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Domino Qui moi ?


Sexe:  Inscrit le: 14 Oct 2007 Age : 23
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 18:26 Sujet du message: Problème d'alcoolisme [Attention pavé] |
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Bonjour tout le monde, ça fait un petit moment déjà que je lis toutes vos petites histoire en mode anonyme, même si je me rend compte du côté pervers de la chose , enfin ça m’a beaucoup aidé dans mon acceptation, surtout que je suis de celle qui ont mis un temps fou a se rendre compte qu’il y avait un truc qui clochait avec moi, enfin je sais que y’en a qui ont mis encore plus de temps que moi, c’est rassurant quelque part
Enfin le dit problème avec mon père n’a strictement rien à voir avec ça, d’ailleurs je sais pas si ça a vraiment sa place ici mais bon, comme souvent avec les problèmes familiaux, je ne peux évidemment pas en parler à ma famille, et je peux rien dire à mes amis sans peur de voir leurs yeux écarquillés de 2 mètres de large
J’ai beaucoup hésité à poster cette histoire, en plus qu’elle est assez longue, avec tous les rebondissements je pourrai peut être même en faire un film
Enfin bref, autant rentrer dans le vif du sujet, j’ai 22 ans et mon père est un alcoolique, aussi loin que puisse remonter ma mémoire ça a toujours été le cas. Pour faire vite, la première période correspond à mes 18 premières années où j’ai vécu avec mes 2 parents, puis ma mère a fini par demander le divorce, la seconde période s’étend de là jusqu’à mes 22 ans où j’ai vécu avec ma mère seule, et enfin dernièrement c’est ce que j’appellerai le dénouement final, ce que je suis en train de vivre en ce moment.
Mes 18 premières années se sont assez mal passées, les jours où mon père était sobre, il était très distant, quand il rentrait du travail il se réfugiait devant la télé, idem le week end, on parlait rarement ensemble alors qu’on vivait sous le même toit, j’ai pas beaucoup de souvenir de lui dans ces moment là. Les jours où il était ivre, c’était bien pire, il devenait très violent à l’encontre de ma mère, ma mère en qui j’ai toujours voué une admiration sans bornes. Pourtant avant mes 10 ans j’ai joué à la fille pas concernée, celle qui va se coucher avant que son père qu’elle sait ivre va rentrer à la maison, d’ailleurs j’ai jamais cessé de culpabiliser depuis, quand j’y repense je me met à me détester malgré toutes les bonnes excuses que j’aurai pu avoir à ce moment là. Passé un certain âge, je restais plus tard les soirs où il était dehors, je l’attendais pour le calmer, pour pas qu’il s’en prenne à ma mère (que j’obligeais à aller se coucher plus tôt), moi il m’a jamais touché physiquement, il en a toujours été incapable, heureusement pour moi. A l’entendre, si ça se passait comme ça à la maison, c’était la faute de ma mère. Enfin, il ne s’est pas passé un jour à cette époque où j’avais hâte de rentrer chez moi, j’ai toujours eu la trouille de rentrer et de ne pas voir mon père à la maison, ce qui signifiait une nouvelle organisation drastique pour la soirée. Avec ça je passe les jours où il venait me chercher à l’école complètement saoul, où il a faillit me tuer plusieurs fois en voiture, ou encore où je devais balancer une centaine de mensonges pour couvrir ma situation familiale, bref c’était pas la joie.
C’est à cette période aussi où j’appris qu’en plus de ça, mon père avait fait de la prison pour meurtre bien avant ma naissance, même que si ça se serait passé quelques années auparavant il serait passé sur la chaise électrique. Toujours à cette période, j’ai appris que mon père maltraitait mon grand frère avant ma naissance (qui avait alors a peine 10 ans), au point de l’envoyer parfois à l’hôpital.
Bref en combinant tout ça, je me suis mise à haïr mon père très profondément, au point même de souhaiter sa mort. Notre relation s’est empirée 1 an avant la demande du divorce, on ne se disait même plus bonjour et je ne lui adressais jamais la parole, je l’ignorais complètement. Et finalement à force de pousser ma mère à divorcer, elle a fini par le faire et mon père a dû quitter la maison, c’était à mes 18 ans. Le soir même de son départ, je fêtais ça avec ma mère.
Ca aurait pu se terminer là mais ça n’a pas vraiment été le cas, après le divorce ce fut les problèmes financiers qui arrivèrent. En fait mon père durant le mariage s’était complètement endetté, sans rien dire à ma mère, et après le divorce il s’est déclaré non solvable et il a disparu dans la nature, tout est retombé sur les épaules de ma mère. Depuis le divorce elle enchaîne dossier de surendettement, procès, lettres aux huissiers, accord avec les banques, mesures pour garder la maison, bref et j’en passe. Grâce à elle j’ai pu avoir une vie à peu près normale depuis, et j’ai pu aussi continuer mes études, je suis même en Master cette année. Mais je vois aussi ma mère dépérir un peu plus d’années en années, en même temps en 4 ans de temps, notre situation financière ne s’est pas améliorée de façon spectaculaire, c’est même quasiment certain maintenant que les enfants finiront le remboursement du père et que la maison va finir par être vendue. Enfin en 4 ans, je n’ai plus vu ni parlé à mon père, mais ma haine envers lui a eu le temps de s’amplifier, si c’était encore possible.
Arrive alors le dénouement final (enfin), il y’a quelques semaines on reçoit à la maison un appel de mon père, pas très sobre encore. On sait pas comment il a eu notre numéro mais il nous explique qu’il vient de recevoir un papier du tribunal l’envoyant en prison s’il n’a pas réglé avant une certaine date, la pension alimentaire qu’il doit à ses enfants (pour ça aussi il faisait le mort depuis le divorce), après ça il promet à ma mère de bientôt descendre la voir pour la tuer, ma mère raccroche aussitôt. Là j’appelle les flics pour les avertir de la situation, il me réponde qu’ils vont l’appeler pour le calmer. Chose qu’ils font, on reçoit ensuite un nouvel appel, c’est toujours mon père, cette fois il dit à ma mère qu’elle est fichue parce qu’il n’y a aucun témoin pouvant attester des menaces de mort, là j’en ai marre je prend le téléphone. D’un coup il se radoucit, il me dit qu’il ne ferait jamais ça, que je le connais bien, qu’il n’est pas comme ça. Il essaye ensuite vainement de m’expliquer que tout ça c’est la faute de maman, cette fois je le remet en place, je lui dit de ne pas me prendre pour une bille, que j’étais à la maison les 18 années où il était à la maison, que j’ai bien vu ce qu’il se passait. Là il change de conversation, il me demande de prendre son numéro, ce que je fais pour ne pas envenimer les choses, puis il me dit qu’il m’en veut pas (il manquerait plus que ça), qu’il m’aime et que je suis toujours sa fille chérie, ça me fait ni chaud ni froid, il fini par raccrocher après m’avoir souhaité une bonne soirée … L’incident s’arrête là.
Le lendemain, il rappelle à la maison, sobre cette fois et demande à me parler. Là il me demande si on peut se voir bientôt, pour parler de l’avenir et non du passé, sans qu’il n’y ait de disputes, je répond que je sais pas, que je dois y réfléchir et que je le rappellerai lundi pour lui donner la réponse.
Il me reste le week end pour prendre ma décision, je demande à ma mère ce qu’elle en pense, elle me dit de faire comme je l’entend, qu’elle ne veut plus avoir affaire avec lui mais que moi j’ai le choix car après tout ça reste mon père, elle reste persuadée que son côté ‘‘mauvais’’ à pris le dessus alors elle me demande de faire attention si je décide de le voir.
Finalement, après avoir retourné 1000 fois la question, je décide de le rappeler pour lui fixer un rendez-vous le jeudi suivant à 10h du matin, il a l’air content de l’entendre et me dis qu’il sera en face de la gare.
D’ici jeudi j’essaye de mettre en place un plan d’action pour le rendez-vous, je me dis que lui reprocher tout ce qu’il a fait n’est pas la bonne solution mais que faire comme si je le trouvais gentil n’est pas mieux, bref je suis un peu perdue.
Le Jour J arrive, j’arrive avec un peu d’avance, je stresse pas, je n’ai pas peur non plus, j’ai toujours cette vieille certitude qu’il ne pourra rien me faire, mais j’attend rien de ce rendez-vous, j’ai juste l’intention d’écouter ce qu’il a à dire. Il arrive finalement avant l’heure prévue, il me reconnaît pas du premier coup d’œil alors que moi si, on se fait la bise (très distante la bise), il me dit que j’ai changé, que je suis très jolie, qu’il est content que je sois venue, moi je reste de marbre même si je suis soulagée de voir qu’il est bien habillé, rasé, coiffé, qu’il ne sent pas l’alcool et que ça ne se voit pas sur son visage, enfin je ne vais pas me balader avec un type à l’apparence d’un clodo et ça ça fait plaisir.
Il me propose un café, j’accepte et il me guide vers un petit café devant la gare, là on parle de tout et de rien, on ne parle pas du tout du passé, mais de faits divers, de trucs qu’on a vu à la télé. C’est bien la première fois depuis ma naissance qu’on se parle autant, ça fait assez bizarre. De temps en temps y’a des silences, mais ça n’a rien de pesant ou de gênant, c’est plus un temps pour évaluer la situation. Finalement il me raconte un peu sa vie, il me raconte qu’il a vécu 1 an et demi dans la rue, juste après avoir quitté la maison, qu’il a fait des rencontres pas très fréquentables, qu’il a aussi un peu magouillé pour vivre, il m’explique tous les moyens pour passer une journée sans avoir froid ni sans être ennuyé par des gars louches, il prend tout ça avec le sourire et il ne se plaint a aucun moment. Moi j’écoute sans trop rien dire de bien transcendant, et puis à un moment au cours de la conversation je le regarde et là je vois qu’il a les yeux tous larmoyants, il détourne vite fait le regard et il en profite pour aller payer l’addition au bar. Là c’est un peu le choc, avant ce jour je ne l’avais jamais entendu parler de lui ni encore moins esquisser une larme. On sort du café et là on se balade à pied tout en continuant de parler, il aime bien marcher comme moi, il me dit aimer la solitude ce dont je doute très fortement. Il se marre beaucoup mais il a toujours ce regard hyper triste. Je me rend compte qu’en fait je le connais très bien et que je lui ressemble sur énormément de points, et ça ça fait mal.
Il me propose de manger un ptit quelque chose, je prend un gâteau et lui en propose un mais là il me rappelle qu’il n’aime pas ça, il me demande s’il m’a déjà vu manger un gâteau à la maison, et là je me rappelle qu’effectivement il n’a jamais aimé ça. C’est un truc tout con mais je me rend compte que je l’avais oublié, et ça aussi ça fait mal.
Il va continuer ensuite de me parler de lui, il me fait comprendre qu’il a arrêté avec l’alcool, je sais que c’est faux mais je fais comme si je le croyais. Il m’avoue avoir pensé un soir à se jeter du haut d’un pont, qu’il était au bord et que finalement il a repassé la barrière pour revenir sur la route, il rigole même de ça.
Finalement on va se quitter à 16h30, j’aurais donc passé plus de 6h avec lui et je m’en suis à peine rendue compte, j’ai eu l’impression que c’est passé hyper vite.
Quand je suis rentrée à la maison, j’ai reçu un texto de lui avec un simple ‘‘merci’’.
Enfin voilà le vrai problème du moment, l’image de lui au bord des larmes n’arrête plus de me hanter, je culpabilise même d’avoir passé des bons moments pendant que lui était tout seul dans la rue à survivre comme il pouvait, y’a aussi le fait que je regrette de n’avoir jamais tenté de le comprendre ou de l’aider du temps où il habitait à la maison, bref pour la première fois je me fais du soucis pour mon père alors qu’il y a quelques mois de ça je me fichais de savoir s’il était vivant ou non. J’ai toujours eu une position catégorique sur l’alcool, pour moi les alcooliques devaient tous finir en prison ou alors se suicider (même les buveurs occasionnels c’est pour dire), enfin ils méritaient pas de vivre, mais maintenant je me dis que c’est peut être une maladie et que ceux qui en sont atteint sont aussi des victimes au même titre que ceux qu’ils font souffrir. Malgré moi je n’arrive plus à le détester et ça c’est pas normal parce qu’il n’empêche qu’il a fait des choses vraiment monstrueuses et je me dis que j’ai pas le droit de penser comme ça, vis à vis de ma mère et de mon frère qui eux en plus ont souffert physiquement, mon frère je sais que ça lui a bousillé une grande partie de sa vie d’adulte, quelque part j’ai honte d’essayer de lui trouver des excuses, je ressens ça comme une trahison envers eux.
D’un autre côté j’ai l’impression de me sentir mieux depuis que je lui ai parlé, haïr son père toute sa vie c’est un truc qui ronge, on essaye de tout faire pour ne pas lui ressembler et quand parfois on y arrive pas, on se déçoit et on en arrive à ne plus s’aimer du tout, alors maintenant que je me dis que finalement c’est peut être pas entièrement un monstre, j’ai l’impression que ça m’aide à assumer le fait que je suis sa fille et que sur certain côté c’est plutôt une bonne chose. Et puis je crois que je vais avoir beaucoup de mal maintenant à continuer de vivre normalement tout en sachant que lui vit tout seul dans son petit appart, je sais même pas s’il a de quoi vivre.
Maintenant je sais pas quoi faire, si je dois continuer à le voir ou pas, si je dois couper les ponts avec lui ou alors jouer les infirmières pour l’aider, c’est peut être un malade incurable qui ne guérira jamais, ou peut être qu’il ne mérite pas de guérir après ce qu’il a fait, il regrette même peut être rien du tout et dans ce cas j’ai peur de fonder de grands espoirs sur lui et qu’au final il s’en moque. J’ai peur aussi de trop m’investir dans cette guérison si je commence à le faire, de trop prendre ça à cœur, alors que ça fait des années que j’essaye de me détacher de tout ça pour juste penser à ma vie, c’est égoïste mais je commence à en avoir un peu marre de m’occuper des affaires familiales et de mettre de côté tout le reste, surtout que j’ai entendu parlé qu’on ne guérissait jamais totalement de l’alcool, j’ai peur de me battre contre des moulins à vents et que ça ne serve à rien. Mais en même temps ça me paraît être une évidence que mon père a besoin d’aide et que je suis la seule dans son entourage pouvant faire quelque chose. Quand je l’ai vu il m’a paru vraiment sincère, je pense qu’il est très lucide sur ce qu’il est et qu’il ne doit pas avoir une très haute opinion de lui, et puis à l’entendre je suis quelqu’un qui compte énormément pour lui, là dessus aussi je sais qu’il est sincère même si ça peut paraître pas très cohérent avec la vie qu’il nous a fait suivre.
Enfin voilà, tout ça est un peu long je me rend compte, et encore j’ai évité pas mal d’autres détails, mais ça résume bien à quel point ça peut être compliqué. En espérant qu’il y ait parmis vous des gens qui ont côtoyé des personnes alcooliques (ce que je ne souhaite à personne mais ça peut arriver), ou alors juste des gens qui pensent que mon père n’est qu’un sale con (et là je ne peux qu’être d’accord). Je précise aussi pour les besoin de l’affaire, que j’ai une sœur plus jeune que moi qui n’a jamais vraiment compris ce qu’il se passait et un frère beaucoup plus vieux qui a quitté le foyer assez tôt.
Voilà, merci à ceux qui ont eu le courage de tout lire, (et oui j'irais me présenter un peu plus tard dans la section prévue ;p)
Ciao |
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Nox Pedasse

Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2005 Age : 23
Localisation: Paris Nation, Nice
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 18:48 Sujet du message: |
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C'est intéressant. "On devient adulte quand on a pardonné à ses parents" disait Freud.
Ceci dit, c'est pas juste parce qu'il est clodo dépressif que ça excuse tout ce qu'il a fait. Sa stuation lui sert de leçon, puisqu'apparemment ça l'a un peu changé. A chacun son tour de trimer.
J'insiste sur le "un peu" vu que son comportement vis à vis de ta mère reste excécrable. En revanche, ça se voit du début à la fin que t'es la prunelle de ses yeux, et peut-être même sa raison de (sur)vivre maintenant. En ce sens t'es en position de force. Il faudra peut-être remettre les choses à plat et à leur place avec le temps (sans te laisser embobiner). _________________ CATIN |
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Droopy Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 07 Aoû 2007 Age : 38
Localisation: essonne
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 19:28 Sujet du message: |
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Tu sais tu n'as pas à culpabiliser du fait qu'il ait vécu dans la rue
Tu n'y es pour rien
Pour l'alcoolisme tu ne peux pas l'aider si lui ne veut pas reconnaître qu'il a un problème Il faut qu'il accepte cette maladie car c'est une maladie et qu'il veuille en sortir
Tu peux éventuellement demander conseil à des associations, leur parler de ce que tu ressens ils te donneront des avis
Sache que le fait d'avoir envie de vivre sa vie n'est pas égoïste c'est normal et tu n'as pas à culpabiliser
Il faut savoir s'occuper un peu de soi aussi et ne pas toujours tout donner aux autres
Tu vois moi je viens de l'apprendre et j'essaye de m'y mettre et je suis d'accord vec toi changer sur ce point n'est pas facile
En tout cas sache que nous sommes là si tu as besoin |
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Yuhe Rainbow-warrior


Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2007 Age : 23
Localisation: Entre le Génie et la Folie !
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 19:55 Sujet du message: |
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Je suis entièrement d'accord avec Droopy, même si c'est dur, ça ne servira à rien que tu culpabilises à part te détruire à petit feu.
En tout cas je trouve ton témoignage particulièrement poignant et émouvant, j'imagine qu'il t'as fallut beaucoup de courage pour te lancer, alors merci de nous accorder ta confiance et comme l'a dit Droopy, nous sommes là tu en as besoin.
Bon courage pour la suite des évènements  _________________ "Vous vous demandez surement pourquoi vous ? Et bien ma réponse est...Parce que." Criquette Rockwell
"Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant ! Si Dieu vous répond, vous êtes schizo !"Dr Gregory House
"Yuhe n'est pas un sex toy mais il peut sûrement vibrer si on lui sussure des mots doux à l'oreille." Syntaxeror |
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Gaywi Homo-érectus


Sexe:  Inscrit le: 19 Juil 2005 Age : 19
Localisation: Lille
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 20:15 Sujet du message: |
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Bonjour Domino,
D'abord, bienvenue chez nous.
Ensuite, parlons peu parlons bien. J'me permettrai pas de te dire de ne pas culpabiliser parce que, quoi qu'on puisse dire, tu garderas ce sentiment inqualifiable. Celui qui t'aura empêché de t'épanouir. Celui qui a fait que très jeune déjà tu avais des "soucis" : ceux de la maison.
C'est Nox qui m'a filé le lien de ton topic étant donné que je lis très peu le forum ^^. Il savait que ca me ferait quelque chose, il s'est pas trompé.
J'avoue, ton histoire m'a chamboulé. Bien racontée, bien écrite et surtout parce que ca rejoint un peu ce que j'ai vécu.
Certaines choses sont comparables, d'autres beaucoup moins.
Le comportement de mon père m'aura bousillé, l'image que j'ai de lui (encore aujourd'hui) est une vraie hantise. J'ai toujours peur de lui ressembler et quand on me trouve un point commun avec lui ou que l'on me dit que je lui ressemble, je ne peux m'empêcher de rétorquer "Si vous n'aviez que ça à dire, vous auriez pu vous taire" ou "J'pars pas avec toutes les chances de mon côté".
Il est la source, chez moi, d'un profond malaise. J'l'ai déja exposé sur le forum dans un topic (la seule fois ou j'me suis dévoilé sur ce forum).
J'essaie d'intégrer le fait que "du sang c'est pas d'l'eau", mais c'est difficile. Il reste mon "géniteur". Rien de plus. Il m'arrive de me demander si je lui viendrais en aide s'il creuvait la bouche ouverte devant moi.
Bref. La n'est pas la question.
Ton problème c'est plutôt le pardon, non ?
Je pense que c'est possible de pardonner, mais certainement pas d'oublier. Tu garderas les déceptions qu'il t'a provoquée, les difficulté qu'il t'a imposée. Il faut qu'il en ait conscience. Un simple rendez-vous peut te toucher, c'est vrai, mais ca n'excuse pas.
Quand plus rien allait, j'ai posté sur ce forum, exprimé mon mal être. Ils m'ont aidé tout comme mes amis. Comme j'ai fait un doublon sur mon blog, mon "beau papa" m'a envoyé un mail. Même si c'est quelque chose de très personnel, il a su dire des choses que je pense universelles.
| Citation: | (...) C’est probablement sur ce sujet, le père, que nous sommes les plus similaires, même si nos situations respectives sont différentes. J’ai déjà évoqué rapidement avec toi le cas de mon père. J’ai mis plus de 20 ans à pouvoir en parler sans ressentir d’émotion, sans que le sujet me retourne dans tous les sens et me perturbe. 20 ans de galères, 20 ans de lutte contre moi-même, parce que mon seul ennemi, en l’occurrence, ça a été moi-même. 20 ans de perdus pour des conneries qui m’ont amenés à gâcher, à gaspiller un tas d’opportunités. Je ne voudrais pas que tu gaspilles ton temps, toi, comme je l’ai fait, parce que, finalement, pour moi, ça n’a servi à rien. La seule issue que j’ai trouvé pour me sortir de mon malaise vis-à-vis de mon père, et dont je ne me suis rendu compte de l’importance qu’à postériori, ça a été de me faire violence et de parler enfin du problème avec un ami. L’ami n’a rien fait, il ne m’a pas à proprement parlé aidé. Il a juste écouté. Il a juste été là. En réfléchissant un peu, j’ai du bien le faire chier avec mes conneries mais il ne m’en veut même pas ! En fait, il m’a juste permis d’exprimer mon malaise en paroles décousues, de dire les choses, de me vider l’esprit et le cœur, de jeter sur la table les problèmes qui se mélangeaient en moi et qui m’empêchaient de réfléchir, pour pouvoir les trier, les hiérarchiser et enfin les classer de nouveaux dans mon esprit et dans mon cœur en balançant ce qui n’avait pas d’importance.
Simplement en parler, ça m’a rendu plus serein sans même que je m’en rende compte.
(...)
L’alcool, pour toi, est la partie émergée de l’iceberg, le paroxysme du vice, la chose qui te le rend insupportable.
Sur l’alcool, j’ai un point de vue bien particulier, que tu connais, dont tu connais les causes. L’alcool, je l’ai expérimenté, je l’ai gouté, je l’ai aimé. Il m’a couté les choses les plus chères de ma vie. Aujourd’hui, je déteste l’alcool, mais curieusement, je ne déteste pas les gens qui en sont les victimes. Parce que l’alcool est un traitre, l’ennemi mortel à force.
Ce que mon propre parcourt m’a appris, c’est que l’alcoolisme est une maladie, pas un vice, pas une perversion, simplement une maladie, au même titre que la grippe ou le rhume.
Une simple maladie face à laquelle nous sommes tous inégaux. Une maladie insidieuse qui réussi à nous faire croire que nous la dominons, que nous n’en sommes pas atteint, que nous n’en sommes pas victime. Examine la situation d’un autre point de vue : en voudrais-tu à ton père, s’il avait un cancer ou une tumeur au cerveau ou s’il était atteint de la maladie d’Alzheimer? Non, je ne pense pas. Pourtant, là aussi, il pourrait te faire honte parfois, en ne se rappelant plus qui tu es…
L’alcoolisme est une maladie. Je ne l’invente pas pour te faire plaisir, c’est un fait médicalement démontré. Alors essaie de porter un autre regard sur ces gens qui ne se doutent souvent même pas de leur propre état. L’alcool détruit tout, la volonté, la conscience, le respect de soi-même et la vie en définitive. Trop souvent il ne fait que masquer un malaise profond, une timidité, une absence de confiance en soi, une peur de l’autre et de son jugement. Bien des gens extraordinaires y glissent sans même s’en rendre compte, simplement parce qu’il aide à dépasser ses inhibitions, parce qu’il aide à oser faire les choses, à dissiper la peur du ridicule.
(...)
Finalement, je ne suis rendu compte que je plaignais plus les alcooliques que je ne les détestais. Beaucoup ne veulent même pas qu’on les aide, peut être simplement parce que prendre conscience qu’on est la victime d’une chose qu’on ne maitrise pas est extrêmement douloureux et difficile. Accepter de reconnaître qu’on est impuissant face à une chose aussi banale que l’alcool est extrêmement destructeur.
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Après, on peut débattre des heures et des heures. Mais on ne pourra jamais choisir pour toi. La solution parfaite n'existe pas. Tout juste la meilleure peut être, ou plutôt, la "moins pire".
Bisous  _________________
(\__/)
(O_o) Lapinou. Copiez/collez le dans votre
(")8(") signature pour l'aider à dominer le monde. |
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iorini Queer-Master

Sexe:  Inscrit le: 01 Juil 2005
Localisation: RP
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 20:51 Sujet du message: |
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j'ai parcouru en vitesse et là je voudrais juste dire ceci : vous avez l'un comme l'autre, ton père et toi, de la chance qu'il soit encore en vie.
Il y a peu, un père alcoolique dont les enfants ont l'âge des miens est décédé dans la rue, et je me suis demandée comment ses enfants (que je connaissais à peine) pouvaient avoir réagi à sa vie, puis sa mort.
Il me semble que ce qui pourrait te guider, c'est d'accompagner ton père, si tu peux le faire sans que cela n'aggrave les problèmes de ta mère, et sans que cela ne t'enfonce.
Probablement que tu auras besoin pour cela d'être accompagnée par un "regard extérieur", justement pour t'aider à démêler jusqu'à où tu peux aider ton père, et à partir de quel moment cela pourrait devenir inutile, et néfaste pour toi.
L'amour peut beaucoup, espérons que ce soit le cas, mais quelque fois l'amour ne peut pas tout, et dans ce cas la seule chose à faire est de se protéger soi et ses proches (ta mère).
mais avant de t'engager là dedans, s'il te plaît, donne-toi les moyens de le faire, une association, un psy, ou encore un avocat pour vous aider à démêler les finances, en tous cas, un accompagnement pour toi. On peut se sortir de l'alcoolisme si on le veut (je ne dis pas que c'est facile, mais je sais que c'est possible), il est impératif que ton père le veuille, parce que tu ne peux pas résister à des crises de violence.
Pas de mauvaise conscience, mais PROTEGE TOI !
Viens sur ce forum tant que tu veux, on sera présents pour toi. (et, détail: pas de mauvaise conscience d'avoir d'abord été un utilisateur seulement lecteur, c'est fait aussi pour ça, ce forum, pour ceux et celles qui se contentent de nous lire)
iorini |
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zarza Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 16 Juil 2006
Localisation: Paris
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 21:29 Sujet du message: |
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Comme tout le monde ici, je vais te dire de ne surtout pas culpabiliser.
Dans une histoire comme la tienne, c'est toi qui est victime.
Dans un schéma "normal"j'aime pas du tout ce mot..., ce sont les parents qui doivent protéger les enfants, et non l'inverse.
L'alcoolisme est une maladie.
Quelque part, ton père est aussi une victime (non, je ne lui cherche surtout pas d'excuse!)
Mais ce n'est pas à toi de l'aider. Tu peux (si tu en as la force, et lui l'envie) l'accompagner dans une guérison (si cela existe vraiment dans ce cas là...je doute...). Mais en aucun cas, un proche peut le guérir.
Je suis peut être un peu radicale dans mes propos, mais j'ai malheureusement vécue une situation assez proche (j'ai vécue toute mon enfance seule avec une mère alcoolique, j'ai beaucoup culpabilisé, essayé de l'aider... J'ai fini par prendre du recul, après plus de 20 ans. Aujourd'hui, elle est très lourdement handicapée, je l'aide dans la mesure du possible, mais c'est ma vie d'abord...)
Par moment, même si cela est dur, il faut être égoïste: tu dois penser à toi, à ta vie.
La sienne, c'est à lui de la gérer.
Ce que je viens d'écrire est peut-être un peu décousu ou incompréhensible...
J'aurai plein d'autres choses à dire, mais je suis trop fatigué ce soir !
N'hésite pas à venir nous en parler !
Bon courage... |
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iorini Queer-Master

Sexe:  Inscrit le: 01 Juil 2005
Localisation: RP
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 22:56 Sujet du message: |
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non, zarza, je crois que tu es tout à fait claire.
sois gentille, zarza, surveille-moi que je prenne toute la mesure de la quasi impossibilité d'aider une personne comme le père de domino, pour que je n'encourage pas trop domino à le faire, pour qu'elle ne s'y perde pas, d'accord?
iorini |
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zarza Homo-gène


Sexe:  Inscrit le: 16 Juil 2006
Localisation: Paris
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 23:10 Sujet du message: |
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| iorini a écrit: | non, zarza, je crois que tu es tout à fait claire.
sois gentille, zarza, surveille-moi que je prenne toute la mesure de la quasi impossibilité d'aider une personne comme le père de domino, pour que je n'encourage pas trop domino à le faire, pour qu'elle ne s'y perde pas, d'accord?
iorini |
Pas de problème, je vais y veiller !! |
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Domino Qui moi ?


Sexe:  Inscrit le: 14 Oct 2007 Age : 23
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Posté le: Dim Oct 14, 2007 23:49 Sujet du message: |
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Finalement je regrette pas d'avoir posté, c'est un peu la claque, je pensais pas que vos réponses seraient aussi juste.
Nox ==> Ca c'est clair qu'il reste exécrable envers ma mère, d'ailleurs j'arrive toujours pas à comprendre pourquoi la majorité des hommes alcooliques en veuillent autant à leurs femmes. Enfin c'est sûr que ça aurait été plus facile pour moi si mon père vivait la belle vie au lieu de trimer, là au moins je pourrais le détester comme il se doit, enfin même si comme tu le dis, a chacun son tour de trimer, ça devient moins évident comme ça
| Droopy a écrit: | | Pour l'alcoolisme tu ne peux pas l'aider si lui ne veut pas reconnaître qu'il a un problème Il faut qu'il accepte cette maladie car c'est une maladie et qu'il veuille en sortir |
Je crois qu'il est lucide sur son état, il a toujours évité d'en parler mais je pense vraiment qu'il sait pertinament qu'il a un problème avec l'alcool, après je ne pense pas qu'il voit ça comme une maladie dont il serait la victime,
à mon avis pour lui c'est un moyen d'oublier et de devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de plus fort et de mieux.
| Droopy a écrit: | | Tu vois moi je viens de l'apprendre et j'essaye de m'y mettre et je suis d'accord vec toi changer sur ce point n'est pas facile |
Tu veux dire changer de point de vue sur l'alcool ou changer de comportement à cause de l'alcool ?
| Yuhe a écrit: | | Je suis entièrement d'accord avec Droopy, même si c'est dur, ça ne servira à rien que tu culpabilises à part te détruire à petit feu. |
En fait c'est pas vraiment de la culpabilité, enfin je sais pas trop comment expliquer ça, je sais que c'est pas de ma faute tout ce qui a pu arriver à ma mère ni le fait que mon père ait vécu dans la rue. Moi ma mère par exemple ça a toujours été tout pour moi, on m'aurait demandé à 10 ans ce que je pouvais faire pour l'aider en cas de danger, j'aurais répondu tout jusqu'à donner ma vie, tant qu'on ne l'a jamais vécu on sait pas comment on réagira, on se dit qu'on sera hyper courageux et tout, sauf que moi je sais que dans mes derniers retranchements je ne vaut pas un clou, je me sais pas à la hauteur quand il s'agit de defendre quelqu'un qui m'est cher, parce que c'est ce qu'il s'est passé quand j'étais plus jeune, il m'arrivais d'être complètement cloué par la peur et c'est pas du tout comme ça que j'aurais voulu être, c'est une des parties de moi que j'aurais jamais voulu connaître, enfin moi je le ressens comme ça
| Gaywi a écrit: | J'ai toujours peur de lui ressembler et quand on me trouve un point commun avec lui ou que l'on me dit que je lui ressemble, je ne peux m'empêcher de rétorquer "Si vous n'aviez que ça à dire, vous auriez pu vous taire" ou "J'pars pas avec toutes les chances de mon côté".
Il est la source, chez moi, d'un profond malaise. J'l'ai déja exposé sur le forum dans un topic (la seule fois ou j'me suis dévoilé sur ce forum).
J'essaie d'intégrer le fait que "du sang c'est pas d'l'eau", mais c'est difficile. Il reste mon "géniteur". Rien de plus. Il m'arrive de me demander si je lui viendrais en aide s'il creuvait la bouche ouverte devant moi. |
Je ne connais pas ton histoire avec ton père mais je suis encore un peu dans ce même état d'esprit, moi par contre j'ai bien intégré le fait que "le sang c'est pas d'l'eau" au point même que je considère 50% de mes gènes pourris, ce qui m'aide pas beaucoup je dois bien l'admettre. Enfin à côté de ça les gènes ça veut pas dire grand chose, ironiquement j'ai pas du tout hérité du gène qui donne une bonne descente vu que je ne supporte pas du tout l'alcool Je crois que quoi qu'on fasse, on lui ressemblera toujours un peu quelque part, enfin après je vois pas comment on pourrait suivre le même chemin que lui
| Iorini a écrit: | | Il y a peu, un père alcoolique dont les enfants ont l'âge des miens est décédé dans la rue, et je me suis demandée comment ses enfants (que je connaissais à peine) pouvaient avoir réagi à sa vie, puis sa mort. |
Personnellement je sais même pas si j'aurai été triste ou pas, enfin ça aurait réglé bien des problèmes je crois
Je crois aussi que je devrais prendre contact avec une association, juste pour voir les conseils qu'ils pourront me fournir, après je réfléchirai encore si je souhaite vraiment m'investir là dedans ou pas. Ce que j'aimerais au final, c'est obtenir des excuses de sa part, même si c'est dans 10 ans, ce sera pas grand chose mais je pense que c'est ce dont on a tous besoin, je crains que ma mère se sente fautive dans tout ça
zarza ==> Je suis assez d'accord avec toi, je compte aussi faire passer ma vie avant, et celle de ma mère aussi parce que bien sûr elle reste prioritaire par rapport à mon père. Quant à lui, je sais bien que même si je voulais le guérir je n'y arriverais pas seule (en 18 ans de temps je n'y suis jamais arrivé alors je me fait plus d'illusions), à la rigueur je peux bien lui consacrer une matinée par semaine, ça me paraît pas trop dangereux pour personne et j'ose espérer qu'il se tiendra à carreau au moins ce jour là
Enfin merci beaucoup pour toutes vos réponses, ça m'aide à y voir plus clair même si ça me fait encore plus cogiter au final ;p |
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lestump Homolo-Gay

Sexe:  Inscrit le: 23 Aoû 2007 Age : 39
Localisation: grenoble
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Posté le: Mar Oct 16, 2007 1:52 Sujet du message: |
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Réponse d'un ancien alcoolo :
la première chose a savoir, c'est vrai l'alcoolisme est une maladie. (il y a des centres un peu partout en france pour aider ce genre de personnes)
un alccolo profond est un menteur, s'il n'est pas en période de sevrage difficile de distinguer le vrai du faux, pour toi il peut faire certains efforts, mais c'est une connerie de penser qu'il peut arrêter pour toi, il faut qu'il arrête pour lui, sinon il replongera aussi rapidement.
Une chose a vérifier essentiel, demander comment il se soigne, ou ca, par qui, avec qui ? Ne jamais croire un alcoolique sur parole. S'il essaye de t'embrouiller, il est toujours au fond de la bouteille. Ne donne jamais d'argent liquide ou de choses precieuses, si tu veux l'aider achète lui des choses essentiels pour lui. Ne laisse jamais trainer ton portefeuille quand tu est avec lui.
Ne jamais être gentil avec un alcoolo, ne pas être non plus odieux, rester neutre. Et si jamais un jour de rencontre avec lui, il est saoul ne reste pas, va-t-en, ne discute pas.
Le jour ou tu sentiras prête, tu lui diras tout ce que tu as sur le coeur par lettre ou de vives voix, toutes les choses horribles qu'il t'a fait subir, je vais dire un truc dur, mais ne parle que par rapport a toi pas a ta mère ou ton frère. Et si tu l'aime, dis lui, mais seulement si tu es sincère, et si tu es capable d'ajouter, que malgré cela, tu ne l'aidera pas.
Mais au courant ta mère de tout ce que tu fait avec ton père même si elle veut pas entendre parler explique pourquoi tu le fait. (Et peut être ton frère aussi.)
Ne propose pas de l'aider, dis lui que s'il le veut, tu seras là pour le soutenir, mais c'est à lui de prendre ses décisions
Renseigne toi par avance sur les associations et les centres hospitaliers, s'il te dit qu'il va y aller donne lui la liste, pas de délai, s'il ne veut pas y aller à court terme, c'est déja trop tard.
Ne l'acceuil jamais chez toi, si tu habite chez ta mère, ne le laisse jamais rentrer, ni même s'approcher, même si ta mère n'est pas là pour la semaine.
Ne t'investit pas trop, garde toujours une certaine distance, il pourrait un jour disparaître du jour au lendemain.
Si tu t'engages sur ce chemin sache que se sera long, trés éprouvant, et pas forcèment avec un happy-end.
Je ne t'ai pas donner forcèment le moral, mais sache qu'on peut s'en sortir, j'en suis une des nombreuses preuves. _________________ il y a des moments dans la vie ou il faut avoir le courage de prendre la fuite ou se résigner à être un héros.... |
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lulu galipette Khîpequipique


Inscrit le: 30 Juin 2005
Localisation: montpellier - bruxelles - strasbourg - auvergne
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Posté le: Mar Oct 16, 2007 11:40 Sujet du message: |
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whow! hé ben. en tout cas ça t'auras forgé le caractère!! mazettes et avec tout ça la demoiselle est en master. J'en connais plus d'un qui aurait pris ça comme une excuse magistrale au laisser aller le plus complet, et qui seraient dveenus aussi casse couilles que possible juste pour pas être les seuls dans la souffrance. Donc moi j'en conclus qu'il doit bien y avoir deux trois gènes qui valent leur pesant de cacahuette dans ton patrimoine!
donc l'hypothèse des gènes moisis est à mettre à la benne. J'ai lu une jeune fille hyper forte, claire, avec un pouvoir d'analyse bien pointu, des qualités d'écriture indéniables, et une grandeur d'âme assez rare. Ajoutez à tout cela une grande réserve, du tact.... moi je dis bienvenue.
après je serai quand même tentée de ballancer deux trois trucs aussi cons que possibles et aussi simples que possibles.
aide toi le ciel t'aidera. Il serait temps que ton père se prenne en charge. Comme... un grand. Ce n'est pas ton boulot.
Ton boulot à toi c'est d'aller le mieux possible. Là tu es dans la situation où si tu l'aides tu va pas bien et si tu l'aides pas tu vas pas bien non plus (entendre que tu culpabilises) C'est donc à toi de trouver l'alternative qui te permettra sereinement de te dire que tu fais ce qui est bien pour lui tout en faisant ce qui est bien pour toi. Tu ne peux pas t'investir à corps perdu dans un combat perdu d'avance.... En revanche tu peux être juste présente. Juste là. juste une oreille, quand le moment se présente, et ça l'aidera peut-être déjà beaucoup. Cet homme là va mal, il a ses raisons il devra trouver ses solution. En aucun cas tu ne peux envisager d'être LA solution. Ce serait se leurrer.
Enfin, ce qu'il a fait à ta famille au reste de ta famille, que dire la dessus??? cela peut induire du ressentiment chez toi, et c'est normal. Mais tu ne peux pas prendre en charge les sentiments de TOUTE la famille. Chacun a mené sa barque avec ce personnage chacun à trouvé ses solutions, et personne ne peux les juger sur la façon qu'ils ont trouvé de réagir. Personne ne peut te juger toi non plus sur les solutions qu'a ton échelle tu va mettre en place pour t'en sortir le mieux possible. Si l'aider t'apporte la sérénité aide le. Mais ne détruis pas cela en projettant ce que le reste du monde en pensera. Cette relation n'est qu'entre toi et lui et c'est ce que ta mère a eu la sagesse de dire "c'est ton père après tout". Si elle ne veut plus le voir c'est son problème si toi tu veux poursuivre la relation c'est le tien.
Je pense qu'il faut dénouer les liens que tu as fait entre toi et ta mère toi et ton frère toi et etc... pour juste reconsidérer tes liens avec lui.
maintenant encore une chose : tout le monde à droit au bonheur. Tout le monde. Il a fait des trucs affreux. Bien. il n'en reste pas moins que la rédemption existe et que la vie serait bien triste sans ça si tout était tout noir ou tout blanc. Ce bonheur on peut donc le lui souhaiter, lui souhaiter d'aller mieux etc. Il a payé aussi il paie chaque jours ses erreurs. Reste à déterminer si tu souhaites être partie prenante de son bonheur ou pas. C'est un choix libre. Et il ne faut pas que son bien être empiète sur le tien, car de même que lui tu as droit au bonheur.
Avec tout ça et dans un esprit positif, il faut réfléchir. C'est singulier cette phrase "le sang n'est pas de l'eau" quand on est accoutumé à entendre "les chiens font pas des chats" et qu'on sait que comme moi on peut redessiner l'expression selon sa fantaisie en "les ronds sont pas carrés" ce qui est tout de même plus feune.
navigue sereinement sur des eaux calmes en accèptant le passé, sans culpabiliser (facile à dire) en tout cas en essayant de ne plus le faire. d'ailleurs personne à part toi même ne te reproche rien, en fait. Je ressens plus de la gratitude dans les yeux de ta mère comme dans ceux de ton père. Il ne manque que ton propre regard, il faut que TU le repeuples de pensées positives. _________________ Ne pas se pencher au dehors. Cela est en effet si dangereux, pour ceux qui se sont assis dans la vie et dans leur tête, qu'un fauteuil a poussé à l'intérieur de leur corps, auquel il sert de structure et de squelette. TZARA, grains et issues, p. 66. |
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edogawa Homo-érectus


Sexe:  Inscrit le: 30 Juin 2005 Age : 33
Localisation: Zurich
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Posté le: Mar Oct 16, 2007 14:03 Sujet du message: |
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Hello Domino,
Ton message est très touchant. En tout cas il m'a beaucoup touché. Il faut dire que j'y ai vu de nombreuses similitudes avec ma vie : père alcoolique et spécialiste des dettes. Mon père jouait, plusieurs milliers d'euros en un seul coup parfois, j'ai d'ailleurs passé la plupart de ma vie dans une situation de dettes, découvrant depuis quelques années seulement le bonheur que ça peut être de pouvoir mettre un peu d'argent de côté et de se sortir du stress de la peur du lendemain. Bref je m'arrête là : je ne suis pas là pour parler de moi, mais je voulais que tu saches pourquoi j'avais été particulièrement touché par ton message.
Que te dire ? Je crois que ma réponse sera un mix des différentes réponses déjà postées. La première chose que j'aurais envie de te dire est la suivante : on peut toujours pardonner. Quoi que ton père ait pu faire, je pense que tu as le droit de lui pardonner (même si tu n'oublieras jamais). Ne culpabilise pas auprès de ta mère pour ça. Le rapport entre ta mère et ton père, entre ton frère et ton père et entre toi et ton père sont trois rapports différents. Et personne n'a le droit des les juger, ces rapports. Les monstres, ça n'existe pas. Et à lire la description que tu as faite de vos retrouvailles, ton père est très loin d'en être un.
Pardonner ne veut cependant pas dire se brûler les ailes. Ce qu'il y a de très important à comprendre avec les alcooliques (mais tu le sais assurément), c'est que ce sont d'incroyables menteurs (je rejoins donc lestump). Ils ont beau paraître sincère quand ils font des promesses : ça n'est jamais que du pipeau. Surtout s'ils disent qu'il vont arrêter de boire pour leurs enfants, par exemple. Je ne doute pas qu'ils sont sincères dans leur envie d'arrêter de boire, mais entre avoir envie d'arrêter de boire et arrêter de boire effectivement, la différence est gigantesque. A mon avis, un alcoolique n'arrête de boire que lorsqu'il a envie de le faire pour lui. C'est à ce moment qu'il faut être présent, car à cet instant, il a besoin d'un soutien énorme. Je ne sais pas si je suis très clair mais c'est comme ça que j'ai vu les choses personnellement.
De ton côté, je te dirais de ne pas le lâcher. Mais aussi et surtout de te préserver. Pour moi, te préserver consiste à ne pas culpabiliser s'il ne sort pas de son alcoolisme (cette décision n'incombe qu'à lui comme je l'ai dit plus haut) et à ne surtout pas succomber à une sorte de chantage affectif qu'il pourrait te faire : n'oublie surtout pas que tu n'as absolument rien à te reprocher; c'est bien lui qui s'est noyé dans l'alcool, il est donc 100% fautif de ce côté-là (désolé si j'en choque certains par cette dernière affirmation).
Je te souhaite tout le courage possible.
Dernière édition par edogawa le Mar Oct 16, 2007 15:58; édité 1 fois |
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Tempérance Homolo-Gay


Sexe:  Inscrit le: 13 Aoû 2007 Age : 46
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Posté le: Mer Oct 17, 2007 20:11 Sujet du message: |
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Oui, il en faudra du courage, mais à lire ton témoignage, tu en a eu et beaucoup tout au long de ta vie.
Comme pour beaucoup d'entre nous, j'ai été émue par ton histoire, elle ressemble à la mienne en ce qui concerne, la peur, la souffrance, la misére et l'indifférence autour d'une situation familiale toxique, en dehors de ces considérations, beaucoup d'autres éléments sont différents et à commencer par la situation alcoolique de ton papa, qui n'était pas absolument pas dans ma configuration personnelle.
Il reste qu'il faut bien du courage pour continuer à vivre, à se soutenir, à travailler à l'école tous les jours, à passer toutes les étapes que la vie t'amène à vivre pour un jour devenir, une adulte responsable et respectueuse des autres.
La première choses qui me vient à l'esprit est de te dire, qu'il faut que tu te préserve de toutes situations qui te mettraient en danger et pour cela je plussoie au conseils de Lestump, conseils à prendre très au sérieux, réfléchis y calmement, fais le point régulièrement pour te remettre dans cette perspective, bref, agit avec prudence et pour lui et pour toi, cela peut très très rapidement changer d'ambiance quand une personne n'est pas maître de lui, et tu peut en sublir les conséquences sans même te rendre compte de la situation de danger, dans laquelle tu te trouverais donc, tu anticipes et tu te préserves.
Maintenant, ceci dit, il est aussi important de renouer avec ton père, le temps qui passe devient un atout pour toi, ne te presse pas, étape par étape, à votre rythme, vous trouverez des moyens de communiquer, ne perds jamais le lien, ce lien qui se profile te permetra de te construire pour les 20 prochaines années, mais c'est à toi de les mettre en place et de décider de que tu peut faire, et de ce que tu décideras de ne pas faire.
Le forum est là pour t'aider, si tu as un coup de blues , vient nous voir, si tu as des questions, viens nous voir, si tu es heureuse de ce que tu vis, viens nous voir, nous serons là.
Vit pour toi et pour le chemin que tu t'apprêtes à faire.
Ne renie rien ni ce que tu es, ni ta mère, ni ta famille, ni tes amis, prends tout, et tu verras, c'est cette même force que tu as eu jusqu'à présent qui te servira pour toutes les années qui sont à présent devant toi.
Gros bisous et reviens nous donner de tes nouvelles.
nota : je viens de me relire....j'espère ne pas y avoir été trop fort, si j'ai été maladroite....dis le moi ....pardon par avance.  _________________ Montaigne écrivit de Etienne de La Boétie :
Si l'on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant : parce que c'était lui, parce que c'était moi. |
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Korrigan Homo-érectus


Sexe:  Inscrit le: 12 Juil 2007 Age : 32
Localisation: Somewhere over the Milky Way...
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Posté le: Jeu Oct 18, 2007 10:12 Sujet du message: |
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Je n'ai rien à ajouter à tout ce qui a été dit, si ce n'est ajouter mon soutien personnel même si ça n'est pas grand chose . |
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