"Take care of yourself"

Pour eux.
Wilhelm
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"Take care of yourself"

Message par Wilhelm »

Bonjour à tous déjà ^^

Ce n'est pas dans mes habitudes - je crois le l'avoir jamais fait- de poster sur cette partie de forum, mais je pense que c'est nécessaire, même si dans ma grande fierté, j'ai toujours un peu de mal à reconnaître que je traverse quelques difficultés. Je pense que ça va partir en vrac, dans ma manière d'écrire et de raconter, une fois n'est pas coutume, de toutes façons ce n'est pas franchement clair pour moi-même.

J'ai pas mal de choses dans la tête en ce moment, ils remontent tous plus ou moins à quelques années, mais ça persiste depuis ce temps, ça ne disparaît pas. Y a des jours où je n'y pense pas vraiment, mais on ne peux pas dire que je vive sans.
Mes relations avec ma famille pour commencer, qui sont toujours complètement faussées, mais je ne sais pas d'où vient le problème. Je pense qu'en remuant tout ce qu'insinuait « être homosexuel » des années durant dans ma cervelle -sans qu'ils ne se rendent compte de rien- m'a complètement séparé d'eux. Ce week end je suis rentré, c'était une vraie torture pour moi, c'est dire, moi je stresse à l'idée de revenir chez moi... Je pense pas que ce soit un comportement franchement approprié. Mes parents ne sont pas ce qu'on pourrait qualifier d'homophobes. J'avais d'ailleurs eu l'occasion de faire un CO à ma mère qui m'a vite remballé avec force de «  t'es macho, tu tortilles pas du cul, t'es pas gay ». Ça c'était fait. Le problème, c'est que pour qu'elle en vienne à me faire cracher ça, elle avait du au préalable jouer sa scène fétiche de mère éplorée. Sauf qu'une mère qui te balance « Tu me dégoutes, parfois j'aimerai me jeter dans la rivière tellement tu es infect », ça marque. Aujourd'hui, et dès la seconde qui a suivi, j'ai su qu'elle était encore dans sa phase délire et qu'elle ne le pensait pas. Seulement elle l'a dit, et à partir de ce moment, je pense que la rupture à été totale. On était en fin de Term, y a pas si longtemps au final. Ce qu'elle me reprochait, c'était d'être distant, de piquer des crises de nerfs à intervalles réguliers. Mais bien sûr, jamais elle n'aurait été me demander de quoi il s'agissait. Bah non, y a toujours pire que soi alors « je n'avais aucune raison de me plaindre, j'étais un gosse gâté ». Ok. Je passe le reste du contexte familial, mais on peut le décrire rapidement: la mère un peu space, le père alcoolo qui s'occupe plus de son clébard que de toi, la sœur trisomique dont tout le monde se fiche et qui sombre complètement dans son coin, la 2nd sœur, ancienne anorexique, complètement blasée qui ne supporte plus non plus nos deux parents. Par contre elle est plutôt homophobe, donc ce n'est pas avec elle non plus que je réussirai à avoir des rapports normaux. Cela dit, on a eu l'occasion de parler des parents, on a le même point de vue.
Parents = chose un peu informe qui te sert de pseudo-coach (privé du sens positif) comme si t'étais un étalon, et qui te brise en deux si t'en viens à te plaindre. Rien n'est jamais assez bien pour eux. Et ma mère étant ultra « possessive », je reçois encore fréquemment des appels de « tu es sur que tu ne veux pas abandonner la fac? Et revenir chez nous? Te marier avec la voisine... ». Je trouve que ça porte à sourire tant c'est caricatural, mais dans les faits, c'est pathétique, on en conviendra.
Les rares fois où ils viennent, il n'y a aucun dialogue. Encore un truc pitoyable, une espèce de pièce de théâtre qu'on joue moi et mes parents pour faire style « all is well that ends well ».
Donc voilà, je peux jamais me confier à eux, c'est même pas naturel pour moi, je stresse à l'idée de les revoir, j'ai peur de mon ancienne maison, je déteste les sentir à côté de moi, je déteste la voix de mon père qui ne la ferme jamais, je déteste leur manie de ne rien voir, pas même que rien ne tourne rond entre eux.

Socialement, j'ai aussi du mal. J'ai pas mal « d'amis », mais on le sait tous, ça ne veut rien dire. Peu sont au courant pour moi, et que je sache, dire que j'étais gay ne m'a jamais apporté de réel soulagement, de toutes façons, la plupart de ceux à qui j'en ai parlé évitent le sujet. Le problème que j'ai, c'est que je cherche la solitude de façon perpétuelle, je trouve toujours quelque chose à leur reprocher, je suis toujours condescendant, toujours méprisant. Pourtant, je suis serviable, toujours à l'écoute, mais ils ne voient rien, à tel point que j'en suis arrivé au stade de les détester pour ne pas m'avoir remercié de quelque chose. C'est toujours à moi d'aller vers eux, de me soucier d'eux, de leur passer des cours et cie, mais je n'ai pas de retour, eux non plus ne voient pas grand chose. Ils ne comprennent pas que rire et être par terre peuvent se mener de front. J'aurai aimé avoir ce trip du « meilleur(e) ami(e) », comme dans les films, les bouquins. La personne qui sait tout de toi, avec qui tu échanges tout...mais mes relations sont faussées. Quand je dois être honnête, j'ai du mal à reconnaître que je galère, du mal à accepter qu'on puisse trop me connaître, et du mal à accepter qu'avant même toutes ces étapes, personne ne cherche vraiment à me connaître, sinon à m'exploiter ou à m'octroyer ce splendide rôle qu'est celui du bouche trou. Je ne veux pas tomber dans le trip du mec blasé, et pourtant, je sens la chose venir de plus en plus. Je ne me sens pas capable de regarder les gens sans les juger par avance. Ça ne me ressemble pas, mais par habitude, je me méfie, j'attends plus grand chose de ces gens qui n'en ont jamais rien eu à foutre de ce que j'étais. Alors moi aussi je la joue con, ça leur fera une raison au moins, et paradoxalement, je déculpabilise d'être celui qu'on mène en bateau.
Le contexte hétéro only me rend vraiment dingue je crois. A tel point que savoir quelqu'un hétéro (cf une grande partie xD) me donne directement un jugement négatif sur ladîte personne.

Cela dit, il y a quelqu'un que j'adore et qui est réellement toujours là pour moi - elle se reconnaîtra - quitte à ce qu'elle soit quelque peu attristée de me voir déballer tout ça^^ Malheureusement, les choses sont extrêmement complexes, on n'est pas libre de se côtoyer énormément..Je ne me rends moi même souvent compte qu'en "différé" des problèmes que j'ai, ce qui a tendance à me déclancher des migraines assez dingues, desquelles je garde rarement le souvenir.

Le troisième point de notre triangle concerne l'amour bien sûr. Trois ans que je pense à la même personne, trois années sur le fond merdique, puisque j'ai déliré de A à Z.
Il était du genre expressif -avec moi du moins- et pendant une grande partie de ces 3 années, j'y ai cru. Cela me semblait possible, après tout pourquoi pas? De quel droit nous priverait t'on du conte de fée type? Pourtant, j'interprétai tout de travers, malgré l'ambivalence flagrante du type. Il m'a fait tourner lui aussi en bourrique tout ce temps durant, oscillant entre indifférence et soudains rapprochements (bien sûr, en parallèle je passais de déprime à euphorie). Mes journées étaient axées sur son rythme, ses SMS, ses attentions, ses attitudes incompréhensibles. Comme tous ces textos ô combien révélateurs qu'on a échangés et qui ne voulaient moralement rien dire pour lui. En fin de terminale, il m'a avoué sortir avec une amie, alors que je lui faisais moi-même mon CO. J'ai compris avoir nagé en plein délire depuis le début du lycée. L'impression était franchement désagréable, se rendre compte que la seule personne qui nous faisait tenir, n'était qu'un espèce de mensonge stupide qu'on s'était créé pour ne pas lâcher prise... Et de répondre en suivant « je suis content pour toi ». En souriant, alors qu'une fois de plus, t'es par terre.
Mais je n'ai pas su couper les ponts, il est fréquent qu'il vienne chez moi avec sa copine. On parle tranquillement, alors qu'ils se pelotent à côté, mais c'est quelque chose que j'accepte dans la mesure où je peux revoir « Y ». Pas un jour sans que quelque chose ne me rappelle sa personne. J'ai rencontré quelqu'un du même bord il y a peu, sans pouvoir m'empêcher de remarquer une certaine ressemblance entre les 2 (rêvée ou réelle?). Toujours est-il que cela a ramené de mauvais souvenirs à la surface et que je me suis montré exécrable avec le type en question, dans le but de couper les ponts (ce qui a très bien marché). L'incohérence, c'est que le soir même, après avoir éliminé la « copie » de Y, le vrai, l'authentique, venait dans mon appart' avec sa petite amie. Et je devais de nouveau m'infliger la torture du soir, me rendormir dans les même draps où ils s'étaient allongés alors qu'on se marrait comme une bande de potes tout à fait normale quelques heures plus tôt.

Mais je ne me sens pas le courage de briser ça. Ils sont quasiment les seuls à me relancer d'eux-même, simplement, ils n'ont pas conscience de ce que leur couple peut signifier à mes yeux. Je suis complètement incapable pour ma part de rejeter Y, dans ma tête, c'est tout ce type, peut-importe ce qu'il m'a foutu dans la gueule. Je n'arrive plus à voir les gens sans les comparer à lui, sans les superposer et mélanger tout, aucune prise.

Bon, passé toutes les digressions, je me pose la question centrale de : dois-je consulter?
Là aussi, c'est quelque chose que j'ai du mal à accepter, mais j'ai peur que mon rapport aux autres ne finisse complètement déformé à ce rythme là.

Merci à ceux auront lu jusqu'au bout^^ (et à ceux qui n'auront pas réussi à finir, malgré leurs efforts! :^^: )
Nomade
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Re: "Take care of yourself"

Message par Nomade »

Hum...

Consulter te permettra peut-être de prendre du recul et d'analyser ton problème plus froidement. Si tu sens que tu en as besoin, vas-y, il n'y a pas de honte.

En te lisant j'ai surtout l'impression que tu as besoin de changer d'air, de renouveler drastiquement tes relations et de repartir de zéro avec de nouvelles personnes. Si tes amis ne sont pas des amis, changes-en. C'est con à dire et c'est assez vexant pour l'égo de s'apercevoir que quand on ne donne pas de nouvelles, personne ne reprend contact à ta place, mais faire le ménage peut être salutaire.

Concernant "Y", je ne sais pas trop quoi te conseiller puisqu'il semble hors de question de couper les ponts avec lui. Lui expliquer ?

Pour ta famille, je crois que tu as déjà trouvé la solution : limiter les contacts au maximum. Finalement, tu ne leur dois rien, tu n'as pas à culpabiliser de ne pas les supporter, tu n'as pas à t'imposer leur présence si elle te mine le moral. Ce sont tes parents, oui, mais... mais quoi ? Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas heureux et que tu ne prends pas le chemin qu'ils voudraient que tu dois te rendre malheureux. Bon, si tu es financièrement dépendant d'eux, ça craint, mais la situation ne durera pas éternellement...

Bon courage ! :gentil:
ExMembre

Re: "Take care of yourself"

Message par ExMembre »

Un peu comme Nomade, mais je n'ai pas de solution toute faite pour te soulager.

Il y a beaucoup de souffrance dans ton message, et une souffrance qui apparemment ne date pas d'hier.
Un besoin d'amitié, aussi, et de tomber le masque, un besoin de te sentir vrai avec tes connaissances.
Un besoin de cesser la comédie du bon garçon, et de te montrer sous ton vrai jour. Tout cela est compliqué par le milieu hétéronormé dans lequel tu vis.

Consulter un psy ne t'apportera pas l'amitié dont tu as besoin, seulement une écoute bienveillante, qui te permettra de te confier et de faire le point.

Mais tu as déjà commencé à te confier, par ton post, et à faire le point. A toi de voir si cela te soulage ou si tu as besoin d'une aide plus professionnelle.

Et courage ! :copain:
Wilhelm
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Re: "Take care of yourself"

Message par Wilhelm »

Hop, merci beaucoup pour les réponses d'abord, c'est sympa^^
Nomade a écrit :Pour ta famille, je crois que tu as déjà trouvé la solution : limiter les contacts au maximum. Finalement, tu ne leur dois rien, tu n'as pas à culpabiliser de ne pas les supporter, tu n'as pas à t'imposer leur présence si elle te mine le moral. Ce sont tes parents, oui, mais... mais quoi ? Ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas heureux et que tu ne prends pas le chemin qu'ils voudraient que tu dois te rendre malheureux. Bon, si tu es financièrement dépendant d'eux, ça craint, mais la situation ne durera pas éternellement...
Oui, je reste assez dépendant d'eux financièrement (autant dire totalement même...), et je suis du même avis que toi. Seulement, se séparer d'eux, c'est aussi accepter un vide supplémentaire dont je me pose parfois la question de l'utilité. Cela dit, je ne compte pas rester prisonnier de ce qu'ils souhaitent, juste que je trouve ça dommage de pas vraiment être à même de comprendre ou de vivre "ce que ça devrait être" entre eux et moi quoi. Et oui, ce sont des gens comme les autres (encore heureux)^^
Mais là aussi, on a vie fait de se fantasmer la relation "parents-enfants", la rupture réelle étant d'autant plus difficile, car les points d'attache parfois totalement inexistants..
Ray Steam a écrit :Il y a beaucoup de souffrance dans ton message, et une souffrance qui apparemment ne date pas d'hier.
Un besoin d'amitié, aussi, et de tomber le masque, un besoin de te sentir vrai avec tes connaissances.
Un besoin de cesser la comédie du bon garçon, et de te montrer sous ton vrai jour. Tout cela est compliqué par le milieu hétéronormé dans lequel tu vis.

Consulter un psy ne t'apportera pas l'amitié dont tu as besoin, seulement une écoute bienveillante, qui te permettra de te confier et de faire le point.

Mais tu as déjà commencé à te confier, par ton post, et à faire le point. A toi de voir si cela te soulage ou si tu as besoin d'une aide plus professionnelle.
Je comprends ce que tu veux dire et la question n'est pas tranchée dans mon esprit, c'est vrai que j'aime "rationnaliser" les choses et que dans ce sens un psy pourrait m'aider. D'un autre côté, je n'ai pas vraiment envie de tomber dans de nouveaux amalgames, donc ma décision n'est pas encore prise à ce niveau, ça se réfléchit de toutes façons...
L'amitié en elle même me paraît essentielle, disons que j'aurai simplement espéré qu'ils comprennent ou qu'ils tentent de comprendre. Du moins une action de leur part, plutôt que cette passivité totale, ou cette indifférence, ça va de paire je pense. Après je sais être moi-même parfois assez distant. J'ai encore du mal à digérer le fait que "telle personne n'aie pas vécu "ça" (un évènement quelconque) avec moi, et que donc elle ne me comprenne pas à postériori". J'explique merdiquement la chose, mais disons que construire des liens avec des personnes qui n'ont pas connu mes moments de délire(dans le sens négatif) total, est quelque chose qui me semble incohérent. Je crois que dans ma tête, ça suit la logique "il aurait du y avoir quelqu'un à ce moment. Le fait que personne n'ait été là fait que la chose n'aura jamais de sens que pour moi". Cependant, j'ai plutôt le sentiment que ce genre de comportement est apparu progressivement, suite aux attitudes qu'on rencontre dans la vie de tous les jours. Difficile dans ce cas de figure de mettre un identité sur la racine de la chose.
Je n'ai pas envie de rentrer dans le délire du type blasé non plus, seulement, on se casse tellement les dents que ça serait légitime passé un certain stade.
Concernant la souffrance, comme je l'ai dit, elle est latente, et je passe souvent d'un état complètement euphorique à des périodes un peu moins positives sans qu'aucune raison valable ne se présente. Généralement, je ne me rends compte qu'en différé de choses que j'ai mal vécues plus tôt, et le décalage fait que je perds pieds de manière soudaine^^
ExMembre

Re: "Take care of yourself"

Message par ExMembre »

Ce goût pour rationaliser les choses, s'il est intellectuellement satisfaisant, est peut-être un mécanisme de défense contre ce qui te touche, tu ne crois pas ? Peut-être qu'il ne contribue qu'à te forger une armure supplémentaire, et te permet de te maintenir à distance de l'émotion ?

Si tu présentes aux autres une image de chevalier en armure pour qui tout va bien, il n'est pas très étonnant qu'ils ne soient pas au courant de tes soucis, qu'ils n'en aient même pas conscience ... ce n'est peut-être pas de l'indifférence de leur part ... juste de l'ignorance ...

Et quand tu te retrouves seul, l'armure craque et ça te fait mal. Le trop plein déborde et la soupape des délires se relache. La présence d'un véritable ami, ou d'un confident ou encore d'un psychothérapeute auprès de qui tu pourrais retirer ton armure peut te redonner accès à l'émotion, et te conduire à l'exprimer plutôt qu'à la refouler jusqu'à ce que ça déborde ...
Natan
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Re: "Take care of yourself"

Message par Natan »

En lisant ton mail, j'ai surtout ressenti une grande violence, envers les autres et envers toi-même. Pas nécessairement de l'agressivité, mais aucune douceur, pas même pour toi. A mon sens, la violence est souvent (toujours ?) une réaction de protection envers ce qu'on vit. Et franchement, à te lire, j'ai l'impression que tu es une cocotte-minute prête à imploser.

Consulter ou pas un thérapeute est vraiment une question de choix, mais je crois qu'il est impératif que tu parles à quelqu'un, ce que tu fais ici d'ailleurs. Parce que tant que tu seras autant débordé par tout ça, je ne vois pas trop comment amener du calme dans ta vie.

Quant à Y, si tu souffres à chaque fois que tu le vois avec sa copine mais que tu continues à les fréquenter, n'est-ce pas du masochisme ? Tu parles aussi du prince charmant ; est-ce que laisser tomber ce Y ne serait pas comme faire le deuil de ce fameux prince ? Ou alors continuer à le voir te conforte dans l'idée que tu n'as pas le droit aussi au bonheur (je sais, ça fait un peu psychologie à la petite semaine, mais bon...).

Bon, tout ça n'apporte pas vraiment de réponses. Je crois même que j'ai rajouté quelques questions à ta liste, désolé !

ps : Sérieusement, le Prince charmant existe. Tu le reconnaîtras facilement : il a un grand destrier et PAS de princesse ! :mrgreen:
Wilhelm
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Re: "Take care of yourself"

Message par Wilhelm »

Au risque de sembler stupide, re merci pour vos réponses ;)
Ray Steam a écrit :Ce goût pour rationaliser les choses, s'il est intellectuellement satisfaisant, est peut-être un mécanisme de défense contre ce qui te touche, tu ne crois pas ? Peut-être qu'il ne contribue qu'à te forger une armure supplémentaire, et te permet de te maintenir à distance de l'émotion ?

Si tu présentes aux autres une image de chevalier en armure pour qui tout va bien, il n'est pas très étonnant qu'ils ne soient pas au courant de tes soucis, qu'ils n'en aient même pas conscience ... ce n'est peut-être pas de l'indifférence de leur part ... juste de l'ignorance ...

Et quand tu te retrouves seul, l'armure craque et ça te fait mal. Le trop plein déborde et la soupape des délires se relache. La présence d'un véritable ami, ou d'un confident ou encore d'un psychothérapeute auprès de qui tu pourrais retirer ton armure peut te redonner accès à l'émotion, et te conduire à l'exprimer plutôt qu'à la refouler jusqu'à ce que ça déborde ...
Concernant la rationnalisation, je n'en ai pas grande idée moi même, concernant le fait que ça soit un mécanisme de défense je veux dire. Je pense qu'une partie vient de convictions, bien qu'il y ait peut-être un motif de protection, mais la rationnalisation chez moi, ça va plutôt intervenir concernant les trucs mystiques tout ça (que je juge de manière ultra péjorative). Par contre, oui, il m'arrive d'installer facilement une distance. Paradoxalement, je n'aime pas qu'on en sache trop sur mon compte, peut-être de peur d'être enfermé dans un stéréotype, j'en sais rien. Disons que c'est l'intentionnalité derrière qui m'importait, pas le fait que telle personne puisse décrire ce que je pense de A à Z, ce que tu as parfaitement compris apparemment^^
J'ai pensé à la psychothérapie, mais rationnalisation oblige, faudrait que je me force, n'y croyant pas spontanément. J'ai des arguments à ce sujet mais on va éviter le HS^^Pour ce qui est de ne pas montrer ce qu'on ressent, c'est du même ordre, de moi même je n'apprécie d'ailleurs pas autour de moi les gens qui en font des masses, et je préfère sauver les apparences autant que possible. Mine de rien, je sais qu'en perdant le moral ouvertement, ça n'aiderait pas certaines personnes de "l'entourage", et dans le même temps ça m'auto remotive plus ou moins efficacement.
Enfin, je te rassure , j'y travaille, mais pour moi, rester à distance de l'émotion reste un choix parfois privilégié, même si on se fait tous nos délires en parallèle, ce qui au final revient à peu près au même. Quand tu parles de défense, je pense que tu es dans le vrai. Disons que certaines choses anodines arrivent à me rendre complètement dingue et qu'il faut lutter en permancence contre des évènements complètement anodins. Enfin, je me souviens pas avoir toujours été comme ça, cela dit. Ce qui me perturbe c'est cette propension à s'arrêter au " telle personne paraît bien, donc je m'en fiche". Du style on devrait attendre que des mecs sombrent dans une totale dépression pour réaliser que depuis plusieurs mois le gars en question était par terre.


Natan a écrit :En lisant ton mail, j'ai surtout ressenti une grande violence, envers les autres et envers toi-même. Pas nécessairement de l'agressivité, mais aucune douceur, pas même pour toi. A mon sens, la violence est souvent (toujours ?) une réaction de protection envers ce qu'on vit. Et franchement, à te lire, j'ai l'impression que tu es une cocotte-minute prête à imploser.

Consulter ou pas un thérapeute est vraiment une question de choix, mais je crois qu'il est impératif que tu parles à quelqu'un, ce que tu fais ici d'ailleurs. Parce que tant que tu seras autant débordé par tout ça, je ne vois pas trop comment amener du calme dans ta vie.

Quant à Y, si tu souffres à chaque fois que tu le vois avec sa copine mais que tu continues à les fréquenter, n'est-ce pas du masochisme ? Tu parles aussi du prince charmant ; est-ce que laisser tomber ce Y ne serait pas comme faire le deuil de ce fameux prince ? Ou alors continuer à le voir te conforte dans l'idée que tu n'as pas le droit aussi au bonheur (je sais, ça fait un peu psychologie à la petite semaine, mais bon...).

Bon, tout ça n'apporte pas vraiment de réponses. Je crois même que j'ai rajouté quelques questions à ta liste, désolé !

ps : Sérieusement, le Prince charmant existe. Tu le reconnaîtras facilement : il a un grand destrier et PAS de princesse ! :mrgreen:
Concernant Y, oui, c'est plus ou moins une forme de masochisme sur le fond. Mais je ne suis pas maso^^
Et au contraire, je trouve tes questions assez justes! Disons que les voir perpétuellement ensemble est "censé" me faire rentrer définitivement dans le crâne que les choses sont parfaites de cette manière, et qu'à force d'y revenir, la chose deviendra naturelle pour moi, je pourrai enfin les associer tous les deux comme un couple "normal".
Tu parles aussi du prince charmant ; est-ce que laisser tomber ce Y ne serait pas comme faire le deuil de ce fameux prince ?
Complètement. Je pense avoir intégré le fait que le concernant, ce que je pensais n'était qu'un vaste délire, mais oublier ce type, c'est comme renoncer à tout ce que j'ai pu croire le concernant. Mes propos ne doivent pas sembler très logique, ils ne le sont pas pour moi même. Cela dit, je ressens bien que rejetter Y, c'est anéantir quelque chose que j'ai l'impression de devoir conserver à tout prix. J'ai tellement idéalisé la chose, qu'y renoncer maintenant me paraît anormalement cruel. Et puis j'ai l'impression d'être le connard de l'histoire, le type qui n'est pas foutu d'accepter qu'ils se mettent ensemble par pur égocentrisme.

Pour le coup de la violence et de la cocotte-minute, j'arrive à maîtriser la chose, c'est simplement que j'ai des périodes extrêmement versatiles où j'y pense plus que d'accoutumée. Ce qui ne m'empêche pas de rester positif, mais là aussi, c'est dur à décrire, ça reste une spirale infernale à laquelle on revient toujours sur le fond. D'où ma problématique de consultation, parce que je ne me vois pas revivre ça des années durant encore^^
C'est comme un bruit de fond en arrière plan de ta vie qui déforme un peu tout autour quoi. Y a des moments tu te rends compte que t'es complètement hors de tes pompes, et là, tu prends peur pour le coup, parce que t'as aucune maîtrise sur des choses qu'on peut -objectivement- reléguer au rang d'inessentielles sans aucun problème. Disons que savoir que même la merde se termine un jour n'est qu'une pseudo-consolation, ça fait déjà des années qu'on me dit (et que je me dis) ça ^^
Scarlett
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Re: "Take care of yourself"

Message par Scarlett »

[mode Intervention stupide ON]

J'ai tellement idéalisé la chose, qu'y renoncer maintenant me paraît anormalement cruel. Et puis j'ai l'impression d'être le connard de l'histoire, le type qui n'est pas foutu d'accepter qu'ils se mettent ensemble par pur égocentrisme.
Et si oublier Y c'était justement t'autoriser à croire de nouveau en la possibilité d'une belle histoire ? Parce qu'à bien y réfléchir, Y il t'a rien apporté que de la douleur, non ? Plutôt que d'idéaliser, t'as surtout passé ton temps a essayé de le comprendre et à essayer d'attirer son attention. Tu t'es accroché à ses silences en espèrant qu'il serait au moins un ami assez attentif pour comprendre que tu allais mal... Certes tu t'es permis de rêver un peu à une issue heureuse (mais qui ne le fait pas, je te le demande ? C'est le principe même d'être amoureux), mais ce qui est cruel dans tout ça, c'est surtout qu'il ait été assez con pour ne pas voir que son ami avait besoin de soutien, et non pas de conversations vide sde sens pour surtout pas avoir à parler de ce qui compte vraiment...

Et avec tout ça, c'est toi qui parles d'égocentrisme ?? Pince-moi, je rêve >_<

[mode Intervention stupide OFF]
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