Il m'aime et je l'aime

Pour eux.
Banaman
Messages : 69
Inscription : mar. juil. 31, 2012 7:00 pm

Il m'aime et je l'aime

Message par Banaman »

Bonsoir à tous. Je viens tout juste de rejoindre cette communauté sous les conseils d’un ami… Je préfère le dire tout de suite mon sujet est long et pénible à lire De plus, je pourrais en choquer quelques uns. Il se trouve que je n’ai personne à qui parler de ça et là j’arrive à saturation. Avant je n’étais dévasté que psychologiquement mais là mon corps s’y mets, je suis descendu à 50 kilos pour 1m74, je cumule les insomnies, j’enchaine les malaises et mes parents sont morts d’inquiétude à mon sujet.

Je suis un garçon de 17 ans et je suis gay. Ce dont j’ai besoin de parler c’est d’un homme, d’amour et de rupture. Je vais faire de mon mieux pour exempter au maximum mon texte d’une quelconque tonalité élégiaque mais rien qu’à relire mon entrée en scène c’est déjà fait.

Je vais exposer les faits de façon chronologique mais difficile d’être fiable sur autant de mois, je vais faire de mon mieux pour être précis.
(Je ne donnerais pas son prénom, pour moi ça rend les choses plus faciles à poser sur le papier, c’est un exercice assez difficile je dois avouer)


Décembre 2011 :

C’est enfin les vacances. Je ne suis pas très bien… je dois gérer mon homosexualité et la garder pour moi, je n’ai fait mon comming out à personne pour l’instant. Petit moment de déprime. Il faut vite que je bouge pour me changer les idées.
Il se trouve que dans l’année je me suis fait une pote fantastique. Une allemande qui venait d’emménager en France et qui n’était pas très à l’aise ici. Au milieu des vacances, juste avant les fêtes elle m’invite chez elle, il semblerait qu’il y a du monde chez elle, grosse réunion de famille et d’amis. Je suis très impressionné, il y a beaucoup de monde qui est venu lui rendre visite pour les fêtes en effet, ça parle allemand dans tous les sens. Et je rencontre un homme, lui. Premières impressions : je le trouve étrange, pas très beau et très réservé. On peut imaginer mieux je suppose comme premières impressions mais c’est la vérité. En parlant (en anglais, ne parlant pas allemand) ça se passe plutôt bien, on discute quand même pas mal, c’est un artiste, il fait de la photographie, il m’invite à regarder ses travaux ultérieurement, moi-même étant passionné d’art.

Par la suite je consulte ses travaux via internet, il fait un travail remarquable, je lui envoie un mail pour lui dire mes impressions et le féliciter. Réponse rapide, s’en suit une discussion épisodique. Il devient quelqu’un de proche et d’éloigné à la fois, sentimentalement et géographiquement. Je décide alors de lui dire, il se trouve être la première personne au courant, que je suis gay. Et là, surprise, lui aussi et personne n’est au courant de même. On se parle via mail de plus en plus souvent, mes premières impressions à son sujet sont vite oubliées… on s’entend très bien, on rigole aussi bien que l’on discute de sujets sérieux. Fini la déprime, il me redonne le sourire et mon quotidien est redynamisé grâce à lui. Il était dans le même cas, dépressif comme moi mais dans une version beaucoup plus sévère. Je ne vais pas détailler mais il était vierge, pas encore « out », avec un boulot qu’il n’aime pas, dans un lieu qu’il n’aime pas, la liste est longue.

Janvier 2012 :

Notre relation reste dans cette continuité. On devient de plus en plus intime. On parle quotidiennement à présent, nous somme chacun l’oxygène de l’autre, je suis véritablement accro à sa façon de parler, à son humour. On parle aussi bien d’art, que de peinture, de musique, de photographie, de nos angoisses, de nos coups de gueules, de nos bons moments (qui correspondent bien souvent à ceux que l’on passe ensemble). On déplore tous les deux la distance qui nous sépare mais on fait avec, mon niveau d’anglais s’améliore.

Au milieu du mois, il doit partir en vacances pour une semaine… soit… on ne parlera pas pendant ce temps. Il se trouve que pendant une semaine je ne pense qu’à lui, ses paroles… j’ai bien l’impression de l’apprécier plus que je ne le pensais mais comme à mon habitude je dois penser toujours trop et je devrais éviter de songer à cela. Il rentre de son séjour, on se retrouve et on parle encore plus, on est capable de discuter des jours entiers, du réveil au coucher le soir.

Février 2012 :

Les choses vont très vite, tout s’accélère, tout s’intensifie. C’est sûr maintenant, pour la première fois dans ma vie je suis amoureux !
Survient un incident de sa part qui me met dans une rage folle… ma réaction le surprend, il se dit confus… mais pas que par ma réaction. Selon ses propres mots « j’ai réveillé chez lui ce qu’il pensait ne plus vivre à nouveau ». Grandes manifestations d’affections et de tendresse. On parle énormément, on échange beaucoup sur nos sentiments, ce qu’on pense de l’autre. Il m’aime, je l’aime.

Mars 2012 :

Au début du mois rien ne change.

J’en viens à lui poser une question. « Quelle est ta plus grande qualité ? ». Sa réponse : « l’honnêteté ». Il me dit tous les détails de sa vie, toute la vérité, rien que la vérité il le jure. Il a un passé très lourd… Par respect pour lui je n’entrerais pas dans les détails. Moi je pleure, comment pourrais-je accepter ça ? Lui dit ne pas avoir honte de ce passé… alors je continue de pleurer. Mon comportement change, je deviens complètement névrosé, je dirais instable même. Je suis déchiré, tiraillé entre un passé digne d’un « monstre » et cet être merveilleux que j’aime. Une longue et douloureuse période d’acceptation se profile.

11 mars : Une querelle surgit. Je trouve qu’il manque d’attention à mon égard. Il ne fait que parler d’une fin entre nous. Il s’inquiète beaucoup car il est mon premier amour et le fait que les choses ne marchent pas entre nous l’effraie. Mais à force de trop parler d’une « fin » entre nous, de ne laisser apercevoir aucun espoir, je vais finir par croire que ses doutes vont devenir réalité. D’autres querelles s’en suivent dans la même soirée, pourquoi ne me dit-il pas « je t’aime » ? Il veut préserver le sens du mot. Je trouve cela absurde de quantifier des marques d’affection par peur, ce genre de chose ça se dit quand on le pense. La dispute se complexifie. Tous nos doutes éclatent, c’est l’apothéose. Etouffement. Besoin d’air. Pause.

12 mars : je reçois un mail rédigé à 4 heures du matin. Moi non plus je n’ai pas dormi. Ce message fait des pages et des pages de long. C’est sa vie, il me dit tout, exactement tout, le moindre détail est consigné. Jusqu’au moment de notre rencontre. J’ai sa perception personnelle de notre relation, il m’aime. On rediscute le soir même. Plutôt que de débattre sur son passé nous fixerons la route droit devant nous. Il est temps d’appréhender les problèmes concrets comme la distance. Le temps de se voir est arrivé.
Ainsi continue et s’achève le mois. Il m’aime, je l’aime.

Avril 2012 :

On fixe le rendez-vous. Le 14 avril. J’ai un empêchement imprévu. Le 21 c’est son anniversaire : occupé. Va pour le 28 ! L’attente est longue, j’appréhende, je doute, ai-je choisi la bonne voie… je m’accroche à lui, à mon amour pour lui. Je me réveille lui en tête et son image est toujours là quand je pars me coucher.

Je dois changer quelque chose. Il dit que je me dénigre trop, il a raison, il est temps de m’accepter. Quelqu’un qui se surestime c’est désagréable mais quelqu’un qui se dévalorise c’est carrément repoussant. J’ai envie d’arrêter de plaire aux autres, je veux me plaire à moi-même d’abord. J’ai toujours pensé que pour marquer un changement psychologique un changement physique peut s’avérer très utile. Soit. Rien de bien transcendant. Je change de coupe de cheveux, je débute un traitement pour l’acné, j’apprends à sourire, je m’habille comme je veux dorénavant.

Viens le temps de la rencontre. Comment dire ? Exceptionnel ! Fantastique ! Je trouvais qu’il ne me portait pas assez d’attention et là… je n’ai pas peur de le dire, ce sont les plus beaux jours de ma vie. D’un coup je deviens intéressant, je deviens beau (il dit que j’ai l’air d’un acteur !), désiré, intelligent, drôle. Je devais être aveugle lors de notre première rencontre, cet homme est beau, il est magnifique et ces yeux…d’une expressivité déroutante, sublimes. Moi qui ai fait du dessin j’ai la fâcheuse habitude de décortiquer les visages pour les examiner, le sien est semble très fragile, très doux, seul un front audacieux et des sourcils masculins viennent trancher. Et mon Dieu… quel sourire ! Je pourrais continuer encore longtemps… cet homme est juste merveilleux, son apparence est le reflet de son âme. C’est un modèle de tendresse et de douceur. Je me suis toujours plains de devoir faire le premier pas avec lui… c’est pourtant lui qui a approché son visage du mien, qui a plongé son regard dans le mien et qui m’a donné un premier baiser… mémorable. Pas de sexe, que des baisers, des câlins, une peau douce, des corps en harmonie qui se réchauffe mutuellement. On va en ville, dans mon restaurant favori, c’est son cadeau d’anniversaire de ma part. On rencontre des gens que je connais, ils croient qu’il a la vingtaine. Je ne l’ai pas encore dit… il a 38 ans en réalité. Je le dis relativement tard. La différence ne se ressent pas. On est synchro, on sait tout de l’autre, on anticipe ses moindres réactions. Pas de hiérarchisation dans notre couple. Moi aussi je le prends dans mes bras pour le consoler, moi aussi je dissipe ses doutes, il lui arrive d’avoir tord. Ce rendez-vous est magique, irréel. Je sais que certains, voire beaucoup désapprouvent ce genre de relation… je n’empêche pas les autres de penser mais juger trop rapidement sans savoir pour moi ça c’est tout le contraire de penser justement. Il m’aime, je l’aime.

Mai 2012 :

C’est le mois de mon anniversaire. 17 ans. Plus qu’un an. Dernière ligne droite. Je suis sous l’effet de la drogue de notre rencontre. Mes proches disent ne jamais m’avoir vu aussi heureux, je suis bien d’accord. Il me prévient qu’il doit partir pour une semaine début août, je suis triste mais plus que jamais il m’aime et je l’aime.

Juin 2012 :

Il part pendant une semaine. Pendant une semaine je n’ai pas un mot de sa part. Pendant une semaine je suis incapable de me concentrer sur mes révisions… Il revient, je fais ma crise, je souffre atrocement. Lui ne comprend pas. Il ne comprend pas pourquoi les choses me tiennent tant à cœur, il ne comprend pas que je ne puisse pas prendre les choses de façon détendu… ma réponse : « je t’aime ».
Ce genre de chose arrive de plus en plus souvent. Il voudrait passer de moins de temps en ma compagnie pour pouvoir s’occuper de lui. Il part des weekends entier sans me donner de nouvelles… à chaque fois c’est un coup de couteau en plein cœur, mon corps est parsemé de trou. Mais je prends sur moi, je ne vis plus que pour mes révisions, le reste du temps je pleure un être si cher que je perds de jour en jour j’ai l’impression.

Epreuves de français écrit et de géographie. Pendant deux jours je m’endurci au maximum, je renonce à toute humanité, à tout sentiment… je veux réussir ce satané bac. Je rentre de l’épreuve de géographie… tout me revient en pleine figure, je fonds en larme, on ne peux pas renier qui l’on est.

Fin du mois, avant l’oral de français, sur doctissimo je rencontre quelqu’un (cette même personne qui m’a conseillé ce forum). Pour la première fois je peux parler de ma relation, rien que d’en parler je peux prendre du recul.

23 juin : je n’en peux plus. Je souffre trop. La douleur est devenu insupportable, insurmontable. J’ai envie de crier « regarde-moi ! Aime-moi ! ». La personne avec qui je dialogue me fait remarquer une chose, je parle de « lui » au passé.

24 juin : je discute avec lui. Il veut annuler notre rendez-vous en août pour voir un ami à la place. Il me dit « qu’au moins ce sera gratuit », qu’il pourra « enfin se détendre ». Moi j’avais annulé une semaine avec mes cousines que j’adore, qui vivent loin et que je n’avais pas vu depuis deux ans pour lui. J’ai acheté des places pour lui faire visiter une exposition qu’il adorera sûrement et je perds une amie au passage… c’est la fameuse goutte d’eau. S’il veut se détendre je ne dirais qu’une chose : adieu. Je lui écris ma peine que je tentais de dissimuler. Il me répond. Je ne dors plus. Il ne dort plus.

Veille de l’oral de français : rupture de ma part, adieu.

Le lendemain : je pleure toutes les larmes de mon corps, mes proches s’inquiètent. On a rompu parce qu’il m’aime et je l’aime.

Juillet 2012 :

On discute de façon épisodique… mais je souffre trop à chaque fois. je l’aime toujours mais je n’ose même pas le dire à mon confident rencontré sur doctissimo. Les ponts sont définitivement coupés.

Je suis perdu… je ne dors plus… je perds beaucoup de poids… ma mère se demande ce qu’il se passe. Je décide un soir de lui faire part d’un problème médical mineur mais très intime qui me ronge depuis longtemps Elle me prend à part un soir et me dit « je sais que tu me caches quelque chose. Je t’ai toujours dit la vérité pour ma part, je peux tout entendre, si j’en suis incapable, qui le serait ? ». Il est temps pour moi de faire mon comming out, l’occasion est trop belle. J’écris une lettre pour mon comming out la nuit même que je donne à ma mère le lendemain et je le dis en face à mon père. Excellente réaction. Gros coup de stress pour moi. Mais j’ai des parents adorables.

Pourtant ça ne s’arrange pas. Je pleure. Je vais de plus en plus mal. Il me manque énormément. J’atteins mes limites… pas psychologiques, c’était déjà fait, mais physiques. Consultation chez mon médecin : il est alarmé et pourtant il lui en faut beaucoup pour ça.

Mais je ne peux y résister. Il faut que je lui dise pour mon comming out et mon problème médical dont je n’osais pas parler à mes parents. La discussion est relancée… on parle beaucoup ensemble, le contact est relancé. Je mens pour ne pas qu’il s’inquiète. Je lui dis que j’ai trouvé quelqu’un d’autre, un dénommé David, stupide mensonge. Sachant cela il rejoint un site de rencontre.

Au bout de quelques jours, je fais une crise de jalousie monstrueuse. je ne supporte pas l’idée qu’il rejoigne un site de rencontre. Je lui dis la vérité, David est une pure invention. Il me dit que ce n’est pas lui que je mérite mais ce David dont j’avais brossé le portrait « parfait ». Mais David c’est lui. On discute… conclusion : il m’aime et je l’aime. Il quitte le site de rencontre. Mais on est tous les deux perdus.

Il se trouve que je suis absent pendant quelques jours. Il est très attentionné et m’envoie des messages, chose qu’il ne faisait pas avant et que je lui reprochais. Pendant ces quelques jours je réfléchis, on a tous les deux changés. Il est l’homme de ma vie, dès que je rentre je lui fais une déclaration d’amour...

Je suis là, il est là. On parle. Il est différent. Il se dévalorise. Il dit que je ne le mérite pas. Il se traite de tous les noms. Il a souffert tout le mois durant… c’est à un enfant que je fais face. Il est dévasté par notre séparation. Je me traite intérieurement de tous les noms pour l’avoir mis dans cet état. Je ne l’ai jamais vu se dévaloriser autant. Il se dit être « trop faible ». pour la première fois il me donne raison sur certains points, il me comprend : il dit que c’est légitime que je veuille le voir plus souvent, que je m’énerve de na pas avoir de ses nouvelles, etc… Il se traite à nouveau de tous les noms pour cela. Mais il est mort de peur parce que j’ai parlé avec mes parents et avoir un compagnon plus âgé ne les dérange pas plus que ça et il a peur qu’un jour on doive faire les présentations. Il a peur car je viens de faire mon comming out et que c’est une pression pour qu’il fasse le sien.
Cette fois-ci les rôles sont inversés.
Cette fois-ci c’est lui qui découvre le mot souffrance.
Cette fois-ci c’est lui qui doit penser à lui.
Cette-fois ci c’est lui qui suffoque.
Cette fois-ci les mots sortent de sa bouche.
Il dit le mot.
Rupture.
Rupture totale.
Plus un mot, plus un regard. Une cigarette pour la route et adieu. Juste quelques mots échangés avant de partir. Il m’aime et moi… mais moi aussi je l’aime ! Ces derniers mots : « c’est la première fois que j’échoue ». Il a décidé de ne rien faire, de ne s’engager nulle part avec personne tant que je ne serais pas heureux de nouveau…

Je fais un malaise chez le docteur. Une semaine plus tard je remets ça dans ma salle de bain. Pas plus tard qu’une semaine auparavant j’ai fait un troisième malaise. Mon corps flanche. J’enchaine les insomnies. Mes proches ont réellement peur, ils font tout pour me remonter le moral et j’essaie tant bien que mal.

Août 2012 :

Je suis désespéré. Je demande à cet ami de doctissimo de l’aide, il m’avait parlé d’un site. Je rejoins ce site et décide d’y écrire mon histoire.

Voilà, j’en ai conscience, c’est fastidieux à lire. Mais je suis perdu. C’est tellement lourd à porter et à supporter, je n’ai personne à qui parler. Je sais que cette communauté-ci est compréhensive mais l’empathie a ses limites je suppose. Pourquoi je dis tout ça ? Je l’ignore… l’impression que j’ai c’est que je l’aime encore… en tout cas il me manque, il me manque énormément…
Israël

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par Israël »

Faut parfois savoir tourner la page. Est-ce ton " premier " ?
zphyr
Messages : 6444
Inscription : mer. janv. 30, 2008 6:10 pm

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par zphyr »

salut Banaman.
D'abord tu as bien fait de tout poser ici : plus on donne forme à ses émotions, plus on peut les mettre à distance pour ne plus en être victime.

Ton histoire est tragique et hélas, pas si rare ! C'est ce qu'on appelle une passion destructrice : votre amour vous détruit tous les deux petit à petit, au lieu de vous construire. Tu es jeune, tout neuf devant la vie et ton amour est si fort que tu ne peux ni le maîtriser, ni le parer ses coups. Pourtant, il te faut lui survivre ! Il faut le remettre à ses justes proportions.

Si j'ai bien compris : vous ne vous êtes vus que très rarement. Vous n'avez pas eu de sexe ensemble, si ce n'est des baisers, des câlins.

Je crois que tu fantasmes une partie de ton amour (et peut-être le sien) : Cet homme t'aime c'est le premier et cela t'étourdit et tu montes en mayonaise le tout ce qui fait que plus rien n'a d'importance à part cet amour. Tu es amoureux autant de ton amour que de ton homme. essaye de faire dégonfler un peu la baudruche, pour te concentrer sur lui.

Alors lui, il est très autodévalorisé, il n'assume pas ce qu'il est et dans sa tête il a dû faire le deuil d'un amour homo. Et voilà que tu arrives et que tu balayes tout sur ton passage. Il est perdu, il ne sait pas comment faire, il complexe sur son âge, son placard... Tu vas si vite quand lui n'a même pas sû dire à quiconque son homosexualité. Il t'admire, il complexe par rapport à toi, il se sent faible, incapable et pense fatalement que tu vas te lasser de lui, qu'il ne sera que ton initiateur vers ta vie sentimentale et c'est assez légitime, non ?

Il te faut sortir de ton idéal : Ton homme n'est pas en acier, comme tous les hommes il est faible, parfois lâche, indécis... Il te faut l'accepter comme tel, ou bien y renoncer. Mais toi, tu n'es pas non plus en acier ! Et tu as ta part de faiblesse : tu ne supportes pas que son passé soit glauque, je vais être dur, mais es-tu sûr de l'aimer lui vraiment, ou d'aimer son image parfaite, celle que tu t'es fabriqué sur lui à partir de quelques réactions. L'amour que tu décris me paraît trop pur. C'est dangereux, la pureté, surtout pour ton corps.

Il faut que tu te retrouves, toi, seul, pour tenter de te voir réagir dans cette histoire et de faire la part des choses. c'est très difficile, un psy peut t'aider au vu de la violence de tes sentiments, mais c'est nécessaire. peut-être ce qui pourrait t'aider c'est de demander à ton ami comment il te voit, ce qui lui fait peur dans votre histoire, ce qu'il aimerait que tu fasses... Tu pourrais être surpris.

Tout ce que je viens de dire est formulé sur ton récit, après, il faudrait en savoir encore plus...

en tout cas courage, ne te laisse pas te détruire !! :copain: :copain:
Banaman
Messages : 69
Inscription : mar. juil. 31, 2012 7:00 pm

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par Banaman »

Déjà merci de vos réponses rapides, j'avais vraiment peur de tomber dans l'oubli.

Mon chaton > Oui c'est mon premier. J'ai eu d'autres aventures par le passé mais celle là en terme d'intensité c'est juste incomparable, c'est vraiment mon premier amour.

Zphyr > Tout d'abord merci beaucoup d'avoir pris la peine de réagir de la sorte. En ce qui concerne l'idée d'être amoureux de l'amour en lui même tu as tout à fait raison, c'est la période que j'ai intitulé "pink glasses". Mais j'ai pris du recul, j'ai vu des défauts et des qualités et un homme que je n'ai qu'aimé davantage. C'est ce que dit Stendhal à travers le processus de cristallisation : "Ce que j'appelle cristallisation, c'est l'opération de l'esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l'objet aimé a de nouvelles perfections". A un moment donné l'amour que j'éprouvais pour l'amour a du être remis en question, je l'ai alors redécouvert lui, et le résultat fut que je l'ai aimé davantage j'en ai bien peur. par contre il ne complexe ni sur son âge ni sur son placard. Il ne complexe pas par rapport à moi. C'est juste que je suis moche et là je rencontre quelqu'un qui me trouve beau... je l'ai bien vu juste avant ces dernières paroles... il est d'une fragilité extrême, peut-être plus que moi (et c'est dur) et il doute plus que moi. Notre amour n'a rien de pur, il a ses défauts, ma jalousie ou son relâchement par exemple. Par contre je ne comprends pas ton allusion à mon corps... que veux-tu dire par là ? Alors ce que cet ami en pense. Il m'a dit exactement la même chose, que mon amour pour lui était supplanté par mon amour pour l'amour. Ce qu'il pense de moi ? Je ne sais guère... il veut mon bien c'est sûr. Ce qu'il pense de lui ? Le mot vient de lui, c'est un "monstre".

En tout cas si vous avez besoin de détails complémentaires il suffit de demander. Pas de problème et encore merci.
looping-vt
Messages : 336
Inscription : sam. mai 12, 2012 7:37 am

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par looping-vt »

salut Banaman,


ton récit est à la fois beau, tragique et prenant.

quand on le lit, on sent tout le poids de la douleur que tu supporte, jusqu'à la destruction de ton corps

je n'ai pas plus de conseils à te donner que zphyr a fait (il fait çà mieux que moi)

par contre fait attention, le corps et l'esprit sont deux choses uniques, fragiles qui se détruisent facilement et rapidement, mais qui ont du mal à se reconstruire

à mon avis te faire aider est une bonne solution pour arrêter cette destruction

la vie est trop courte, on ne vit qu'une alors fait attention à toi

en tout je te souhaite un énorme courage :copain:
Nicofoto
Messages : 1874
Inscription : lun. juin 01, 2009 12:31 pm

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par Nicofoto »

Salut

Tu nous fais une bonne grosse dépression non ? c'est presque une lapalissade là...
Je pense aussi que tu as idéalisé cet homme, va falloir le descendre de son piédestal.

J'ai connu un garçon qui m'est très cher et qui a eu un passage très difficile, une très grosse dépression.
Après un travail de psychanalyse qui a duré un an ou deux, il est aujourd'hui heureux, sorti d'affaire et est maintenant dans une relation de couple durable.

Il y a des solutions aujourd'hui pour pouvoir être suivi par un psy sans se ruiner, et dans ton cas je pense que c'est une priorité.
Tu es jeune mais par ta manière de t'exprimer, tu semble être quelqu'un d'intelligent, plus que la moyenne d'ailleurs.
L'homme dont tu es amoureux, ou plutôt la représentation que tu te fait de cet homme (parceque je trouve que tu l'idéalise beaucoup trop), habite trop loin pour espérer une relation de couple épanouissante pour toi.
Quand je te lis, j'ai l'impression que tu attends beaucoup d'attention et d'affection de la part de l'homme avec qui tu veux vivre, et je ne suis pas sûr que tu peux te satisfaire d'un SMS de temps en temps, d'une conversation par téléphone et d'un contact humain une fois tout les six mois...
Et lui ne peut pas t'apporter ce dont tu as besoin, il habite trop loin, n'est visiblement pas du style à aimer envoyer des messages tout les jours ni donner de ses nouvelles quotidiennement.
Je le comprend, je suis aussi comme ça, je peux très bien aimer une personne mais ne pas ressentir le besoin de lui envoyer dix mille SMS. A la limite même... ça me gonfle.

Je vais être un peu dur, mais à mon avis tu devrais vraiment couper les ponts et ne plus avoir aucun contact avec lui.
Car à moins d'un miracle, cette relation - à distance - ne peut faire que te détruire à petit feu.
Couper les ponts ça veut dire lui dire que tu ne veux plus avoir de contact avec lui, supprimer ses SMS de ton téléphone, effacer son numéro, l'effacer de tes contacts MSN etc etc

Tu as 17 ans, lui 38. C'est un grand garçon, si je peux me permettre, il saura rebondir et s'en remettre.
Le plus important c'est toi, à 17 ans tu commence ta vie sexuelle et affective (oui certes, même si ça fait maintenant quelques années que tu as des relations, tu n'en est encore qu'au début) et tu n'es peut-être pas encore prêt pour assumer une relation complexe.

Prend soin de toi :wink:
zphyr
Messages : 6444
Inscription : mer. janv. 30, 2008 6:10 pm

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par zphyr »

Banaman a écrit : Par contre je ne comprends pas ton allusion à mon corps... que veux-tu dire par là ?
Je faisais référence à ton anorexie plus qu'inquiétante : tu entraines ton corps à suivre ton état d'esprit en lui refusant tout ce qui ne vient pas de "lui". Et donc la nouriture est infamante.

Ta réponse est celle de quelqu'un de posé et on a du mal à croire que tu es celui de ton récit. Si tu parviens à avoir ce recul, tu es sur la bonne voie : les choses vont se dédramatiser et tu vas reprendre du poids, faire la part des choses...
mais je crains que de nouveau des évènements te submergent. Dans ce cas, consulter un psy est une urgence.

Bon, je vais partir en vacances, continue d'utiliser le forum, je verrais dans trois semaines où tu en es.

D'ici là, courage ! :copain:
Banaman
Messages : 69
Inscription : mar. juil. 31, 2012 7:00 pm

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par Banaman »

Merci à tous pour ces réactions très intéressantes, il est temps pour moi de réagir comme il se doit.

looping3539 > Je ne m'attendais pas à ce que l'on complimente mon écriture en elle-même ! C'est arrogant de ma part mais ça fait plaisir à entendre, j'ai tout écrit d'un jet, nerveusement et je ne me suis même pas relu... à part il y a quelques minutes, d'ailleurs je m'excuse pour toutes les fautes d'orthographe et ses phrases nominales décidément trop nombreuses, mon prof de français serait furieux ! En tout cas merci de ton message, ça me fait plaisir. Chaque voix que j'entends ici, si je puis dire, m'aide à prendre un peu plus de recul.

Nicofoto > Une dépression ? Je ne sais pas... une grosse déprime au moins. Je l'ai idéalisé à une époque... j'ai conscience de ses défauts mais j'ignore pourquoi il me fascine toujours autant, il me manque tellement. Intelligent ? Je ne pense vraiment pas tu sais ! Par contre tu as raison, on a chacun notre façon d'aimer. Pour ma part je suis impulsif de nature, je demande énormément d'attention, d'affection, c'est très passionnel; lui c'est c'est un amour qui n'a pas besoin d'être prouvé par des marques d'affection qu'il qualifierait de "forcées", quelque chose d’inébranlable et d'immuable, mais surtout un altruisme sans borne, mon bonheur passe avant tout, si je l'avais trompé mais dis que j'étais heureux de la sorte, pour mon bonheur, il aurait pu l'accepter par exemple. Pour l'instant tous les ponts sont coupés... tout ce que tu m'as dit est fait mais il me manque... tu n'imagines pas à quel point.

Zphyr > L'anorexie s'arrange un peu, je retrouve soudain l'appétit et j'arrête de sauter les repas. C'est ça que je ne comprends pas. j'arrive à avoir un peu de recul mais pourtant je ne fais que le désirer davantage...

Enfin voilà, je me lève ce matin avec son image en tête, le souvenir de son odeur et mille autres détails... j'ai tellement envie de le recontacter.
Deleted User 8026

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par Deleted User 8026 »

Je suis du même avis que tout le monde au-dessus. Il est plus vieux et a donc pas nécessairement la même vision que toi sur les choses, raison pour laquelle il est plus distant peut-être.
Et oui, prends soin de toi aussi. Tu sembles faire une dépression assez sévère (perte de poids, insomnies, malaises...) et allez voir un psy n'est effectivement pas une mauvaise idée pour remettre tout ça en ordre avant de trop repousser tes limites.
tkf
Messages : 2080
Inscription : mar. juin 06, 2006 4:23 pm

Re: Il m'aime et je l'aime

Message par tkf »

Sans vouloir t'inquiéter outre mesure, je plussoie les autres en disant que tu es actuellement en dépression. Etre amoureux, ce qui nous rends aussi euphorique, n'empêche pas d'être en même temps en dépression. Ce n'est pas une grosse déprime que tu nous fait-là, car sinon tu ne serais qu'apathique. Là, on a largement dépassé ce stade. Consulter un psychiatre pour un suivi psychologique et médical me semble urgent pour ta santé et ton bien-être. Il faut essayer de reconstruire cette barrière psychique qui s'est effondrée devant ta déception de constater que la réalité ne correspondait pas à tes désirs dans ta vie amoureuse.

Maintenant, il faut aussi identifier clairement le problème pour le comprendre et le résoudre, et ainsi guérir.

Dans ton titre, tu dis "Il m'aime et je l'aime", chose que tu ne cesses de répéter dans ton post d'ailleurs. Hors contexte, cette phrase ne représente pas un problème, mais un bonheur, non ? Et parfois, tu le dis dans une phrase alors cela n'a plus de sens, ce qui, vu ton bon niveau d'expression écrite, n'est pas cohérent.
Banaman a écrit :On a rompu parce qu’il m’aime et je l’aime.
J'ai l'impression que tu le nies, ce problème, dont tu en as vu la conclusion (la rupture) mais pas mis les mots sur sa source.

Le principal reproche que tu lui fais, c'est son manque de gestes d'affection envers toi, de démonstrations d'amour, qui devraient être plus nombreux et spontanés selon toi.

En ne cessant de répéter "Il m'aime et je l'aime" et rien d'autre, tu ne cesses de vous placer sur un pied d'égalité sur le plan du sentiment amoureux. Intéressant, quand on pense qu'à l'inverse tu ne cesses de dénoncer le déséquilibre entre vous dans les démonstrations d'affection.
Moi, ce que je trouve intéressant, c'est ce que tu ne dis pas. Tu ne dis jamais : "il m'aime moins que je l'aime". Moi, c'est la phrase qui me vient à l'esprit quand je lis ton texte. En n'écrivant pas cette phrase, c'est comme si tu exorcisais ce que tu redoutes et te fais souffrir atrocement.

Alors, bien sûr, une telle phrase impliquerait que les liens entre sentiments amoureux et démonstration d'affection sont corrélés proportionnellement : plus on aime, plus on dit je t'aime.

Or, comme le dit Nicofoto, et je l'approuve car je suis pareil, et apparemment nous sommes comme ton mec : ce n'est pas le cas. Ce n'est pas parce qu'on aime fort que l'on va forcément dire tout le temps je t'aime, ou penser tout le temps à lui. Et ce n'est pas parce que quelqu'un dit tout le temps je t'aime qu'il aime extrêmement fort. Le degré de sentiment amoureux n'est pas proportionnel aux gestes d'affection.

Mais on a beau le savoir, ce n'est pas pour çà qu'on ne ressent pas cette impression de "il m'aime moins car il me le montre moins", parce que la société nous a conditionné à penser comme çà.

Est-ce que tu te retrouves dans ce que je viens de dire ? Ou je me plante complètement ? Si je ne me trompe pas, de ton côté, c'est là-dessus que tu dois travailler : intégrer que sentiment amoureux et démonstrations affectives ne sont pas liées proportionnellement.


De son côté, c'est clair que lui doit travailler sur son manque de confiance en lui et sa dévalorisation personnelle. Elle se voyait déjà dès mars, lorsqu'il essaye de se séparer de toi, comme s'il prenait les devants avant que tu ne le fasses en découvrant son passé. Enfin bref, j'ai l'impression qu'il a peur d'être abandonné. Ce qui explique son placard, son isolement volontaire à plusieurs niveaux, et votre relation quasi fusionnelle par moment si j'ai bien compris ce que tu as écris.

Mais étant donné que tes parents sont au courant pour toi et pour vous deux, pourquoi tu ne l'inviterais pas chez tes parents pour les faire se rencontrer ? Il n'aura pas de coming-out à faire puisque tu l'as outé, ni à avoir peur de se faire rejeter puisque tes parents ont tacitement approuvé votre relation. Honnêtement, çà facilite vachement la tâche. Ton mec, il a besoin j'ai l'impression d'être mis en confiance et d'intégrer une "famille" où il puisse se sentir accepter par avance.
Et puis, cela ne lui implique nullement de devoir s'outer auprès des autres en faisant çà.

Purée : 2h50 ? Bon, ben je vais marrêter là hein :euh:

PS : c'était la différence d'âge qui a posé problème sur doctissimo ? :gn:
Verrouillé