O solitude!

Pour eux.
Kliban
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Message par Kliban »

Merci Tempérance :)

Quelques news complémentaires et une interrogation.

On aura lu - pu pas - dans quelle euphorie les jours derniers m'ont cueilli. Posts à tout va, dialogues ici et là, et une assertivité plus robuste qu'à l'habitude.

C'est la conséquence d'une levée des inhibitions, bien sûr : me sens plus à l'aise avec le reste du monde et donc plus entreprenant.

Mais - sûr, qu'il y a un "mais" :lol: - ça traduit aussi des problèmes de frontière entre moi et vouzôtres. Je suis trop poreux depuis tout petit, pas de raison que ça s'arrête simplement parce que je vais mieux.

Du coup, je me dilue dans des interactions à tout va, dans une atmosphère intérieure qui n'est pas sans rappeler le fantasme de toute-puissance de nourrisson - où il n'y a pas de différence entre moi et le monde et où le moindre de mes désirs est comblé dès qu'exprimé ; ce qui va avec un certain sentiment d'omniscience, rationnellement intenable, émotionnellement validé.

D'où aussi que je ne mesure pas nécessairement les bêtises que je peux dire, sauf à me récupérer un de ces précieux retours du réel-manivelle, de ceux qui vous remettent les pieds sur terre et un peu de plomb dans la cervelle. La technique de la giffle marche bien mieux avec moi que celle du coup de pied au cul :lol: ;)

Il y a des excuses dans ces lignes. Elles ne sont pas exclusives du fait que j'assume totalement mon état du moment :) . Il y a surtout une certaine perplexité. La question relationnelle n'est pas résolue - et pourquoi le serait-elle ? je n'ai pour le moment effectué que le mouvement infinitésimal qui me portait juste de l'autre côté de la ligne. Là encore, je reste un bon gros dépendant - la petite demande intérieure a encore des accents de dis-moi et montre-moi que j'ai le droit d'exister.

C'est comme quand je marche à côté de vous dans la rue. Il arrivera plus d'une fois que je vous percute : spontanément mon corps dévie vers vous en une demande quasi inconsciente de soutien. :roll:

Inversement, par période, pour éviter les intrusions, je suis obligé de refermer toutes mes portes schklang, me coupant, effet pervers, de mes émotions à votre égard :? . Comment faire autrement ? Dans le cas contraire, j'aurais l'impression d'être ouvert à tout vent et que mes émotions, affolées, ne sont plus sous mon contrôle. :blink:

C'est un peu ça qui était en train de se produire, avec une nette accélération ces trois derniers jours. Cela dit, m'étant un peu mieux installé dans mon corps et dans une forme bienveillante de respiration, ça m'est plus facile de maîtriser les début d'angoisse/d'affolement. Ça n'empêche pas les serrements de gorge, mais ça empêche qu'ils deviennent d'incontrôlables déclics pour une de mes pénibles descentes.

Maintenant, bon, je fais quoi de tout ça ? Rencontrer des gens m'est bien moins difficile, certes. Mais je finis encore par m'affoler et me perdre comme s'il y avait là une grande méchante forêt, un ogre, et des petits cailloux que je ne parvenais pas à retrouver pour m'en revenir chez moi - ce qui, blague à part, ressemble assez à certains de mes rêves-labyrinthes.

Bon, je continue ma thérapie, bien sûr, les résultats en sont excellents, et on avance à un bon rythme.

Mais bon, les questions du moment demeurent : comment rentrer en relation ? soit : ni en annexion, ni en retraite en ma tour blindée ? Pas que j'en aie véritablement besoin. Envie, sans doute, oui. Ça me travaille bien moins qu'il y a un mois.

Évidemment qu'il n'y a pas de recette :lol: ! C'est juste que je ne sais pas quoi faire pour qu'au dedans de moi, ça se passe, et bien. Mais sans doute n'y a-t-il rien à faire et qu'une bonne partie de mes problèmes vient de là : j'en fais trop. C'est du moins ce que je commence à sentir, sérieusement.
Dernière modification par Kliban le mer. sept. 16, 2009 5:38 pm, modifié 1 fois.
ericland
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Message par ericland »

Kliban merci d'exister , decidement , nous sommes trois à avoir un peu un parcours similaire, la solitude j'essais de la combatre , defois c'est dur, et je me fais submerger par mes idées noires, j'ai fais un topic là dessus,


si non pour arriver à progresser le seul moyen c'est faire des forums qui font des sortis, et / ou aller dans une association homosexuel ,


en deux ans je suis passer de deprimer quasi tout les mois à deprimé moins souvent , et surtout j'ai vu des choses qui me semblaient pas imaginable , j'ai même fais des chose pas imaginable non plus, c'est en parlant des choses positifs que du coup çà me fait sourire, alors que depuis lundi j'avais le cafard , on ma rappeler , on ma reconforté c'est important d'être comprit .
Kliban
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Message par Kliban »

Merci Eric :) Me touche beaucoup.

(sinon en ce moment, ça va. Nul sentiment de solitude. Pas d'envie ni de besoin de rencontre. Sinon poésie - rien d'autre en nourrit vraiment que l'art, l'amour et le potimarron. Je lis un peu trop pour être honnête. Et le sommeil me fuit à nouveau - mes matins sont désagréables, et mon sommeil agité. Stress, juste un peu. Rien d'une rechute, juste la fluctuation autour de la ligne récemment traversée - du moins je veux le croire - et pis je le sens aussi.)
Kliban
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Message par Kliban »

Quelques nouvelles en liens directs avec ce topic - soit : évolutions de la vie intérieure du Kliban, ce qui intéressera qui ça intéressera, je conseille aux autre de chemin passer.

On se souvient de comment il y a près de deux mois, une soirée lilloise avait achevé de me dérider la fontanelle que je gardais plissée d'inquiétude depuis l'enfance.

Je fus hier soir convié à une soirée chez mon ex, Antillais de son état. Je sortais tout ému d'un fort beau concert, et ne m'attendais pas à me retrouver dans une grande fiesta d'une trentaine de personnes, black à plus de 80 % et... beaux gosses de chez beaux gosses.

Ca m'a fait remonter toute la vase d'enfance et d'adolescence à la surface. Horrible. Je ne savais plus quoi faire et j'assistais presqu'impuissant à l'invasion d'une anxiété que je savais ancrée sur aucun fait réel. Petit à petit, je me suis laissé submerger pas l'impression de devenir transparent, dispensable, inutile, pas à ma place. Vilain petit canard moche. Impressions basées sur... rien ! Simplement les choses que l'on vit en soirée : les gens vont et viennent, on s'attache à l'un, on cause un brin, on est interrompu, parce qu'on a faim, parce qu'il se passe quelque chose, et hop, on part vers un autre, etc. Mais bon, ça a tellement résonner avec mes angoisses de gains, et mes anxiétés d'ado... c'était presque impossible à contrôler - et je n'y suis pas parvenu. :(

Et puis "blanc parmi les blacks" : "crevette parmi les dauphins". Ca résonnait fort, ça. Complexe d'infériorité qu'il faudrait lire à la lumière d'un Fanon parce qu'il participe du même désir, qui serait, pour moi, de me trouver un "masque noir", et plus exactement : antillais. J'ai une honte bizarre à "n'être qu'un" blanc-France, qui plus est une incarnation assez certaine d'une culture de la domination de l'universel ; l'âme créole... est autre... et j'en parle mal la langue, qui est du corps, de la parole vive, de la chaleur et du feu intérieur, de la déveine aussi et de ses drives, de la divergence complexe des récits qui touchent le cœur des choses en les rapportant à l'ici et maintenant de l'homme plus qu'à tel ou tel concept- on lira ou relira Texaco, de Chamoiseau, ou "Ecrire en pays dominé", qui n'est pas romanesque, ou "Pluie et vent sur Télumée Miracle" de Simone Schwartz-Bart.

Bref. Du coup. Je suis parti en vrille. Moins vite que d'habitude, je me suis beaucoup battu contre tous ces petits démons intérieurs. Arrivé à 11:00, j'ai dû m'enfuir sur les 02:30 - vive les bus de nuit ! - sur un sentiment d'échec. :?

Ce matin a été... pénible. Harassé de solitude et d'un sentiment d'inutilité, et de "je plais à personne de toute façon", je me suis enfui de chez moi, où j'aurais tourné en rond. Du côté des Halles, qui m'aurait reconnu m'aurait vu hésiter pendant près de 15 mn à côté de la Fontaine des Innocents, l'ai totalement perdu, parce que je ne savait pas du tout quoi faire. Aucune décision n'émergeait, toutes ce que je me proposais d'activité était repoussé comme inutile et ne devant résulter qu'en un surcroît de frustration. J'ai fini par me décider à aller au sauna - le hammam, surchauffé, m'attire beaucoup, comme si la chaleur pouvait rentrer jusque dans la moelle de mes os.

Et au sauna... :blink:

Encore heureux qu'il y a le réel, on deviendrait fou, sinon. Je n'ai jamais eu autant de succès au sauna qu'aujourd'hui. Ja-mais. Ahurissant. Comme si une... comme si on... je sais pas comme s'il fallait me montrer que l'anxiété de la soirée d'hier, je me l'étais forgée moi-même. Je m'en doutais, bien sûr. Mais qu'une situation concrète vienne me le montrer, ça n'a pas de prix.

Bref. Va falloir que je laisse reposer tout ça et que je me trouve un moyen de ne plus partir en live comme ça. Il n'y a rien de réel dans ces accès semi-paranoïaques.
Lexto
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Message par Lexto »

Merci pour ce partage Kliban. :copain:

J'ai envie de dire (et je le fais) que les hommes ont la chance d'avoir ce genre d'endroit. Ce que je veux dire pas là c'est que je ne vois pas vraiment d'endroit "lesbien" où l'on pourrait évacuer comme ça un certain mal être envers soi-même.

En tout cas, ce que je trouve "bien" (le terme est mal choisi) ou "positif" (terme un peu trop IN pour moi), intéressant (ça veut tout et rien dire...), bref, tu m'auras comprise, c'est que tu puisses te décrypter comme ça, toi-même et agir en conséquence. Tel que tu te connais, tu ne veux pas sombrer dans tel ou tel sentiment et tu prends les devants. D'ailleurs, il semble que tu as été "récompensé" !

Ne plus partir en Live ? Comment cela ? Comment vivre de tels moments comme celui que tu as vécu dans le sauna si partir en Live est proscrit/ignoré ?

Peut-être que tu cherches l'état qui fait que la tristesse ou la joie n'existe plus. Cette chose bouddhique.

Bien à toi en tout cas, dans tous tes chemins de traverses.
sandoval

Message par sandoval »

Hé bien Kliban... :?

Je n'ai jamais posté sur ce topic mais c'est pas faute d'avoir essayé (ne pas trouver les justes mots...) et j'ai lu ton parcours avec attention.

Que te dire?...

Te dire qu'il ne faut pas baisser les bras malgré cette étrange chute de soi, bien qu'au premier abord, cette construction mentale soit vraiment inutile car je sais que tu es plus fort que ça?

Je t'envoie des ondes bienfaitrices... :wink: :copain:
Kliban
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Message par Kliban »

Merci Frénésie,

"Ne plus partir en live", je voulais dire : dans mes trips névrotiques. Trouver le moyen de les enrayer.
Frénésie a écrit :Peut-être que tu cherches l'état qui fait que la tristesse ou la joie n'existe plus. Cette chose bouddhique.
Oui.
Juste la félicité.
:)
Mais c'est encore un horizon lointain. J'ai encore des choses à brûler. Encore des choses (subjectivement) plus importantes que cet objectif-là.

---

Merci sandoval, c'est très gentil, ça me touche, beaucoup.

Je ne suis pas très fort. Je suis surtout plutôt persévérant, pour certaines choses :) .

Mais tout aide.
Et les autres, plus que tout.
Tempérance
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Message par Tempérance »

sandoval a écrit :Hé bien Kliban... :?

Je n'ai jamais posté sur ce topic mais c'est pas faute d'avoir essayé (ne pas trouver les justes mots...) et j'ai lu ton parcours avec attention.

Que te dire?...

Te dire qu'il ne faut pas baisser les bras malgré cette étrange chute de soi, bien qu'au premier abord, cette construction mentale soit vraiment inutile car je sais que tu es plus fort que ça?

Je t'envoie des ondes bienfaitrices... :wink: :copain:

Boulversant témoignage sur ce que tu ressens à l'intérieur de toi dans de tels moments de déroute de soi Kliban :copain: :copain:

"En société" je le ressens aussi parfois ce vide intérieur et quand "la marmitte" surchauffe, je me sauve littéralement comme par exemple vendredi soir à un pot entre collègue au travail pour fêter un anniv :?

Bref, le seul truc que j'ai repéré c'est que cela m'arrive plus souvent et d'une manière plus intense quand j'accumule de la fatigue nerveuse et physique, là c'est la bérézina, conclusion je vis comme une souris des champs dans son terrier bien arrangé et c'est pas de cette façon que je rencontrerais l'âme soeur, je suis bien d'accord :(

A ce sujet, j'ai souvent regretté qu'il n'existe pas des clubs qui pourraient être installés un peu partout (genre "club anglais" cosy, tranquille, où l'on pourrait deviser, lire, fumer ou boire) pendant quelques heures, une après-midi, un matin ou une soirée.

Bref au moins là, ils ont trouvés quelque chose de pas mal pour s'isoler, se réconforter et pour autant ne pas être seul quand "le monde" et "soi même" s'attaquent à notre intégrité dans un même mouvement :blink:

Pleins de :amour: et :copain: :copain:
Lexto
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Message par Lexto »

Kliban a écrit : "Ne plus partir en live", je voulais dire : dans mes trips névrotiques. Trouver le moyen de les enrayer.
(...)
Mais c'est encore un horizon lointain. J'ai encore des choses à brûler. Encore des choses (subjectivement) plus importantes que cet objectif-là.
:)
J'avais fait mine de ne pas comprendre mais je savais bien que tu parlais de ces choses névrotiques !

Elles ne viendront plus quand tu n'auras plus besoin d'elles (mais tu le sais déjà, hein ?). Hé Hé ! J'aime ta route Kliban. Prends soin de toi et surtout ne te prends pas trop la tête. :wink:
floridjan
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Message par floridjan »

Hello ami gratouilleur !

Dis toi que tu n'es pas le seul sur cette maudite planète des singes à ressentir ce blues à l'âme... Chacun lui donne le nom qu'il veut... Tu parles "d'accès semi-paranoiaque"... moi je dis "mes crises d'angoisse" qui arrivaient souvent le dimanche soir, après une journée sans voir personne, ne parler à personne, et le soir approchant (vers 17h), la grosse boule qui monte à l'idée qu'il reste encore 5 heures au moins à meubler et cela semble insupportable et le seul moyen de ne pas exploser, d'arrêter de se taper la tête contre les murs, c'est de sortir, quitter l'enclos, voir du monde, respirer... alors on marche au hasard à la nuit tombée, on essaie de virer de sa tête les idées noires, on croise des couples, des groupes d'amis, on colle son visage sur les devantures des boutiques encore ouvertes d'où s'échappe un filet de vie, on a l'impression d'être un fantome qui n'interesse personne... puis après avoir erré pendant deux heures comme ça, on se sent quand même un peu mieux, on prend le chemin du retour et de nouveau chez soi, on appelle un ami, on va sur le net, on allume la télé, on regarde un film, on se couche... et la semaine reprend, jusqu'au prochain dimanche fatal...

La prochaine fois que tu broies des idées noires, appelle moi. On les broieras ensemble, autour d'un bon verre tant qu'à fairer ou devant en bon film (j'ai des tonnes de DVD et personne à qui les montrer)^^ :wink:
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