Et là, je me suis aperçu qu'à 30 ans les gens n'aimaient déjà plus le changement... Pas de réaction d'hostilité mais un certain rejet du fait que j'ai attendu si longtemps pour en parler
J'avoue que ça m'inquiète un petit peu moi qui a programmé le lancement de ma campagne de coming out à partir du 19 mars...mais bon, pour l'instant, je suis décidé à en finir avec le mensonge et à arrêter de vivre dans l'ombre, et je me dis que tant pis s'il y a des dégats colatéraux et s'il y a des pertes parmis mes amis : j'ai décidé de mettre un terme à la guerre perpétuelle que je menais contre moi-même depuis des années, et pour ça, j'ai aussi besoin de pouvoir parler de ma vie sans me restreindre et me dire par exemple "je peux pas dire que je suis sortie dans telle boîte parce que c'est une boite gay, etc..." Alors maintenant, on verra si j'aurai suffisamment d'énergie pour aller au bout de cette campagne (amis, famille, boulot), mais je vais tenter le coup...(même si j'ai super la trouille

)
J'ai vraiment eu l'impression d'être un jeune coeur en ébullition, capable de vivre un amour de jeunesse dans toute sa pureté, mais directement au sein d'une relation d'adulte que nous sommes, avec toute la profondeur que cela permet
C'est vrai que les émotions que je peux vivre maintenant me semblent "anormalement" fortes, comme si après avoir refoulé si longtemps une part de mon humanité, je me sentais non seulement profondément humain, mais même plus qu'humain, et que tout l'amour que j'aurais voulu partagé et donné par le passé, débordait dans tout ce que je ressens. Par exemple, j'ai rencontré un garçon à une soirée, et alors que ce n'étais qu'une relation amicale, je me suis demandé ce que je ressentais vraiment pour lui les 2-3 premières fois où s'est revu tellement même ce sentiment d'amitié me parraissait exagéré. Je n'ose même pas imaginé ce que cela va donné lorsque je vais vraiement tomber amoureux (d'un autre coté ça m'inquiète aussi un peu parce qu'avec des sentiments si forts, la chute éventuelle peut être terrible...).
Dans tous les cas, de la même manière que j'ai compris que je n'avais pas choisi d'être gay, je en peux pas choisir ni ce que je ressens ni l'intensité de mes émotions, il faut que j'apprenne à vivre avec. Pour l'instant, je n'ai pas de regret d'avoir choisi d'assumer mon amour pour les garçons : quand je suis sortis dans une boîte gay, j'étais bien et je me suis dis "ca y est, je suis chez moi, je suis moi-même, et je suis bien", et rien que ça, c'était une belle récompense pour moi (même si ca peut paraitre un peu naif

).