Pffiouh ma Lulu

Et beh

C'est vrai qu'inconsciemment je fais un peu ça déjà, mais c'est complètement parasité/brouillé par les émotions, qu'elles soient positives (cœur d'artichaut) ou négatives (stress et peur).
Il faut absolument que je sois en mesure, comme tu l'as justement souligné, de mettre de côté mes émotions pour analyser correctement la situation. C'est certainement le pivot de mon immaturité relationnelle aujourd'hui : les émotions. Y a pas de cachetons à prendre pour calmer ça et c'est pourtant ce qui me pourrit la vie à tel point que j'ai préféré l'isolement et la solitude jusqu'à il y a peu.
J'ai une équation qui est d'une "simplicité" effarante à lire mais considérablement inextricable à résoudre : relation = émotion + peurs
Je me retrouve même aujourd'hui à avoir peur de déranger, de gêner, de décevoir, d'ennuyer, d'être de trop, d'être ridicule, d'être ennuyeux, d epasser pour le bon con de service etc etc...
Aux premiers abords je suis qqun de passablement froid et austère. Et il faut bien souvent une très longue période pour connaître le spécimen moins tendu, moins peureux, un peu plus sûr/confiant, un peu plus engageant.
Depuis quelques jours seulement, j'ai décidé (inconsciemment je pense) de me laisser une chance en sautant dans le vide sans filet à entretenir un contact avec les personnes qui me touchent/interpellent. Avant c'était systématiquement impensable, par peur, mais là je me dis ben tentons, si je fais chier le monde, ben ils m'enverront bouler (enfin j'espère car je ne veux pas non plus passer pour le boulet de service ni le pôvr' gars que l'on accueille par charité)... et puis je passerai à autre chose même si cela m'affecterait.
Encore un autre déclic récemment, la poignée de mains

Je ne sais pas vous, mais perso c'est une véritable épreuve à tel point que je suis obligé de "déconnecter" mon cerveau pendant l'acte pour ne pas ressentir le contact physique. C'est à la fois brrr

et wouaouh

. Résultat je deviens tout rouge, je bredouille, incapable d'aligner des mots dans le cadre d'une phrase cohérente

Il y a une telle somme d'informations nerveuses si contradictoires qui passent en si peu de temps, que c'est très déstabilisant.
La seule stratégie que j'ai déployée pour ne pas paraître idiot, c'est de me focaliser sur toute autre chose : les vêtements de la personne en face, l'oiseau dans le ciel, le reflet sur la vitrine en arrière plan. Je n'ai plus de main, il ou elle n'a plus de main. J'essaye quand même d'être chaleureux, mais pas trop.
Bref, récemment donc, je m'autorise de nouveau à "rebrancher" le cerveau pendant le serrage de mains, tout en essayant de filtrer le mauvais côté du ressenti et ne filtrer que le "bon". Pffiouh

le contact de la peau, le toucher, la chaleur du corps

et bizarrement

les mains masculines me font plus d'effet que les mains féminines

Et du coup, les émotions rappliquent les connes ! Et toussa pour un putain de basique de serrage de mains !

Je n'ose pas imaginer ce que cela pourrait être pour un câlin ou pour un bisou !
Toussa pour dire que c'est en effet un travail de très longue haleine Lulu, cette catégorisation, cette tentative de prévoir les comportements, d'éviter/esquiver les mauvais et conserver les gentils etc Mais c'est colossale. Il va falloir plus d'une vie pour appliquer les bons filtres aux bons moments, aux bonnes situations. Avant c'était plus simple, c'est tellement intense que je coupais tout, je bloquais tout pour justement ne pas être assailli par tout ça, pour ne pas ressentir, préférant largement la douceur d'une plume, la tendresse d'un brin d'herbe, l'aspect satiné d'une feuille vernissée. Et je pense c'est ce qui a causé cette immaturité relationnelle car j'installais une barrière complètement étanche aux émotions, aux ressentis dans une relation, pour contrecarrer peurs et émotions.
J'ai un peu honte là d'écrire toussa

mais c'est juste pour que vous compreniez à quel point la vie peut être pénible à vivre et à profiter. J'entends bien ce que vous écrivez, mais c'est toute une stratégie à mettre en place et une dépense d'énergie infernale. Et toussa pour au bout n'être même pas sûr de pouvoir être père...
M'enfin merci quand même Lulu

La description de ta stratégie me paraît suffisamment logique, reproductible et cartésienne pour l'adopter et l'adapter à ma sauce ! Au moins, cela va me permettre, dans un premier temps, de m'affranchir de l'imprévisibilité humaine.
Fade Out a écrit :Je n'ai pas l'impression de m'acharner. D'ailleurs je crois que tu as bien compris ce que certains voulaient te dire.
Tu défendais les interventions des autres intervenants. Ces mêmes interventions qui étaient de l'acharnement à mes yeux et contrairement à ce que tu as écris à 19:50, certains d'entre eux ont tout de même émis l'idée que ce désir d'enfant était dû à mon désir d'être normal. Ce que voulait signifier Wanou, c'est qu'il ne fallait pas tout confondre. Et les extrapolations entre le désir, les capacités émotionnelles n'ont pas à intervenir ou à être utilisées pour préjuger/infirmer/confirmer des capacités à tenir des responsabilités. Lulu l'a mieux expliqué que moi précédemment. Je ne m'adressais donc pas spécifiquement à toi quand j'ai employé le pronom "vous", mais à ceux aussi que tu tentais de défendre...