Inextricable de retour, pffiouh... dur dur

Pour eux.
spécimen
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Message par spécimen »

Brutaldeath a écrit :Qu'il te pousse à brûler les étapes et à te renier toi-même comme ce qu'on peut éventuellement comprendre en lisant ton premier message, non.
Non, comme je l'ai écrit à Captain par MP, mais aussi à Védra et à Tempérance, et comme je l'ai écrit ici même dès le premier post : je ne peux plus me renier. J'ai même écrit que je me surprenais à avoir des vieux réflexes d'hétéro ! Mais c'est pas pour autant que je cautionnais ! J'ai écrit que cette envie d'enfant me poussait même à avoir des envies hétéro "factices" pour les femmes ! Mais je n'ai pas cautionné ! D'ailleurs MecheRebel a très bien relevé ce détail pour l'avoir ressenti elle-même !

Je ne peux plus renier ce que j'ai eu du mal et que j'ai fini par accepter mais surtout comprendre ! J'ai même écrit que ce serait un enfer. Il n'est donc pas question d'avoir un enfant avec une femme que je pourrais aimer certes, mais que je ne pourrais pas désirer dans le cadre d'un pseudo couple !
Brutaldeath a écrit :Si ça doit te servir de leit-motiv pour avancer dans la vie, eh bien, vas-y, mais vas-y de façon intelligente.
Comme je l'ai écrit à Captain, cette envie d'enfant, apparaît dès le premier post rédigé sur ce forum en décembre 2007. Et c'est bien parce que j'étais incapable de fonder une famille que j'ai décidé de m'échouer sur ce forum pour prendre le temps d'affronter mes démons. C'est le manque d'affection et l'impossibilité de fonder une famille qui m'ont poussé à faire cette démarche personnelle. Si j'y avais été étanche, j'aurais très bien pu mourir vierge à 70 ans sans jamais avoir connu l'amour, ni même la joie de la paternité ! C'est bien ça le moteur de ma motivation aujourd'hui !

Mais entre moi et la famille, j'ai déjà réussi à dévoiler le poteau rose avec l'homosexualité qui me barrait le chemin. Maintenant c'est ce foutu relationnel de merde. Et je sais pertinemment que seul c'est quasi mission impossible la famille ! Je vois bien déjà avec ma sœur ! Voilà le cœur de mon tout premier post sur ce thread... Je synthétise à mort : pourquoi soulever des montagnes à vivre son homosexualité, si le relationnel est aussi merdique et si l'homophobie et/ou les lois m'empêchent d'être père ? Je suis près à soulever n'importe quoi aujourd'hui mais pas si c'est pour mieux me priver de mon but, non pas question...
ExMembre L

Message par ExMembre L »

Bon, après certains vont légitimer ma position en me plaçant du côté obscur de la force, des "méchants", de ceux qui ressentent peu ou pas, alors qu'à l'opposé Spécimen ressent trop, c'est donc un "gentil". Pas grave.
C'est drôle Brutal ce leitmotiv qui est le tien, et qui consiste à penser qu'on te prend toujours pour le méchant. Personnellement je te trouve plutôt attendrissant et vulnérable, je n'aurais pas idée - et je pense personne ici - de placer quelqu'un d'extrêmement sensible dans un rapport de supériorité face à quelqu'un qui l'est moins. Pour moi il n'y a que deux personnes qui fonctionnent selon des modalités différentes et pourtant j'en suis certaine pas si éloignées que tu voudrais le penser ou nous le faire penser.

Mais peu importe, je souligne qu'au bout du compte une fois de plus seule la formulation nous séparait les uns des autres. Sur le fond on se retrouve tous.


Quand au fait Spécimen qu'on ne puisse pas prévoir les réactions des abrutis, tout au mieux peut-on s'entrainer à les éviter.
personnellement pour mettre un terme à ma panique relationnelle (jusqu'à 21 ans je n'ai jamais osé adresser la parole à une personne n'ayant qu'un an de plus que moi. passer au "tu" a été un supplice, et puis j'ai évloué. je partais du principe que mesurant ce que moi même j'étais capable d'assimiler en une année de vie, un monde... il était impossible d'envisager communiquer avec une personne plus âgée, car nos monde n'étaient plus compatibles au vu de la distance intellectuelle qu'avaient certainement parcouru ces personnes en comparaison avec moi. ce n'est qu'un exemple des nombreux handicaps que j'ai du surmonter au fil des ans, mais ça prouve à quel point j'étais handicapée aussi. impossible de croiser un regard de supporter un contact, de faire la bise, je rougissait tout le temps, j'interprétais tout de travers, j'aurais donné ma vie pour des imbéciles bornés, j'en passe et des meilleures.)


bref. J'ai donc été obligée de structurer mon approche des gens. Et de créer des catégories (même si on est bien d'accord c'est toujours approximatif) de visages, de comportement, de mouvement, de regard, de réactions. En fait ça finit par donner une grande grille et par réduire la marge de surprise restante dans la plupart des rencontres. La surprise s'amenuise, au fil du temps je repère les comportements et mots qui ressemblent le plus à ce que je recherche.
Je sais très bien que j'ai mes propres constantes. Ainsi, il suffit de mesurer l'écart entre ce que je propose et la réaction de celui d'en face par rapport à une moyenne attendue qui est ma propre mesure.

A partir de la il y a les réactions non admises, je coupe les ponts très vite, les positives éloignée quand même de mon état d'esprit mais la relation reste possible mais superficielle, et les tout à fait appropriées à mes yeux, qui ouvriront sur la possibilité d'une relation. les réactions surprenante dans le mauvais sens deviennent de plus en plus rares, parce que au fil du temps on finit malgré tout par les assimiler et les comprendre. Ce n'est que l'incompréhension qui mène à l'échec radical ou au rejet d'une relation. Et puis ensuite viennent celles qu'avec le temps on comprend, mais dont on sait que quoi qu'il arrive on n'accèptera pas dans notre univers : homophobie par exemple. Mais cela cesse de faire peur, parce que c'est compréhensible. C'est alors si on en a le courage un travail de déconstruction et d'ouverture qui peut s'engager.


Evidemment cette typologie peut paraitre simpliste, elle est néanmoins salvatrice pour des gens hypersensibles. Elle nécessite un peu de pratique, des heures de réflexion suite à n'importe quel contact humain, une relecture perpétuelle de ce qui s'est dit s'est fait a été ressenti. Néanmoins, les réactions émotionnelles peuvent se détailler aussi au niveau des expressions, et avec ton ressenti tu décuples tout, donc comprendre où se situe l'autre émotionnellement sans même le formuler clairement ce doit être possible.

En fait c'est un travail de structuration de TRES longue haleine, qui permet de limiter les dégats immédiats, les coups de coeurs irrationnels, les échecs et les impasses douloureuses. Mais finalement en raisonnant calmement ta dernière relation "amoureuse" t'as conduit à faire les bons choix pour terminer.

Le plus dur au départ est je pense de ne pas s'enflammer immédiatement façon coeur d'artichaud parce qu'on croit tous les deux mètres avoir rencontré l'âme soeur, alors qu'on a seulement trouvé un tout petit point d'achoppement chez l'autre...

enfin voila. En tout cas c'est une piste qui pourrait te permettre d'avancer de façon plus structurée dans les relations humaines, en conservant une relative neutralité observatrice au niveau des sentiments qui te traversent. Ou alors ils te traversent (on n'y peut rien) mais tu les mets de côté jusqu'à ce que le travail de la raison se greffe par dessus et les ajuste de manière plus conventionnelle.
spécimen
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Message par spécimen »

Pffiouh ma Lulu :copain: Et beh :niais:
C'est vrai qu'inconsciemment je fais un peu ça déjà, mais c'est complètement parasité/brouillé par les émotions, qu'elles soient positives (cœur d'artichaut) ou négatives (stress et peur).

Il faut absolument que je sois en mesure, comme tu l'as justement souligné, de mettre de côté mes émotions pour analyser correctement la situation. C'est certainement le pivot de mon immaturité relationnelle aujourd'hui : les émotions. Y a pas de cachetons à prendre pour calmer ça et c'est pourtant ce qui me pourrit la vie à tel point que j'ai préféré l'isolement et la solitude jusqu'à il y a peu.

J'ai une équation qui est d'une "simplicité" effarante à lire mais considérablement inextricable à résoudre : relation = émotion + peurs
Je me retrouve même aujourd'hui à avoir peur de déranger, de gêner, de décevoir, d'ennuyer, d'être de trop, d'être ridicule, d'être ennuyeux, d epasser pour le bon con de service etc etc...

Aux premiers abords je suis qqun de passablement froid et austère. Et il faut bien souvent une très longue période pour connaître le spécimen moins tendu, moins peureux, un peu plus sûr/confiant, un peu plus engageant.

Depuis quelques jours seulement, j'ai décidé (inconsciemment je pense) de me laisser une chance en sautant dans le vide sans filet à entretenir un contact avec les personnes qui me touchent/interpellent. Avant c'était systématiquement impensable, par peur, mais là je me dis ben tentons, si je fais chier le monde, ben ils m'enverront bouler (enfin j'espère car je ne veux pas non plus passer pour le boulet de service ni le pôvr' gars que l'on accueille par charité)... et puis je passerai à autre chose même si cela m'affecterait.

Encore un autre déclic récemment, la poignée de mains :oops: Je ne sais pas vous, mais perso c'est une véritable épreuve à tel point que je suis obligé de "déconnecter" mon cerveau pendant l'acte pour ne pas ressentir le contact physique. C'est à la fois brrr :? et wouaouh :D. Résultat je deviens tout rouge, je bredouille, incapable d'aligner des mots dans le cadre d'une phrase cohérente :( Il y a une telle somme d'informations nerveuses si contradictoires qui passent en si peu de temps, que c'est très déstabilisant.
La seule stratégie que j'ai déployée pour ne pas paraître idiot, c'est de me focaliser sur toute autre chose : les vêtements de la personne en face, l'oiseau dans le ciel, le reflet sur la vitrine en arrière plan. Je n'ai plus de main, il ou elle n'a plus de main. J'essaye quand même d'être chaleureux, mais pas trop.
Bref, récemment donc, je m'autorise de nouveau à "rebrancher" le cerveau pendant le serrage de mains, tout en essayant de filtrer le mauvais côté du ressenti et ne filtrer que le "bon". Pffiouh :oops: le contact de la peau, le toucher, la chaleur du corps :oops: :euh: et bizarrement :^^: les mains masculines me font plus d'effet que les mains féminines :ninja: :oops: Et du coup, les émotions rappliquent les connes ! Et toussa pour un putain de basique de serrage de mains ! :oops: Je n'ose pas imaginer ce que cela pourrait être pour un câlin ou pour un bisou !

Toussa pour dire que c'est en effet un travail de très longue haleine Lulu, cette catégorisation, cette tentative de prévoir les comportements, d'éviter/esquiver les mauvais et conserver les gentils etc Mais c'est colossale. Il va falloir plus d'une vie pour appliquer les bons filtres aux bons moments, aux bonnes situations. Avant c'était plus simple, c'est tellement intense que je coupais tout, je bloquais tout pour justement ne pas être assailli par tout ça, pour ne pas ressentir, préférant largement la douceur d'une plume, la tendresse d'un brin d'herbe, l'aspect satiné d'une feuille vernissée. Et je pense c'est ce qui a causé cette immaturité relationnelle car j'installais une barrière complètement étanche aux émotions, aux ressentis dans une relation, pour contrecarrer peurs et émotions.

J'ai un peu honte là d'écrire toussa :oops: mais c'est juste pour que vous compreniez à quel point la vie peut être pénible à vivre et à profiter. J'entends bien ce que vous écrivez, mais c'est toute une stratégie à mettre en place et une dépense d'énergie infernale. Et toussa pour au bout n'être même pas sûr de pouvoir être père... :(

M'enfin merci quand même Lulu :amour: :gentil: La description de ta stratégie me paraît suffisamment logique, reproductible et cartésienne pour l'adopter et l'adapter à ma sauce ! Au moins, cela va me permettre, dans un premier temps, de m'affranchir de l'imprévisibilité humaine.
Fade Out a écrit :Je n'ai pas l'impression de m'acharner. D'ailleurs je crois que tu as bien compris ce que certains voulaient te dire.
Tu défendais les interventions des autres intervenants. Ces mêmes interventions qui étaient de l'acharnement à mes yeux et contrairement à ce que tu as écris à 19:50, certains d'entre eux ont tout de même émis l'idée que ce désir d'enfant était dû à mon désir d'être normal. Ce que voulait signifier Wanou, c'est qu'il ne fallait pas tout confondre. Et les extrapolations entre le désir, les capacités émotionnelles n'ont pas à intervenir ou à être utilisées pour préjuger/infirmer/confirmer des capacités à tenir des responsabilités. Lulu l'a mieux expliqué que moi précédemment. Je ne m'adressais donc pas spécifiquement à toi quand j'ai employé le pronom "vous", mais à ceux aussi que tu tentais de défendre...
Dernière modification par spécimen le jeu. avr. 09, 2009 12:00 pm, modifié 1 fois.
Pirlouit
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Message par Pirlouit »

Lulu répond comme une pro, alors je vais me concentrer sur ce qui suit:
Spécimen a écrit :pourquoi soulever des montagnes à vivre son homosexualité, si le relationnel est aussi merdique et si l'homophobie
et/ou les lois m'empêchent d'être père ?
Tout simplement parce que les lois et l'homophobie ne sont pas des éléments donnés (pour l'éternité) mais le résultat de processus, des phénomènes évolutifs. Ce que je veux dire, très maladroitement, c'est que ce que tu prends comme acquis (l'homophobie de la société et l'interdiction de l'omoparentalité) n'est pas éternel. Or, si tu construis toute ta vie autour de ces deux données, tu risques de passer à côté de quelque chose de fabuleux qui pourrait arriver d'ici quelques années. Voire avant. Je te rappelle par ex que rien ninterdit aujourd'hui à un célibataire d'adopter. Dans l'absolu, aujourd'hui, tu pourrais tout à fait avoir accès à cette possibilité. Je ne désire pas orienter le débat sur tes aptitudes de père, ce n'est pas mon propos. Ce que je désire faire passer comme idée, c'est qu'il est impératif pour toi de déconnecter la question de l'homosexualité de la question de la paternité.

Et surtout, surtout, je crois qu'il faut que tu travailles sur ta confiance en toi et sur l'estime que tu a de toi. La citation que je reprenais dans mon précédent post était très triste, je trouve, dans la mesure où elle montrait que malgré le chemin que tu as parcouru et malgré la conscience que tu as de l'irréversibilité de ton homosexualité, tu continuais à te trouver salle à cause de cette caractéristique-là (parmi bien d'autres) de ta personnalité. A mon sens, c'est là la cause première de ton mal être. La question de la parentalité ne fait que s'y ajouter. Si tu avais plus confiance en toi et si tu ne te dévalorisais pas à cause de ton homosexualité, tu ne vivrais sans doute pas aussi difficilement cette question de la parentalité.

Bon, p't-être que je suis à côté de la plaque, hein. :wink:
spécimen
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Message par spécimen »

C'est vrai, tu as raison sur l'évolutivité des lois et des mœurs. On le voit bien à présent dans des pays comme la Suède, comme l'Espagne, comme le Vermont aux USA. Sans doute, je me fixe trop sur l'inébranlabilité des lois actuelles de notre pays, alors qu'il n'en est rien.

Tu as peut-être raison sur la confiance en moi et la vision que j'ai de ma condition. En effet, je me considère comme inférieur par rapport à un hétéro :( Mais ça, c'est (encore) de l'homophobie intériorisée... J'y travaille en fréquentant ce club de randonnée, mais je sens bien que les avancées sont très lente sur le sujet...
Merci Pirlouit :gentil:
zphyr
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Message par zphyr »

D'accord avec Pirlouit mais on en a déjà parler : Aime-toi spécimen, tu es un type formidable. ignore cette barre qu'on ne sais qui, famille ou toi-même a perché si haut au dessus de ta tête en te disant de la franchir... Passe en dessous, passe ton chemin, tu as tellement plus important à faire !
Aime-toi comme un homme normal : imparfait comme tous les hommes et que l'on aime POUR ses imperfections.
Et quand tu y arrivera, tout changera : le relationnel, ton hypersensibilité, la peur de déranger, les "méchants"...
Et ton désir d'enfant deviendra concret.
Et voilà : :amour: :copain:
Saichiro
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Message par Saichiro »

Tempérance a écrit :
zphyr a écrit :Lulu :copain: :amour: !!

Comme synthèse tu ne trouveras pas mieux, spécimen ! Tu es sacrément verni !! :D

+ 1 :P


Tu as trouvé les mots Lulu :amour:

:copain:
Je suis repassé pour tout lire, ça m'a pris un peu de temps mais +1 aussi.

Sincèrement chapeau Lulu.

Et Pirlouit aussi d'ailleurs :)

Vraiment c'est un gros +1 pour tout ça :) . Je le pensais mais je ne savais pas comment le dire.


Smoushi à tous!

PS: Merci à Fade Out
Luc
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Message par Luc »

specimen a écrit :L'imprévisibilité des gens qui ne sont pas fiables, de ceux qui lâchent, qui abandonnent, comment je fais pour les écarter ceux là ?
Etrange....
ExMembre L

Message par ExMembre L »

spécimen a écrit :complètement parasité/brouillé par les émotions, qu'elles soient positives (cœur d'artichaut) ou négatives (stress et peur).
Je connais bien bien bien, même si c'était en un temps lointain. En me faisant un peu violence (ou les les autres inconsciemment) j'ai vaincu cette paralysie. Mais ce n'est pas faute d'être restée souvent totalement prostrée dans une assemblée. D'ailleurs si je suis dans un groupe de plus de six personnes, je disparais. A ce point que... même si j'entreprends de parler quand même...personne ne le remarque! j'essaie de dépasser cette limite, dans la famille de Védra curieusement si on est 7 ça passe encore à peu près. mais je me focalise alors en pricipe sur une seule personne histoire d'avoir des signes clairs d'un seul individu à la fois, la masse me perd.
Il faut absolument que je sois en mesure, comme tu l'as justement souligné, de mettre de côté mes émotions pour analyser correctement la situation. C'est certainement le pivot de mon immaturité relationnelle aujourd'hui : les émotions. Y a pas de cachetons à prendre pour calmer ça et c'est pourtant ce qui me pourrit la vie à tel point que j'ai préféré l'isolement et la solitude jusqu'à il y a peu.
écoute j'ai tenté le coup de m'isoler aussi mais je suis encore plus malheureuse, alors... il faut bien faire avec. Et même si on est submergé d'émotions, ensuite seul et au calme, on rembobine et on se repasse inlassablement la bande. Expressions, émotions, les notres les autres tout y passe. Moi j'ai même tout un temps reproduit sur mon visage ou dans mon attitude l'expression des autres pour comprendre ce que j'aurais moi même ressenti si j'avais pris cette attitude. Un peu à la façon d'un acteur en fait, on reproduit l'extérieur pour savoir ce qu'il y a à l'intérieur. On se rejoue, on rejoue ses expressions, et celles de l'autre. Dix vingt trente fois s'il le faut pour cerner les moindres mouvements d'humeurs, les moindres tropismes à la manière de Sarraute. (relis ses livres c'est assez drôle quoi que pour moi c'est encore terriblement grossier comme approche. Sarraute se prévalait de donner à lire les plus infimes mouvements d'humeur souterrains des gens, et pourtant, à mon échelle elle n'a fait que traduire des tremblements de terre... alors à la tienne! je me suis toujours dit qu'un jour je bosserai la dessus aussi pour tenter de donner à lire plus profond encore, plus subtil...)
peur de déranger, de gêner, de décevoir, d'ennuyer, d'être de trop, d'être ridicule, d'être ennuyeux, d epasser pour le bon con de service etc etc...
C'est aussi une chose que je connais bien. En fait, apprendre à avoir confiance en les autres et en soi même... c'est peut-être encore plus délicat que le reste. Éliminer cette sensation d'emmerder le monde ou d'être un boulay. Laisse au autres le droit de te manifester leur amitié, ou le plaisir qu'ils ont à être près de toi. Les plus fins sauront le ressentir et te rassurer... mais c'est là une minorité. Apprendre à entendre et à croire ce qu'on dit de toi "ho il est sympa" "ho t'es un marrant" "non mais toi t'es timide " "t'es un chouette gars" c'est pas simple non plus. A croire qu'une barière mentale interdit de comprendre ce qui se dit de positif sur notre compte. Mais cela aussi il faut le faire sauter, et croire, et écouter. Moi cette difficulté m'a rendue très carrée. Comme j'ai eu un mal fou à m'y retrouver, j'ai opté pour le plus simple en espérant secrètement que ça l'était tout autant pour le reste du monde (mais ce n'est pas le cas, le vernis social empêche la plupart des gens d'être aussi carrés que moi... d'où ma réputation de mettre les pieds dans le plat une fois sur deux. Bel exemple quand j'ai dit à ma belle mère le WE dernier "oui, mais tout le monde s'en fout de lire la vie d'une femme au foyer dépressive de 45 ans avec deux enfants" en parlant de mon projet d'écrire une biographie d'un autre type et face à sa remarque qui consistait à dire "chacun à une vie différente ET intéressante (sous entendu : moi aussi) j'ai même pas fait la boulette exprès, elle a du le prendre pour elle, mais c'était pas voulu c'est Védra qui me l'a fait remarquer et qui elle était morte de rire). Bref, moi je balance, ça me facilite l'existence. Mais parfois j'ai l'impression d'être gaston lagaffe. En attendant si tout le monde faisait ça, j'aurais eu la vie plus simple!
Aux premiers abords je suis qqun de passablement froid et austère. Et il faut bien souvent une très longue période pour connaître le spécimen moins tendu, moins peureux, un peu plus sûr/confiant, un peu plus engageant.
la plupart des gens ont une coquille plus ou moins épaisse, hein. Ce n'est pas un problème!
Depuis quelques jours seulement, j'ai décidé (inconsciemment je pense) de me laisser une chance en sautant dans le vide sans filet à entretenir un contact avec les personnes qui me touchent/interpellent. Avant c'était systématiquement impensable, par peur, mais là je me dis ben tentons, si je fais chier le monde, ben ils m'enverront bouler (enfin j'espère car je ne veux pas non plus passer pour le boulet de service ni le pôvr' gars que l'on accueille par charité)... et puis je passerai à autre chose même si cela m'affecterait.
hé bien ne passe plus outre. Insiste. Un bon commercial insiste jusqu'à ce qu'on le foute dehors! :lol: bon ok c'est pas un bon exemple, mais on peut aussi en prendre de la graine. Un positivisme à toute épreuve!
Toussa pour dire que c'est en effet un travail de très longue haleine Lulu, cette catégorisation, cette tentative de prévoir les comportements, d'éviter/esquiver les mauvais et conserver les gentils etc
je remplacerait "mauvais" et "gentils" (ce qui montre bien à quel point tu es encore un enfant à ce niveau) par "ceux qui te correspondent" et "ceux qui ne te correspondent pas" voila tout. Si déjà quelque chose qui est en inadéquation avec nous ne devient plus quelque chose de "mauvais" fait exprès pour faire du mal, mais quelque chose de naturel pour l'autre et que donc cet autre n'est pas fait pour vivre dans une relation sereine avec nous, on arrête d'être blessé à chaque pas. ça facilite la vie, hein, ça permet de ne pas se focaliser sur le fait que tout ce qui ne nous correspond pas est forcément fait pour nous nuire. Ce n'est qu'une différence qui est incompatible, et on passe son chemin.


Mais c'est colossale. Il va falloir plus d'une vie pour appliquer les bons filtres aux bons moments, aux bonnes situations. Avant c'était plus simple, c'est tellement intense que je coupais tout, je bloquais tout pour justement ne pas être assailli par tout ça, pour ne pas ressentir, préférant largement la douceur d'une plume, la tendresse d'un brin d'herbe, l'aspect satiné d'une feuille vernissée.


un poil limité relationnellement le brin d'herbe au bout d'un moment hein? :lol:
J'ai un peu honte là d'écrire toussa :oops: mais c'est juste pour que vous compreniez à quel point la vie peut être pénible à vivre et à profiter. J'entends bien ce que vous écrivez, mais c'est toute une stratégie à mettre en place et une dépense d'énergie infernale. Et toussa pour au bout n'être même pas sûr de pouvoir être père... :(
Ben faut pas avoir honte... on est tous logés à la même enseigne hein! Et n'être pas sur d'être père... et si tu partais au contraire du principe que tu le seras? ça ne te faciliterait pas la tâche??? parce que c'est une chose dont on peut aisément poser qu'un jour... elle sera, sans prendre de gros risques hein!


M'enfin merci quand même Lulu :amour: :gentil: La description de ta stratégie me paraît suffisamment logique, reproductible et cartésienne pour l'adopter et l'adapter à ma sauce ! Au moins, cela va me permettre, dans un premier temps, de m'affranchir de l'imprévisibilité humaine.
Au plaisir de voir ce que donne ce petit mix!
Dernière modification par ExMembre L le jeu. avr. 09, 2009 8:16 pm, modifié 2 fois.
ExMembre L

Message par ExMembre L »

whoeye! mon copain luc spiderman! il est toujours aussi chouette cet avatar! :lol:
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