Voilà un moment que je me dis que je devrais de nouveau écrire pour donner de mes nouvelles à celles et ceux qui ont pris le temps de me lire, de me répondre même... Considérez donc que c'est chose faite !
L'objectif de ce post, au delà d'étaler ma vie (trépidante, hum, ou pas^^), et de livrer une sorte de message d'espoir, sans prétention aucune, évidemment.
Il y a presque trois mois, je faisais une rencontre. Cette fois, j'y allais sans me poser de questions ni a priori, en me disant que je n'avais rien à perdre si ce n'est peut-être passer un moment agréable, en compagnie de celui avec qui je discutais depuis quelques semaines. D'ailleurs, nos conversations traitaient de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, et de fil en aiguille, on se découvrait des centres d'intérêts et peu à peu, des atomes crochus...
On se rencontre dans un bar, on discute une fois encore de tout et de rien, on rit ensemble de rien, bref ça se passe bien. On décide de se revoir le lendemain. Peu à peu, on en arrive à aborder des sujets plus personnels : je lui confie que je suis en pleine prise de conscience de mon homosexualité, lui me décrit comment il a vécu ce morceau de vie, on devient complice. Je sens que quelque chose se passe, se crée mais je ne veux rien précipiter, de peur de briser quelque chose. Rendez-vous pris pour le lendemain, cette fois, il vient dîner chez moi. La discussion se poursuit, on se rend compte, qu'on a peu ou proue des goûts musicaux communs, nos regards se croisent, de plus en plus souvent, de plus en plus longuement...
D'un coup, il me coupe, m'invitant à l'écouter me confier quelque chose. Il me fait part de ses sentiments pour moi, il a peur, moi aussi. Je l'invite à se rapprocher de moi. Voilà le début d'une histoire, ma première histoire... =)
Depuis, elle se poursuit, je parviens à lui confier mes doutes et mes incertitudes quand à mon cheminement intérieur, lui m'écoute, patiemment, me conseille aussi, sans jamais me juger.
Sexuellement, il a parfaitement conscience que je n'ai encore aucune expérience, je lui dis que je veux prendre mon temps. Un soir, on va plus loin.
Bref, vous l'aurez compris, il me permet d'exorciser mes fantômes, et j'évolue - rapidement me dit-il - , en ce sens que je cesse peu à peu de considérer l'homosexualité comme un problème. Elle ne me définit plus mais elle est simplement une partie de moi, je n'ai plus honte, je la vie, de plus en plus sereinement. Dans le même temps, je me libère d'un poids, j'en perds aussi, et m'étonne aussi bizarre que cela puisse paraître, de marcher fièrement dans la rue, cessant de penser que je porte sur mon front une étiquette estampillée "homo". J'ai le sentiment de vivre, d'exister pleinement. Cela peut paraître exagéré, mais c'est pourtant la vérité... Il me comble, j'ai longtemps l'impression de ne pas lui rendre ce qu'il me donne, ce qu'il dément formellement, m'indiquant qu'il ne se pose pas cette question car dénuée de sens, et m'invite à en faire de même. Depuis, je m'attache à vivre pleinement notre relation, sans trop penser au lendemain, et je me prends de plus en porte conscience des sentiments qu'il me porte. Ceux que je lui porte de mon côté, grandissent et se renforcent.
Je commence également à en parler à des amis proches, me disant qu'il est temps qu'ils sachent et que je ne peux plus leur mentir. Tous l'ont bien pris et me soutiennent, une bonne partie me confie qu'elle s'en doutait, sans jamais oser border le sujet de peur de me brusquer ou de mettre à mal notre relation amicale... Ils me sentent libéré, soulagé d'un poids (dans les deux sens du terme
En me relisant, je ressens une certaine frustration : une fois encore, j'ai le sentiment que ce que j'ai écrit ne reflète pas véritablement ce que je souhaitais exprimer, le ton que j'emploie semble détaché, froid même par certains côtés. Je décide malgré tout de publier le post, en me disant qu'il permettra peut-être à des membres du forum de s'y retrouver, ou même d'entrevoir une lueur d'espoir, aussi prétentieux que cela puisse paraître.
« La sagesse, c'est d'avoir des rêves assez grands pour ne jamais les perdre de vue lorsqu'on les poursuit » Oscar WILDE