En fait, ya pas de généralités, dans cette histoire. Mais NeMs l'a dit alors que je commençais à beurrer cette loooongue tartine
On passe plein de temps à négocier des choses les uns avec les autres. Ca se fait sur des attendus et des codes dont le caractère "commun" n'est pas franchement évident, quand il s'agit de trucs potentiellement aussi intimes que la sexualité.
Faut s'attendre à des trucs désagréables. Maintenant quoi ? Finalement on discute longtemps pour savoir ce qui est "normal" et ce qui ne l'est pas, skébien, ou non. Et finalement, on est pris dans des débats moraux - c'est bien/c'est pas bien.
Je suis pas certain que la position (if ail mais ces sceaux) de My Precious ait été "morale". Me semble pas - ça a été dit, d'ailleurs - qu'il jugeait la personne. Si j'ai bien compris, il trouvait juste son comportement paradoxal, pas franchement sympathique, et poussait une gueulante - parce que ça fait du bien, tiens ! - tout en regrettant de s'être retrouvé dans une situation que pourtant il a l'habitude de savoir éviter
La question, je trouve, est pas de savoir dans l'absolu ce qui aurait dû se passer - sinon on fait de la mauvaise métaphysique, genre causer du sexe immatériel des anges -, ni qui était légitime dans la situation - pour ça, il faudrait avoir l'avis des
deux parties
car les parties vont par deux 
. La question c'est plutôt - enfin, moi je réagis comme ça, voila - : il y a un récit que quelqu'un nous offre, là, et ce récit, il engendre des réactions, on le voit bien. L'idée, c'est pas de savoir
qui a raison, mais ce à quoi ça nous renvoie nous, et pourquoi ? Et aussi, de creuser les différences, en essayant de comprendre pourquoi les autres ne réagissent pas comme nous - autres valeurs, autres façon d'habiter son corps et ses émotions, tout ça.
Vous me direz, en général, c'est ce qu'on fait quand on essaie de savoir si c'était bien ou mal. Oui, c'est pas faux ! Mais aussi : on essaie quand même d'avoir raison - de gagner le procès
et sincèrement, il s'est défendu et bien défendu, comme un beau diable, My Precious 
.
Donc dans le même ordre d'idées, non, la sexualité, c'est pas un besoin vital pour les individus. Pour l'espèce seulement. Les libidos sont très différentes d'un individu à l'autre,
La question est pas de savoir si c'est bien ou mal, la question est de savoir comment on fait pour continuer à grandir - pour ne pas s'arrêter en chemin. Qui dit "coincé", dit "arrêté". Ce n'est pas nécessairement bon, ou mauvais. Le tout est de ne pas faire de petits arrangements avec ses petits morts (cadavres) dans le placard à soi.
Et en général, quand on s'en prend à quelqu'un sur le terrain de l'éthique, c'est ça qu'on fait : de petits arrangements avec les endroits où ça coince chez nous. Je dis "en généra". Pas tout le temps. Mais nos réactions éthiques/morales spontanées, c'est juste l'expression de nos points de blocages. Alors certains sont socialement reconnus comme sains - il y a des sujets où il
faut être horrifié, mal à l'aise, etc. sous peine de sanction sociale - et d'autres pas. mais ce sont toujours des endroits où ça bloque - dont l'évocation engendre des émotions spontanées négatives (= stressantes : colère, chagrin, dégoût, etc.).
Ben pour moi, la morale, c'est autre chose - parce que finalement l'homophobie, ça fonctionne exactement comme ça : expression spontanée de points de blocages.
Et si vous m'avez lu jusqu'au bout, vrai, z'avez achtement du mérite (j'espère que c'était un peu clair, quand même)
