Je me suis inscrit il doit y avoir deux ou 3 semaines de cela, mais étant en vacances la semaine dernière, j'avais relativement disparu (en espérant que quelqu'un se souvienne de moi
Car oui voilà je le suis, ce qui est assez banal au final, surtout sur ce forum. Mais bien entendu, ça ne l'est pas pour moi. Je rappelle ma situation telle qu'explicitée dans ma présentation : Je m'assume que depuis très récemment, après une longue période passée à desespérement essayer de changer, et donc tout ça est très nouveau pour moi.
Grosso-modo, je le sais depuis environ 4 ou 5 ans. Entre temps, je suis passé par plusieurs phases :
- Non je ne le suis pas
- C'est juste passager
- Ok je le suis mais ça me donne envie de crever.
Cette dernière phase étant celle qui a durée le plus longtemps, et ce jusqu'à il y a encore quelques mois. Pour nuancer un peu mes propos et comprendre un peu mieux ma personnalité, lorsque je dis "ça me donne envie de crever", j'entends par là que ce "problème" m'a déjà fait songer au suicide, mais jamais sérieusement.
Je n'ai pas et je n'ai jamais eu l'intention de mettre fin à mes jours, menant une vie très heureuse. C'est juste que le fait d'être gay me plongeait dans un profond mal-être et il m'arrivait souvent de penser (et ça encore maintenant par contre) que ma vie serait parfaite si je n'avais pas ce "problème".
On comprend donc aisément que le fait d'être gay ne me plait pas sur le principe. Je n'aime pas les gens efféminés (dans le sens où je n'ai pas envie de l'être moi-même) et donc n'avais pas du tout envie d'être associé à l'homosexualité.
Car oui, dans la tête de beaucoup de gens, et pour être tout à fait honnête dans la mienne également, les deux sont étroitement liés. Comme je l'avais déjà précisé dans ma présentation, j'ai parfaitement conscience de dire des choses méprisantes/inadaptées, et j'en suis vraiment sincèrement désolé. Mais si je veux avancer avec mon problème, j'ai besoin de dire les choses telles qu'elles je les ressens. Peut-être est-ce normal chez les "nouveaux-gays" après tout ? Ou peut-être pas, qu'en sais-je.
Ce qu'il faut retenir de cette version simplifiée des choses : l'assomption de mon homosexualité s'est trouvée considérablement retardée par mon propre dégoût envers cette idée. Attention, non pas que je sois homophobe, pas du tout, mais c'est juste que je ne voulais pas de ça pour moi.
Enfin, à présent, j'ai compris qu'il était plus simple de simplement accepter cette vérité à laquelle je ne peux rien, plutôt que de me torturer inutilement l'esprit.
Première question donc : Est-il possible de démarrer sa vie homosexuelle sur de telles bases ? Ou bien ai-je encore du chemin à faire avec moi-même ?
En d'autres termes, suis-je prêt à chercher/commencer une relation alors que je ne suis pas satisfait de ma condition ?
Car l'autre problème, c'est qu'en tant que "nouveau-gay" (j'aime cette expression, ça fait un peu jeu de mots en plus) la question du CO se pose de manière inévitable. Enfin elle ne se pose pas vraiment, car je sais que je dois le faire, je ne veux pas passer ma vie dans le mensonge.
Seulement voilà, je n'en ai aucune réelle envie. Autant, me présenter à partir de maintenant à de nouvelles personnes en tant qu'homo (même si c'est stupide de se présenter ainsi), pourquoi pas.
Autant le dire à toutes ces personnes à qui j'ai toujours fait croire, en même temps qu'à moi, que j'étais hétéro, ça me bloque complètement. Je n'aime pas le fait d'être gay. Je m'en accommode, et au final pourquoi pas, il faut bien avoir une orientation après tout. Mais comment révéler à tous mes amis, ma famille, que je suis quelque chose qui ne me plait même pas à moi-même ? Comment espérer une réaction positive quand moi-même je suis incapable d'en faire de même vis-à-vis de moi ?
J'en arrive donc à ma deuxième question. Suis-je normal sur ce point ? J'entends par là, est-ce un problème classique des gays ? Ou bien est-ce quelque chose sur laquelle il va falloir que je travaille, que je fasse des efforts particuliers ?
Disons le clairement : à l'heure actuelle, je me sens incapable de faire un CO à ma famille. Pourquoi particulièrement eux ? Surement parce que ce sont eux que je connais depuis le plus longtemps. C'est donc à eux que j'ai menti le plus longtemps. Mais aussi, ce sont surement eux qui ont le plus d'estime pour moi. Comment pourrais-je les decevoir ainsi ?
Le pire, c'est que je ne pense pas que ma famille prendrait mal une telle chose. Il s'en foutrait certainement, en disant "et bien c'est cool que tu nous l'aies dit, mais ça ne change rien". Mais malgré tout, je ne peux m'empêcher de penser que c'est "decevant". Même s'ils ne sont pas homophobes. Ajoutez-à cela le fait que je sois une personne relativement confiante, dans le sens où j'ai beaucoup d'amour propre, du coup cela m'infligerait vraiment un gros coup de révéler une telle "faiblesse" à des gens, surtout des gens proches.
Je ne sais plus quoi faire pour me convaincre que ce n'est pas une faiblesse. Je SAIS que ce n'en est pas une. Seulement, uniquement chez les autres. Je ne vois pas comment régler ce problème, et je ne pense pas réussir à effectuer le moindre CO utile (à des gens qui auraient "besoin" de le savoir) dans cet état, ou du moins pas en en ressortant indemne. Je serais par exemple capable d'avoir tellement honte de ce que j'ai dit que je n'adresserai quasiment plus la parole à la personne concernée. Et ça non merci, je préfère encore ne rien dire.
Je ne sais pas si ça aide, mais dans un souci d'être complet sur mon cas, j'ai déjà fait un CO cet été, mais c'était auprès d'une collègue de travail d'un stage de deux mois, dont je savais qu'elle n'aurait jamais une importance cruciale sur ma vie, même si je l'apprécie beaucoup.
Et pour être tout à fait exacte, elle m'a tendu une grosse perche. Elle me parlait des gays dans la fameuse boîte de mon stage, conversation me mettant au passage assez mal à l'aise, comme à chaque fois qu'on aborde la question gay en ma présence. Et là subitement, elle me demande : "et d'ailleurs tu ne le serais pas toi ?". Pris de court, et de toute façon conditionné par mon propre cerveau, j'ai répondu "non". En outre, j'étais horriblement contrarié qu'elle ait pu s'en rendre compte alors que je faisais pourtant tout pour ne rien laisser paraître.
Etant assez salement desarçonné sur le coup, la collègue a compris qu'elle avait touché un point sensible, et a eu la justesse de me laisser seul à ce moment là, tout en spécifiant qu'elle n'était pas loin. Le reste s'est passé assez vite : une sorte de petite voix intérieure m'a dit "ras-le-bol de jouer la comédie, saississons cette perche tendue, d'accord ?" et c'est donc plus ou moins la mort dans l'âme que je suis allé lui confirmer ses soupçons.
C'était mon premier CO, et je n'en ai pas vraiment tiré du reconfort ou un quelconque soulagement. Je me suis senti faible, et j'ai été dérangé par les messages de sympathie de ma collègue censés pourtant me reconforter. "T'inquiète pas, y'a pas de mal à être gay. N'ai pas honte, y'a aucun souci". Bah oui, mais si c'était vraiment le cas, pourquoi se sent-elle obligée de le préciser ? Je le savais, elle a pitié de moi. J'ai échoué. Je suis faible.
Quelque chose de ce genre là
C'est ce que j'ai ressenti sur le coup. Avec le recul, je pense à présent pouvoir être capable de faire un CO comme si c'était quelque chose de normal et donc à ne pas en avoir honte. Ce qui est une bonne chose.
Néanmoins, je ne pense pas être capable de le faire de manière si détachée avec ma famille.
Parfois, je me dis que je devrais peut-être d'abord essayer de me trouver un copain, ce qui m'aiderait à moi mieux m'assumer encore, mais aussi à rendre mon CO auprès de ma famille moins en mode "je vous avoue une faiblesse" mais plutôt "ah tiens j'ai un copain, et donc oui ça veut dire au passage que je suis gay".
Vous pensez que c'est une bonne idée sur le principe ?
En sachant que me trouver un copain peut prendre beaucoup de temps, surtout dans ma situation : Je ne connais rien au milieu gay et en plus je suis loin de mon pays pour une longue période. Bref, cela pourrait retarder longuement mon CO. Mais en même temps, je me sens pas forcément prêt à le faire maintenant.
Et sinon, tant que j'y suis, vous pensez qu'un CO par Skype c'est acceptable ? Pour moi ça l'est bien entendu, c'est même surement plus simple, mais pour ma famille ? Car je ne pourrai pas leur parler face à face avant l'année prochaine, ce qui représente tout de même beaucoup de temps.
J'ai également un autre problème. Je vais le mettre ici également, mais ça fait peut-être beaucoup d'un coup, donc n'hésitez pas à laisser celui-ci de côté dans un premier temps si cela fait trop.
Je vis actuellement en colocation avec deux mecs, dont un que je connais de mon école en France. Pensez-vous qu'il est de bon ton d'annoncer mon homosexualité dans un tel contexte ?
Je veux dire, vie commune avec deux autres mecs. Non pas que j'ai peur de leur réaction, je soupçonne fortement l'un des deux d'être gay et je sais de manière certaine que mon pote n'a aucun problème avec l'homosexualité.
Mais voilà, ça ne pourrait pas créer une sorte de gêne ? J'entends par là, je ne suis pas sûr qu'un hétéro soit ravi d'apprendre qu'il vit sous le même toit qu'un homo. Sans même parler d'homophobie ni rien, mais je ne veux pas par exemple qu'il se pose des questions chaque fois qu'il traverse une pièce en caleçon ou même qu'il se sente gêné par rapport à ça, ce qui me semblerait pourtant assez naturel.
Car si c'est le cas, je préfère encore ne rien dire, surtout qu'ils n'ont pas besoin de savoir. Mais bon je traine très souvent avec mon coloc', et à partir du moment où j'ai décidé de m'assumer, je peux être amené à révéler à n'importe quel moment en sa présence, en parlant avec quelqu'un d'autre par exemple, que je sus gay. Et on tomberait à ce moment-là dans le problème du-dessus. Pour autant j'ai pas envie de mentir juste pour ça...
Bref des avis sur la question m'aideraient beaucoup
Merci à vous tous qui êtes arrivés jusqu'à la fin de ce très long message, et merci encore plus pour vos futures aides et conseils. Cela m'a fait du bien d'écrire ce message en tout cas, ça m'a permis de voir où j'en étais. Parfois il faut savoir s'arrêter faire un point sur la situation
