"Coming-In" : se poser les bonnes questions
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Merci à tous pour vos réponses.
Ca ne va pas fort ce soir... Je me rends compte que j'en suis au même point qu'il y a dix ans... L'impression d'avoir ma vie gâchée par mon homosexualité...
Je viens de passer un week-end en famille... Tout respirait le bonheur (ma soeur présentait son fiancé à ma mère, ma tante et mon frère)... Et moi j'étais là, à deux doigts de chialer à tout instant, à continuer à me dire que je suis et serai toujours le vilain petit canard... Je me sens si sale et si honteux d'être ce que je suis... Je suis persuadé que ma vie ne peut être équilibrée sans me sentir aimé par ma famille... C'est comme ça... Ca vient sûrement de notre culture... Mais se sentir autant en décalage c'est trop... Ce soir, je vais une fois de plus m'endormir en espérant ne jamais me réveiller.
pourquoi moi...
Ca ne va pas fort ce soir... Je me rends compte que j'en suis au même point qu'il y a dix ans... L'impression d'avoir ma vie gâchée par mon homosexualité...
Je viens de passer un week-end en famille... Tout respirait le bonheur (ma soeur présentait son fiancé à ma mère, ma tante et mon frère)... Et moi j'étais là, à deux doigts de chialer à tout instant, à continuer à me dire que je suis et serai toujours le vilain petit canard... Je me sens si sale et si honteux d'être ce que je suis... Je suis persuadé que ma vie ne peut être équilibrée sans me sentir aimé par ma famille... C'est comme ça... Ca vient sûrement de notre culture... Mais se sentir autant en décalage c'est trop... Ce soir, je vais une fois de plus m'endormir en espérant ne jamais me réveiller.
pourquoi moi...
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Arrête Unborn!!!
Il faut voir les bons cotés des choses!!!! Bon, parfois, c'est difficile d'en trouver, mais il faut chercher, il y en a!!!
Tu n'a pas à avoir honte de ce que tu es, les gens te respectent pour toi, pas pour ce que tu fait avec ton zizi!!!!
Et ta famille, qui est très importante pour toi, c'est pareil...
Beaucoup ont honte d'être homo parce qu'on en parle comme une tare, mais de toutes façons, on ne choisi pas, alors sans s'en venter, il faut vivre avec!!!
Tu sais, ce n'est pas une maladie grave d'être gay!!!
Je ne sais plus si tu l'a dit à ta famille ou pas que tu était homo???
Tu es jeune bordel, il faut aller de l'avant, attend, j'arrive te botter les fesses!!!
Non mais sérieux, tu cherches ton chemin, mais tu vas le trouver, pense à des choses positives, et dit toi que tu es tout aussi respectable que tu respecte les autres!!!!!
Il faut voir les bons cotés des choses!!!! Bon, parfois, c'est difficile d'en trouver, mais il faut chercher, il y en a!!!
Tu n'a pas à avoir honte de ce que tu es, les gens te respectent pour toi, pas pour ce que tu fait avec ton zizi!!!!
Et ta famille, qui est très importante pour toi, c'est pareil...
Beaucoup ont honte d'être homo parce qu'on en parle comme une tare, mais de toutes façons, on ne choisi pas, alors sans s'en venter, il faut vivre avec!!!
Tu sais, ce n'est pas une maladie grave d'être gay!!!
Je ne sais plus si tu l'a dit à ta famille ou pas que tu était homo???
Tu es jeune bordel, il faut aller de l'avant, attend, j'arrive te botter les fesses!!!
Non mais sérieux, tu cherches ton chemin, mais tu vas le trouver, pense à des choses positives, et dit toi que tu es tout aussi respectable que tu respecte les autres!!!!!
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Bon, unborn, si tu es dans une telle souffrance, je pense qu'il faut aller voir un psy. Essaye dans le CMP le plus proche, parce que la pesanteur familiale a l'air très anxiogène pour toi.
Pourquoi serais-tu sale d'une orientation que tu ne commandes pas ? Elle est naturelle, on commence à recenser une flopée d'espèces animales où les pratiques homosexuelles sont courantes. Ta culture, même si dans ta famille elle sous-tend une hostilité envers ce que tu es, n'est sans doute pas explicitement autant dans cette exclusion. Peut-être, si tu le souhaites, peux-tu revenir aux textes originaux.
En tout cas, tu as le droit de vivre cette (petite) différence et je t'assure que quand tu l'accepteras, tu pourras être vraiment heureux, comme je le suis actuellement.
Courage !
Pourquoi serais-tu sale d'une orientation que tu ne commandes pas ? Elle est naturelle, on commence à recenser une flopée d'espèces animales où les pratiques homosexuelles sont courantes. Ta culture, même si dans ta famille elle sous-tend une hostilité envers ce que tu es, n'est sans doute pas explicitement autant dans cette exclusion. Peut-être, si tu le souhaites, peux-tu revenir aux textes originaux.
En tout cas, tu as le droit de vivre cette (petite) différence et je t'assure que quand tu l'accepteras, tu pourras être vraiment heureux, comme je le suis actuellement.
Courage !
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Quelle souffrance cela doit être que de se sentir si "sale". Je n'ai jamais été dans la situation dont tu parles donc je ne pourrai pas t'aider à ce niveau.
Je pense que l'acceptation de son homosexualité par sa famille, est importante (surtout si on a des liens très forts avec eux, comme dans ton cas), mais comme il a déjà été dit, tu n'es pas qu'un homosexuel. Si ta famille est répugnée par le fait que tu aimes les hommes, c'est triste je trouve, car finalement il ne voit plus que ça de toi. Ça ne reste qu'une supposition, peut-être que ça ne les dérangera pas plus que ça (même si d'après ce que tu dis, tu as des raisons d'imaginer le pire). Tu en as parlé avec ta soeur, ça n'a pas posé de soucis. Essayes d'en parler avec les membres de ta famille avec qui tu es proche. Il doit bien y avoir des gens ouverts d'esprit et de confiance comme ta sœur, avec qui tu pourrais discuter sans que ça ne les dégoûte.
Mais rester dans un tel état n'est vraiment pas bon.. Cet état perdurera jusqu'au moment où tu assumeras qui tu es (ça passe par la vision que l'on a de soi, mais aussi bien souvent de l'acceptation de notre famille). Si déjà tu pouvais trouver des gens avec qui en parler (autre que sur un forum), ça serait déjà un bon point !
Je pense que l'acceptation de son homosexualité par sa famille, est importante (surtout si on a des liens très forts avec eux, comme dans ton cas), mais comme il a déjà été dit, tu n'es pas qu'un homosexuel. Si ta famille est répugnée par le fait que tu aimes les hommes, c'est triste je trouve, car finalement il ne voit plus que ça de toi. Ça ne reste qu'une supposition, peut-être que ça ne les dérangera pas plus que ça (même si d'après ce que tu dis, tu as des raisons d'imaginer le pire). Tu en as parlé avec ta soeur, ça n'a pas posé de soucis. Essayes d'en parler avec les membres de ta famille avec qui tu es proche. Il doit bien y avoir des gens ouverts d'esprit et de confiance comme ta sœur, avec qui tu pourrais discuter sans que ça ne les dégoûte.
Mais rester dans un tel état n'est vraiment pas bon.. Cet état perdurera jusqu'au moment où tu assumeras qui tu es (ça passe par la vision que l'on a de soi, mais aussi bien souvent de l'acceptation de notre famille). Si déjà tu pouvais trouver des gens avec qui en parler (autre que sur un forum), ça serait déjà un bon point !
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Bonjour Unborn,
Je me permets d'intervenir car ton message me touche et surtout fait raisonner en moi de vieux souvenirs..
L'acceptation de soi n'est pas toujours évidente surtout lorsque nos proches pour qui on donnerait tout, sont à l'opposé de la tolérance sur ce thème. Tout d'abord avant la moindre parole, reçois tout mon soutien et ma compréhension dans cette épreuve. Oui car c'est une épreuve..
Personnellement quand je me suis découverte, ce fut extrêmement difficile à accepter. Effectivement, lorsqu'on t'explique depuis tout petit que c'est sale, anormal, et que c'est une maladie ou pire encore, comment accepter du jour au lendemain une telle information?
Je ne sais pas si cela peut t'aider mais je crois que personnellement j'ai commencé à me sentir mieux lorsque j'ai commencé à accepter que mes parents pouvaient se tromper. Devenir adulte c'est finalement pas autre chose: c'est comprendre que ses parents ont des défauts, sont loin d'être parfaits et peuvent faire des erreurs, et surtout c'est l'accepter sans avoir forcément la volonté de vouloir les changer.
Une fois que tu arrives à assimiler cette idée, cela te permettra de penser ta vie différemment de ce qu'ils auraient voulu pour toi.. Cela te permettra de te rendre compte que non, l'homosexualité n'est pas une tare et qu'on peut vivre avec sans se mettre dans tout ses états.. Tes parents sont peut être simplement ignorants de choses et peut être qu'un jour tu leur ouvriras les yeux mais pas pour le moment. Pour le moment, il faut prendre soin de toi, te préserver et avancer doucement.
Ta sœur est au courant et ça se passe bien? Alors profites en! Parle lui lorsque tu le peux! Personnellement, je dois beaucoup à 3 amies (et même si je suis brouillée avec elles aujourd'hui, je leur serais toujours reconnaissantes pour ce qu'elles ont fait à l'époque) qui ont été de véritables soutiens et m'ont toujours dit que ce n'était pas grave d'être homo et que ce sont mes parents qui avaient tord.. C'est grâce à elles qui me regardaient normalement, me parlaient de ma relation avec mon ex comme de n'importe quel couple lambda, que j'ai pu avancer et assumer.. et finalement me faire à l'idée que mes parents sont en désaccord mais n'ont pas forcément la "vérité"..
C'est dur, et cela ne se fait pas en 3 coup de cuillères à pot. Il peut y avoir des hauts et des bas dans ton avancement mais il faut accepter d'aller doucement ou tout du moins, moins rapidement que d'autres dans son acceptation, et tu verras que le jour où tu y arriveras, tu seras apaisé et soulagé!
Courage et n'hésite pas à venir poser tes mots (tes maux?) ici, tu y trouveras toujours du soutien et du réconfort!
Je me permets d'intervenir car ton message me touche et surtout fait raisonner en moi de vieux souvenirs..
L'acceptation de soi n'est pas toujours évidente surtout lorsque nos proches pour qui on donnerait tout, sont à l'opposé de la tolérance sur ce thème. Tout d'abord avant la moindre parole, reçois tout mon soutien et ma compréhension dans cette épreuve. Oui car c'est une épreuve..
Personnellement quand je me suis découverte, ce fut extrêmement difficile à accepter. Effectivement, lorsqu'on t'explique depuis tout petit que c'est sale, anormal, et que c'est une maladie ou pire encore, comment accepter du jour au lendemain une telle information?
Je ne sais pas si cela peut t'aider mais je crois que personnellement j'ai commencé à me sentir mieux lorsque j'ai commencé à accepter que mes parents pouvaient se tromper. Devenir adulte c'est finalement pas autre chose: c'est comprendre que ses parents ont des défauts, sont loin d'être parfaits et peuvent faire des erreurs, et surtout c'est l'accepter sans avoir forcément la volonté de vouloir les changer.
Une fois que tu arrives à assimiler cette idée, cela te permettra de penser ta vie différemment de ce qu'ils auraient voulu pour toi.. Cela te permettra de te rendre compte que non, l'homosexualité n'est pas une tare et qu'on peut vivre avec sans se mettre dans tout ses états.. Tes parents sont peut être simplement ignorants de choses et peut être qu'un jour tu leur ouvriras les yeux mais pas pour le moment. Pour le moment, il faut prendre soin de toi, te préserver et avancer doucement.
Ta sœur est au courant et ça se passe bien? Alors profites en! Parle lui lorsque tu le peux! Personnellement, je dois beaucoup à 3 amies (et même si je suis brouillée avec elles aujourd'hui, je leur serais toujours reconnaissantes pour ce qu'elles ont fait à l'époque) qui ont été de véritables soutiens et m'ont toujours dit que ce n'était pas grave d'être homo et que ce sont mes parents qui avaient tord.. C'est grâce à elles qui me regardaient normalement, me parlaient de ma relation avec mon ex comme de n'importe quel couple lambda, que j'ai pu avancer et assumer.. et finalement me faire à l'idée que mes parents sont en désaccord mais n'ont pas forcément la "vérité"..
C'est dur, et cela ne se fait pas en 3 coup de cuillères à pot. Il peut y avoir des hauts et des bas dans ton avancement mais il faut accepter d'aller doucement ou tout du moins, moins rapidement que d'autres dans son acceptation, et tu verras que le jour où tu y arriveras, tu seras apaisé et soulagé!
Courage et n'hésite pas à venir poser tes mots (tes maux?) ici, tu y trouveras toujours du soutien et du réconfort!
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Merci pour vos réponses. C'est vraiment l'impasse...
Je suis gay et à 23 ans je n'ai plus envie de me mentir, de nier et de jouer un rôle.
1. Je n'en ai plus la force
2. J'ai compris que ça ne servait à rien.
Le problème est que ça ne m'aide pas à ACCEPTER. Certes j'ai intégré le fait d'être homo (c'est comme ça, ça a toujours été comme ça et ça ne changera jamais), mais je n'accepte toujours pas. Je ne sais pas si vous me suivez. En gros je suis encore dans le traumatisme "putain je suis homo mais pourquoi moi ? Ma vie va être pourrie, j'ai pas le courage d'affronter le regard de mon entourage, de la société etc. C'est mort je ne peux pas me permettre, j'ai trop honte, je préfère crever" (Oui c'est choquant, mais c'est comme ça)
Donc en gros je suis encore dans la déprime d'un adolescent qui a peur et qui a des idées noires quand il découvre son homosexualité. Et je me le pardonne car : milieux social familial et scolaire homophobes, regard intériorisé des parents qui attendent de moi une femme & des enfants, homophobie intériorisée (surtout en ce qui concerne la sexualité à proprement dit : je ne me suis jamais senti "sale" en éprouvant des sentiments pour un autre garçon. Par contre quand je fantasme sexuellement...).
Mais même si je comprends pourquoi j'ai tant de mal à accepter, je ne ressens pas le courage d'affronter les difficultés d'une vie assumée, en totale contradiction avec ma culture et ma famille pour qui je donnerais tout. J'aurais trop honte de les décevoir... Donc dépressions, idées noires, renfermememt sur moi-même... Je ressasse sans cesse un passé plein de questions, de phases de solitude, d'incompréhension de mon ressenti et de ma différence. J'aurais tellement aimé être hétéro...
Le dilemne c'est que je suis incapable de m'en sortir sans me sentir soutenu par mes parents. Ce qui tiendrait de la chimère...
Je suis gay et à 23 ans je n'ai plus envie de me mentir, de nier et de jouer un rôle.
1. Je n'en ai plus la force
2. J'ai compris que ça ne servait à rien.
Le problème est que ça ne m'aide pas à ACCEPTER. Certes j'ai intégré le fait d'être homo (c'est comme ça, ça a toujours été comme ça et ça ne changera jamais), mais je n'accepte toujours pas. Je ne sais pas si vous me suivez. En gros je suis encore dans le traumatisme "putain je suis homo mais pourquoi moi ? Ma vie va être pourrie, j'ai pas le courage d'affronter le regard de mon entourage, de la société etc. C'est mort je ne peux pas me permettre, j'ai trop honte, je préfère crever" (Oui c'est choquant, mais c'est comme ça)
Donc en gros je suis encore dans la déprime d'un adolescent qui a peur et qui a des idées noires quand il découvre son homosexualité. Et je me le pardonne car : milieux social familial et scolaire homophobes, regard intériorisé des parents qui attendent de moi une femme & des enfants, homophobie intériorisée (surtout en ce qui concerne la sexualité à proprement dit : je ne me suis jamais senti "sale" en éprouvant des sentiments pour un autre garçon. Par contre quand je fantasme sexuellement...).
Mais même si je comprends pourquoi j'ai tant de mal à accepter, je ne ressens pas le courage d'affronter les difficultés d'une vie assumée, en totale contradiction avec ma culture et ma famille pour qui je donnerais tout. J'aurais trop honte de les décevoir... Donc dépressions, idées noires, renfermememt sur moi-même... Je ressasse sans cesse un passé plein de questions, de phases de solitude, d'incompréhension de mon ressenti et de ma différence. J'aurais tellement aimé être hétéro...
Le dilemne c'est que je suis incapable de m'en sortir sans me sentir soutenu par mes parents. Ce qui tiendrait de la chimère...
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
oh la la, comme j'aurai aimé été être hétéro! La vie aurait été tellement plus facile... Je ne me prendrais pas la tête à savoir où passer Noël.. je ne serais pas obligée de mentir sur une partie de ma vie auprès de ma famille..
Tout ce que tu me dis me parle.. me touche.. c'est dur, c'est pas évident..
Il va te falloir du temps.. Beaucoup plus de temps que d'autres.. et alors? Prends le temps qu'il te faut..
Mais pense à une chose: tu ferais tout pour ta famille? ok.. que se passera t'il le jour où ils ne seront plus là?? pas que je te le souhaite hein? Mais le jour où tes parents disparaissent (le plus tard possible) il se passera quoi pour toi? tu te rendras compte que tu t'es sacrifié toute ta vie pour rien.. et que tu finiras peut être ta vie tout seul et malheureux...
Il faut aussi l'envisager.. Courage..
Tout ce que tu me dis me parle.. me touche.. c'est dur, c'est pas évident..
Il va te falloir du temps.. Beaucoup plus de temps que d'autres.. et alors? Prends le temps qu'il te faut..
Mais pense à une chose: tu ferais tout pour ta famille? ok.. que se passera t'il le jour où ils ne seront plus là?? pas que je te le souhaite hein? Mais le jour où tes parents disparaissent (le plus tard possible) il se passera quoi pour toi? tu te rendras compte que tu t'es sacrifié toute ta vie pour rien.. et que tu finiras peut être ta vie tout seul et malheureux...
Il faut aussi l'envisager.. Courage..
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Bon, désolé d'avance pour le ton de la suite, je ne sais pas si c'est ce que tu as besoin d'entendre, mais c'est ce que j'ai besoin d'écrire.
Au bout d'un moment il faut peut-être se mettre un coup de pied au cul, aussi. Tu ne vas pas passer les 40 prochaines années assis sur un banc à regarder ta vie défiler en te disant "Ah si seulement j'avais eu des parents ouverts d'esprit". C'est un constat d'échec et un abandon qui ne t'apportera rien, à part de t'enfoncer dans la dépression ou de construire une vie "comme il faut" qui rendra malheureux toi, ta femme, tes enfants (jusqu'au jour où ça explosera) et au final tes parents aussi.
Tu n'es pas le premier à avoir subi le rejet de ta famille (d'ailleurs tu ne l'as pas encore subi, et tu as une sœur de ton côté, APPUIE-TOI SUR ELLE au lieu de te focaliser sur tes parents), à avoir dû te (re)construire sans leur soutien. Personne ne dit que c'est facile à supporter, personne ne dit que ça ne laisse pas de marques, personne ne dit que tu seras heureux en un claquement de doigts. Mais si tu veux avoir une chance d'être heureux, il faut que tu acceptes qui tu es et que tu jettes aux orties les habits que tu voudrais pouvoir porter mais qui ne sont pas taillés pour toi. Tu es homosexuel. Point. Plutôt que de te morfondre en partant du principe qu'à 23 ans, tu as déjà raté ta vie (lol, mais lol, elle n'a pas commencé !), utilise ton énergie à autre chose : t'ouvrir l'esprit, rencontrer des gens qui pourront t'aider, te construire un réseau d'amis qui pourront te soutenir et faire barrage entre toi et la violence du monde.
Ton pire ennemi à l'heure actuelle, ce ne sont pas tes parents, c'est toi. Tu as peur du changement et c'est normal. Assumer son homosexualité, c'est se jeter d'une falaise sans savoir ce qu'il y a en bas. Mais fais gaffe à ce que le rejet potentiel de tes parents ne devienne pas une excuse confortable pour ne surtout rien faire de ta vie. Bien sûr qu'ils ne seront pas ravis. Évidemment. Les parents qui rêvent que leur fils soit pédé ne courent pas les rues, aussi surprenant que ça puisse paraître. Probablement qu'ils seront déçus. Peut-être qu'ils te rejetteront. Peut-être. Et peut-être pas, ou peut-être pendant quelques mois, le temps qu'ils comprennent que tu restes leur fils. Ça fait beaucoup de d'incertitude. Beaucoup trop pour vouer sa vie au malheur, à mon humble avis.
Et si tu restes comme ça, quand ils seront morts (parce que c'est dans l'ordre naturel des choses), dans 40 ou 50 ans, tu te retrouveras vraiment comme un con. Ah ben oui, tu ne les auras pas blessés, tu auras été un fils modèle. Bravo, c'est beau, Dieu te le rendra. Et après ? Là, tu auras vraiment raté ta vie, en vivant (au mieux) des histoires foireuses avec des femmes que tu auras été incapable d'aimer, éventuellement en les trompant vite fait dans les buissons avec des hommes de passage parce qu'au bout d'un moment ça deviendra tendu. Et tu te retrouveras à 60 ans avec les deux tiers d'une vie de frustration et de mensonge derrière toi, et plus assez de temps pour rattraper le retard.
Edit : je vois que je rejoins Gé sur ce point.
Ou alors, tu peux commencer à vivre maintenant. Tes parents n'ont pas besoin de connaître les détails de ta vie sentimentale et sexuelle. Tu peux attendre d'être un peu plus à l'aise avec tes désirs et ton corps, ou même d'être indépendant financièrement, pour leur dire que tu n'es pas hétéro. Être adulte c'est aussi se détacher de ses parents et ne plus leur rendre des comptes en permanence. Je ne sais pas à quel point vous communiquez entre vous, mais je connais assez peu de relations parents-enfants où tout se dit (d'un côté comme de l'autre). Tu peux t'épanouir hors de leur champ de vision un moment, et quand tu seras assez solide, leur faire la preuve de ton bonheur : je me répète, mais parmi les objectifs de bons parents, il y a l'envie que leur progéniture soit heureuse (ou alors c'est moi qui n'ai pas grandi dans une famille normale, je ne sais pas), et le constater peut aider à leur faire avaler une pilule par ailleurs amère.
Bref, j'espère que je ne t'ai pas vexé et blessé. Je pense que se faire bousculer peut aussi aider à prendre du recul, j'espère que j'ai bien fait.
Pour résumer, ne te cache pas derrière les réactions hypothétiques des Autres pour t'empêcher de devenir celui que tu es. Si on adopte ce crédo, on ne fait jamais rien. C'est la solution la plus facile, mais c'est aussi la moins efficace.
Au bout d'un moment il faut peut-être se mettre un coup de pied au cul, aussi. Tu ne vas pas passer les 40 prochaines années assis sur un banc à regarder ta vie défiler en te disant "Ah si seulement j'avais eu des parents ouverts d'esprit". C'est un constat d'échec et un abandon qui ne t'apportera rien, à part de t'enfoncer dans la dépression ou de construire une vie "comme il faut" qui rendra malheureux toi, ta femme, tes enfants (jusqu'au jour où ça explosera) et au final tes parents aussi.
Tu n'es pas le premier à avoir subi le rejet de ta famille (d'ailleurs tu ne l'as pas encore subi, et tu as une sœur de ton côté, APPUIE-TOI SUR ELLE au lieu de te focaliser sur tes parents), à avoir dû te (re)construire sans leur soutien. Personne ne dit que c'est facile à supporter, personne ne dit que ça ne laisse pas de marques, personne ne dit que tu seras heureux en un claquement de doigts. Mais si tu veux avoir une chance d'être heureux, il faut que tu acceptes qui tu es et que tu jettes aux orties les habits que tu voudrais pouvoir porter mais qui ne sont pas taillés pour toi. Tu es homosexuel. Point. Plutôt que de te morfondre en partant du principe qu'à 23 ans, tu as déjà raté ta vie (lol, mais lol, elle n'a pas commencé !), utilise ton énergie à autre chose : t'ouvrir l'esprit, rencontrer des gens qui pourront t'aider, te construire un réseau d'amis qui pourront te soutenir et faire barrage entre toi et la violence du monde.
Ton pire ennemi à l'heure actuelle, ce ne sont pas tes parents, c'est toi. Tu as peur du changement et c'est normal. Assumer son homosexualité, c'est se jeter d'une falaise sans savoir ce qu'il y a en bas. Mais fais gaffe à ce que le rejet potentiel de tes parents ne devienne pas une excuse confortable pour ne surtout rien faire de ta vie. Bien sûr qu'ils ne seront pas ravis. Évidemment. Les parents qui rêvent que leur fils soit pédé ne courent pas les rues, aussi surprenant que ça puisse paraître. Probablement qu'ils seront déçus. Peut-être qu'ils te rejetteront. Peut-être. Et peut-être pas, ou peut-être pendant quelques mois, le temps qu'ils comprennent que tu restes leur fils. Ça fait beaucoup de d'incertitude. Beaucoup trop pour vouer sa vie au malheur, à mon humble avis.
Et si tu restes comme ça, quand ils seront morts (parce que c'est dans l'ordre naturel des choses), dans 40 ou 50 ans, tu te retrouveras vraiment comme un con. Ah ben oui, tu ne les auras pas blessés, tu auras été un fils modèle. Bravo, c'est beau, Dieu te le rendra. Et après ? Là, tu auras vraiment raté ta vie, en vivant (au mieux) des histoires foireuses avec des femmes que tu auras été incapable d'aimer, éventuellement en les trompant vite fait dans les buissons avec des hommes de passage parce qu'au bout d'un moment ça deviendra tendu. Et tu te retrouveras à 60 ans avec les deux tiers d'une vie de frustration et de mensonge derrière toi, et plus assez de temps pour rattraper le retard.
Edit : je vois que je rejoins Gé sur ce point.
Ou alors, tu peux commencer à vivre maintenant. Tes parents n'ont pas besoin de connaître les détails de ta vie sentimentale et sexuelle. Tu peux attendre d'être un peu plus à l'aise avec tes désirs et ton corps, ou même d'être indépendant financièrement, pour leur dire que tu n'es pas hétéro. Être adulte c'est aussi se détacher de ses parents et ne plus leur rendre des comptes en permanence. Je ne sais pas à quel point vous communiquez entre vous, mais je connais assez peu de relations parents-enfants où tout se dit (d'un côté comme de l'autre). Tu peux t'épanouir hors de leur champ de vision un moment, et quand tu seras assez solide, leur faire la preuve de ton bonheur : je me répète, mais parmi les objectifs de bons parents, il y a l'envie que leur progéniture soit heureuse (ou alors c'est moi qui n'ai pas grandi dans une famille normale, je ne sais pas), et le constater peut aider à leur faire avaler une pilule par ailleurs amère.
Bref, j'espère que je ne t'ai pas vexé et blessé. Je pense que se faire bousculer peut aussi aider à prendre du recul, j'espère que j'ai bien fait.
Pour résumer, ne te cache pas derrière les réactions hypothétiques des Autres pour t'empêcher de devenir celui que tu es. Si on adopte ce crédo, on ne fait jamais rien. C'est la solution la plus facile, mais c'est aussi la moins efficace.
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Bonjour Unborn,
Je suis une fille égarée sur ce forum "garçon", mais c'est surtout le topic "coming-in" qui m'a interpellée...
C'est le premier message que j'écris sur ce forum et pour cause... j'ai 29 ans et je découvre cette partie de moi homosexuelle depuis quelques mois... Et comme toi, je pense souffrir d'une certaine "homophobie intériorisée"...
Je t'écris pour te dire que j'entends ce que tu dis lorsque tu écris "pourquoi moi" et aussi lorsque tu parles de ta famille... Bien sûr tu les aimes, et je ne pense pas comme cité plus haut que tu veuilles absolument "passer à côté de ta vie" pour faire plaisir à tes parents...
Ce n'est pas cela que tu écris lorsque tu parles de tes parents, tu projettes surement ce que toi tu penses de ton homosexualité que tu refuses et peut-être trouves-tu injuste?!?
Puisque justement tu viens ici pour savoir "comment intégrer cette nouvelle donne de ton être (concernant tes désirs profonds) qui ne correspond pas forcément à ce à quoi tu aspirais?"... Et selon le vécu, la personnalité cette (re)construction de sa personnalité n'est pas évidente, car je pense que c'est un deuil qui fait échos à différentes angoisses archaïques et comme tout deuil, le chemin n'est pas linéaire...
Donc le travail est d'abord vis-à-vis de toi-même, après le chemin vers ta famille se fera naturellement parce que tu seras ok avec toi-même...
Je dis cela parce que contrairement à toi, ma famille n'a pas de problème avec mon homosexualité car je leur ai fait part de mes doutes depuis le début, mais c'est moi qui est du mal avec cette nouvelle donne (dépression ++, suivi psy), car j'ai l'impression de m'être "menti à moi-même" jusqu'à aujourd'hui (j'étais en couple avec un homme, mon homme pendant 8 ans, et je tenais à lui, à notre vie, notre futur ensemble) et surtout la chose au quelle j'aspirais depuis toute petite... c'était cette famille (classique) que j'allais fonder...
Bref, bon courage à toi "Unborn", je sais qu'il y a cette donnée culturelle vis-à-vis de ta famille (qui n'est pas des moindres, mais en même temps "il n'y a pas moins d'homos dans la culture orientale" et tes parents sont probablement intelligents pour comprendre cela, ce qui fait que la culture importe peu mais que leur réaction sera comme celle des autres parents qui devront eux aussi faire le deuil d'une certaine manière, le deuil des attentes qu'ils avaient à ta place), mais le "vrai travail" à faire, c'est OUI te rapprochait de personnes qui peuvent t'entendre, qui ont vécus cela pour partager leur expérience, pour que tu puisse déconstruire tes idées sur l'homosexualité, le comment vivre avec et ainsi... faire un pas de côté pour un NOUVEAU REGARD qui te permette de te projeter dans l'avenir, car c'est cela dont tu parles aujourd'hui ... le sentiment d'avoir un avenir barré!
Bref, je m'arrête là,
Bien à toi Unborn, tu vas bientôt naître à toi-même!
Je suis une fille égarée sur ce forum "garçon", mais c'est surtout le topic "coming-in" qui m'a interpellée...
C'est le premier message que j'écris sur ce forum et pour cause... j'ai 29 ans et je découvre cette partie de moi homosexuelle depuis quelques mois... Et comme toi, je pense souffrir d'une certaine "homophobie intériorisée"...
Je t'écris pour te dire que j'entends ce que tu dis lorsque tu écris "pourquoi moi" et aussi lorsque tu parles de ta famille... Bien sûr tu les aimes, et je ne pense pas comme cité plus haut que tu veuilles absolument "passer à côté de ta vie" pour faire plaisir à tes parents...
Ce n'est pas cela que tu écris lorsque tu parles de tes parents, tu projettes surement ce que toi tu penses de ton homosexualité que tu refuses et peut-être trouves-tu injuste?!?
Puisque justement tu viens ici pour savoir "comment intégrer cette nouvelle donne de ton être (concernant tes désirs profonds) qui ne correspond pas forcément à ce à quoi tu aspirais?"... Et selon le vécu, la personnalité cette (re)construction de sa personnalité n'est pas évidente, car je pense que c'est un deuil qui fait échos à différentes angoisses archaïques et comme tout deuil, le chemin n'est pas linéaire...
Donc le travail est d'abord vis-à-vis de toi-même, après le chemin vers ta famille se fera naturellement parce que tu seras ok avec toi-même...
Je dis cela parce que contrairement à toi, ma famille n'a pas de problème avec mon homosexualité car je leur ai fait part de mes doutes depuis le début, mais c'est moi qui est du mal avec cette nouvelle donne (dépression ++, suivi psy), car j'ai l'impression de m'être "menti à moi-même" jusqu'à aujourd'hui (j'étais en couple avec un homme, mon homme pendant 8 ans, et je tenais à lui, à notre vie, notre futur ensemble) et surtout la chose au quelle j'aspirais depuis toute petite... c'était cette famille (classique) que j'allais fonder...
Bref, bon courage à toi "Unborn", je sais qu'il y a cette donnée culturelle vis-à-vis de ta famille (qui n'est pas des moindres, mais en même temps "il n'y a pas moins d'homos dans la culture orientale" et tes parents sont probablement intelligents pour comprendre cela, ce qui fait que la culture importe peu mais que leur réaction sera comme celle des autres parents qui devront eux aussi faire le deuil d'une certaine manière, le deuil des attentes qu'ils avaient à ta place), mais le "vrai travail" à faire, c'est OUI te rapprochait de personnes qui peuvent t'entendre, qui ont vécus cela pour partager leur expérience, pour que tu puisse déconstruire tes idées sur l'homosexualité, le comment vivre avec et ainsi... faire un pas de côté pour un NOUVEAU REGARD qui te permette de te projeter dans l'avenir, car c'est cela dont tu parles aujourd'hui ... le sentiment d'avoir un avenir barré!
Bref, je m'arrête là,
Bien à toi Unborn, tu vas bientôt naître à toi-même!
Re: "Coming-In" : se poser les bonnes questions
Coucou Unborn,
Juste un petit message pour te souhaiter bon courage car je me suis beaucoup reconnue dans tes messages.
Je n'ai pas de solutions, je me rends compte que j'ai toujours du mal à m'accepter. Moins qu'au départ (où ma solution + ou - consciente avait été de me jeter en couple hétéro et de m'y accrocher coûte que coûte, mariage, bébé, etc. ... en fait ça solutionne rien du tout, ça ne fait qu'empirer les choses tôt ou tard...), car j'ai accepté l'idée, et quelque part je suis soulagée de m'être acceptée en surface : je n'ai plus de honte à regarder les filles ou baver devant des stars de ciné, etc. je trouve même ça plutôt sympa ... Et au quotidien ça me gêne pas, tant que je réfléchis pas trop...
Par contre dès que je réfléchis sérieusement, que je me projette un peu trop, ou dès que je passe un moment très LGBT (du genre parler d'homosexualité avec des gens, sortir avec des potes homos, être sur le point de m'outer à quelqu'un...), bref dès que je me sens vraiment "bien" pendant un moment par rapport à ça en fait, c'est irrémédiablement ultra-compensé par 2 - 3 jour de profond mal-être à la limite du supportable, pendant lesquels rien que de penser au fait que j'ai une part homo en moi (je parle de "part homo" parce que ce n'est qu'une des multiples facettes qui composent ma personnalité ^^) me donne des (vraies) nausées, l'envie de vomir, un réel dégoût de cette part de moi-même et l'impression de suffoquer à l'idée de la déception et de la peine qu'auraient mes parents et les gens qui m'apprécient. Je sais que, perso, c'est lié à mon trop grand attachement au jugement des autres, je peux pas m'imaginer lesbienne dans les regards de mes proches ou des gens qui me connaissent (et c'est très certainement lié à la manière dont j'ai été élevée avec cette pression et cette crainte permanente des apparences et du jugement, truc que j'ai rejeté et pourtant...), et je suis vraiment consciente du fait qu'il faut que je dépasse ça, mais j'en suis pas encore là, c'est toujours très ancré (à tel point que j'ai du mal à regarder en face le peu de personnes auprès desquelles je me suis outée parce que ça me semblait l'étape indispensable alors que j'étais pas prête)... Mais, n'empêche que j'ai déjà réussi à rendre ça supportable voire agréable au quotidien, dès lors que je ne me pose pas de questions trop existentielles, je me sens parfaitement acceptée par moi-même quand j'ai juste à penser à moi et pas à "moi en interaction avec les autres", et c'est déjà un gros gros progrès par rapport à ce que c'était au départ.
Le seul truc c'est que des fois j'en arrive à avoir l'impression d'avoir deux vies hermétiques : celle avec les gens qui savent (et ont su dès le départ le plus souvent, rencontrés par des amis gays ou des assos) et celle avec ceux qui savent pas (et à qui il me paraît à l'heure actuelle impensable de faire savoir). Malgré tout j'ai l'impression de progresser (par exemple j'envisage enfin quelques CO du côté des "gens qui savent pas") , lentement certes mais dans la bonne direction, c'est déjà ça...

Courage et surtout garde confiance.
Juste un petit message pour te souhaiter bon courage car je me suis beaucoup reconnue dans tes messages.
Je n'ai pas de solutions, je me rends compte que j'ai toujours du mal à m'accepter. Moins qu'au départ (où ma solution + ou - consciente avait été de me jeter en couple hétéro et de m'y accrocher coûte que coûte, mariage, bébé, etc. ... en fait ça solutionne rien du tout, ça ne fait qu'empirer les choses tôt ou tard...), car j'ai accepté l'idée, et quelque part je suis soulagée de m'être acceptée en surface : je n'ai plus de honte à regarder les filles ou baver devant des stars de ciné, etc. je trouve même ça plutôt sympa ... Et au quotidien ça me gêne pas, tant que je réfléchis pas trop...
Par contre dès que je réfléchis sérieusement, que je me projette un peu trop, ou dès que je passe un moment très LGBT (du genre parler d'homosexualité avec des gens, sortir avec des potes homos, être sur le point de m'outer à quelqu'un...), bref dès que je me sens vraiment "bien" pendant un moment par rapport à ça en fait, c'est irrémédiablement ultra-compensé par 2 - 3 jour de profond mal-être à la limite du supportable, pendant lesquels rien que de penser au fait que j'ai une part homo en moi (je parle de "part homo" parce que ce n'est qu'une des multiples facettes qui composent ma personnalité ^^) me donne des (vraies) nausées, l'envie de vomir, un réel dégoût de cette part de moi-même et l'impression de suffoquer à l'idée de la déception et de la peine qu'auraient mes parents et les gens qui m'apprécient. Je sais que, perso, c'est lié à mon trop grand attachement au jugement des autres, je peux pas m'imaginer lesbienne dans les regards de mes proches ou des gens qui me connaissent (et c'est très certainement lié à la manière dont j'ai été élevée avec cette pression et cette crainte permanente des apparences et du jugement, truc que j'ai rejeté et pourtant...), et je suis vraiment consciente du fait qu'il faut que je dépasse ça, mais j'en suis pas encore là, c'est toujours très ancré (à tel point que j'ai du mal à regarder en face le peu de personnes auprès desquelles je me suis outée parce que ça me semblait l'étape indispensable alors que j'étais pas prête)... Mais, n'empêche que j'ai déjà réussi à rendre ça supportable voire agréable au quotidien, dès lors que je ne me pose pas de questions trop existentielles, je me sens parfaitement acceptée par moi-même quand j'ai juste à penser à moi et pas à "moi en interaction avec les autres", et c'est déjà un gros gros progrès par rapport à ce que c'était au départ.
Courage et surtout garde confiance.
