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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Mar Juil 19, 2005 20:01 Sujet du message: Mais que sont tous ces -ismes ??? et pour commencer : le Dad |
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un petit panorama de la littérature au vingtième siècle. Et pour se mettre en jambes : le dadaisme
Lire l'article dans Art et Culture > Livres |
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Shana Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 10 Juil 2005
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Posté le: Ven Juil 22, 2005 15:55 Sujet du message: |
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Wahou, bon choix de sujet..!
je suis un peu frustrée qu'on se limite à la littérature "dada" et qu'on n'évoque pas Marcel Duchamp et les arts en général. bon, à voir après les vacances!
bravo lulugalipette pour ce "petit panorama", c'est une entreprise énorme qui ravira les incultes en littérature comme moi |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Ven Juil 22, 2005 20:25 Sujet du message: |
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haaaa je commençais à désespérer d'avoir des lecteurs enthousiastes!!!! chic alors si j'en ai, la suite est prévue dans peu de temps au cas particulier! fallais bien commencer quelque part!  |
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Vesper Lynd Homo-érectus


Sexe:  Inscrit le: 03 Juil 2005 Age : 23
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Posté le: Ven Juil 22, 2005 21:28 Sujet du message: |
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J'attends l'expressionnisme avec impatience
(attention pour le cinéma expressionniste, je mords )
ps : oui continue ! continue ! sur dada et sur le reste ! _________________ Si tu n'as pas de choses gentilles à dire aux gens, Panpan, alors ne dis rien |
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basti Homo-gène


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: Paris
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Posté le: Ven Juil 22, 2005 21:52 Sujet du message: |
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| On a le droit de passer commande? Je voudrais un article sur Jean Cocteau : dada, pas dada? |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Ven Juil 22, 2005 21:57 Sujet du message: |
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ho oui ho oui, passez commande! Mais par contre pour les commandes ça va prendre un peu plus de temps : après le déménagement je m'y met à fond!!!!
celà dit non, a priori pas dada du tout, cocteau à fait des trucs très productifs, du vrai art...donc...mais c'est à étudier, je le ferai promis! |
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Raph. Homo sapiens


Sexe:  Inscrit le: 02 Juil 2005
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Posté le: Sam Juil 23, 2005 4:20 Sujet du message: |
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Je n'attends pas l'expressionnisme pour mordre ; le surréalisme encore, je m'en fous un peu mais le dadaïsme...
Du faux art ? des charlatans ?
Dire que les dadaïstes sont fous et que leurs précurseurs le sont également parce que certains se sont suicidés, c'est un raisonnement des plus sots qu'il peut y avoir ; dire que Dada ne veut rien dire, ne signifie rien, et prendre à la lettre le Pour faire un poème dadaïste sans relever l'humour de Tzara me semble tout aussi ridicule ; enfin, dater le dadaïsme avant la première guerre mondiale et expliquer la guerre à cause d'une décadence dadaïste -- qui n'a pas lieu d'être puisque le dadaïsme est une réaction contre la guerre, et que celui-ci se déroule de 1915 à 1923... anachronisme et contre-sens parfait.
Certaines phrases m'ont choqué, je ne savais pas qu'on pouvait vulgariser d'une façon si extrême ; je propose donc mes élucubrations personnelles — et parfois incertaines, je l’avoue — sur le sujet.
--
Dada (1915-1923) est un mouvement artistique qui a bouleversé les fondations esthétiques de son temps, qu’il s’agisse de l’art traditionnel ou d’avant-garde (notamment certains artistes du cubisme, comme Marcel Duchamp). Dada s’attaque presque à tous les arts, c’est une négation, un refus de l’art comme il existait avant, de la société, un mouvement provocateur, anarchiste, chaotique, nihiliste ; l’on peut dire aujourd’hui que ce mouvement a amorcé une importante révolution culturelle qui s’étend du Surréalisme au Pop Art.
I] Histoire du mouvement DADA :
Le dadaïsme est un mouvement contestataire qui naît à Zurich, en Suisse, pays neutre alors que l’Europe est bouleversée par la guerre en 1915. Des réfugiés de plusieurs pays d’Europe s’y trouvaient, et c’est ainsi que dans un certain « Cabaret Voltaire » se sont rencontrés des intellectuels pacifistes, révoltés contre l’ordre établi qui n’a pas su l’empêcher, contre les progrès modernes qui créés par l’homme, sont employés contre l’homme. Ces jeunes gens viennent de toutes nationalités, qu’ils soient Allemands comme Hans Richter, des Roumains comme Tristan Tzara, ou encore des Alsaciens comme Hans Arp, pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux. Les membres du groupe ont le goût de l’absurde, du non-sens, de la provocation et de l’humour décalé. En février 1916, en ouvrant le dictionnaire au hasard, Tristan Tzara baptise le mouvement Dada. Une légende voudrait que Lénine de passage à Zurich eût assisté à un spectacle burlesque donné par le groupe et que les rires du révolutionnaire accompagnés de « Da ! Da ! » donnèrent le nom…
Hans Harp, Tristan Tzara et Jean Richter.
Ils organisent des soirées poétiques et musicales, des danses, des présentations de tableaux et créent une revue intitulée « Cabaret Voltaire» ; Hugo Ball, le propriétaire de la salle présente le seul numéro de mai 1916 comme devant « préciser l'activité de ce cabaret dont le but est de rappeler qu'il y a, au-delà de la guerre et des patries, des hommes indépendants qui vivent d'autres idéals. » Tzara écrit des manifestes qui paraissent dans des revues, comme la revue 391 de Francis Picabia en 1918 où une phrase de Descartes est mise en exergue : « Je ne veux même pas savoir qu'il y a eu des hommes avant moi. »
Tristan Tzara
Dada fait scandale à Zurich par ses expositions et ses soirées spectacles mais en 1919, le public commence à lui faire défaut. Des membres du groupe partent vers les grandes villes allemandes, mais c’est à Paris, en 1920 qu’il trouve son terrain de prédilection : Tzara est accueilli comme le Messie par les membres du groupe Littérature (Breton, Soupault, Aragon, Eluard par exemple). Il faut noter qu’à Paris une révolte assez similaire à Dada avait éclaté chez certaines personnes et que l’on a parlé de précurseurs : Arthur Cravan, poète-boxeur neveu d’ Oscar Wilde avait édité vers 1913 la revue « Maintenant » où il dénigrait l’art et la littérature. De même, Jacques Vaché par son refus de collaborer à l’édifice littéraire, son comportement négateur qui révélait l’inutilité de tout et son suicide a semé le doute au sein du groupe Littérature dont la volonté est, en 1919 de « tuer l’art » comme le dit Breton. C’est dans ce contexte que Tzara arrive à Paris. Dada fait de nombreuses manifestations en 1920 et inaugure une dramaturgie nouvelle (l’auteur devient l’acteur-manifeste, grande communication avec le public qui, injurié, ne restait pas silencieux comme il aurait convenu au théâtre : il participe spontanément, apprend à détruire).
Des tentions apparaissent en 1921 au sein de Dada entre les anciens membres comme Tzara et Picabia, et ceux qui fonderont plus tard le surréalisme, Breton et compagnie. La violence anarchiste de Dada s’oppose à l’organisation désirée par les futurs surréalistes. Breton organise au début de 1922 un congrès sur les directives et la défense de l’esprit moderne où Dada, qui s’était toujours opposé au modernisme n’avait pas lieu d’être. Ce congrès n’a pas eu lieu, ce qui permit à Dada de survivre encore quelques temps, jusqu’à la soirée du Cœur à barbe, le 6 juillet 1923 au théâtre Michel, où les partisans de Breton ont interrompu une pièce de Tzara. C’est la fin de l’activité de Dada.
II] DADA et l’Art :
Dada n’était pas qu’une chronique scandaleuse : les tableaux, les poèmes, les textes lus, les manifestes publiés dans toutes sortes de revues éphémères d’avant-garde ont servi de terrain d’expérimentation artistique : il en résulte une poésie et une esthétique nouvelle qui bouleversa l’art et qui marqua le XXeme siècle : créer en détruisant. Dada ne revendiquait que la destruction de l’art ; les membres refusaient d’être appelés artistes, et ne voulaient pas que l’on appelle leurs productions des œuvres. La négativité de principe a regroupé beaucoup d’esprits différents qui voulaient changer l’ordre établi. Dada dépasse les limites de chaque discipline, sème la confusion dans les genres avec ses tableaux manifestes, poèmes manifestes, poèmes simultanés avec accompagnement sonore, collages, photomontages etc.… Dada s’empare également de matériaux considérés comme étrangers à l’art : fils de fer, allumettes, lieux communs du langage, slogans, photos, objets manufacturés pour la réalisation d’œuvres. Dada a rejeté toutes les conventions de la poésie ; pour le groupe, elle n’est pas seulement dans les mots, mais dans l’action, la poésie est quelque chose de vivant, presque organique.
Le mouvement est paradoxal : en voulant détruire, les dadaïstes ont créé ; Dada créait tout en détruisant. En démolissant les vieilles structures, Tzara savait bien qu'il érigeait un ordre nouveau, mais il avait la sagesse de ne pas le donner pour meilleur que les autres. Dada ne peut-être opposé au surréalisme, au même titre que Dada n’est pas une tendance provocatrice du surréalisme. Breton voulait construire un art nouveau, à l’instar de Tzara qui voulait continuer à détruire l’art. Breton voulait définir un domaine, donner de nouvelles bases, tandis que Dada rejetait toute méthode, vivait dans le moment présent, de façon anarchique, une expérience de l’instant, sans lendemain.
III] DADA par Tzara, Manifeste de 1918 :
(Il me semble que ce texte est INDISPENSABLE pour comprendre le sens du mouvement DADA : )
Pour lancer un manifeste il faut vouloir : A.B.C., foudroyer contre 1, 2, 3,
s'énerver et aiguiser les ailes pour conquérir et répandre de petits et de grands a, b, c, signer, crier, jurer, arranger la prose sous une forme d'évidence absolue, irréfutable, prouver son non-plus-ultra et soutenir que la nouveauté ressemble à la vie comme la dernière apparition d'une cocotte prouve l'essentiel de Dieu. Son existence fut déjà prouvée par l'accordéon, le paysage et la parole douce.■ Imposer son A.B.C. est une chose naturelle, — donc regrettable. Tout le monde le fait sous une forme de cristalbluffmadone, système monétaire, produit pharmaceutique, jambe nue conviant au printemps ardent et stérile. L'amour de la nouveauté est la croix sympathique, fait preuve d'un jem'enfoutisme naïf, signe sans cause, passager, positif. Mais ce besoin est aussi vieilli. En donnant à l'art l'impulsion de la suprême simplicité : nouveauté, on est humain et vrai envers l'amusement, impulsif, vibrant pour crucifier l'ennui. Au carrefour des lumières, alerte, attentif, en guettant les années, dans la forêt.■
J'écris un manifeste et je ne veux rien, je dis pourtant certaines choses et je suis par principe contre les manifestes, comme je suis aussi contre les principes (décilitres pour la valeur morale de toute phrase — trop de commodité; l'approximation fut inventée par les impressionnistes). ■ J'écris ce manifeste pour montrer qu'on peut faire les actions opposées ensemble, dans une seule fraîche respiration; je suis contre l'action; pour la continuelle contradiction, pour l'affirmation aussi, je ne suis ni pour ni contre et je n'explique pas car je hais le bon sens.
DADA — voilà un mot qui mène des idées à la chasse; chaque bourgeois est un petit dramaturge, invente des propos différents, au lieu de placer les personnages convenables au niveau de son intelligence, chrysalides sur les chaises, cherche les causes ou les buts (suivant la méthode psychanalytique qu'il pratique) pour cimenter son intrigue, histoire qui parle et se définit. ■ Chaque spectateur est un intrigant, s'il cherche à expliquer un mot (connaître!). Du refuge ouaté des complications serpentines, il faut manipuler ses instincts. De là les malheurs de la vie conjugale.
Expliquer : Amusement des ventrerouges aux moulins des crânes vides.
DADA NE SIGNIFIE RIEN
Si l'on trouve futile et si l'on ne perd son temps pour un mot qui ne signifie rien... La première pensée qui tourne dans ces têtes est de l'ordre bactériologique : trouver son origine étymologique, historique ou psychologique, au moins. On apprend dans les journaux que les nègres Krou appellent la queue d'une vache sainte : DADA. Le cube et la mère en une certaine contrée d'Italie : DADA. Un cheval de bois, la nourrice, double affirmation en russe et en roumain : DADA. De savants journalistes y voient un art pour les bébés, d'autres saints jésusapellantlespetitsenfants du jour, le retour à un primitivisme sec et bruyant, bruyant et monotone. On ne construit pas sur un mot la sensibilité; toute construction converge à la perfection qui ennuie, idée stagnante d'un marécage doré, relatif produit humain. L'œuvre d'art ne doit pas être la beauté en elle-même, car elle est morte; ni gaie ni triste, ni claire, ni obscure, réjouir ou maltraiter les individualités en leur servant les gâteaux des auréoles saintes ou les sueurs d'une course cambrée à travers les atmosphères. Une œuvre d'art n'est jamais belle, par décret, objectivement, pour tous. La critique est donc inutile, elle n'existe que subjectivement, pour chacun, et sans le moindre caractère de généralité. Croit-on avoir trouvé la base psychique commune à toute l'humanité ? L'essai de Jésus et la bible couvrent sous leurs ailes larges et bienveillantes : la merde, les bêtes, les journées.
Comment veut-on ordonner le chaos qui constitue cette infinie informe variation : l'homme ? Le principe : « aime ton prochain » est une hypocrisie. « Connais-toi » est une utopie mais plus acceptable car elle contient la méchanceté en elle. Pas de pitié. Il nous reste après le carnage l'espoir d'une humanité purifiée. Je parle toujours de moi puisque je ne veux convaincre, je n'ai pas le droit d'entraîner d'autres dans mon fleuve, je n'oblige personne à me suivre et tout le monde fait son art à sa façon, s'il connaît le joie montant en flèches vers les couches astrales, ou celle qui descend dans les mines aux fleurs de cadavres et des spasmes fertiles. Stalactites : les chercher partout, dans les crèches agrandies par la douleur, les yeux blancs comme les lièvres des anges. Ainsi naquit DADA d'un besoin d'indépendance, de méfiance envers la communauté. Ceux qui appartiennent à nous gardent leur liberté. Nous ne reconnaissons aucune théorie. Nous avons assez des académies cubistes et futuristes : laboratoires d'idées formelles. Fait-on l'art pour gagner de l'argent et caresser les gentils bourgeois ? Les rimes sonnent l'assonance des monnaies et l'inflexion glisse le long de la ligne du ventre de profil. Tous les groupements d'artistes ont abouti à cette banque en chevauchant sur diverses comètes. La porte ouverte aux possibilités de se vautrer dans les coussins et la nourriture.
Ici nous jettons l'ancre dans la terre grasse.
Ici nous avons le droit de proclamer car nous avons connu les frissons et l'éveil. Revenants ivres d'énergie nous enfonçons le trident dans la chair insoucieuse. Nous sommes ruissellements de malédictions en abondance tropique de végétations vertigineuses, gomme et pluie est notre sueur, nous saignons et brûlons la soif, notre sang est vigueur.
Le cubisme naquit de la simple façon de regarder l'objet : Cézanne peignait une tasse 20 centimètres plus bas que ses yeux, les cubistes la regardent d'en haut, d'autres compliquent l'apparence en faisant une section perpendiculaire et en l'arrangeant sagement à côté. (Je n'oublie pas les créateurs, ni les grandes raisons de la matière qu'ils rendirent définitives.) Le futuriste voit la même tasse en mouvement, une succession d'objet l'un à côté de l'autre agrémentée malicieusement de quelques lignes-forces. Cela n'empêche que la toile soit une bonne ou mauvaise peinture destinée au placement des capitaux intellectuels. Le peintre nouveau crée un monde, dont les éléments sont aussi les moyens, une œuvre sobre et définie, sans argument. L'artiste nouveau proteste : il ne peint plus (reproduction symbolique et illusionniste) mais crée directement en pierre, bois, fer, étain, des rocs, des organismes locomotives pouvant être tournés de tous les côtés par le vent limpide de la sensation momentanée.■
Toute œuvre picturale ou plastique est inutile; qu'il soit un monstre qui fait peur aux esprits serviles, et non douceâtre pour orner les réfectoires des animaux en costumes humains, illustrations de cette triste fable de l'humanité. — Un tableau est l'art de faire se rencontrer deux lignes géométriquement constatées parallèles, sur une toile, devant nos yeux, dans la réalité d'un monde transposé suivant de nouvelles conditions et possibilités. Ce monde n'est pas spécifié ni défini dans l'œuvre, il appartient dans ses innombrables variations au spectateur. Pour son créateur, il est sans cause et sans théorie. Ordre = désordre; moi = non-moi; affirmation = négation : rayonnements suprêmes d'un art absolu. Absolu en pureté de chaos cosmique et ordonné, éternel dans la globule seconde sans durée, sans respiration, sans lumière, sans contrôle. J'aime une œuvre ancienne pour sa nouveauté. Il n'y a que le contraste qui nous relie au passé. Les écrivains qui enseignent la morale et discutent ou améliorent la base psychologique ont, à part un désir caché de gagner, une connaissance ridicule de la vie, qu'ils ont classifiée, partagée, canalisée; ils s'entêtent à voir danser les catégories lorsqu'ils battent la mesure. Leurs lecteurs ricanent et continuent : à quoi bon ?
Il y a une littérature qui n'arrive pas jusqu'à la masse vorace. Œuvre de créateurs, sortie d'une vraie nécessité de l'auteur, et pour lui. Connaissance d'un suprême égoïsme, où les bois s'étiolent. ■ Chaque page doit exploser, soit par le sérieux profond et lourd, le tourbillon, le vertige, le nouveau, l'éternel, par la blague écrasante, par l'enthousiasme des principes ou par la façon d'être imprimée. Voilà un monde chancelant qui fuit, fiancé aux grelots de la gamme infernale, voilà de l'autre côté : des hommes nouveaux. Rudes, bondissants, chevaucheurs de hoquets. Voilà un monde mutilé et les médicastres littéraires en mal d'amélioration.
Je vous dis : il n'y a pas de commencement et nous ne tremblons pas, nous ne sommes pas sentimentaux. Nous déchirons, vent furieux, le linge des nuages et des prières, et préparons le grand spectacle du désastre, l'incendie, la décomposition. Préparons la suppression du deuil et remplaçons les larmes par les sirènes tendues d'un continent à l'autre. Pavillons de joie intense et veufs de la tristesse du poison. &x2a50; DADA est l'enseigne de l'abstraction; la réclame et les affaires sont aussi des éléments poétiques.
Je détruis les tiroirs du cerveau et ceux de l'organisation sociale : démoraliser partout et jeter la main du ciel en enfer, les yeux de l'enfer au ciel, rétablir la roue féconde d'un cirque individu.
La philosophie est la question : de quel côté commencer à regarder la vie, dieu, l'idée, ou n'importe quoi d'autre. Tout ce qu'on regarde est faux. Je ne crois pas plus important le résultat relatif, que le choix entre gâteau et cerises après dîner. La façon de regarder vite l'autre côté d'une chose, pour imposer indirectement son opinion, s'appelle dialectique, c'est-à-dire marchander l'esprit des pommes frites, en dansant la méthode autour. Si je crie :
Idéal, idéal, idéal
Connaissance, connaissance, connaissance,
Boumboum, boumboum, boumboum,
j'ai enregistré assez exactement le progrès, la loi, la morale et toutes les autres belles qualités que différents gens très intelligents ont discutés dans tout des livres, pour arriver, à la fin, à dire que tout de même chacun a dansé d'après son boumboum personnel, et qu'il a raison pour son boumboum, satisfaction de la curiosité maladive; sonnerie privée pour besoins inexplicables; bain; difficultés pécuniaires; estomac avec répercussion sur la vie; autorité de la baguette mystique formulée en bouquet d'orchestre-fantôme aux archets muets, graissés de philtres à base d'ammoniaque animal. Avec le lorgnon bleu d'un ange ils ont fossoyé l'intérieur pour vingt sous d'unanime reconnaissance. ■ Si tous ont raison et si toutes les pilules ne sont que Pink, essayons une fois de ne pas avoir raison. ■ On croit pouvoir expliquer rationnellement, par la pensée, ce qu'il écrit. Mais c'est très relative. La psychanalyse est une maladie dangereuse, endort les penchants anti-réels de l'homme et systématise la bourgeoisie. Il n'y a pas de dernière Vérité. La dialectique est une machine amusante qui nous conduit / d'une manière banale / aux opinions que nous aurions eues de toute façon. Croit-on, par le raffinement minutieux de la logique, avoir démontré la vérité et établi l'exactitude de ses opinions ? Logique serrée par les sens est une maladie organique. Les philosophes aiment ajouter à cet élément : Le pouvoir d'observer. Mais justement cette magnifique qualité de l'esprit est la peuve de son impuissance. On observe, on regarde d'un ou de plusieurs points de vue, on les choisit parmi les millions qui existent. L'expérience est aussi un résultat du hasard et des facultés individuelles. ■ La science me répugne dès qu'elle devient spéculative-système, perd son caractère d'utilité — tellement inutile — mais au moins individuel. Je hais l'objectivité grasse et l'harmonie, cette science qui trouve tout en ordre. Continuez, mes enfants, humanité, gentils bourgeois et journalistes vierges... ■ Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n'en avoir par principe aucun. ■ Se compléter, se perfectionner dans sa propre petitesse jusqu'à remplir le vase de son moi, mystère du pain déclochement subit d'une hélice infernale en lys économiques :
LA SPONTANÉITÉ DADAISTE
Je nomme je m'enfoutisme l'état d'une vie où chacun garde ses propres conditions, en sachant toutefois respecter les autres individualités, sinon se défendre, le two-step devenant hymne national, magasin de bric-à-brac, T.S.F. téléphone sans fil transmettant les fugues de Bach, réclames lumineuses et affichage pour les bordels, l'orgue diffusant des œillets pour Dieu, tout cela ensemble, et réellement, remplaçant la photographie et le catéchisme unilatéral.
La simplicité active.
L'impuissance de discerner entre les degrés de clarté : lécher la pénombre et flotter dans la grande bouche emplie de miel et d'excrément. Mesurée à l'échelle Éternité, toute action est vaine — (si nous laissons la pensée courir une aventure dont le résultat serait infiniment grotesque — donnée importante pour la connaissance de l'impuissance humaine). Mais si la vie est une mauvaise farce, sans but ni accouchement initial, et parce que nous croyons devoir nous tirer proprement, en chrysantèmes lavés, de l'affaire, nous avons proclamé seule base d'entendement : l'art. Il n'y a pas l'importance que nous, reîtres de l'esprit, lui prodiguons depuis des siècles. L'art n'afflige personne et ceux qui savent s'y intéresser, recevront de caresses et belle occasion de peupler le pays de leur conversation. L'art est une chose privée, l'artiste le fait pour lui; une œuvre compréhensible est produit de journaliste, et parce qu'il me plaît en ce moment de mélanger ce monstre aux couleurs à l'huile : tube en papier imitant le métal qu'on presse et verse automatiquement, haine lâcheté, vilenie. L'artiste, le poète se réjouit du venin de la masse condensée en un chef de rayon de cette industrie, il est heureux en étant injurié : preuve de son immuabilité. L'auteur, l'artiste loué par les journaux, constante la compréhension de son œuvre : misérable doublure d'un manteau à utilité publique; haillons qui couvrent la brutalité, pissat collaborant à la chaleur d'un animal qui couve les bas instincts. Flasque et insipide chair se multipliant à l'aide des microbes typographiques.
Nous avons bousculé le penchant pleurnichard en nous. Toute filtration de cette nature est diarrhée confite. Encourager cet art veut dire la digérer. Il nous faut des œuvres fortes, droites, précises et à jamais incomprises. La logique est une complication. La logique est toujours fausse. Elle tire les fils des notions, paroles, dans leur extérieur formel, vers des bouts, des centres illusoires. Ses chaînes tuent, myriapode énorme asphyxiant l'indépendance. Marié à la logique, l'art vivrait dans l'inceste, engloutissant, avalant sa propre queue toujours son corps, se forniquant en lui-même et le tempérament deviendrait un cauchemar goudronné de protestantisme, un monument, un tas d'intestins grisâtres et lourds.
Mais la souplesse, l'enthousiasme et même la joue de l'injustice, cette petite vérité que nous pratiquons innocents et qui nous rend beaux : nous sommes fins et nos doigts sont malléables et glissent comme les branches de cette plante insinuante et presque liquide; elle précise notre âme, disent les cyniques. C'est aussi un point de vue; mais toutes les fleurs ne sont pas saintes, heureusement, et ce qu'il y a de divin en nous est l'éveil de l'action anti-humaine. Il s'agit ici d'une fleur de papier pour la boutonnière des messieurs qui fréquentent le bal de la vie masquée, cuisine de la grâce, blanches cousines souples ou grasses. Ils trafiquent avec ce que nous avons sélectionné. Contradiction et unité des polaires dans un seul jet, peuvent être vérité. Si l'on tient en tout cas à prononcer cette banalité, appendice d'une moralité libidineuse, mal odorante. La morale atrophie comme tout fléau produit de l'intelligence. Le contrôle de la morale et de la logique nous ont infligé l'impassibilité devant les agents de police — cause de l'esclavage, — rats putrides dont les bourgeois ont plein le ventre, et qui ont infecté les seuls corridors de verre clairs et propres qui restèrent ouverts aux artistes.
Que chaque homme crie : il y a un grand travail destructif, négatif, à accomplir. Balayer, nettoyer. La propreté de l'individu s'affirme après l'état de folie, de folie agressive, complète, d;un monde laissé entre les mains des bandits qui déchirent et détruisent les siècles. Sans but ni dessein, sans organisation : la folie indomptable, la décomposition. Les forts par la parole ou par la force survivront, car ils sont vifs dans la défense, l'agilité des membres et des sentiments flambe sur leurs flancs facettés.
La morale a déterminé la charité et la pitié, deux boules de suif qui ont poussé comme des éléphants, des planètes et qu'on nomme bonnes. Elles n'ont rien de la bonté. La bonté est lucide, claire et décidée, impitoyable envers la compromission et la politique. La moralité est l'infusion du chocolat dans les veines de tous les hommes. Cette tâche n'est pas ordonnée par une force surnaturelle, mais par le trust des marchands d'idées et des accapareurs universitaires. Sentimentalité : en voyant un groupe d'hommes qui se querellent et s'ennuient ils ont inventé le calendrier et le médicament sagesse. En collant des étiquettes, la bataille des philosophes se déchaîna (mercantilisme, balance, mesures méticuleuses et mesquins) et l'on comprit une fois de plus que la pitié est un sentiment, comme la diarrhée en rapport avec le dégoût qui gâte la santé, l'immonde tâche des charognes de compromettre le soleil.
Je proclame l'opposition de toutes les facultés cosmiques à cette blennhorragie d'un soleil putride sorti des usines de la pensée philosophique, la lutte acharnée, avec tous les moyens du
DÉGOÛT DADAISTE
Tout produit du dégoût susceptible de devenir une négation de la famille, est dada ; protestation aux poings de tout son être en action destructive : DADA ; connaissance de tous les moyens rejetés jusqu'à présent par le sexe publique du compromis commode et de la politesse : DADA ; abolition de la logique, danse des impuissants de la création : DADA ; de toute hiérarchie et équation sociale installée pour les valeurs par nos valets : DADA; chaque objet, tous les objets, les sentiments et les obscurités, les apparitions et le choc précis des lignes parallèles, sont des moyens pour le combat : DADA; abolition de la mémoire : DADA; abolition de l'archéologie : DADA; abolition des prophètes : DADA; abolition du futur : DADA; croyance absolue indiscutable dans chaque dieu produit immédiat de la spontanéité : DADA; saut élégant et sans préjudice d'une harmonie à l'autre sphère; trajectoire d'une parole jetée comme un disque sonore cri; respecter toutes les individualités dans leur folie du moment : sérieuse, craintive, timide, ardente, vigoureuse, décidée, enthousiaste; peler son église du tout accessoire inutile et lourd; cracher comme une cascade lumineuse la pensé désobligeante ou amoureuse, ou la choyer — avec la vive satisfaction que c'est tout à fait égal — avec la même intensité dans le buisson, pur d'insectes pour le sang bien né, et doré de corps d'archanges, de son âme. Liberté : DADA DADA DADA, hurlement des douleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : LA VIE.
-- _________________ TsimTsoûm
[[[Sic transit Gloria Mundi.]]] |
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basti Homo-gène


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: Paris
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Posté le: Sam Juil 23, 2005 14:48 Sujet du message: |
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| Citation: | « Les articles qui m’assimilent au dadaïsme m’amusent beaucoup, parce que je suis l’anti-dadaïste type. Les dadaïstes le savent bien et s’ils demandent parfois ma collaboration, c’est pour prouver que leur système est de n’avoir aucun système. Si on les place à l’extrême gauche, je suis à l’extrême droite (…). Les extrêmes se touchent. Je me sens si loin de la gauche et de la droite, si près de l’extrême gauche fermant la boucle avec moi, qu’il m’arrive qu’on nous confonde. Il me faut crier si je parle avec la droite ou avec la gauche, ce qui me fatigue tandis que de l’autre côté du mur, sans élever la voix, je peux m’entretenir avec Tzara et Picabia, mes voisins du bout du monde », écrivait Cocteau en mai 1920 dans le premier numéro de sa revue Le Coq.
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http://www.picabia.com/expo_cocteau.htm
Il a donc bien "été assimilé au dadaïsme", bien qu'il s'en défende... d'une curieuse manière. |
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lulu galipette Khîpequipique


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Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 15:44 Sujet du message: |
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| Citation: | Du faux art ? des charlatans ?
Dire que les dadaïstes sont fous et que leurs précurseurs le sont également parce que certains se sont suicidés, c'est un raisonnement des plus sots qu'il peut y avoir ; dire que Dada ne veut rien dire, ne signifie rien, et prendre à la lettre le Pour faire un poème dadaïste sans relever l'humour de Tzara me semble tout aussi ridicule ; enfin, dater le dadaïsme avant la première guerre mondiale et expliquer la guerre à cause d'une décadence dadaïste -- qui n'a pas lieu d'être puisque le dadaïsme est une réaction contre la guerre, et que celui-ci se déroule de 1915 à 1923... anachronisme et contre-sens parfait. |
| Citation: | | Certaines phrases m'ont choqué, je ne savais pas qu'on pouvait vulgariser d'une façon si extrême ; je propose donc mes élucubrations personnelles — et parfois incertaines, je l’avoue — sur le sujet. |
Cher Raph.
[edité par cici : attaque personnelle interdite par la charte, merci]
D'abord, parceque je n'ai ni dit ni sous entendu les trois quarts de ce que tu m'imputes comme inculture.
Ensuite, Parceque dire que je suis assez tarte pour ne pas saisir la finesse de l'humour de Tzara, sans percuter toi même l'humour qu'il y avait dans mon propre article relève du surréalisme.
enfin, parcequ'en ce qui te concerne, c'est la même chose que pour moi, il est aussi strictement impossible de résumer dada en un paragraphe qu'en trois, et que par conséquent comme annoncé plus haut, je ne faisais qu'oeuvre de vulgarisation rapide ainsi que d'accroche avant d'entrer plus finement au cas par cas dans mon sujet.
Maintenant que celà a été mis au point, je pense pouvoir m'attarder à lire la suite de ton article en éspérant sereinement que je ne serais pas aussi obtue que toi et que j'en percevrai malgré les carrence manifestes l'objectif profond qui en justifiera la forme lapidaire. Bonne journée. |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 15:58 Sujet du message: |
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| Citation: | | Il a donc bien "été assimilé au dadaïsme", bien qu'il s'en défende... d'une curieuse manière. |
Forcément, il adorait la provoc. il s'est aussi défendu d'être le père du mouvement lorsque certains artistes étrangers lui demandèrent le droit d'utiliser le nom du mouvement...
Merci cher Raph.
J'ai réellement apprécié l'éffort d'écriture de ton article et j'éspère sincèrement que tu es allé pêcher ton texte sur gallica, sinon tu dois avoir mal aux doigts.
J'ai aussi réellement apprécié le fait qu'il sonne comme quelque chose de personnel et pas du tout comme un manuel littéraire.
Enfin, j'ai apprécié la conscision toute ludique de ta démarche qui en effet doit convenir à toute personne avide de se documenter de façon légère et court vêtue.
Cependant, je n'ai rien à dire sur le fond, nulle inexactitude, et pour un littéraire forcené, c'est agréable. J'en conclu donc que nous avons deux démarches radicalement différentes, et qu'il n'est pas pour autant nécessaire d'être vulgairement grossier pour faire passer son message. Re-bonne journée. |
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Raph. Homo sapiens


Sexe:  Inscrit le: 02 Juil 2005
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 17:09 Sujet du message: |
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| lulu galipette a écrit: |
Cher Raph.
[edite par cici: attaque personnelle]
D'abord, parceque je n'ai ni dit ni sous entendu les trois quarts de ce que tu m'imputes comme inculture. |
Je ne veux pas polluer le topic mais je voudrais appuyer les points qui m'ont choqué, et que tu as manifestement dits ...
Un article, même de vulgarisation, ne doit pas faire de contre-sens...
D’abord souvent ils ne sont plus édités, ensuite entre le symbolisme, le futurisme, le cubisme, l’expressionnisme, le surréalisme et tous les autres néo-ismes qui se pondent tous les trois matins, chacun cherche sa poule !
Le cubisme, le futurisme et l'expressionnisme sont des mouvements artistiques qui ne concernent que les arts plastiques et non la littérature... Ils ne peuvent donc être édités....
« Dada » à la base c’est un mot qui ne veut rien dire
La particularité de Dada est d'être un mot employé dans de nombreuses langues plutôt comme interjection. Da est aussi significatif en russe et en roumain il me semble... Il y a un article d'Hugo Ball sur la signification de Dada...
Dada qui prend le sens de « poète et réfractaire », dont le principe est de produire des textes absolument sans queue ni tête emplis de débordements verbaux et sexuels.
Le principe de Dada n'est pas de créer mais de détruire. Débordements verbaux et sexuels ? Il me semble que le manifeste que j'ai posté est significatif, ne serait ce que la Phrase "Dada ne veut rien dire" ; elle est significative... Dada se libère de toute contrainte, c'est une révolte pour EXISTER.
Les auteurs sont fous ou a moitié.
Totalement inepte. Autant dire que tout artiste du XXeme siècle est fou. Mais il me semble que tu disais "malade..." devant les oeuvres de Joël Peter Witkin ...
Les survivants de ce grand délire jouent la subversion littéraire.
C'est un mouvement intellectuel ; il n'est question ni de délire ni de subversion...
Un petit extrait ? Il s’agit du très sérieux Aventure céleste de Monsieur Antipyrine qui fait quasiment office de manifeste :
Il existe un manifeste de M. Antipyrine d'ailleurs publié dans l'édition des 7 manifestes chez Pauvert inclu dans la première aventure céleste de M. Antipyrine mais ce n'est pas du tout dans les deux premières tirades...
c’est simplement que ça ne veut rien dire, et c’est le but.
Ce texte est un très beau texte ; Tzara y énonce les premiers principes de Dada et montre qu' "il n'y a pas d'humanité, il y a les réverbères et les chiens". M. Antipyrine déclare à la fin "nous sommes devenus des réverbères" en répétant plusieurs fois réverbères. Cela est plein de sens, Dada est une révolte pour vivre, être vivant... Bien sur il faut chercher au delà des deux premières tirades et creuser un peu dans le texte....
C’est une entreprise de démolition pratiquée par une bande d’escrocs qui insulte le tout paris
C'est une entreprise de démolition de l'art et des fondements d'une société qui n'a pas su empêcher la guerre pratiquée par une bande d'artistes géniaux qui provoquent les bourgeois et les conventions.
Hé bien dada après avoir tout cassé à vu venir la première guerre… il l’avait annoncée d’ailleurs par ses effets décadents, ses éclats, sa violence anarchiste, absolue et révolutionnaire.
Le début de la première guerre est antérieur à Dada, puisque le mouvement est avant tout une réaction contre la guerre d'intellectuels pacifistes de toute l'Europe... Dada n'annonce pas, il accuse la société de cette guerre dont il ne veut pas... Contre sens anachronique.
Mais quand on a tout cassé, qu’est-ce qu’on fait après ? On cède le pas aux Surréalistes…avec à leur tête André Breton… mais ceci est une autre histoire !
C'est beaucoup plus compliqué que ça...
Même en synthétisant beaucoup et de façon claire, on peut faire comprendre ce qu'est Dada... Ton article donne une vision totalement erronée des objectifs du mouvement...
Bonne journée. _________________ TsimTsoûm
[[[Sic transit Gloria Mundi.]]] |
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Shana Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 10 Juil 2005
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 17:37 Sujet du message: |
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| Raph. a écrit: |
C’est une entreprise de démolition pratiquée par une bande d’escrocs qui insulte le tout paris
C'est une entreprise de démolition de l'art et des fondements d'une société qui n'a pas su empêcher la guerre pratiquée par une bande d'artistes géniaux qui provoquent les bourgeois et les conventions.
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Vous dites la même chose. "escrocs" me fait penser au "fumisme" et à Alphonse Allais, pour moi c'est pas péjoratif, c'est 2nd degré. des "escrocs" moi ça me va très bien.
C'est bien de discuter, meme vivement et de tenter d'etre précis dans ce qu'on propose, mais là je vois pas l'intéret de reprendre cette phrase, je crois que lulu galipette a tourné son article avec pas mal d'humour et de second degré et dans un style tout autre que le tien, Raph . merci à vous deux le débat est rendu plus intéressant |
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Vesper Lynd Homo-érectus


Sexe:  Inscrit le: 03 Juil 2005 Age : 23
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 17:45 Sujet du message: |
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mais non Shana, tu comprends rien. Ils font une démonstration de nihilisme.
attends quelques posts et ils en viendront aux mains (comme toute réunion dada qui se respecte )
Raph > merci pour le "da…en roumain il me semble"
Lulu > en fait, heu… c'est pas picabia l'urinoir mais bien Duchamp. Pardon R. Mutt. (et hein, on ne critique pas Duchamp ) _________________ Si tu n'as pas de choses gentilles à dire aux gens, Panpan, alors ne dis rien |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 17:56 Sujet du message: |
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Je ne vais pas m'emmerder à répondre, ce que je dis est vrai, et je ne renie aucun des points que tu soulèves comme étant si choquants. Je rassure donc les lecteurs, il n'y a pas de contresens, et Dada sévissait déjà avant et pendant la guerre même s'il n'a officiellement pris forme qu'en 1916. Je vous laisse calculer. Mes sources (enfin, pas uniquement, mais en grande partie se trouvent dans ce livre de spécialiste, on peut le dire, et que je viens de lire in extenso :
FAUCHEREAU Serge, expressionnisme, dada, surréalisme et autres ismes, édition Denöel, coll. essai, 2001, 556p.
Pour info, sisi, le cubisme, l'expressionnisme, et les autres ismes sont des mouvements littéraires également. On pourra par exemple qualifier la poésie d'Apollinaire de cubiste, mais ceci est un autre sujet qui trouvera son explication ultérieurement. Merci. |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: bruxelles - montpellier - strasbourg - auvergne
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Posté le: Dim Juil 24, 2005 17:58 Sujet du message: |
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pardon pour l'urinoir, c'est une erreur manifeste. bizarre celle là il l'a pas relevée...
Dernière édition par lulu galipette le Dim Juil 24, 2005 18:00; édité 1 fois |
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