Ce n'est pas dans mes habitudes - je crois le l'avoir jamais fait- de poster sur cette partie de forum, mais je pense que c'est nécessaire, même si dans ma grande fierté, j'ai toujours un peu de mal à reconnaître que je traverse quelques difficultés. Je pense que ça va partir en vrac, dans ma manière d'écrire et de raconter, une fois n'est pas coutume, de toutes façons ce n'est pas franchement clair pour moi-même.
J'ai pas mal de choses dans la tête en ce moment, ils remontent tous plus ou moins à quelques années, mais ça persiste depuis ce temps, ça ne disparaît pas. Y a des jours où je n'y pense pas vraiment, mais on ne peux pas dire que je vive sans.
Mes relations avec ma famille pour commencer, qui sont toujours complètement faussées, mais je ne sais pas d'où vient le problème. Je pense qu'en remuant tout ce qu'insinuait « être homosexuel » des années durant dans ma cervelle -sans qu'ils ne se rendent compte de rien- m'a complètement séparé d'eux. Ce week end je suis rentré, c'était une vraie torture pour moi, c'est dire, moi je stresse à l'idée de revenir chez moi... Je pense pas que ce soit un comportement franchement approprié. Mes parents ne sont pas ce qu'on pourrait qualifier d'homophobes. J'avais d'ailleurs eu l'occasion de faire un CO à ma mère qui m'a vite remballé avec force de « t'es macho, tu tortilles pas du cul, t'es pas gay ». Ça c'était fait. Le problème, c'est que pour qu'elle en vienne à me faire cracher ça, elle avait du au préalable jouer sa scène fétiche de mère éplorée. Sauf qu'une mère qui te balance « Tu me dégoutes, parfois j'aimerai me jeter dans la rivière tellement tu es infect », ça marque. Aujourd'hui, et dès la seconde qui a suivi, j'ai su qu'elle était encore dans sa phase délire et qu'elle ne le pensait pas. Seulement elle l'a dit, et à partir de ce moment, je pense que la rupture à été totale. On était en fin de Term, y a pas si longtemps au final. Ce qu'elle me reprochait, c'était d'être distant, de piquer des crises de nerfs à intervalles réguliers. Mais bien sûr, jamais elle n'aurait été me demander de quoi il s'agissait. Bah non, y a toujours pire que soi alors « je n'avais aucune raison de me plaindre, j'étais un gosse gâté ». Ok. Je passe le reste du contexte familial, mais on peut le décrire rapidement: la mère un peu space, le père alcoolo qui s'occupe plus de son clébard que de toi, la sœur trisomique dont tout le monde se fiche et qui sombre complètement dans son coin, la 2nd sœur, ancienne anorexique, complètement blasée qui ne supporte plus non plus nos deux parents. Par contre elle est plutôt homophobe, donc ce n'est pas avec elle non plus que je réussirai à avoir des rapports normaux. Cela dit, on a eu l'occasion de parler des parents, on a le même point de vue.
Parents = chose un peu informe qui te sert de pseudo-coach (privé du sens positif) comme si t'étais un étalon, et qui te brise en deux si t'en viens à te plaindre. Rien n'est jamais assez bien pour eux. Et ma mère étant ultra « possessive », je reçois encore fréquemment des appels de « tu es sur que tu ne veux pas abandonner la fac? Et revenir chez nous? Te marier avec la voisine... ». Je trouve que ça porte à sourire tant c'est caricatural, mais dans les faits, c'est pathétique, on en conviendra.
Les rares fois où ils viennent, il n'y a aucun dialogue. Encore un truc pitoyable, une espèce de pièce de théâtre qu'on joue moi et mes parents pour faire style « all is well that ends well ».
Donc voilà, je peux jamais me confier à eux, c'est même pas naturel pour moi, je stresse à l'idée de les revoir, j'ai peur de mon ancienne maison, je déteste les sentir à côté de moi, je déteste la voix de mon père qui ne la ferme jamais, je déteste leur manie de ne rien voir, pas même que rien ne tourne rond entre eux.
Socialement, j'ai aussi du mal. J'ai pas mal « d'amis », mais on le sait tous, ça ne veut rien dire. Peu sont au courant pour moi, et que je sache, dire que j'étais gay ne m'a jamais apporté de réel soulagement, de toutes façons, la plupart de ceux à qui j'en ai parlé évitent le sujet. Le problème que j'ai, c'est que je cherche la solitude de façon perpétuelle, je trouve toujours quelque chose à leur reprocher, je suis toujours condescendant, toujours méprisant. Pourtant, je suis serviable, toujours à l'écoute, mais ils ne voient rien, à tel point que j'en suis arrivé au stade de les détester pour ne pas m'avoir remercié de quelque chose. C'est toujours à moi d'aller vers eux, de me soucier d'eux, de leur passer des cours et cie, mais je n'ai pas de retour, eux non plus ne voient pas grand chose. Ils ne comprennent pas que rire et être par terre peuvent se mener de front. J'aurai aimé avoir ce trip du « meilleur(e) ami(e) », comme dans les films, les bouquins. La personne qui sait tout de toi, avec qui tu échanges tout...mais mes relations sont faussées. Quand je dois être honnête, j'ai du mal à reconnaître que je galère, du mal à accepter qu'on puisse trop me connaître, et du mal à accepter qu'avant même toutes ces étapes, personne ne cherche vraiment à me connaître, sinon à m'exploiter ou à m'octroyer ce splendide rôle qu'est celui du bouche trou. Je ne veux pas tomber dans le trip du mec blasé, et pourtant, je sens la chose venir de plus en plus. Je ne me sens pas capable de regarder les gens sans les juger par avance. Ça ne me ressemble pas, mais par habitude, je me méfie, j'attends plus grand chose de ces gens qui n'en ont jamais rien eu à foutre de ce que j'étais. Alors moi aussi je la joue con, ça leur fera une raison au moins, et paradoxalement, je déculpabilise d'être celui qu'on mène en bateau.
Le contexte hétéro only me rend vraiment dingue je crois. A tel point que savoir quelqu'un hétéro (cf une grande partie xD) me donne directement un jugement négatif sur ladîte personne.
Cela dit, il y a quelqu'un que j'adore et qui est réellement toujours là pour moi - elle se reconnaîtra - quitte à ce qu'elle soit quelque peu attristée de me voir déballer tout ça^^ Malheureusement, les choses sont extrêmement complexes, on n'est pas libre de se côtoyer énormément..Je ne me rends moi même souvent compte qu'en "différé" des problèmes que j'ai, ce qui a tendance à me déclancher des migraines assez dingues, desquelles je garde rarement le souvenir.
Le troisième point de notre triangle concerne l'amour bien sûr. Trois ans que je pense à la même personne, trois années sur le fond merdique, puisque j'ai déliré de A à Z.
Il était du genre expressif -avec moi du moins- et pendant une grande partie de ces 3 années, j'y ai cru. Cela me semblait possible, après tout pourquoi pas? De quel droit nous priverait t'on du conte de fée type? Pourtant, j'interprétai tout de travers, malgré l'ambivalence flagrante du type. Il m'a fait tourner lui aussi en bourrique tout ce temps durant, oscillant entre indifférence et soudains rapprochements (bien sûr, en parallèle je passais de déprime à euphorie). Mes journées étaient axées sur son rythme, ses SMS, ses attentions, ses attitudes incompréhensibles. Comme tous ces textos ô combien révélateurs qu'on a échangés et qui ne voulaient moralement rien dire pour lui. En fin de terminale, il m'a avoué sortir avec une amie, alors que je lui faisais moi-même mon CO. J'ai compris avoir nagé en plein délire depuis le début du lycée. L'impression était franchement désagréable, se rendre compte que la seule personne qui nous faisait tenir, n'était qu'un espèce de mensonge stupide qu'on s'était créé pour ne pas lâcher prise... Et de répondre en suivant « je suis content pour toi ». En souriant, alors qu'une fois de plus, t'es par terre.
Mais je n'ai pas su couper les ponts, il est fréquent qu'il vienne chez moi avec sa copine. On parle tranquillement, alors qu'ils se pelotent à côté, mais c'est quelque chose que j'accepte dans la mesure où je peux revoir « Y ». Pas un jour sans que quelque chose ne me rappelle sa personne. J'ai rencontré quelqu'un du même bord il y a peu, sans pouvoir m'empêcher de remarquer une certaine ressemblance entre les 2 (rêvée ou réelle?). Toujours est-il que cela a ramené de mauvais souvenirs à la surface et que je me suis montré exécrable avec le type en question, dans le but de couper les ponts (ce qui a très bien marché). L'incohérence, c'est que le soir même, après avoir éliminé la « copie » de Y, le vrai, l'authentique, venait dans mon appart' avec sa petite amie. Et je devais de nouveau m'infliger la torture du soir, me rendormir dans les même draps où ils s'étaient allongés alors qu'on se marrait comme une bande de potes tout à fait normale quelques heures plus tôt.
Mais je ne me sens pas le courage de briser ça. Ils sont quasiment les seuls à me relancer d'eux-même, simplement, ils n'ont pas conscience de ce que leur couple peut signifier à mes yeux. Je suis complètement incapable pour ma part de rejeter Y, dans ma tête, c'est tout ce type, peut-importe ce qu'il m'a foutu dans la gueule. Je n'arrive plus à voir les gens sans les comparer à lui, sans les superposer et mélanger tout, aucune prise.
Bon, passé toutes les digressions, je me pose la question centrale de : dois-je consulter?
Là aussi, c'est quelque chose que j'ai du mal à accepter, mais j'ai peur que mon rapport aux autres ne finisse complètement déformé à ce rythme là.
Merci à ceux auront lu jusqu'au bout^^ (et à ceux qui n'auront pas réussi à finir, malgré leurs efforts!
