
Encore merci à tous pour vos encouragements

Je pense que ça me donne d'autant plus l'énergie de continuer dans cette voie.
Je voulais aussi vous dire que je me suis réveillé ce matin serein et sans larmes (ca fait du bien, croyez moi sur parole

), et même avec de l'espoir sur ma vie future

. Bon, faut dire qu'il y avait du soleil et que je voyais la chaîne des Alpes depuis ma cuisine, malgré tout ça aide quand même un peu
eedee a écrit :Je me suis outé 10 ans plus tôt que toi, et à l'époque je m'étais dit que j'avais gâché 10 ans de ma vie. Avec le recul, j'en suis heureux, car je pense que je n'aurais pas du tout été prêt à affronter le monde gay à cet age-là. Pas qu'il soit "dangereux", bien entendu, mais il peut être très cruel quand on n'est pas assez armé émotionnellement pour rencontrer des gens.
C'est vrai que même si je regrette (et que je regretterai sans doute longtemps) d'avoir perdu tant de temps, je me dis que même si c'est dur de m'assumer aujourd'hui, c'est malgré tout plus facile qu'il y a 10 ans où j'avais beaucoup moins confiance en moi
inextricable a écrit : Si je pouvais me permettre une synthèse (forcément subjective je m'en excuse par avance) de la dominante qui ressort des trentenaires/quarantenaires réalisant/découvrant leur homosexualité c'est que vous semblez être en paix/sérénité, d'abord avec vous même, mais aussi avec le monde extérieur comme si toutes ces années de déni avaient fini par bouillonner, par monter en pression et que d'un coup tout devient clair/évident...
Je pense que ce qui différencie peut être la majorité des trentenaires / quarantenaires, c'est que lorsqu'on avait 15-20 ans, il y avait très peu d'images de l'homosexualité, pas d'internet, pas d'assoc gay...clairement, beaucoup moins de possibilité de s'assumer, surtout si comme moi, on vivait à la campagne. Mais il est clair que après des années de mensonge, pour moi en tout cas, tout m'a explosé à la figure. Par contre, autant je suis plus en paix avec moi-même maintenant, autant j'ai tendance à en vouloir à tout ce qui m'a empêcher de le faire plus tôt

Moi qui ne suis pas violent et qui est toujours eu de la peine quand j'avais blessé des personnes involontairement, je pense qu'il ne faudrait pas me mettre une personne avec des propos homophobes sous les yeux en ce moment, je risquerai de passer du coté obscur
inextricable a écrit :Peu importe le prix à payer ou les sacrifices, vous réclamez tous votre droit au bonheur.
J'ai longtemps pensé que c'était très égoïste de penser à SON bonheur, mais cela ne veut pas dire qu'il se fait obligatoirement sans les autres (je pense même tout le contraire), et je pense même aujourd'hui qu'on rend les autres certainement plus heureux quand on l'est soi même.
inextricable a écrit :Mais tout ça a un coût et là c'est l'inextricable pessimiste qui parle (a-til jamais été optimiste?!?). Et d'ailleurs tu le décris très/trop bien dans l'un de tes messages Littleyoda : ta vie d'avant, tu tires un trait dessus? tes projets? tes désirs d'une vie "normale"? tes amis?
La difficulté, dans le tournant que je suis en train de prendre, c'est de concilier cette vie d'avant avec la personne que je suis en train de devenir maintenant. Ca ne veut pas dire que je vais tirer un trait sur tout, déménager à l'autre bout du monde et tout recommencer (même si je l'avais envisagé il y a quelques années

), ca veut simplement dire que je vais abandonner les choses que je faisais pour me conformer à la "normalité" et conserver celles que j'aime et que j'ai toujours aimé (le sport, la musique...). Pour mes amis, ceux qui seront suffisamment ouverts pour comprendre que, même si c'est une composante importante pour moi (surtout dans cette période où j'essaye de m'assumer), ca ne change pas la totalité de la personne qu'ils connaissaient avant, ca peut juste me permettre d'être plus en phase avec ce que je suis vraiment, ca ne leur posera pas de problème. Pour les autres, même si ca ne sera pas forcément facile, je me dis que c'est que je me serai trompé sur ces personnes

. Clairement, je ne suis pas naïf au point de ne pas voir qu'il y a des choses auxquelles je dois renoncer : le fait d'avoir des enfants, le fait de devoir régulièrement "expliquer" mon orientation...mais même si ca peut être un prix élevé (je pense aux enfants surtout), c'est un choix qui ne m'appartient pas, c'est juste un choix que la société a fait pour moi (ce qui m'énerve grandement d'ailleurs

)
inextricable a écrit : J'en suis presque à la deuxième étape mais que le gap est large et sans fond! Et ma quête perso, ce n'est pas le bonheur, c'est juste une vie normale avec de l'affection.
Mais cette vie là n'est elle pas justement TA définition du bonheur?

Et tu sais même si la marche te parait infranchissable aujourd'hui, sache que je pensais la même chose il y a encore peu de temps, alors garde espoir, rassemble tes force
(rêve à la vie que tu pourrai vivre si tout se passait comme tu le souhaites, ca aide), et dis toi que tu n'as pas choisi d'être gay, mais que tu peux choisir d'essayer de faire avec, et même de partir chercher ce bonheur que tu ne trouveras pas dans un placard
Dire que c'est moi qui me permet de donner des conseils alors que je n'y connais rien...désolé, probablement un excès d'optimisme encore ce soir, je sors
