Attention, le message qui suit promet d'être long et ennuyeux.
Et égocentrique, cela va de soi.
Il se peut en outre que vous estimiez que je me prends la tête pour pas grand-chose et que je ferais mieux d'agir au lieu de réfléchir. C'est possible!
Par où commencer?
Décrire un ressenti n'est pas évident. Surtout lorsque l'on arrive pas à identifier clairement ce qu'il recouvre, d'où il vient et ce qui le cause.
Je vais essayer de dire le plus fidèlement possible ce que je ressens. Je crois que ça pourrait assez aisément se résumer en: qu'ai-je envie de faire de ma vie? Ma vie actuelle me convient-elle et ai-je envie de la changer? Quels sont mes rêves et suis-je prêt à me donner les moyens concrets de les réaliser?
Ca ressemble bien à un gros problème de motivation. Celui-ci touche à peu près tous les aspects de ma vie mais au premier chef mon avenir "scolaire" et professionnel. Bien évidemment. Je suis jeune. Mais plus tant que ça. Par conséquent, ça commence à me travailler.
Jusqu'à présent, je ne me suis jamais vraiment posé de question. L'orientation jusqu'au bac n'a pas posé problème. Elle n'a pas non plus posé de problème ensuite. J'ai toujours pu choisir la voie qui me tentait. Mais, justement, cette chance que j'ai eue, j'ai un peu l'impression que ça n'en a pas été une si grande que ça. J'ai l'impression, du coup, de ne pas m'être suffisamment posé de question et je me dis que me prendre quelques claques (échecs) dans la gueule m'aurait peut-être obligées à me forger une motivation ou tout au moins à réfléchir à mes objectifs. Oh, ouiiiii faites-moi mal!
Du coup, aujourd'hui, et ce sentiment dure depuis quelques temps, je remets en cause tout ça et j'en viens à me poser des tonnes de questions. Sur mes motivations profondes, que sont mes choix en réalité?
Se poser des questions et traverser une période de doute n'a rien de bien surprenant; il paraît.
Ce qui me gêne un peu plus et ce qui m'inquiète carrément pour le coup, c'est que cette crise se traduit par une démotivation s'exprimant par exemple par le fait de laisser traîner telle ou telle décision, par le fait de ne pas faire telle ou telle démarche indispensable à mon avenir ou encore par le fait de laisser passer une opportunité. Bref, comme si je voulais gaspiller la chance que j'ai ou que je voulais anéantir les efforts que j'ai pu faire jusque là.
J'ai beau me dire: mon grand, donne toi un bon coup de pied au cul et avance! Ou encore: ce que tu as fait ou pas fait jusqu'à présent, tu t'en fiches, à présent évite de louper ce qui est devant toi!
Je n'arrive pas vraiment à retrouver le courage d'avancer.
En parler avec mes amis, c'est une piste que j'ai déjà explorée. Ils sont de bons conseils; ils me soutiennent. Mais, je n'arrive pas à leur décrire l'ampleur de mon désarroi. J'avoue ne pas l'avoir fait lorsque ma crise existentielles a débuté; alors le faire maintenant n'est pas chose aisée. Lorsqu'on s'est caché derrière une façade d'optimisme pendant un moment, il est dur d'expliquer à quel point les questions qu'on se posait étaient importantes.
J'ai peur qu'ils soient déçus. Sentiment tout à fait ridicule, nous sommes bien d'accord. Ca n'enlèvera rien à mes qualités humaines de savoir que je fais telles ou telles études ou bien que je suis parti élever des chèvres dans les Cévennes.
Du coup, j'en viens à me dire aussi que finalement, celui qui a peur d'être déçu, c'est moi. Je me fixe une pression certaine; je me refuse à parler de mes échecs parce que dans le fond je pense que ce que je crains c'est de m'apercevoir que je suis pas aussi bien que j'aimerais l'être. Et là, on touche un de mes paradoxes, habituellement, je suis le premier, face à autrui, à dire que la valeur d'une personne ne se mesure pas à l'aulne de sa réussite mais plutôt à celle de son caractère, de ses qualités humaines, etc Pourtant, quand il s'agit de moi, j'ai l'impression que parler de mes échecs me rendrait moins intéressant, moins bien en somme.
Que faire donc?
Je me dis que la solution est avant tout en moi et que je suis le seul à pouvoir me sortir de là. De fait, même si ces derniers temps, j'ai plus abordé la question avec mes amis, je me suis mis tout seul dans cette solution de solitude. Le plus rationnel serait de se dire: oublie ce qui s'est passé, évite de te dire "j'aurais dû faire ceci ou cela et reprends tout du début". Mais, en fait je n'ai pas l'impression que ça marche dans mon cas. Comme s'il était plus simple d'attendre et de s'autodétruire à petit feu.
Arf, si certains sont passés par des crises plus ou moins similaires, je serais curieux de savoir comment vous vous en êtes sortis. Seuls ou pas. Avec ou sans aide. Avec ou sans méthode. Tout ça tout ça.
Et je suis aussi bien conscient que ce message est tout de même très confus!