'en fait "l'amie" était la femme de ma vie...
Depuis, elle joue les blasées , dit que "ces choses là sont à la mode maintenant, de toutes façons", "et que bon, si elle (en parlant de moi) est heureuse comme ça, après tout, pourquoi pas"...
Je trouve que compte-tenu de son âge ,sa réaction est à saluer. Car bien des gens du troisième âge rejettent ou ne comprenne pas notre situation...
Quelque part je pense avoir fait le bon choix en ne 'forçant' pas les choses, en y allant petit à petit, lui permettant de réaliser elle-même ce qui se passait, et que j'étais heureuse ainsi.
Aujourd'hui, aucun reproche, et ma doudou est très bien acceptée. Et tout va bien de notre côté et du sien.
Je crois qu'il ne faut pas en exiger plus de quelqu'un de 72 ans. _________________ On n'a qu'une vie ! Vivez-la à fond ! |
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maptitesoeur Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 06 Nov 2005
Localisation: région parisienne (94)
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Posté le: Mar Jan 09, 2007 22:44 Sujet du message: |
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Ma mère ? Vaste question, comme pour tout le monde.
Je pense tout simplement et sincèrement que c'est une bonne mère. Dans notre éducation, elle a fait de son mieux, avec ses propres problemes. Bien sur il y a eu quelques accrochages, surtout à mon adolescence entre 13 et 16 ans, où je lui amputais tous les défauts du monde et tous mes malheurs (les bonheurs de l'adolescence...). Mais bon, j'ai (un peu) mûrit, du moins je l'espere, et je peux beaucoup mieux voir ce qu'elle a fait plutôt que ce qu'elle n'a pas fait.
Pas forcement facile de voir sa fille de 13 ans et demi sortir avec un gars de 19 (ma soeur). Mais bon ça va, ça se passe bien elle est toujours avec depuis 3 ans, bientôt 4, heureusement.
Et puis bien sur, un coup dur a été mon coming out. Pour vous donner une idée, éducation rural catho, genre vraiment le trou du c*l du monde ou presque, que pour mes grand parents l'homosexualité c'est un jeune de 20 ans qui s'est fait tripoter par un vieux de 60. Mais elle l'a accepté,elle s'est renseignée, elle ne m'a pas empêcher de sortir, elle est allée au mag pour voir les gens que je fréquentais, elle a toujours été respectueuse de ma vie intime (et puis maintenant, je crois qu'elle ne tient pas forcement à être au courant, à part si c'est vraiment important, donc bon), et elle a même rencontré ma copine à l'époque.
Donc oui, je pense que ma mère est quelqu'un de vraiment bien, qui a fait de son mieux, même si on est pas toujours sur la même longueur d'onde. _________________ La religion n'a pas encore déplacé de montagne, en revanche, elle a placé des montagnes là où il n'y en avait point.
je ne suis rien, je ne serais rien, je ne peux rien vouloir être. A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde. |
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MADY Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 01 Juil 2005 Age : 53
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Posté le: Mer Jan 10, 2007 11:44 Sujet du message: |
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"(...) où je lui amputais tous les défauts du monde"
Eh ben, MaP'tite Soeur, tu n'y vas pas de main morte, si je puis dire
En fait, tu voulais écrire imputais (du verbe imputer) bien sûr !! sinon, la cicatrisation aurait été bcp plus longue..
Je te taquine mais je trouve que ça se passe plutôt bien avec ta Maman, tant mieux pour toi.
Bises,
Mady _________________ "Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous et non de vous. Ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes". Khalil Gibran |
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MADY Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 01 Juil 2005 Age : 53
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Posté le: Mer Jan 10, 2007 11:46 Sujet du message: |
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Alaska a écrit :
"(...)dit que "ces choses là sont à la mode maintenant, de toutes façons", "et que bon, si elle (en parlant de moi) est heureuse comme ça, après tout, pourquoi pas"...
Je trouve que compte-tenu de son âge ,sa réaction est à saluer. Car bien des gens du troisième âge rejettent ou ne comprenne pas notre situation.."
Tu peux effectivement saluer cette réaction, car comme tu le dis très justement, les réactions aussi bonnes que cela pour cette génération-là sont assez rares, je confirme...
Bises,
Mady _________________ "Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous et non de vous. Ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes". Khalil Gibran |
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Non`C'est`Pas`kOma Homo ?

Sexe:  Inscrit le: 09 Jan 2007
Localisation: 57
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Posté le: Mer Jan 10, 2007 11:55 Sujet du message: |
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Moi ma mère est trop envahissante et protectrice. _________________ Non c'est pas kOma. |
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Willou Queer-Master


Sexe:  Inscrit le: 03 Mar 2006 Age : 18
Localisation: Over the rainbow, under the sun.
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Posté le: Mer Jan 10, 2007 12:21 Sujet du message: |
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Sa arrive à de plus en plus de parents, vu comment tourne le monde, sa n'a rien de bien étrange Tu lui en a déja parlé ?
Willou _________________ La vie nous apporte en fonction de la taille exacte du récipient qu'on lui présente à remplir : citerne ou dé à coudre, il faut choisir, et ce choix nous appartient exclusivement. Pérégrinus |
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Non`C'est`Pas`kOma Homo ?

Sexe:  Inscrit le: 09 Jan 2007
Localisation: 57
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Posté le: Mer Jan 10, 2007 12:40 Sujet du message: |
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Oui, elle m'dit que c'est pour mon bien, mais quel sache que je veux pas avancer dans un monde de danger, je veux rester safe. _________________ Non c'est pas kOma. |
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zarza Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 16 Juil 2006
Localisation: Paris
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Posté le: Jeu Jan 11, 2007 14:55 Sujet du message: |
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« Ma mère cet océan »…
Ma mère, je la connais sans la connaître. Je ne la connaîtrais jamais. Elle n’est plus elle-même. Ce que je connais d’elle, c’est ce qu’elle est devenue. Ou ce que l’on veut bien me dire d’elle avant.
Mais ce qu’elle est devenue n’est ni une mère, ni même une femme.
Elle existe. Elle est vivante. Son organisme est en vie. Est-ce une vie ou une survie ?
Je fus une enfant désirée, une enfant de la dernière chance. Mais avec moi est née la déchéance. Une déchéance lente et profonde. Irréversible.
Il paraît que je ressemble à ma mère. Il paraît… Je ne sais pas. Je ne saurai jamais. Ce que je sais, c’est que je ne veux pas devenir comme elle. Je veux vivre, pas survivre.
Mes quatre premières années, je ne m’en souviens plus. Dommage, elle était une bonne mère, une vraie mère. Il paraît. Les suivantes n’ont été que souffrance. Souffrances Physiques, souffrances morales. Mais taboues, implicites. Les apparences étaient sauvées
Aujourd’hui, cette mère je la vois une petite dizaine de fois par an. La dernière fois, pour noël, elle ne m’a même pas adressé la parole. A peine dit bonjour. Trop égoïste. On essaye pourtant d’être présente, le plus possible à l’écoute. Elle finit toujours pas être méchante. Une méchanceté gratuite. Je sais pourtant qu’elle nous aime, ma sœur et moi… A sa manière…
Elle ne connaît rien de ma vie. Elle s’en moque, ça ne l’intéresse pas. J’existe, ça lui suffit. Elle vit dans le passé. Celui que je ne peux pas connaître. Elle ne voit pas plus loin que son train-train quotidien. Son petit monde auto-centré.
Au quotidien, elle aurait besoin d’aide, mais ne veut personne. Ne supporte personne. Elle ne fait pas confiance. Surtout pas à ses filles. Elle nous accuse… elle s’accuse. De quoi ?? de tout et rien à la fois.
Il ne faut pas chercher à comprendre. Il n’y a plus rien à comprendre. Il faut accepter. Accepter l’inacceptable.
Cette mère, je lui dois beaucoup malgré tout. Je lui dois la vie. Je lui dois mon éducation. C’est beaucoup, c’est rien.
Oui, je sais dire bonjour à la dame, dire merci, ne pas mettre les doigts dans mon nez, et même ne pas mettre les coudes sur la table.
Mais après ?? |
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maptitesoeur Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 06 Nov 2005
Localisation: région parisienne (94)
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Posté le: Jeu Jan 11, 2007 21:40 Sujet du message: |
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lol effectivement Mady, j'ai écris trop vite Quand on sait que je suis la première à corriger ce genre de faute... Il y a de quoi se moquer de moi  _________________ La religion n'a pas encore déplacé de montagne, en revanche, elle a placé des montagnes là où il n'y en avait point.
je ne suis rien, je ne serais rien, je ne peux rien vouloir être. A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde. |
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La Noiraude Khîpe Sushi


Sexe:  Inscrit le: 03 Avr 2006 Age : 33
Localisation: 93
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Posté le: Ven Jan 12, 2007 19:18 Sujet du message: |
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Euh. Zarza, je ne trouve rien à dire.
Mais je te le dis quand même.
Que tu saches que je t'ai lue.
...
Et bon courage, donc... _________________ .
Bla bla bla... |
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Visaya Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 07 Déc 2006 Age : 31
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Posté le: Ven Jan 12, 2007 20:36 Sujet du message: |
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Pfiou Zarza, j'ai eu le coeur tout alourdi à te lire, pour toi et parce que ça m'a ramenée à mon histoire...
Ma mère était malade psychologiquement parlant, je ne saurai mettre de termes exacts. Elle souffrait d'une paranoïa, ça c'est sûr, à croire que tout le monde était fou, sauf elle, que tout le monde se liguait contre elle... Elle était complètement coupée de la réalité, elle voyait la vie à travers un prisme complètement déformateur, elle était la première à en souffrir évidemment.
Mais comme si ça ne suffisait pas, elle était très impulsive et se mettait en furie pour un rien. J'en ai fait les frais depuis toute petite, psychologiquement et physiquement jusqu'à mes 14 ans où j'ai eu assez de force morale (ou bien trop peur pour continuer à vivre avec elle) pour fuir chez mon père.
J'ai longtemps pensé qu'elle était schyzophrène puisqu'elle pêtait les plombs en un quart de seconde, devenant ivre de rage et se défoulant sur moi. J'en étais arrivée à avoir peur en permanence, du coup j'étais quasi sûre de l'énerver, parce que j'avais fait ce qu'il ne fallait pas faire ou que je n'avais pas fait ce qu'il fallait faire...
Malgré ça, c'était une mère très aimante avec qui j'entretenais une relation très fusionnelle (je sais au moins d'où me vient ma putain de dépendance en amour, je n'ai connu que cette forme d'amour) et qui m'a poussée à faire pleins d'activités (projections sur moi car elle voulait être artiste, mais j'ai pu faire pleins de choses, je ne m'en plainds pas).
J'ai fini par couper tout contact avec elle, même si je savais qu'elle en souffrait: elle ne comprenait pas, elle était persuadée que c'était mon père et ma grand-mère (sa propre mère) qui me montaient la tête. J'ai coupé tout contact tout simplement parce que la voir me mettait dans un état de stress destructeur à chaque fois, j'ai donc choisi de sauver ma peau. Ma survie psychologique a été à ce prix: rendre malheureuse une mère qui aimait son enfant et ne comprenait pas ce qui se passait. Pour autant je ne regrette rien... Ou presque.
Il y a 2 ans son cancer généralisé l'a assez affaiblie pour qu'elle soit conduite à l'hôpital, je m'y suis rendue trois jours de suite. J'y suis allée avec de l'appréhension, normal. Mais j'avais enfin fait la paix en moi avec elle, le temps avait fait son travail je crois, je n'avais plus peur, tout simplement, plus de haine... Nous avons parlé, malgré sa grande faiblesse, presque comme dans une relation normale de mère à fille, je lui ai même dit que j'étais lesbienne. Ca m'a fait du bien, à elle aussi. Ironiquement je crois que c'est son état physique associé aux fortes doses de morphine qui ont aidé à ce que nos rencontres soient aussi "sereines"... Elle est décédée quelques jours plus tard... Mon seul regret (le plus grand dirons nous): ne pas avoir trouvé le courage de lui tenir la main alors que nos mains étaient proches et qu'elle n'attendait que ça et n'osait pas...
Ceci dit, j'ai toujours tendance à voir le verre à moitié plein et mon mental est construit de telle manière que les choses qui me dérangent, je les mets dans des "tiroirs", que je tiens plus ou moins bien fermés...
Donc malgré tout, j'ai eu une enfance heureuse car j'ai eu assez de moments de bonheur pour pouvoir masquer les autres moments. J'ai eu un père et une grand mère géniaux qui m'ont aidés aussi à surmonter tout ça. Et surtout je ne peux pas en vouloir à ma mère, en tout cas pour ce qu'elle m'a fait parce qu'elle était malade, psychologiquement parlant et donc pas maitresse d'elle même. C'est à mes yeux une chance... _________________ "La vie ne se compte pas en respirations, mais par les moments qui t’ont coupé le souffle." André Malraux |
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fanfan Homo sapiens


Sexe:  Inscrit le: 09 Juin 2006
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Posté le: Ven Jan 12, 2007 21:51 Sujet du message: |
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La Noiraude,
Moi qui vis avec toi depuis quelque temps déjà, je te lis avec émotion et je pars à la rencontre d'une personne que j'adore et sur laquelle tu apportes un éclairage contradictoire, mais empreint d'amour, et d'un amour profond... J'avais deviné certains de tes sentiments en te regardant évoluer avec elle, ou nous avions parlé d'autres sentiments que tu pouvais éprouver à son égard (cet agacement...). mais tu l'écris si bien et à force de détails, que je re-découvre ta mère à mon tour...
Zarza,
J'ai la gorge complètement nouée de ce que tu écris.
Visaya,
J'ai la gorge complètement nouée de ce que tu écris.
Je ne peux parler de ma mère immédiatement. Il me faut un peu de temps pour réunir mes idées, pour les ordonner, pour les faire parler. Comme la Noiraude le dit, on a toujours l'impression qu'il est aisé d'en parler, et l'on s'aperçoit au moment de le faire que les mots ne sortent pas. Une mère est une pièce dramatique ou une pièce de boulevard, un roman d'amour ou "vipère au poing", elle n'en reste pas moins une mère...
[/u] _________________ il est admis que la vérité, c'est que ce les gens cachent (André Malraux - Antimémoires I) |
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