Joker a écrit :je me suis dis que au moins c'est là où j'aurais le plus à apprendre puisque j'y vais presque à vide
Si je puis me permettre, ce raisonnement est tout de même particulièrement stupide.
Si je puis te rassurer sur un point, c'est qu'à l'issue du lycée tu y vas à vide
absolument partout.
J'en parle en connaissance de cause, de ma propre expérience : j'ai toujours très sérieusement travaillé en sciences au lycée, j'ai fort bien réussi mon BAC S, mais voilà : en prépa scientifique je me suis évidemment rendu compte qu'en maths et en physique, j'avais exploré jusqu'à la fin du pied de la lettre A, à peu près. Il faut quand même admettre à un moment que 7 ans d'un cursus généraliste à un rythme plutôt normal-pépère (collège + lycée, I mean), ça n'est pas suffisant pour amener un bagage bien gros dans quelque domaine que ce fut : ça ne sont que des aperçus.
Donc aller en Histoire sur le raisonnement de : "ailleurs j'ai bossé pendant le lycée donc je connais déjà un certain nombre choses" est pour le moins curieux. A l'issue du lycée même en travaillant sérieusement tu n'as fait qu'effleurer. Sois convaincu qu'en philo, en lettres, en histoire, en géographie, en maths, en physique, en biologie tu ne sais pas grand chose ou presque, de ce qui serait attendu d'un élève à l'issue d'un cursus universitaire spécialisé sur un sujet précis. Moi-même après 2 ans de prépa scientifique j'ai une vision peut-être un peu moins approximative des sciences, je pense avoir une idée plus précise de ce que c'est que de les pratiquer et les manipuler au quotidien (au-delà du cadre des exercices hyper-scolaires et limités fournis au lycée, mais que je trouvais parfois difficiles à l'époque), mais alors je ne prétendrai pas en connaître plus que peut-être... le pied de la lettre B, le début de la lettre C ? Et encore... Quand je vois que le programme de sciences en classes préparatoires s'arrête péniblement au XIXème siècle, ça laisse rêveur sur l'étendue des connaissances d'un élève du lycée dans chaque matière.
Un choix bien plus pertinent pour sélectionner une filière qui t'intéresserait assez pour te donner les moyens et l'envie de travailler aurait été l'affection, les atomes crochus que tu ressens à travailler une matière. Ce ressenti change bien sûr une fois qu'on s'y attaque de façon plus sérieuse après le BAC, mais globalement c'est une bien meilleure piste que de se dire : "voyons, là, là, là, je suis trop bon, ah tiens ! ça je ne suis pas encore assez cultivé là-dessus, donc c'est ce que je vais faire à la fac !"
Je t'encourage sincèrement à te défaire de cette image auto-construite de "mec cultivé touche à tout au-dessus du lot", car visiblement cela te porte assez sérieusement préjudice dans beaucoup de domaines, y compris celui de percevoir correctement la façon dont il te faudrait préparer ton avenir.
Je pense qu'il est assez facile de se sentir hyper-lettré face à une bande de pote lycéens en terminale S : vu la dose de lecture des jeunes gens aujourd'hui, avoir lu
Da Vinci Code en plus des 3 petites oeuvres au programme peut faire faire dangereusement passer pour un puis de culture. Hélas, c'est douloureusement faux.
Je cite un truc au hasard : si tu aimes la philo, que tu as bossé sérieusement la philo en terminale et que tu as eu l'impression d'être très bon en philo en terminale, FAIS de la philo après le BAC, plutôt que de te dire que "la philo tu as fait le tour". Tu verras, tu découvriras qu'en philo il te reste un Univers entier à découvrir, apprendre et t'approprier, et que Grand Dieu Non ta culture générale en philo à l'issue du BAC n'était pas déjà acquise et solide. Et ça sera bien plus agréable de bosser quelque chose qui t'a déjà plu, plutôt qu'un machin choisi pour une raison douteuse.
Bon courage : se réorienter c'est toujours plein de questions douloureuses, mais c'est possible. Surtout à BAC+I, 1 mois après la rentrée, c'est quand même encore largement le moment.