Pffiouh dur dur... 3

Pour eux.
spécimen
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Inscription : sam. déc. 08, 2007 2:46 pm

Pffiouh dur dur... 3

Message par spécimen »

C’est une journée particulière aujourd’hui pour se poser les bonnes questions, les vraies… Le soleil revient dans le sud après les fortes pluies de ces derniers jours. Avec lui, la chaleur fait onduler les couleurs intenses d’une Nature débordante et généreuse ! Aah le sud-ouest... C’est l’opportunité également de faire une rétrospective d’une vie qui commence à devenir conséquente maintenant. Cette journée, c’est aussi l’occasion de faire des choix, les bons. Non pas ceux forcément qui rendent la vie plus facile ou confortable. A fortiori, non pas ceux qui font que la vie sera triste ou terne. Non pas ceux que dictent le cœur et/ou la raison.

D’ailleurs, comment suivre des choix sans prendre en considération son entourage ? sa famille ? ses amis ? ses collègues de travail ? les gens dans la rue ? Comment suivre un choix s’il n’est pas en accord avec la société dans laquelle on vit ? N’est-ce pas la preuve d’un certain égoïsme que de penser d’abord à soi même avant les autres ? N’est-ce pas égoïste que de vouloir vivre en accord avec soi même si le chemin pris n’induit que du négatif autour de soi ? Comment trouver le courage de suivre et d’assumer un choix qui nous exposerait au mépris, à l’indifférence, à la haine, au rejet, à l’insulte, à la violence ?!? Comment trouver le courage et la force aveugle de provoquer ou déclencher de la tristesse, de la honte, de la déception, de la culpabilité, pire du rejet par ceux qui vous aiment ou qui vous côtoient ?

J’entends bien certains dire que l’amour efface tout, qu’il soulève des montagnes, qu’il annihile les schémas préétablis/imposés de notre société hétérocentrée, qu’il permet de passer au-delà des frontières, pourtant bien réelles, de la normalité. J’entends bien certains dire que l’anormal n’est qu’une vision de l’esprit, que ce n’est que le fruit d’une culture ancrée et d’un passé par essence même très judéo-chrétien de notre pays. Mais que devient celles et ceux qui justement choisissent de renier leurs origines ? Ce qui est gagné d’un côté vaut-il tous les sacrifices/renonciations induits qui s’abattent de l’autre ?

Alors qu’il est bien plus aisé de suivre la normalité, pourquoi choisir la difficulté ? Il y a déjà bien assez de misère tout autour de nous, il n’est pas nécessaire d’en rajouter ! Un père qui a subi les affres de la vie, d’abord à la naissance de sa fille, la mort trop rapide, trop tôt de ses parents, puis celle de son unique frère et récemment même celle de sa femme ! Comment son fils, à priori le plus normal, le plus équilibré, le plus stable en apparence de la famille, comment ce fils pourrait lui planter un nouveau couteau acéré dans le dos ? Je crois intimement à présent que tout ce combat, toutes ces questions, toute cette lutte intérieure n’aurait pas eu lieu d’être si j’avais découvert cette anormalité dès mon plus jeune âge comme la plupart d’entre vous ici. Je crois que toutes mes difficultés actuelles auraient été bien futiles si, dès mon plus jeune âge, j’avais su et fini par choisir/assumer mon anormalité.

Non, personnellement, je me suis construit de façon hétérocentrée, selon des repères, des référents, des réflexes, une culture, des proches, un entourage très hétérocentrés, dans une société hétérocentrée. Je suis hétérocentré pour faire court ! Pourquoi devrais-je y renoncer alors que cela me convient parfaitement ainsi ! Je n’ai pas eu la peine, la souffrance, la difficulté, la peur, le stress, la douleur de me nier, de me cacher, de me renier, de me placardiser pendant ces 34 longues années ! A l’adolescence, je n’ai pas essayé, ni été tenté de tester cette orientation anormale puisque tout simplement, je n’avais pas d’orientation tout court, je n’en avais pas conscience tout simplement ! Ce n’est que dernièrement que j’ai réalisé que l’Homme était forcément pétri d’une orientation, d’attirance physique. Ce n’est que dernièrement que je réalise mon anormalité sans pour autant éprouver d’attirance physique ! et heureusement !

Et c’est sans doute cela qui va me sauver car si j’aime sincèrement une femme (j’en suis capable) et que je fonde avec elle une famille, si je vis en accord avec cette société imposante, si je donne le sourire et la satisfaction au père d’avoir eu une vie, sa vie, bien remplie, je pense sincèrement que justement cet amour permettra lui aussi de dépasser cette orientation qui me pousse vers l’anormalité. Je pense sincèrement que cet amour que je donnerai et recevrai m’aidera à surmonter les difficultés. Je pense sincèrement que je n’ai pas le droit, par égoïsme, d’aller vers l’anormalité, d’autant plus si je peux donner/semer/distribuer du bonheur auprès de ceux qui m’entourent et qui m’aiment !

Pourquoi j’écris tout ça ?

Ben premièrement, parce que je réalise peu à peu que toutes ces émotions, tous ces sentiments que je me suis totalement interdit pendant si longtemps m’ont littéralement privé et empêché d’aimer et d’être aimé comme un humain devrait aimer et être aimé… Je m’étais réduit à l’incongruité d’une enveloppe charnelle sans vibrations générées par la puissance de l’amour. Et je réalise ces deniers jours comment l’amour que l’on accorde et que l’on reçoit, même quand il est amical, peut donner des forces, des ailes, l’énergie suffisante de surmonter n’importe quel obstacle ! Pffiouh, c’est d’une force si vous saviez ! et je ne parle que de l’amour amical reçu là ! Alors j’ose à peine imaginer, pour l’hypersensible que je suis, ce que cela pourrait donner dans le cadre de l’Amour, l’Idéal, le Vrai ! J’ai hâte !

Et puis deuxièmement, parce que je souhaite susciter ici le témoignage des personnes inscrites ou non sur le forum (je pense à toutes celles et ceux anonymes qui nous lisent) qui se savent « anormaux » mais qui ont tout de même fait le choix de vivre de façon normale en fondant une famille. Je pense aussi aux habitués du forum qui ont débuté leur vie « normalement » pour changer, par la suite, d’orientation. Ils ont également leurs avis à donner, notamment sur ce qui les a fait « basculer » de l’autre côté et qu’il faut à tout prix éviter/prévenir/anticiper. Le but étant de faire plaisir et de donner du plaisir/satisfaction aux autres !

Pffiouh, merci à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’à cette dernière ligne !
Merci par avance à ceux qui tenteront une réponse, leur réponse...
SebLyonnais
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Message par SebLyonnais »

Je comprend bien ton point de vue sur tout ça, mais je ne trouve pas que ce soit de l'égoïsme de vivre sa différence, pour moi c'est tout simplement normal. Et de toute façon, oui ça peut générer du négatif au début, à chaud, mais après ça peut changer. Je me permet de prendre l'exemple de ton père dont tu parles à un moment: peut être que justement en regard de ces choses pas faciles qu'il a vécu il trouverait que ça n'est pas grand chose?

Tu n'a pas peur de regretter?
Enfin, je te demande ça mais c'est sans jugement hein, et de toute façon tu ne semble même pas sûr d'avoir cette différence que tu appelle "anormalité" si j'ai bien compris? ..

Non en fait je crois que je ne comprend pas bien: Tu parles à mots couverts d'une différence de sexualité?
Dans ce cas, pour toi il faudrait "à tout prix éviter, prévenir.."
Si c'est le cas, alors je crois que je ne suis pas du même avis, si j'ai bien compris, pour moi on naît comme on est un point c'est tout. Et y a pas de questions de faire plaisir aux autres là dedans, pour moi c'est plutôt un manque d'honnêteté voir de la lâcheté, un manque de confiance aux autres, qui finalement montre plutôt qu'ils n'ont pas autant de valeur à nos yeux qu'on le prétend.


J'ai bien saisi ce que tu voulais dire? Je suis à côté de la plaque? :?:
Nomade
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Message par Nomade »

Personne ne te demande d'être homocentré, de te mettre à écouter Mylène et à t'habiller en plumes.

Tu parles des regards négatifs. Tout le monde en subit. Un hétéro célibataire à 40 ans sera vu plus ou moins négativement : "Ah le pauvre" compatissant, "il doit pas être doué s'il est pas capable de se trouver quelqu'un" plus ou moins méprisant et j'en passe. Un couple peut susciter de la jalousie, des commérages, bref du négatif. Alors oui, un homo est mal vu, PAR CERTAINS. Tout le monde est mal vu PAR CERTAINS, ça s'appelle la vie en société.

Pourquoi tes proches changeraient-ils radicalement ? Ils te connaissent, ils savent qui tu es. Il leur manque simplement un élément. Ok, ce n'est peut-être pas un détail pour eux, mais pourquoi pars-tu du principe qu'ils ne peuvent pas passer outre ?

C'est peut-être égoïste de vivre selon sa nature. Mais tu vis pour TOI. En quoi l'opinion des autres (qui vivent pour EUX, au passage) devrait-elle influencer TA vie ? Pourquoi te rendre malheureux juste pour que les autres concervent une fausse image de toi, qui leur convient peut-être plus que celle d'un homo ?
Je ne comprends vraiment pas pour quelle raison on peut ruiner sa vie, quel sens du sacrifice autorise ça, quels avantages ça apporte. En quoi ton bonheur vaut moins que celui des autres ? Parce que c'est UN bonheur contre DES bonheurs ? L'argument ne vaut pas. Là c'est de l'égocentrisme, de présupposer que ton bonheur fera le malheur des autres.

Certes, je ne suis qu'un petit con de 21 ans qui n'a jamais eu de problème avec ça. J'ai mis les choses au clair dès que possible. Et aujourd'hui je suis heureux sans pour autant faire souffrir mes proches. Ok, le référentiel culturel est peut-être totalement différent. Donc je ne juge pas. Mais je ne comprends pas. :?
Kefka
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Message par Kefka »

Je vais dans le sens de Guillaume.
C'est TA vie. Pas celle des autres. Comment peux-tu régler tes attentes sur celles que projettent les autres sur toi ? L'égoïsme peut-aussi être une qualité. C'est le meilleur moyen de prouver que tu existes en tant qu'être humain avec ses aspirations propres.

De plus, je te souhaite bien du courage pour plaire à tout le monde. On est tous l'idiot/le con/... de quelqu'un. Il faut faire avec.

Je suis sincérement désolé pour ton père mais est-ce de ta faute ? Parce que tu as peur de le décevoir (appréhension tout à fait normale), tu veux courir le risque de te dénaturer. Pour prendre une comparaison un peu futile, les gauchers contrariés ne font pas de bons droitiers. Chassez le naturel, il revient au galop.

Mais bon, comme Guillaume, je n'ai que 20 ans, je suis donc jeune et donc mon point de vue n'est peut-être pas aussi mature que je voudrais qu'il le soit.
Nomade
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Message par Nomade »

Juste pour info, j'ai aussi été construit de manière hétérocentrée. "Ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", "Tiens Mr X va se marier avec Mlle Y, c'est cool pour eux", "Nan mais arrête le rose c'est pour les filles". Nous avons tous grandi dans un cadre hétérocentré. Je n'en suis pas sorti. Simplement je suis homo. Ca ne remet pas en cause ma... masculinité (j'allais dire "virilité" mais je sentais déjà les éclats de rire venir :lol: ).

Tu parles de "bonnes questions", mais tu poses les mauvaises.

La bonne, c'est "mérites-tu de vivre selon tes envies ?". Pas "Dois-je me cacher pour ne pas faire souffrir mes proches ?".
En quoi leur bien-être (parce qu'en fait il ne s'agit pas de leur bonheur, mais, simplement de leur confort) est-il plus important que ton bonheur (parce que là il s'agit bien de ça) ? En rien. Strictement en rien.

On s'en fout, que "le malheur des uns fasse le bonheur des autres" ! La vérité, c'est que "le bonheur des uns peut faire le bonheur des autres" ! Tu crois vraiment que personne ne voit que tu es mal dans ta peau pour le moment ? Si oui, soit tu te voiles la face, soit tu es très fort. S'ils le voient, comme ils tiennent à toi ça les fait souffrir. Si tu devenais soudain toi-même, si tu avais la possibilité de t'épanouir pour de bon, sans masque, ils seraient probablement heureux pour toi. Oh évidemment pendant un temps ils seraient surpris voire choqués, mais ça passera si leur affection pour toi est réelle ! Peut-être même qu'ils penseront "Ce n'était que ça ? :shock: ".

Encore une fois, je radote, je sais, mais je crois (je crois, je n'ai pas la vérité absolue) que tu dramatises la situation.

Etre homo n'est pas un drame.
Etre homo n'est pas une tare.
Etre homo n'est pas un crime.
Etre homo n'est pas un choix.
Etre homo n'impose pas de se condamner au malheur.
Etre homo n'impose pas de condamner les autres au malheur.
anonymeB

Message par anonymeB »

Pas grand chose à dire si ce n'est qu'à la lumière de mes dernières reflexions personnelles ( voir mon article ), je te donne juste un bon conseil: arrête d'avoir peur de vivre. C'est une chose que j'ai capté depuis bien longtemps chez toi.

Je peux t'assurer que tout ce que j'ai fait ces dernières années en ayant cette peur de vivre, cette peur de faire mal en suivant mes envies, je les regrette là, maintenant.

Y'a pas grand chose dont je suis fier. Je n'ai pas fait de mal à beaucoup de monde, ça c'est sûr.

.... Sûr? 3 exemples parmi tant d'autres qui montre que ne pas assumer ses actes ou ses besoins, ça peut faire très mal:

J'ai fait attendre une fille pendant 1 an: elle me courrait après, moi je ne savais pas quoi faire car je n'étais pas sûr de moi, je n'osais pas lui répondre de manière claire et franche que non, il n'y aurait rien ( à part si y'a "miracle de l'amour", comme dirait l'autre ). Je lui ai fait perdre UN an! UNE putain d'année pour rien, lâche que je suis.

Une pote ( dont je parle souvent ) me plaisait... Je crois. En tout cas je n'y étais pas indifférent. Mais... par peur de vivre... je n'osais rien lui dire. Ni même rien lui faire comprendre. Je ne voulais pas me prendre un vent. Ni affronter un quelconque regard bizarre venant d'elle. Et puis un jour elle a débarqué avec son nouveau gars un soir où j'étais bourré et où je me contrôlais plus. La catastrophe.... A cause de moi, elle a été séparée de ses potes ( qui sont aussi les miens ) durant des mois et des mois. J'ai du la faire pleurer.... Je sais même pas comment ça se fait qu'elle me sourit encore. Si je lui avais dit, peut-être qu'on aurait pu en discuter... Peut-être qu'elle m'aurait foutu un vent définitif et que je serai passé à autre chose. Peut-être ... qu'elle aurait accepté, même si c'est juste pour un test, un délire de potes qui veulent prendre du bon temps, ou un coup d'un soir? Je ne saurai jamais.

Elle et un autre pote à moi voulaient monter un groupe de metal, et ils m'ont proposé un rôle de chanteur, ce qui ne me déplaisait pas en fait. J'ai une voix grave assez profonde et une gueulante morbide qui pourrait tout à fait convenir pour ce style. Mais par peur, je n'osais pas chanter car à la base je ne SAIS pas chanter, je n'osais pas me lancer durant les répétitions, je n'osais pas écrire mes propres paroles ( alors qu'un essai d'écriture a montré que j'étais capable de pondre un truc tout à fait intéressant - selon leurs dires - en quelques minutes ) et encore moins les chanter. Je me suis cassé au boût de quelques mois... parce que j'avais PEUR qu'un jour, je me retrouverai sur scène et être ridicule. Plutôt que de me dire que je vais y aller, m'entraîner, et peut-être commencer un projet sérieux - qui sait - j'ai préféré fuir. Je me suis cassé du groupe, et ils ont eux-même arrété par manque de motivation. Ca aurait été un groupe de potes liés, bref, un groupe idéal quoi, et en plus la jolie guitariste m'aurait peut-être remarqué. Et maintenant? Il m'arrive bien souvent de m'imaginer sur scène avec une guitare ( le pire, c'est que je me débrouille pas mal!! ) en train de chanter. Surtout quand je vois la ribambelle de groupes aux musiciens techniquement nullissimes, mais qui se prennent pas la tête.

T'en veux des exemples comme ça? J'en ai à la pelle: y'a quasiment pas une journée dont je me souviens où il n'y a pas le lot de regrets, de choses que j'aurai pu faire, que j'aurai DU faire si PUTAIN, j'avais envoyé les connards qui osent me juger ( et encore.... comment le saurai-je?? ) se pendre. Putain, si j'avais osé vivre... J'ai eu peur de faire du mal, de mal me faire voir, de me faire peut-être haïr par quelqu'un, et finalement, le mal a quand même été fait, de façon parfois pire que ce que ça aurait pu être si j'avais eu le courage.

La lacheté et la peur de vivre, quelles qu'elles soient, n'apportent rien de bon. Rien du tout. J'en suis maintenant convaincu. Même si on croit prendre les bonnes décisions parce qu'"au moins je ne prendrai pas de risques, et je ne ferai de mal à personne", ça nous rattrape TOUJOURS, et parfois même de façon pire que si on avait assumé.

Si tu ne suis pas ton chemin à toi, tu perdras. Assurément.

Tu veux te marier avec une femme? Vas-y et fait des enfants. Marie-toi avec une femme en espérant que l'amour dont tout le monde te parle ( et dont tu n'as peut-être rien ressenti en fait ) te permettra de te dépasser. Donne à ton père des espoirs.
Jusqu'au jour où tu craqueras peut-être ( non, c'est SUR même ) et que tu la tromperas avec un homme. Où elle en prendra conscience, qu'elle se barrera avec vos enfants. Où tout s'effondrera pour ton père qui remettra en question tout ce que tu as pu lui dire en plusieurs années, alors qu'en ayant le courage d'assumer dès le début...

C'est peut-être un message un peu cruel, tu t'attendais peut-être à autre chose... mais en tout cas, c'est ce que je pense. A toi de voir si tu as la fierté d'être un homme, un vrai, ou pas, et accumuler les regrets quand à ce qu'aurait pu être ta vie si t'avais le courage. Moi, depuis quelques jours, j'ai tranché, et pour être honnête, je crois que je ne vais.... pas regretter!!!!!
Tadhg
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Message par Tadhg »

Specimen, voici un post fleuve...

ton histoire démarre sur une note optimisme ou transparait la tristesse car tu nous parles de sacrifice. Ton sacrifice est, j'ai l'impression, mûrement réfléchi en regard des circonstances qui t'ont amené à t'interroger. Je ne donnerai donc pas de solution à ton cas en particulier mais plutôt tenter de répondre à ces quelques questions que tu évoques et auxquelles j'ai, et je suppose d'autres personnes également, été confronté.


Peut-on rendre "les autres" heureux en leur apparaissant tel qu'ils imaginent que l'on est?

Pour répondre à cette question, il convient de distinguer "les autres" parmis ceux que tu cites dans ton texte.
D'une part on trouve les proches pour lesquels on est prêt à faire un sacrifice, ceux que l'on aime, ceux dont le jugement importe dans la vie quotidienne et qui influent sur les agissements : famille, amis, connaissances, rencontres (forumeurs pourquoi pas!).
D'autre part, il y a tous les autres, ceux pour qui l'on travaille, ceux pour qui l'on consomme, ceux qui, finalement, ne sont intéréssés que par le contenu de notre porte monnaie et dont notre bonheur est complètement accessoire. Ceux-ci, inutile de préciser que l'on n'a aucun compte à leur rendre concernant sa vie privée!
Concernant les "intimes" la situtation est plus délicate. Je pense, et cela n'est que mon avis, qu'il est possible de rendre heureux ses proches en étant ceux qu'ils imaginent : une vie simple, sans obstacle, tracée d'avance. On peut aisément mentir, cacher ce que l'on est, refouler ses désirs et ses ambitions pour le simple bonheur de faire la joie d'autrui. Et ceci n'est pas valable que sentimentalement. Nombreux sont ceux qui ont fait les études pour exercer le métier que leurs parents ont toujours rêvé qu'ils fassent. Avec des résulats parfois positifs, parfois négatifs. En effet, qu'on soit homo ou non, que l'on veuille être sage-femme alors que nos parents nous imaginent plombier, le chemin ne sera jamais celui prédéfini : une vie simple n'existe pas : il va falloir choisir d'accepter ce que l'on est, il va falloir assumer tout ce qui n'est pas un choix justement. L'incroyable force de l'humain réside dans sa capacité à s'adapter à des situations qui paraissent parfois inextricables. Et à les surmonter. Donc oui, on peut rendre les autres heureux en se reléguant au second plan mais... (suite à la réponse suivante)


Peut-on être heureux seulement en rendant "les autres" heureux?

Oui, si ceux que les autres imaginent de nous est en accord avec ce que l'on désire, on sera heureux et eux aussi. Dans le cas contraire, en se reléguant au second plan et en n'écoutant pas ses envies, on risque un jour de regretter, puis de se poser des question, puis de déprimer, puis, finalement, d'être malhereux... et de rendre son entourage malhereux, car dans l'incompréhension. Je ne pense donc pas que l'on puisse rendre ses proches heureux en se négligeant sur le long terme. Mentir par/sans omission peut cependant être utile sur une courte période, le temps d'envisager les événements.


Peut-on être heureux en se contentant d'amitié?

Cette question me touche directement, car je me la suis posée pendant des années et je me la pose encore puisque je ne m'envisage pas de vivre en couple pour l'instant. En attendant je me raccroche à l'affirmative :
Oui, on peut être très bien être heureux en faisant le bonheur de ses proches.
Cependant, il finit par manquer quelque chose qui va au dela de l'amitié : les années passant, le corps commence à ressentir un besoin plus intense (et voila, vous pensez tout de suite au sexe bande de petits obsédés mais ce n'est pas du tout ça) de complicité, de partage, et d'exclusivité. Et bien que la complicité et le partage soient très présents avec les amis et la famille, il reste une zone obscure de non-dits et de mensonges qu'ils ne connaissent pas, une part de nous qu'ils ne s'imaginent même pas, et qui met mal à l'aise. Il y a donc des réserves. Quant à l'exclusivité elle est tout simplement impossible avec les amis/frères/soeurs qui finissent par trouver leur moitié. La confrontation à ce manque ne fait que renforcer la solitude et conduit inévitablement à un léger affaissement du bonheur, imperceptible, mais amer. Le regret pointe et tout ce qu'il entraine...


Peut-on vivre sans aimer?

En ayant discuté avec une nonne, il est apparu que la soeur vivait sans éprouver d'amour envers un être humain, mais uniquement un amour divin. Je suis dubitatif. Quand j'aurai compris cela, je me ferai peut-être moine, mais là encore, il s'agira d'une vie avec au moins 50% d'amour dedans. Alors en attendant, je cherche ma moitié, cela semble plus simple...
popy
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Message par popy »

Salut space-siemens !
(trop nulle désole)
Et puis deuxièmement, parce que je souhaite susciter ici le témoignage des personnes inscrites ou non sur le forum (je pense à toutes celles et ceux anonymes qui nous lisent) qui se savent « anormaux » mais qui ont tout de même fait le choix de vivre de façon normale en fondant une famille.
Je répond, même si je suis une fille. 8)

Alors, la fois ou j ai ressentie ca, bah c était dure dure de suivre le moule établie.
Mais je voulais pas sortir des sentiers battues, et ainsi faire comme tout le monde (monde que je m étais moi même créer a base de peur et de culpabilités --- alors qu en fait, si ca se trouve, les autres s en fichaient!!)

Donc, j ai flirté avec des garçons et tout et tout.
(bof bof)
Mais du coup, je pouvais me dire : voila, je sais ce que c est de toucher une main, une joue d homme, des cheveux, son odeur etc etc .

Et après, me disais je, je pourrais le raconter a mes sœurs et elles sauront que je serais comme elles (savoir ce que c est que l homme !!! de façon lointaine bien sure mais c est déjà ça)

Je me sentais rassurée.
Ca se verrais sur mon visage.

Voila, ce que je me disais.

Maintenant, qu il aille tous se faire voir !
Mon plaisir dabord.

Donc, comme a écrit Brutal, n ai pas peur de vivre.
Trace et suis le shéma que tu souhaite vivre. :D
disto
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Message par disto »

Ton message est horriblement déprimant, spécimen.

Je ne peux qu'avoir de la compassion pour toi, par avance. Pour tout ce que tu vas t'infliger et tout ce que tu vas infliger aux autres, sans aucun doute, sans le vouloir.

Je n'ai pas particulièrement envie de développer ma pensée, parce que d'autres le feront (l'ont fait) sûrement de manière moins désagréable que moi. Mais j'ose espérer que ce retour en arrière fulgurant de ta part n'est qu'une étape. On peut rêver. Là j'ai juste l'impression de relire le spécimen d'il y a quelques mois.

(que tu en sois encore à parler de "choix" d'anormalité et d'épanouissement dans le renoncement de soi... pffff)
(et au passage, quand même, tu oses dire que tu n'as pas souffert pendant 34 ans... dommage que tu aies effacé tes anciens posts, qui disaient quand même le contraire un paquet de fois)
Psyche
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Message par Psyche »

disto a écrit :Ton message est horriblement déprimant, spécimen.

Je ne peux qu'avoir de la compassion pour toi, par avance. Pour tout ce que tu vas t'infliger et tout ce que tu vas infliger aux autres, sans aucun doute, sans le vouloir.

Je n'ai pas particulièrement envie de développer ma pensée, parce que d'autres le feront (l'ont fait) sûrement de manière moins désagréable que moi. Mais j'ose espérer que ce retour en arrière fulgurant de ta part n'est qu'une étape. On peut rêver. Là j'ai juste l'impression de relire le spécimen d'il y a quelques mois.

(que tu en sois encore à parler de "choix" d'anormalité et d'épanouissement dans le renoncement de soi... pffff)
(et au passage, quand même, tu oses dire que tu n'as pas souffert pendant 34 ans... dommage que tu aies effacé tes anciens posts, qui disaient quand même le contraire un paquet de fois)
Merci Disto tu as finalement dit ce que je cherche à dire depuis plus d'une heure :(
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