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de l'inanité des jours qui se ressemblent...
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Thunder Bird
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 18:18    Sujet du message: De l'inanité des jours qui se ressemblent... Répondre en citant

Yo,

J'ai beaucoup d'amis pseudo-dépressifs en ce moment. Ils commencent la vie active, ils ont manifestement peur que ça ne suffise pas tout à fait à leur psychée pour être "heureux", tout du moins "satisfait".

J'avais envie de partager avec vous, humbles pédésexuels, une réponse que j'ai pu faire à l'un d'entre eux. Certes, c'est une lettre, c'est un peu personnalisé. Allez-y, jetez-vous sur moi, hurlez que je publie mon blog honteusement sur ce site Wink

En attendant, voilà la lettre. J'aurais aimé savoir si quelques personnes se reconnaissent un peu dans les deux ou trois choses que je peux décrire.
Si tout le monde s'en fout et que personne ne répond, ça n'est pas grave non plus, je ne vais pas faire d'esclandre.

------------
Chose promise, chose due. Voici une réponse, enfin une tentative de réponse. Mais à vrai dire, j'ai un peu perdu de vue la question initiale. Les champs de réflexion qu'elle ouvre sont tellement larges ; il faudrait des années, peut-être même plus qu'une vie humaine, pour en faire le tour.

Est-ce que la vie de cadre supérieur occidental est intéressante ? Vaste question. En premier lieu, nous aurions quand même à tort d'oublier que comparativement à la plupart de nos semblables, nous sommes privilégiés. En fait, je trouve cette information plus triste qu'autre chose. Se dire que la majorité des gens vivent dans des conditions pires, voire bien pires, ça n'est pas forcément très encourageant, surtout si on a la sensation en fin de compte de manquer soi-même de plusieurs choses essentielles.

Cependant, je suis d'accord : on peut bien avoir accumulé tout le confort possible, et pourtant demeurer malheureux. Beaucoup de gens en font, en fait, l'expérience concrète au cours de leur vie. Il suffit de très peu de choses, ou plutôt de l'absence de très peu de choses, pour pleinement souffrir. Au premier plan, il suffit chez moi de l'absence d'un projet, de court ou long terme.
D'ailleurs, là, et j'y reviendrai dans un point suivant, je déprime gentiment. Je n'ai rien foutu de constructif de ma journée. Ma soirée se résume à fort peu de choses. J'ai souhaité solliciter des amis pour effectivement faire un truc. Mais je m'y suis pris trop tard. Tout le monde avait un petit plan, ou alors la flemme de se bouger. Pourtant j'ai demandé à pas mal de monde. Mais c'était déjà verrouillé chez tout le monde. Résultat je me retrouve à ne rien foutre chez moi. J'aurais pu aller au cinéma. Je ne l'ai pas fait. J'aurai pu aller courir aussi. Je ne l'ai pas fait non plus. C'est peut être bel et bien de ma faute, si je suis dans cet état. La solitude que j'endure au cours de cette soirée m'est sourdement insupportable, et ça m'est un brin odieux de me dire que je la subis sans doute de ma faute, aussi j'escamote un peu cet aspect des choses. Je ne l'ai pas souhaitée, je la subis. J'ai la sensation distincte que ce genre de situations pourrait tout à fait se reproduire de nombreuses fois au cours du mois d'Août, où il n'y a chroniquement personne.

Je vois bien de quoi tu parles lorsque tu dis qu'une accumulation de petits riens, insignifiants si on les prend séparément, peut au final influencer de façon énorme, voire totale, la sensation de bien ou de mal-être, de satisfaction ou au contraire de profond dégoût qu'on peut ressentir vis-à-vis de la vie. Je vois même très bien à quoi tu fais allusion.
C'est franchement insultant pour soi. Se dire que notre propre humeur tient à si peu de choses, à des paramètres microscopiques, plutôt qu'à de grands fondamentaux. C'est énervant, un brin pathétique. Mais il paraît que le contrôle n'est qu'une illusion, alors bon (j'ai entendu ça dans « Kung Fu Panda ». Ca doit être vrai). Cela dit je ne pense pas non plus qu'il soit légitime de complètement se laisser aller. Décidément j'enchaîne les platitudes, c'est très réussi. Je suis parfaitement satisfait de ma contribution au monde aujourd'hui. J'ai gaspillé en pure perte l'oxygène et toutes les ressources qu'il m'a été donné de consommer. Je n'ai rien produit d'intéressant, et cette missive n'échappe pas à la règle. Avoir eu l'inutilité avouée d'un chat d'appartement aurait eu davantage de cohérence.

Pour te donner un exemple concret, je peux te montrer une vidéo qui a réussi à me faire déprimer pendant 1 jour et demi. Un simple extrait d'une minute, et hop, je me suis senti assez mal pendant tout ce temps. Alors qu'il n'y a pas franchement de quoi.

La voici : http://www.wideo.fr/video/iLyROoafYzt3.html

Il est bien sûr transparent qu'elle a pu m'émouvoir parce qu'elle renvoyait à des choses personnelles, des événements, des situations passées avec une forte implication émotionnelle, c'est évident.
En pratique, on lui concèdera qu'elle pourrait à elle seule constituer un court métrage. On n'a pas besoin de données supplémentaires sur l'antériorité de cette scène, elle se devine très simplement. On sait très bien ce qu'on vécut les deux personnages, on voit très bien où ils en sont, ce qu'ils traversent. Et cette séquence décrit un moment intense dans la vie de ces personnes.
Cependant, tout de même, un jour et demi entier à l'avoir devant les yeux. Pourquoi donc ? Je ne sais pas. Mais réellement, pendant ce jour et demi, je me suis senti à moitié mal. Je n'étais pas bien. Cette séquence évoquait une espèce d'esthétique de la relation amoureuse, d'incarnation très réaliste de cette attirance qu'on a souvent présenté au cinéma comme impossible avec tout le lot dramatique qui va avec. J'étais un peu subjugué, un peu triste, et tout à fait perturbé.
Du reste, à la fin de l'épisode en question, que j'ai téléchargé, le personnage malade meurt des suites de son opération. C'est assez triste, en fin de comptes.

Aujourd'hui quand je la regarde à nouveau, ça ne me fait plus rien. Alors que quelques jours auparavant, elle m'avait foutu par terre. C'est décidément étrange. Sans doute qu'elle ne t'atteint guère, ce serait compréhensible.
Enfin c'était pour exhiber un exemple concret d'événement microscopiques susceptibles de profondément m'atteindre.

Je considère bien volontiers que je suis quelqu'un d'assez « faible », au sens où il me manque justement souvent cette résilience dans le désœuvrement, cette faculté de tenir bon malgré les micro-chocs, de ne pas me laisser aller et de revenir au fond de moi-même pour refaire la part des choses. Aujourd'hui il fait beau, j'ai passé de bonnes vacances et demain je verrai un ami que j'apprécie. Cela devrait suffire à me rendre pleinement, si ce n'est heureux, tout du moins satisfait de la situation. Pourtant il n'en est rien. Qu'est-ce qu'il me faudrait de plus ? Je serais bien incapable de le définir. A contrario, je connais des personnes qui font preuve dans la pire adversité d'un courage à toute épreuve.
On pourrait se consoler à peu de frais en suggérant que l'ennui, somme toute assez indolore, finira par tasser tout ça et faire que la vie passera très vite. Mais ça a toutes les allures d'un piège, ce serait une douloureuse erreur. L'ennui poussé à son paroxysme a en fait toutes les chances de se transformer en douleur tout à fait perceptible et positive. Et puis nous sommes raisonnablement trop jeunes pour penser à cette solution.


Alors que tenter, que faire, qui ne soit pas une platitude, pour lutter contre cette sensation de passable médiocrité existentielle ?

La première chose que je fais, c'est de me féliciter de souffrir de cette façon ! Il faut quand même bien se rendre compte que ça n'est pas donné à tout le monde ! Réaliser l'inanité d'une existence vouée à la consommation et aux plaisirs somme toutes modérés et superficiels, c'est déjà un point positif. Avoir identifié le mal, c'est un premier bien.
En disant ça j'élimine immédiatement une autre hypothèse : celle qu'en réalité cette vie a tout son sens, et que c'est précisément un dysfonctionnement passager de l'esprit qui nous la fait percevoir sous un jour sordide et sans grand espoir d'intérêt. Sans doute est-ce un peu vrai dans une certaine mesure. Néanmoins, je suis en réalité convaincu qu'un train-train fait de bonnes sorties le week-end entre gens de notre milieu social, et d'accumulation successives de plusieurs éléments de conforts, fut-ce au côté d'une personne avec qui le partager, n'a aucune raison d'être satisfaisant, à notre âge. J'encourage l'ambition de soi-même, quitte à souffrir. Stuart Mill disait « il vaut mieux être un homme insatisfait, qu'un porc satisfait ». Il avait bien raison ! Il vaut mieux souffrir et circonscrire son malheur en mots dans une asociabilité atroce le soir à minuit sur un blog Internet, plutôt que de regarder TF1 enlacés avec un sourire d'hébétude. TF1 nous promet un épanouissement simple, et des joies collectives, accessibles à tous. Un tel bonheur n'est pas compatible avec un minimum d'exigences personnelles, qu'elles soient intellectuelles, esthétiques, sensorielles.
-- Je ne me relierai pas car sinon je vais me trouver profondément confus et illisible. Je pisse un peu de la copie. En même temps comment faire autrement ? --

Préciser les pourtours de son propre malheur ne permet pas d'y échapper. Ça serait bien trop facile. En le couchant sur le papier, on ne souffre pas moins. On souffre en réalité peut-être davantage. Mais la douleur prend une forme, une origine, un développement, parfois même un nom. On peut commencer à trouver l'intuition d'une cohérence, la vague idée d'un réalisme (je pompe allègrement sur Houellebecq. Mais le plagiat est inévitable, je sors d'une troisième lecture d'Extension du domaine de la lutte. Un bouquin fascinant, je te le recommande. J'ai rarement vu humour et tristesse aussi bien entrelacés. Ce type est brillant, dans son créneau. Enfin pour ce que j'ai lu dans ma vie... ce serait un peu prétentieux de prétendre être exhaustif dans la comparaison). En travaillant très dur sur soi, souvent, je l'espère, on finit par s'en sortir.

Ensuite, une piste que j'ai identifié déjà chez moi depuis longtemps, une absence légère mais qui indiscutablement mène au sentiment de désespoir, de vacuité et d'amertume, c'est l'absence de plan, de projet, comme je le disais plus haut (oui, tout cela est très bien structuré et organisé, comme tu auras pu t'en rendre compte).
L'absence de « chose à faire » est la pire chose qui puisse m'arriver. Je ne le supporte pas. Le problème, c'est que de moi-même j'ai rarement la volonté nécessaire pour m'auto-confier quelque chose à occuper mes dix doigts. La comparaison avec une grosse vache normande incapable d'autre chose que de brouter s'impose d'elle même, à ceci près que la vache normande est tout à fait heureuse, dans la mesure qui lui est impartie (une mesure de vache normande cependant, avec peu d'issue, en vérité. Non, en fin de compte je ne lui envie pas ce bonheur).
La répétition d'une soirée comme ce soir, par exemple, sur deux ou trois jours de suite, pourrait suffire à sérieusement m'ébranler dans mon envie de m'impliquer dans la vie. Il ne faudrait pas que ça se reproduise trop.

Pour avoir une vie, il me faut donc un plan.

J'éprouve une légère gêne à me l'avouer, car j'en ai en réalité un peu honte, mais tant pis, il faut bien en passer par là sinon le raisonnement ne sera jamais complet : mon travail ne me passionne pas, du moins pas encore. Attention, par là je ne veux surtout pas dire qu'il n'est pas intéressant ou qu'il m'ennuie. Pris différemment, avec davantage de responsabilités et de stress, il pourrait même devenir tout à fait excitant. Non, ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne se déploie pas dans suffisamment d'aspects moraux, culturels, intellectuels de l'existence pour constituer un plan satisfaisant. Je ne peux pas me satisfaire que de mon travail. Si je n'avais que ça, je serais en fin de compte assez malheureux. La corrosion des aciers inoxydables au contact de l'eau de mer ne suffit pas du tout à nourrir exhaustivement le pèlerin que je prétends parfois être. Par là je peux déjà satisfaire mon envie de rigueur, de professionnalisme, enfin tout ce qui est aiguillonné par la vanité individuelle, qui vous donne envie qu'on dise de vous que vous êtes bons, que vous êtes pro, qu'on peut compter sur vous. Alors là aucun soucis. Je me prends des avis à rendre pour la fin de la semaine, urgents avec des coûts élevés associés. Si je fais durablement l'effort de ne pas répondre trop de conneries, on devrait finir par remarquer que je suis effectivement, quand je le veux, quelqu'un de confiance. C'est déjà un joli succès. Fort peu d'ouvriers soudeurs pourront y parvenir, par exemple, avec les moyens qu'on leur donne pour étaler leur talent.

Pour l'instant, il faudra donc bâtir au delà de la vie professionnelle, trop exiguë. D'ailleurs, dans le soucis absolument nécessaire de maintenir une entente cordiale entre collègues, il est de facto nécessaire de ne pas pousser les relations professionnelles dans les limites ultimes de l'honnêteté, sinon ça serait l'anarchie.
Mon chef de service est quelqu'un de profondément gentil et d'humain. En plus il est beau. Mais il n'est pas assez « sévère » avec moi. Je suis encore un gamin, j'ai besoin qu'on me dise si je fais bien mon travail, ou si je le fais mal. Pour diverses raisons il force mon admiration (capacités de travail surprenante, réelle motivation, bref quelqu'un d'hyper motivé, hyper rigoureux, et extrêmement gentil. Cumulé à sa beauté, cela le rend, il faut bien le dire, presque désirable, malgré ses 45 ans et sa petite bedaine) Est-ce qu'il est envisageable que je lui témoigne tout ça ? Bien sûr que non. C'aurait été quelqu'un croisé dans un autre cadre que le cadre professionnel, j'aurais en revanche eu une marge de liberté plus grande pour le lui dire.
A l'inverse, mon voisin de bureau est une caricature de vieux schnock toujours à râler contre le mauvais temps et à parler de « son pays », la Dordogne. Par moment sa médiocrité est significativement éprouvante. Il a cependant ce trait agaçant d'être parfois d'une parfaite gentillesse, qui empêche définitivement de le ranger sommairement dans la catégorie « sale vieux con », c'en est très agaçant, c'est toujours profondément satisfaisant de mettre des étiquettes sur les gens.
Puis-je lui expliquer tout ça ? Il est évident que non.

Pourrais-je me contenter de ce manque de transparence dans ma vie affective ? Non plus. J'aurais besoin de dire à mon chef de service qu'il est vraiment sympa et qu'il a du être super beau gosse quand il était jeune. J'aurais besoin de dire au monsieur super chiant que par moment il incarne tout ce qui va mal en France.
Mais dans le cadre professionnel, il est vital, pour l'harmonie du travail, et même pour sa propre santé mentale, de maintenir une décence tacite, qui permet une sobriété et une bonne fluidité des relations, j'en suis désormais convaincu. Pour autant, les amitiés professionnelles authentiques et fortes, tout comme les haines farouches et animales, ne sont pas impossibles à développer lorsque des circonstances particulières s'y prêtent. Mais même au XXIème siècle et chez les cadres, c'est encore rare.

Finalement je trouve qu'il y a plein de raisons valables à ne pas se satisfaire pleinement de ce qu'on peut retirer de son travail. Enfin je simplifie un peu, sans doute. Et je continue à aligner les platitudes, surtout.

La vie mondaine ne sera jamais une nébuleuse suffisante pour alimenter le reste des besoins fondamentaux, en tous les cas pas pour moi, fut-elle la vie mondaine de Paris, Londres, ou même New York. Je pourrais avaler tous les demis de tous les bars de Paris avec tous mes amis, il manquerait immanquablement quelque chose.
Je suis ainsi familier de ce que tu peux décrire. D'ailleurs, j'ai fait un constat sordide, presque alarmant, après ces 9 mois qui ont suivi la sortie de l'Ecole : je ne fais aucune nouvelle rencontres, ou presque pas ! Je ne fréquente quasiment que des gens de la promotion, ou des pédés et des lesbiennes, ou des gens que je connaissais avant ce grand début de vie professionnelle ! Enfin que des gens avec qui j'ai un farouche socle commun. C'est une catastrophe ! Ces gens sont formidables, ils m'apportent beaucoup, mais quel est l'intérêt s'il n'y a pas la promesse perpétuelle du renouveau ? Il faut impérativement que je diversifie profondément ma façon de rentrer au contact d'autres personnes. Il faut dire, c'est pas tant de notre faute. L'école offre une réponse à ce problème : « comment rencontrer des gens » ? Elle offre une réponse très souvent satisfaisante à la plupart des gens pendant plus de 20 ans (enfin dans notre cas : de 3 à 23 ans). Et ensuite ? Cette très puissante réponse disparaît d'un seul coup. Et on s'étonne que ça soit la berezina et la perte des repères et la déprime, etc etc. Il faut réellement apprendre soi-même, à 23 ans, à rencontrer des gens. Auparavant, on nous les a pour la grande majorité présentés. C'est tout sauf trivial.

Phénomène irritant du progrès social des deux siècles derniers : même après le travail, le temps perdu à correspondre avec tous les organismes qui gèrent les divers aspects de notre vie, même après tout ce temps, même en y retranchant le temps de sommeil, il reste du temps libre. Alors qu'en faire ?

Le « irritant » du dessus était bien sûr ironique. Ce temps en creux est en réalité une chose précieuse. C'est en fait bien plus par rapport à cela, bien davantage en tous les cas que par adversité face au « surplus de travail », que je ne pardonnerai jamais à Nicolas Sarkozy et au ministre du Travail Xavier Bertrand d'avoir entamé un processus violent de destruction des verrous de protection si durement acquis au fil du temps, qui protègent ce très précieux temps libre. Ces sécurités étaient les gardiennes du temple.
Chez EDF, les 35 heures, ça se traduisait par l'opportunité de se réaliser dans un autre cadre que le cadre professionnel, 2 jours et demi par semaine. Un vendredi sur deux pour faire autre chose. C'est infiniment précieux. L'État souhaite pourtant que cela disparaisse. L'État n'a pas compris grand chose au moral des Français, j'ai l'impression.

C'est là que justement, je n'ai plus grand chose à ajouter. Quels conseils donner sur l'utilisation à faire de ce temps libre ? C'est à chacun de voir.
Pour ma part, l'an prochain j'ai un double projet : participer à une nouvelle pièce de théâtre, c'est à dire en fait continuer à prendre des cours de théâtres.
Et puis j'ai voulu me cultiver davantage, alors je me suis inscrit aux cours d'histoire de l'art de l'Ecole du Louvre, le soir. Je compte dessus pour être intéressant, motivant, et pour me permettre de rencontrer d'autres types d'oiseau.

Je verrai bien comment marche ce cocktail sur moi. Ce sera sans doute insuffisant. Tant pis. D'autres années, je tenterai d'autres choses. Il y a le SAMU social de Paris, aussi, qu'il faudrait vraiment que je tente, une année. Ca consiste à faire des rondes l'hiver en camion la nuit, et de filer de la soupe et des couvertures à des clodos en passe de crever de froid. Ca peut être épanouissant pour autrui, donc m'affecter dans une mesure positive également – ce qui est toujours le but, au final.

Je continuerai également à me gaver de cinéma. Dans une assez bonne mesure, cela m'aide à trouver la vie excitante.

Ca c'est pour les plans « continus », « au fil de l'eau ». Pour le long terme, je n'ai pas encore grand chose. Ca peut passer par la préparation de voyages ultimes. Ou alors par la rédaction d'un livre, soyons fous. Je n'ai pas encore beaucoup d'idées sur ce chapitre

Il est 01h15 et ce mail confus ne servira sans doute pas à grand chose. Il est hélas temps de dormir.

Je t'embrasse, à plus.
--------
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Car c'était moi le nymphomane, le plus queutard de Paname,
Ma moeuffe a fini dans la came, j'ai du appeler l'SAMU SOCIAL !!!


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Thunder Bird
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 18:21    Sujet du message: Répondre en citant

Ah oui putain en fait c'est long. Je réalise qu'à votre place, je n'aurais aucune envie de lire un pavé pareil.
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 18:25    Sujet du message: Répondre en citant

Thunder Bird a écrit:
Ah oui putain en fait c'est long. Je réalise qu'à votre place, je n'aurais aucune envie de lire un pavé pareil.

bingo Euuuhh...
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 19:28    Sujet du message: Répondre en citant

Cela m'aura pris 15 bonnes minutes, mais à cause de cerberrr ( Rolling Eyes ) j'ai lu le tout. Pas vraiment grand chose à y répondre (surtout que je te connais pas vraiment), mais je suis sur le tout assez d'accord (et retrouve quelques ressentis récent, même si ce n'est pas dans le même cadre...).
(Cela me fait penser à Malraux (La Condition humaine) ou bien, comme on m'y a fait penser recemment sur le topic que lisez-vous... Mme Bovary.)
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 20:03    Sujet du message: Répondre en citant

Heu... c'est peut être méchant mais...

Pour quelqu'un qui doit aider un autre, je trouve que tu parle beaucoup de toi et que finalement, c'est plus ta situation que tu analyse et le moyen d'y mettre fin ou de l'améliorer, plutôt que celle de ton interlocuteur.

Maintenant, je ne connais pas exactement ces problèmes, ni vos échanges passé donc ce n'est qu'une petites remarques...
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 20:16    Sujet du message: Répondre en citant

Tout lu (en fond Sadame au piano inlassablement Rolling Eyes ) !


Bien que je ne sois pas dans la même situation que toi (je suis encore au lycée !), je pense avoir compris...
Enfin, trouver son but dans sa (/la) vie, ce n'est pas de toute évidence. Very Happy

. Pour parler de moi, je sais qu'il faut que je fasse tout pour lutter contre l'ennui. Je dois sortir de chez moi, ou avoir la concentration nécessaire de lire un bouquin. Je suis quelqu'un de très éparpillé, qui au final ne fait pas grand-chose. Cette velléité est plus que déprimante, et il faut que je me "robotise" moi-même pour ne pas être déprimé. Rolling Eyes
Alors je me cultive. Pas encore assez à mon goût.
En tout cas, en plus de jouir des plaisirs de la vie, j'ai le besoin de créer. Pour le moment, c'est merdique. Aucune expérience dans la vie, faibles connaissances, je viens de m'éveiller Very Happy mais peu importe si plus tard je suis un "artiste" raté
(il y en a tellement Laughing), je serai réalisateur et comédien *il a de l'ambition le petit* !
Je sais que le théâtre est essentiel à ma vie, et je dois reprendre des cours...

. Devrais-tu changer de travail ? Car métro boulot dodow, où est le but (enfin je ne sais pas si tu le perçois comme ça) ?
. Même si à long terme tu trouve que ça ne te mène à rien, oui, prend des cours de théâtre ! D'histoire de l'art ! Va aux expos, au ciné ! Very Happy Ça ne sera jamais du temps perdu (enfin ça reste mon avis)...
. Bah de nouvelles rencontres. Very Happy

De toutes façon, au gré de tes nouvelles rencontres, expériences, etc. un jour tu saura exactement ce qu'il te faut/que tu es comblé (ou pas, et alors tu crèveras sans accepter ta mort Rolling Eyes ) !

Mon post est inutile (tout ça tu le sais déjà), naïf, à coté de la plaque ou idéaliste peut-être je n'en sais rieeeeeen, tout ce que je sais c'est que je veux pas me faire bouffer par le temps Very Happy (le combler un max' pour ne pas me rendre compte que je suis mal ? Rolling Eyes ).
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 20:54    Sujet du message: Répondre en citant

J'avais écris une réponse plutôt longue et plutôt développée, mais je n'en suis pas satisfaite.

Mais bon, je vais au moins dire que je me retrouve dans certaines choses que tu dis (par contre pas dans toutes). Mais le plan ça oui. (et aussi la colère contre la politique de Sarkozy, mais c'est une autre histoire ^^) . Le plan, ou plutôt pour moi le but, l'objectif, l'impression d'aller vers quelque chose, j'en ai besoin. C'est une réponse à la confrontation à l'absurde... Tu as lu Camus? (j'imagine que oui...) Particulièrement l'étranger et le mythe de Sisyphe?
Ben, sans rentrer dans mon cheminement personnel et tout comme je l'avais fait, j'en conclus comme lui: "La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux."
Pour moi ce n'est pas le fait d'avoir atteint ses objectifs qui donne un sens. Au contraire, j'ai la même peur que toi de l'insatisfaction d'une vie confortable, réglée, et médiocre (la médiocrité restant subjective)... (je crois même que dans mon cas, plus ou moins inconsciemment, je me fixe des objectifs et des besoins impossibles, justement parce qu'ils sont impossibles... Mais c'est sûrement un autre problème, ça s'éloigne de la simple idée de "plan".)

Mais bref en tout cas je pense que je comprends.
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MessagePosté le: Ven Aoû 01, 2008 23:24    Sujet du message: Répondre en citant

p'tain c'était long !!!
trés bien écrit, introspection parfaite, analyse théorique incroyable !! vachement égocentrique, mais c'ést peut être du a tes grandes capacités !! onanisme jouissif (pas sur des termes mais la sonorité me fait marrer !) ... que dire d'autres ??? mais vous avez tous l'air d'avoir des plans ??? c'est pour quoi faire, vous avez peur de vous perdre ????
c'est bien d'avoir un plan, mais encore faut-il savoir a quoi il sert....(et encore je suis trés mauvais avec un plan je me perd tout le temps !!)
... et puis de toute façon vu tes pensées intimes et ton regard sur les autres, il est clair que quoi on dise ta façon de penser ne changera pas...tu peux multiplier les activités, tu rencontreras des tas de gens, mais peu ou ceux de ton monde seront les seuls que tu approcheras ou t'approcheront, c'est peut être ça ton bonheur, pourquoi aller chercher si loin ce que l'on a a côté de soi...
tu ressens comme un vide tu ne le rempliras pas avec juste des pensées existencielles, tu ne sauras jamais amis avec le soudeur de la maintenance, tu ne connaitras pas le bonheur avec le vigile du supermarché d'a côté... tu as déja délimité ton monde alors reste y tu trouveras tu pourras surement t'épanouir a l'intérieur....
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 0:05    Sujet du message: Répondre en citant

Intéressant et bien écrit. Il est tard et je ne me sens guère en état d'écrire beaucoup, alors...

Probable Edit demain.

juste, à quel point est ce que le mal-être ressenti est spécifique aux cadres ? ( ou à toute autre profession qui, avant cela, n'a pas trop de problèmes d'ennui pendant les temps libres durant les études, vu qu'il y en a très peu ? -et à peine plus durant la vie active ?- )

A quel point est-ce simplement le désoeuvrement, ou la déception d'espoirs de vie "plus intéressante", plus tard, et non atteinte ?

Solution personnelle... Après une grosse déprime durant l'adolescence, qui s'accumulait depuis des années, devant une vie vide... Etre inutile est assez insupportable, donc même hors travail, du ... bien être peut être trouvé dans celui qu'on apporte aux autres. Une aide, un plaisir quelconque... Se sentir utile, parce qu'on l'est.
Et découvrir qu'en plus,ces actes ne sont pas vraiment artificiels...Ce qui enlève part du côté mercenaire de l'acte Smile
En gros... définir la valeur de la vie vécue par le bonheur qu'on a apporté à soi et aux autres en retranchant le malheur et la souffrance, plus le résultat est positif mieux c'est !

Pour ce qui est du désoeuvrement et du manque de volonté qui paradoxalement en accompagne l'affliction... Ce n'est pas agréable, malgré l'encouragement à l'onanisme procuré. Peut être que la vie de l'homme cadre d'aujourd'hui diffère suffisamment de la vie d'un certain nombre de générations de ses ancêtres pour ne pas forcément vivre bien sa vie.

De même que la tendance à aller systématiquement vers l'inconnu, ne serait-ce que pour discuter, est rare... Même si l'on sait qu'elle peut être.. bénéfique, exaltante... édifiante.

Ce n'en est que plus gratifiant lorsque l'on agit par volonté et raison ( type faire la vaisselle alors qu'il reste des couverts et assiettes propres ! )

J'ai l'impression d'avoir écrit beaucoup de c*onneries. Dodo.
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Paulot
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 8:57    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai tout lu. Voir un mot peu courant et bien employé dans un sujet de topic, si ça peut en décourager certains, moi ça m'encourage. Pour la forme, je trouve cette lettre géniale, tout simplement.

Maintenant, je vais essayer de répondre sur son contenu, bien qu'elle soit longue et qu'une seule lecture ne m'aura sans doute pas permis de me l'approprier en entier.
Pour la première remarque: si on comparait tout le temps avec moins chanceux que nous, on pourrait tout de suite se jeter par la fenêtre, tant le monde est rempli de "pire". Comme ta vache normande, tu as ton cadre, et je pense qu'être heureux signifie faire du mieux possible dans ce cadre. Après tout, si tu arrives à t'en échapper, à évoluer, à découvrir de nouvelles choses, pourquoi pas? Certes, la vie n'a sans doute pas de but. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas essayer d'en faire quelquechose de beau? J'ai un exemple vraiment bête: un robinet. Je m'extasie par moment sur n'importe quoi, donc un robinet. Un type a un jour inventé ça. C'est pas une invention à couper le souffle, ça fait pas de lumière, mais pouvait-il s'immaginer que cela servirait autant? Et nous, on profite de tant de technologie, d'art, de choses accomplies, après tout, on profite de l'oeuvre de la vie d'autres personnes qui ne seront pas là pour le voir.

Rendre la vie belle, c'est bien ça. Pour ma part, j'espère faire un invention très utile, et je rêve de composer un morceau de musique fantastique (mieux que Schubert). On en arrive donc à la question du but. Certes, je pourrai encore en changer, peut-être que la vie active me montrera d'autres horizons. Mais au plus long terme, mon projet, c'est de faire de cette chose inutile et sans but une chose belle, comme je le disais plus haut. C'est le seul moyen pour moi de me dire que je serai heureux, sur mon lit de mort, en regardant ce que j'ai fait. Pour cela, j'espère aimer, savoir être agréable pour les autres, même en étant discret. Mais surtout, surtout, ne pas avoir été vain. Facile à formuler, mais plus dur à entreprendre, je ne sais pas même par où commencer. Déjà que je ne suis pas sûr d'avoir des enfants, d'être suffisamment brillant, suffisamment doué, suffisamment... Quand on est jeune, on a encore la vie devant soi. Quand on est vieux, elle est déjà en partie derrière, reste à savoir si elle nous inspire regrets ou satisfactions. J'espère mourrir comme après un bon repas: je ne me suis pas rempli à me faire exploser la pense, mais suffisament pour me dire que j'ai bien mangé, et pour avoir su apprécier. Ca, c'est mon bonheur pour ma vieillesse.

A moyen terme, je cherche à évoluer. Je sais que je ne suis pas encore adulte. Pour moi, être adulte, c'est avoir dépassé un stade que je ne saurais pas vraiment décrire. (On me reprochera également de parler de moi, mais le meilleur moyen de communiquer, c'est peut-être de parler de soi en espérant que l'autre comprenne.) Mais j'ai peur; être adulte, est-ce aussi ne plus pouvoir changer? A moins de "grandir", est-ce "vieillir"? A moyen terme, mon but est de continuer à évoluer. Me cultiver, surtout, découvrir de nouvelles choses. Je ne sais pas comment tu te considères, comment tu considères ta vie. Pas suffisament, en tout cas. Mais peut-être est-ce déjà une chose qui peut te causer quelques chutes d'humeur. Mais à ta place, j'essayerais la musique. Ca peut couter cher, certes, mais un cadre occidental devrait bien pouvoir s'en sortir. De mon côté, je m'étais promis de me lancer dans la peinture ou le théâtre. C'est comme ça que je gère mon bonheur à moyen terme: par des projets de longue haleine dont on peut profiter pluiseurs fois.

Pour le plus court terme, tu as déjà répondu: voir des amis, faire des connaissances. Je n'ai pas grand chose à ajouter. Juste une petite remarque sur ces petites choses qui changent notre humeur: dans les bonus du film "L'effet papillon" (sympathique, sans plus, j'ai trouvé), ils interrogent des psychologues qui disent que ce sont des faits ridicules qui peuvent influer sur nos humeurs. Comme un papillon provoque un cyclone, en outre. Cette vidéo est un exemple.

Voilà, j'ai tenté de répondre un peu à ce problème qui ne touche pas que deux, trois personnes. Mais pour le dire, une conversation de ce type, fût-ce sur un forum ou par lettre, ou encore oralement, c'est un trésor qui met de bonne humeur.

Et encore une dernière chose. Les compliments, même quand on est modeste, restent un très beau cadeau. Je pense que tu éprouveras une satisfaction quand plusieurs répondront et loueront ton style d'écriture...

Bonne journée!
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 9:22    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai tout lu Razz

Je paufine ma réponse et je reposte en suivant Laughing
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Montaigne écrivit de Etienne de La Boétie :
Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi.
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 9:28    Sujet du message: Répondre en citant

Sous un autre angle, ce thread a une portee carrement metaphysique

Si je comprend bien on en est la:
gagner du temps libre, mais pourquoi faire?

...
Et si vous vous mettiez a la philo?
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 10:30    Sujet du message: Répondre en citant

Il y aurait beaucoup à dire mais juste 2 ou 3 réflexions que ta lettre m'inspire:
Voilà à peu près 3 ans que je suis entré dans la vie active. Je suis très content de pouvoir travailler et gagner ma vie. Je bosse dans l'environnement, le domaine lié à mes études et je suis heureux au quotidien d'apporter mes connaissances à d'autres et de servir à quelque chose.
Cela dit je travaille pour vivre et je ne vis pas pour travailler. Je connais quelques personnes à fond dans leur boulot, qui certes gagnent pas mal d'argent mais qui ont à mes yeux une vie épouvantablement vide. Mes 35h hebdomadaires me suffisent, je ne gagne pas une fortune mais de quoi vivre correctement et cela me suffit amplement.

Avoir du temps pour moi m'est indispensable. J'aime prendre l'air, me défouler en faisant du sport, me promener en montagne. La culture aussi est importante. J'aime aussi lire, écouter de la musique, aller au ciné voir des spectacles, surfer sur le net... Ce qui me permet de me détendre et au passage de me cultiver. J'aime aussi partager en passant du temps avec d'autres personnes. Bref tout un tas de choses simples mais qui suffisent à mon bonheur! Smile

Tu parles de la nécessité de faire quelque chose de constructif, mais pourquoi vouloir toujours être constructif? Pourquoi ne pas prendre simplement le temps de vivre? De profiter de choses simples et des autres?
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 11:11    Sujet du message: Répondre en citant

Il m'aurait fallut plusieurs lectures pour rédiger une réponse, tant pis je suis paresseux.

Il est difficile de tout résumer ou comprendre vu que cette lettre est riche de détails.

Néanmoins j'ai pensé à certaines choses en lisant la lettre.

L'ennui semble être une forme de malaise profond. Le fait de n'avoir rien à faire de ses soirées, ou du moins ne pas avoir la motivation nécessaire pour se bouger les fesses. Alors là oui, l'ennui est la plus terrible des épreuves ou châtiments.

Je crois qu'on touche là l'absurde de nos actions, parfois. Bon ok je suis pas très clair, mais tout ça ressemble beaucoup à une forme de non-sens absolu, ne pas avoir véritablement de but. Bien sûr ce ne sont que des idées que j'extrapole de ta lettre, car ce n'est pas exactement ce que tu dis.

Avoir des plans, oui, peut-être. Au fond je serais bien incapable de répondre à cela (mais c'est ça qui est intéressant). En ce sens, faire des trucs de fou dans sa vie, ça peut-être génial, mais je n'en suis pas vraiment sûr....Faire des choses qui te tiennent le plus à coeur, probablement. Par exemple mon rêve insensé c'est de partir dans un pays sauvage pour voir des animaux (rêve d'Occidental par excellence?), rêve égocentrique mais c'est un rêve.

Alors je suis bien incapable de répondre convenablement, ce ne sont que des pensées jetées au hasard.
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MessagePosté le: Sam Aoû 02, 2008 11:33    Sujet du message: Répondre en citant

Re Razz

J'ai tout lu aussi Razz

Texte très bien écrit et qui ouvre plein de pistes de réflexions Cool et je n’ai trouvé là aucune platitude et en effet il faudrait des années et comme tu le pressentais bien plus près d’une vie humaine pour en faire le tour.

Mélanger « une philosophie de vie » avec des doutes liés au quotidien, n’est pas chose aisée, mais, je me retrouve dans beaucoup de tes interrogations et notamment pour :

Citation:
On peut bien avoir accumulé tout le confort possible, et pourtant demeurer malheureux. Beaucoup de gens en font, en fait, l'expérience concrète au cours de leur vie. Il suffit de très peu de choses, ou plutôt de l'absence de très peu de choses, pour pleinement souffrir.


Effectivement, il suffit de très peu de choses pour pleinement souffrir, la souffrance ou plutôt les souffrances sont tellement inhérentes à la vie elle-même, qu’il est souvent bien plus judicieux de les prendre à son compte, et de leur apporter la même attention qu’au sentiment de bonheur, si souvent volage lui. Confused


Citation:
Au premier plan, il suffit chez moi de l'absence d'un projet, de court ou long terme.
D'ailleurs, là, et j'y reviendrai dans un point suivant, je déprime gentiment. Je n'ai rien foutu de constructif de ma journée. Ma soirée se résume à fort peu de choses. J'ai souhaité solliciter des amis pour effectivement faire un truc. Mais je m'y suis pris trop tard………La solitude que j'endure au cours de cette soirée m'est sourdement insupportable, et ça m'est un brin odieux de me dire que je la subis sans doute de ma faute, aussi j'escamote un peu cet aspect des choses. Je ne l'ai pas souhaitée, je la subis. J'ai la sensation distincte que ce genre de situations pourrait tout à fait se reproduire de nombreuses fois au cours du mois d'Août, où il n'y a chroniquement personne.


Comme je te rejoins là, moi aussi, l’absence de projets à court, moyen et long termes, m’amène à une dépression quasi inévitable, et de plus, ayant vécu enfant, de trèèèèès longues périodes d’ennui intense n’ayant rien à faire du tout et surtout n’ayant aucune possibilité de faire quoi que ce soit, j’ai depuis longtemps mis en place des stratégies pour éviter autant que faire ce peut de vivre cette sensation de vide.

Mais, je crois que tu mélanges aussi à mon sens plusieurs sortes de « solitude », il y a celle que tu ressent à un moment précis, parce que tu n’a pas la sensation d’avoir fait quelque chose de constructif de ta journée, il a celle que tu ressent parce ce que l’ennui te cerne et que être face à soi même se prépare de la même façon qu’une sortie s’organise.

C’est la raison pour laquelle tu as l’impression que tu la subis, et enfin la crainte que ce poids ressenti face à toi-même se renouvelle sans que tu y puisses quelque chose ajoute à tout ce qui précède.

Peut-être qu’être attentif aux toutes petites choses de la vie, à ces tout petits riens qui s’accumulent serait une première piste pour éviter trop souvent de procrastiner, ou a tout le moins de vivre comme « une mauvaise passe passagère » ces moments d’attente « inutiles ».


Citation:
Je considère bien volontiers que je suis quelqu'un d'assez « faible », au sens où il me manque justement souvent cette résilience dans le désœuvrement, cette faculté de tenir bon malgré les micro-chocs, de ne pas me laisser aller et de revenir au fond de moi-même pour refaire la part des choses. On pourrait se consoler à peu de frais en suggérant que l'ennui, somme toute assez indolore, finira par tasser tout ça et faire que la vie passera très vite.
Mais ça a toutes les allures d'un piège, ce serait une douloureuse erreur. L'ennui poussé à son paroxysme a en fait toutes les chances de se transformer en douleur tout à fait perceptible et positive. Et puis nous sommes raisonnablement trop jeunes pour penser à cette solution.
Alors que tenter, que faire, qui ne soit pas une platitude, pour lutter contre cette sensation de passable médiocrité existentielle ?


Que ce concept de la résilience me plaît Razz , j’ai entendu un jour, un psychiatre invité à une émission d’Yves Calvi dans son émission « C’est dans l’air » dire que c’était un concept connu des gens de la profession depuis très longtemps, certes, mais elle ne l’était pas connu des gens qui auraient pu prendre ce concept comme « maxime » et pour moi, je dois dire, qu’elle m’a un peu sauvée la vie Very Happy

Ce concept donc, livré à la connaissance du lecteur lambda par Mr Boris Cyrulnik, dont la toute dernière « maxime » est : « Il suffit d’être, pour être supérieur » me paraît être suffisamment « révolutionnaire » pour être attentif à ce qu’il pourrait bien nous révéler sur nous même.
Je ne peut passer à côté et te citer pour le plaisir certains titres de ces bouquins qui m’ont véritablement ouvert le cœur et l’âme sur ma route de vie et sur ce qu’il me reste à faire pour y vivre ma véritable place (et le travail est colossal mais bon, y faut ce qu’il faut !). Cool

Et avec le tout premier d’entre eux : Les Nourritures Affectives, livre, à mon sens, indispensable et à mettre en toute les mains, pourquoi ? parce qu’il explique vraiment d’une manière éclairée ce que sont ces fameuses nourritures affectives sans passer par la case « je parles pour ceux qui ont vécu le pire », non, là, il parle simplement de l’humain et de ce qui le fait tenir debout.
Bien entendu, pleins d’autres titres sont tout autant source de connaissance et d’ouverture à soi même et au monde qui nous entoure, comme :
"Sous le signe du lien",
"Un merveilleux malheur",
"Vilain petits canard"
et enfin "Le Murmure des fantômes" …


Citation:
J'encourage l'ambition de soi-même, quitte à souffrir. Stuart Mill disait « il vaut mieux être un homme insatisfait, qu'un porc satisfait ». Il avait bien raison ! Il vaut mieux souffrir et circonscrire son malheur en mots dans une asociabilité atroce le soir à minuit sur un blog Internet, plutôt que de regarder TF1 enlacés avec un sourire d'hébétude. En travaillant très dur sur soi, souvent, je l'espère, on finit par s'en sortir.
……..

L’ambition d’être soi même…je me suis souvent dit que c’était le plus difficile mais aussi le plus gratifiant à vivre, difficile dans le sens où triompher d’une difficulté apporte toujours un épanouissement qui nous porte naturellement à en rechercher d’autres pour vivre ce même sentiment de réussite qui rejaillit bien souvent sur notre entourage immédiat de la meilleure façon qui soit, trouver quelques challenges pour soi même et/ou pour le bien de ceux qu’on aime, pour ceux que dont on apprécie la compagnie ou par pour altruisme.

Voilà quelques belles façons d’échapper au sentiment de désespoir, de vacuité et d’amertume et à cette absence « de choses à faire » tout en se bonifiant, en s’affûtant sur des stratégies volontaristes pour « t’auto-confier » des réalisations à accomplir de « tes dix doigts ».

Citation:
La comparaison avec une grosse vache normande incapable d'autre chose que de brouter s'impose d'elle même, à ceci près que la vache normande est tout à fait heureuse, dans la mesure qui lui est impartie (une mesure de vache normande cependant, avec peu d'issue, en vérité. Non, en fin de compte je ne lui envie pas ce bonheur).


Mdr !!! Razz Razz Razz

Citation:
Pour avoir une vie, il me faut donc un plan.
J'éprouve une légère gêne à me l'avouer, car j'en ai en réalité un peu honte, mais tant pis, il faut bien en passer par là sinon le raisonnement ne sera jamais complet : mon travail ne me passionne pas, du moins pas encore. Attention, par là je ne veux surtout pas dire qu'il n'est pas intéressant ou qu'il m'ennuie. Pris différemment, avec davantage de responsabilités et de stress, il pourrait même devenir tout à fait excitant. Non, ce que je veux dire par là, c'est qu'il ne se déploie pas dans suffisamment d'aspects moraux, culturels, intellectuels de l'existence pour constituer un plan satisfaisant. Je ne peux pas me satisfaire que de mon travail. Si je n'avais que ça, je serais en fin de compte assez malheureux. Fort peu d'ouvriers soudeurs pourront y parvenir, par exemple, avec les moyens qu'on leur donne pour étaler leur talent.


Pour les ouvriers soudeurs......dans leur milieu professionnel, peut-être pas, mais quand on a la chance de rencontrer des soudeurs « artistes » dans leur âme qui te montrent leurs créations en fer forgé ou en autre, on trouve la vie vachement belle aussi … Laughing


Citation:
Pourrais-je me contenter de ce manque de transparence dans ma vie affective ? Non plus. J'aurais besoin de dire à mon chef de service qu'il est vraiment sympa et qu'il a du être super beau gosse quand il était jeune. J'aurais besoin de dire au monsieur super chiant que par moment il incarne tout ce qui va mal en France.
Mais dans le cadre professionnel, il est vital, pour l'harmonie du travail, et même pour sa propre santé mentale, de maintenir une décence tacite, qui permet une sobriété et une bonne fluidité des relations, j'en suis désormais convaincu.
Pour autant, les amitiés professionnelles authentiques et fortes, tout comme les haines farouches et animales, ne sont pas impossibles à développer lorsque des circonstances particulières s'y prêtent. Mais même au XXIème siècle et chez les cadres, c'est encore rare.
Finalement je trouve qu'il y a plein de raisons valables à ne pas se satisfaire pleinement de ce qu'on peut retirer de son travail. Enfin je simplifie un peu, sans doute. Et je continue à aligner les platitudes, surtout.


Je te rejoins tout à fait sur ce point, l’harmonie du travail, suppose de passer par cette exigence dans les rapports humains, une décence tacite, une sobriété « de bonne aloi », et une bonne fluidité des relations se vit au quotidien. Very Happy

Citation:
La vie mondaine ne sera jamais une nébuleuse suffisante pour alimenter le reste des besoins fondamentaux, en tous les cas pas pour moi, fut-elle la vie mondaine de Paris, Londres, ou même New York. Je pourrais avaler tous les demis de tous les bars de Paris avec tous mes amis, il manquerait immanquablement quelque chose.
Il faut impérativement que je diversifie profondément ma façon de rentrer au contact d'autres personnes.


J’adore quand tu utilises le mot « impérativement » Niais , j’y vois une exigence et un besoin d’authenticité dans tes rapports aux autres, c’est précieux de rencontrer de tels personnes, et la vie mondaine n’a jamais, jamais permis d’alimenter, à mon sens, des besoins fondamentaux, mais il est de mise dans ces jeunes années de le croire… Laughing



Citation:
Il faut dire, c'est pas tant de notre faute. L'école offre une réponse à ce problème : « comment rencontrer des gens » ? Elle offre une réponse très souvent satisfaisante à la plupart des gens pendant plus de 20 ans (enfin dans notre cas : de 3 à 23 ans).
Et ensuite ? Cette très puissante réponse disparaît d'un seul coup. Et on s'étonne que ça soit la berezina et la perte des repères et la déprime, etc etc. Il faut réellement apprendre soi-même, à 23 ans, à rencontrer des gens. Auparavant, on nous les a pour la grande majorité présentés. C'est tout sauf trivial.


Alors là, tu m’intéresses, qu’est ce que l’école a bien pu te donner comme réponse à ce problème ? Shocked
Je serais très curieuse de le savoir ! Cool



Citation:
Phénomène irritant du progrès social des deux siècles derniers : même après le travail, le temps perdu à correspondre avec tous les organismes qui gèrent les divers aspects de notre vie, même après tout ce temps, même en y retranchant le temps de sommeil, il reste du temps libre. Alors qu'en faire ?
Le « irritant » du dessus était bien sûr ironique. Ce temps en creux est en réalité une chose précieuse.
C'est en fait bien plus par rapport à cela, bien davantage en tous les cas que par adversité face au « surplus de travail », que je ne pardonnerai jamais à Nicolas Sarkozy et au ministre du Travail Xavier Bertrand d'avoir entamé un processus violent de destruction des verrous de protection si durement acquis au fil du temps, qui protègent ce très précieux temps libre. Ces sécurités étaient les gardiennes du temple.
Chez EDF, les 35 heures, ça se traduisait par l'opportunité de se réaliser dans un autre cadre que le cadre professionnel, 2 jours et demi par semaine. Un vendredi sur deux pour faire autre chose. C'est infiniment précieux. L'État souhaite pourtant que cela disparaisse. L'État n'a pas compris grand chose au moral des Français, j'ai l'impression.


Je suis d’accord à 300% (ouiiii c’est mon mot du jour ! Mr. Green ) avec toi sur cet aspect de ton propos, la société a toujours toujours cherché à broyer « l’homme » et c’est à nous de lutter, de lutter pour préserver notre santé physique, mental, psychique et tout et tout pour un épanouissement le plus complet possible dans la mesure de nos moyens et de nos possibilités, chercher le meilleur en tout pour soi et pour les autres.

Citation:
Pour avoir une vie, il me faut donc un plan.
Et puis j'ai voulu me cultiver davantage, alors je me suis inscrit aux cours d'histoire de l'art de l'Ecole du Louvre, le soir. Je compte dessus pour être intéressant, motivant, et pour me permettre de rencontrer d'autres types d'oiseau.
Je verrai bien comment marche ce cocktail sur moi. Ce sera sans doute insuffisant. Tant pis.


Très beau programme. Rencontrer des créateurs, c’est fun ! Laughing

Et une des règles importantes, c’est de ne pas se déprécier nomého Shocked Very Happy



Citation:
Pour avoir une vie, il me faut donc un plan.D'autres années, je tenterai d'autres choses. Il y a le SAMU social de Paris, aussi, qu'il faudrait vraiment que je tente, une année.
Ca consiste à faire des rondes l'hiver en camion la nuit, et de filer de la soupe et des couvertures à des clodos en passe de crever de froid. Ca peut être épanouissant pour autrui, donc m'affecter dans une mesure positive également – ce qui est toujours le but, au final.


Bonne idée, pourquoi pas ? Laughing


Citation:
Pour avoir une vie, il me faut donc un plan.
Je continuerai également à me gaver de cinéma. Dans une assez bonne mesure, cela m'aide à trouver la vie excitante. ……. Ca c'est pour les plans « continus », « au fil de l'eau ». Pour le long terme, je n'ai pas encore grand chose. Ca peut passer par la préparation de voyages ultimes. Ou alors par la rédaction d'un livre, soyons fous. Je n'ai pas encore beaucoup d'idées sur ce chapitre.
Il est 01h15 et ce mail confus ne servira sans doute pas à grand chose. Il est hélas temps de dormir.
Je t'embrasse, à plus. .


Le cinéma, le théâtre, les arts ....la vie quoi Razz Quel beau programme aussi Laughing
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Montaigne écrivit de Etienne de La Boétie :
Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi.


Dernière édition par Tempérance le Sam Aoû 02, 2008 18:37; édité 2 fois
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