La journée d'hier me fait réaliser à quel point je dois revoir complètement la façon dont je conçois comment fonctionne les relations humaines
C'est à la fois très stressant et très perturbant. Stressant parce qu'il va falloir faire un gros travail sur soi vu la débâcle dans laquelle je suis. Perturbant parce que j'ai vécu ainsi en décalage complet pendant ces 34 années... Tout est à revoir, c'est infernal. D'un autre côté je me dis que les personnes qui m'ont cotoyées ont du me trouver décalé plus d'une fois
L'atelier travail du jour porte donc sur l'aide, la dépendance/indépendance, le groupe. Je réalise je crois je me mettais dans une impasse "logique", qui me condamnait à voir les autres comme une source de stress et de dépendance. Mais en fait il n'en est rien (enfin pas sûr encore, j'espère donc que c'est exact

), je m'interdisais tout seul de "vivre" d'une certaine façon sur la base de certitudes complètement erronées...
J'ai toujours cru dans la vie qu'il fallait être fort, être parfait, se débrouiller tout seul, être autonome à 100%, être astucieux pour s'en sortir seul. Avantages : on avance tout seul, on est libre de ses choix, on est indépendant. Inconvénient : on galère deux fois plus longtemps, on dépense 2 fois plus d'énergie, la vie est plus chaude à gérer vu qu'il faut tout prévoir, tout gérer, tout anticiper tout seul, vu qu'on est seul.
Tout vient de cette peur viscérale de l'abandon, et de considérer (à tort?) que la dépendance qui naît d'une relation (amicale ou amoureuse) peut être fatale, ou que l'on s'en remette difficilement, à la suite d'une séparation définitive, d'un abandon.
Bon je crois, je dois me résoudre à mettre en jeu cette dépendance (que je n'ai jamais accordée), si je veux avancer dans la vie. Va falloir que j'arrête de penser d'abord à la séparation et ses éventuelles conséquences émotionnelles douloureuses (sic, voui chez moi, les émotions font mal), avant d'orienter toute mon énergie dans la construction d'une relation. Car bien souvent, la souffrance de la séparation est telle à imaginer, qu'elle m'empêche de penser sereinement à la construction de la relation.
Et puis, à priori, la dépendance, ça a du bon. Ne vous moquez pas de ce qui suit, je vous soumets une réflexion. J'ai le sentiment que dépendance et amour sont intimement liés. J'entends par amour, aussi bien la relation amoureuse, que l'amitié. J'ai donc le sentiment que pour être ami ou amoureux avec/de quelqu'un, il faut être prêt à devenir dépendant, c'est à dire accepter de l'aide de sa part, accepter qu'il s'absente pourvu qu'il revienne, accepter d'avoir des sentiments type attachement à son égard. Mais ça signifie aussi qu'il faut être prêt à souffrir du sevrage de cette dépendance après une rupture définitive avec la personne aimée (amour ou amitié). Et enfin, ça signifie également et surtout, accepter de faire confiance à l'autre
Brr, c'est à dire accepter oser lui demander de l'aide et qu'il peut décliner la demande, lui demander son avis, lui accorder sa confiance (<-- wouaouh sans doute le truc le plus dur à aujourd'hui), c'est à dire également espérer de ne pas l'ennuyer, le déranger, le saouler etc etc
Que des trucs imprévisibles quoi...
Il
suffirait alors d'ajouter à la cartographie de Lulu (adéquation des comportements, des attitudes, du vocable à mon référentiel), la détection de la fiabilité d'une personne à pérenniser une relation pour savoir si oui ou non une relation vaut la peine d'être vécue. Pour moi, le "
vaut la peine d'être vécue" signifiant qu'elle peut durer dans le temps et que la séparation définitive ne sera pas source de souffrance.
Bref donc hier samedi, j'ai aidé une amie, qui vient de se séparer (sic), à déménager et à emménager dans son nouvel appartement. J'ai vu d'autres de ses amis lui prêter volontiers main forte pour l'occasion, ainsi que des membres de sa famille.
J'étais à la fois heureux et comme un con. Heureux parce j'avais la preuve que l'être humain pouvait être bon et solidaire (ça change de mes pensées de la semaine dernière), en apportant aide et soutien le plus naturellement du monde. J'y ai vu beaucoup de confiance, de complicité, d'affect, de chaleur... J'en ai eu même la larme aux yeux un moment tellement le lien qui les unissait était intense dans cette communion des efforts, et tellement l'amour, l'amitié et la confiance étaient palpables (oui, je trouve le temps de tout détailler et d'observer en tâche de fond de ma tâche principale, toujours cette curiosité omniprésente

)
Comme un con parce que j'ai toujours déménagé à comité plus que très réduit, ou à mes frais.
1- parce que j'avais peur de déranger, de gêner, d'embêter les gens, de les ennuyer à cette tâche ingrate.
2- parce que je ne voulais pas être "redevable", non pas de devoir rendre l'ascenseur, mais dans le sens devenir dépendant et de risquer de décevoir ceux qui m'ont aidé si un jour on devait se fâcher...
3- ben parce que c'est bien plus rapide et économique d'oser demander de l'aide
Bref, tout ça pour dire qu'il y a du boulot dans ma conception des relations humaines et je dois avouer que j'ai littéralement l'impression de renaître une deuxième fois en observant, sous un angle radicalement différent, la vie qui m'entoure.
Je ne sais pas si c'est bien ou ce n'est pas bien, je ne sais pas si je dois autant risquer, je ne sais pas si j'ai juste ou faux. Mais je tente de nouvelles voies après le constat de l'échec cuisant de celle que j'avais jusqu'à maintenant suivie...
J'ai l'impression de tâtonner là et de m'exposer réellement à la vraie vie. C'est à la fois exaltant je dois vous avouer, mais c'est surtout très flippant.
Pouvez-vous SVP valider si j'ai juste ou faux dans ma nouvelle façon de voir la relation humaine, et notamment le paragraphe en gras ?
(j'ai ultra honte là, ça fait très scolaire comme démarche
)