Merci pour vos réponses
Je vais tenter d'apporter des éclairages supplémentaires en réagissant à ce que vous me répondez :
N.S. a écrit :D'abord, définir exactement ce qu'est le problème pour toi. Tu dis que tu voudrais pouvoir voir ton copain sans avoir à prendre rendez-vous, et sans craindre qu'il soit "chez elle", et que du coup il ait à décommander pour toi ou à refuser.
Mais tu mélange deux trucs : la distance et le polyamour. Ce que je veux dire c'est que, il serait monogame, le problème serait le même. Tu ne pourrais pas non plus débarquer chez lui comme ça sans prévenir, parce qu'il pourrait très bien être chez des amis, ou avoir rendez-vous avec des gens, ou être plus tard au boulot, etc. Et donc, tu l'aurais dans le baba en arrivant (avec lui pas dispo pour te reçevoir).
En fait pendant les premiers mois de notre relation, j'avais les clés de chez lui, je pouvais venir à l'improviste, sûr que même s'il était de sortie, il me trouverait à réchauffer les draps à son retour. Comme tu le dis plus bas, j'ai voulu un moment lui faire faire un choix, et je lui ai rendu les clés, que je ne reprendrai pas. Cela ne me gêne aucunement de savoir qu'il a une vie à lui, qu'il sorte avec des amis, qu'il ne puisse pas être toujours avec moi : il a eu beaucoup de mal à me faire accepter les contraintes d'une relation à distance (j'avais déjà eu une relation qui avait capoté en grande partie à cause de la distance), mais je m'y suis fait. L'essentiel est dans cette énorme différence : auparavant, j'aurais pu aller chez lui sans qu'il soit là, et qu'il me trouve à son retour, même si au final dans le cas d'une sortie de sa part on se serait à peine vu. Désormais, si d'aventure l'idée d'aller le rejoindre un soir en semaine me prenait, j'aurais une chance sur deux de me réveiller seul. Ce n'est donc pas tant la distance que le polyamour qui me gêne. Je crois même que je pourrais accepter (peut-être ?) le poly-amour, s'il n''y avait pas la distance en plus : c'est l'addition de ces deux facteurs qui est lourde.
N.S. a écrit :
Et je sais que beaucoup de niais font ça, décommander leurs amis quand ils apprennent que leur copain/ine qui vit ailleurs arrive, mais si il le faisait ce serait super irrespectueux pour eux. Au bout d'un moment ses amis le jetteraient et en plus, ils auraient raison. Donc, la distance fait que vous vous voyez peu et avez à prendre rendez-vous pour respecter les emplois du temps de chacun.
Au début de notre relation, nous allions ensemble chez ses amis, et si ce n'était pas possible, cela ne me gênait pas de rester seul chez lui, attendant sagement son retour. Le fait que notre relation était exclusive et que j'ai eu une grosse période d'inter-contrat a fait que nous nous voyions au moins 4 jours par semaine.
Sa relation poly-amoureuse et le retour à un rythme de travail plus normal pour moi a changé tout cela : il peut aller voir ses amis ou sa famille avec elle aussi, alors que moi je suis beaucoup moins disponible du fait de mon travail. En gros, il ne nous reste plus que le week-end. Ne pas pouvoir me pointer à l'improviste une fois dans la semaine est du coup une pilule difficile à avaler.
N.S. a écrit :
La solution serait qu'il habite plus près de chez toi (ce qui pourrait être compliqué à cause de son autre relation, certes) ou toi plus près de chez lui (mais tu as des gosses, et donc déménager c'est pas forcément simple). Et puis basiquement, déménager ça peut poser des problèmes autres (professionnels ou personnels) dans vos deux cas, que j'ignore. La troisième option serait de rester ainsi, à distance, tant bien que mal (et en essayant de se voir au maximum).
Tu as tout bon ici : c'est la troisième option qui s'est instaurée, et cela marchait très bien jusqu'à ce que son autre relation prenne de plus en plus de place.
N.S. a écrit :
Maintenant, le problème du polyamour. D'abord, il faut pas oublier que si il voit plus sa copine (enfin, je suppose) c'est qu'ils habitent près. Si tu habitais près aussi, il te verrais autant.
Ensuite, à supposer que vous habitiez plus près, et qu'il continue à être poly, certes tu ne pourrais pas te réveiller TOUS les matins dans les bras de ton homme et vivre avec lui, mais tu pourrais avoir quelque chose de très approchant. Il y a plein de couples qui habitent près et se voient beaucoup.
Oui, je crois que si nous habitions près l'un de l'autre, je ne vivrais pas la chose si mal.
N.S. a écrit :
Autre chose, le cliché bisounours comme tu dis, de te lever dans les bras de ton homme, a été un moyen d'acceptation pour toi, mais c'est pas PARCE QUE ça t'a aidé à t'accepter que tu dois t'y accrocher à tout prix. Faut que tu restes sur cette idée si tu en as envie maintenant, mais pas parce que ça a été une béquille dans le passé. Je sais pas si je suis clair sur ce point, sinon hésite pas à me le dire.
Tu es tout à fait clair sur ce point ! Ce cliché bisounours a eu énormément d'influence sur mon acceptation. Je suis tout à fait conscient que ce rêve a peu de chance de se réaliser sur le long terme. Mais y renoncer maintenant sans connaître une telle expérience est vraiment un crève-cœur pour moi. C'est là que la relation poly-amoureuse devient insupportable : elle m'ôte tout espoir de voir ce rêve se réaliser un jour. Sans la relation poly-amoureuse, il aurait été possible d'envisager cette vie, même dans un lointain avenir. La relation poly-amoureuse est en soi une fin de non recevoir pour un éventuel mariage, l'achat d'une maison etc.
N.S. a écrit :
Enfin, dernière chose sur ce point. Sans vouloir juger ou faire des sous-entendus (je n'ai aucune idée de la réponse), demande toi pourquoi le fait qu'il ait une autre relation te gêne. Et pas seulement les raisons qui paraissent évidentes, mais les vraies raisons profondes, dans les méandres du cerveau.
Je vais essayer d'être clair, sans pudeur (ce lieu est tout à fait indiqué pour cela

) : il y a probablement une bonne dose de jalousie dans cette affaire. Cela ne m'aurait pas vraiment gêné qu'il casse la routine en allant, vulgairement, péter le c**" d'un inconnu de temps en temps. Ce qui me gêne, c'est qu'ils s'aiment pour la vie. Ils se connaissent depuis plus de 15 ans, ont déjà été ensemble pendant 1 an, et j'ai le sentiment d'être une parenthèse. Je sais bien qu'il m'aime, mais en même temps, j'ai l'impression d'être une béquille. De son aveu à lui, comme à elle, ils sont beaucoup mieux ensemble tous les deux depuis qu'il m'a. Que je doive renoncer à mon rêve est dans l'ordre des chose, avec le temps. Mais là, c'est un peu brutal, comme retour à la réalité. Il ne se rend pas compte à quel point c'est dur de recevoir un sms tout gentil le soir alors que je sais que quelques minutes plus tard, ils s'étreindront d'amour quand je serai tout seul dans mon lit.
N.S. a écrit :
Conclusion : Si après toute cette réflexion, tu découvres que tu ne peux pas supporter cette situation, alors oui il vaut mieux rompre. Mais dans ce cas, si tu ne veux pas le faire souffrir, évite de le mettre devant un choix impossible, en le laissant décider "Elle ou moi". Dis-lui plutôt, en gros, "JE décide de partir". Parce que si c'est lui qui doit choisir et qu'il te choisit, ce sera lui qui la fera et se fera lui-même souffrir, et finira par t'en vouloir.
J'avais déjà refusé lorsque j'ai découvert leur relation de lui imposer un choix, en lui disant exactement la même chose. Comme ça devenait trop dur pour moi, un moment ou j'étais mal je lui ai demandé de faire ce choix, ce qui l'avait anéanti lui, et elle. Je suis revenu en arrière, me disant qu'il fallait prendre le temps de voir, et m'efforçant de croire que je pourrai trouver un certain équilibre en trouvant quelque amant (ce qui en soi l'angoisse, au passage, et me culpabilise). Mais avec le (peu de) temps, je réalise déjà que mes rencontres ne m'apportent aucun réconfort : les rencontres furtives ne m'amusent plus vraiment, et je ne me sens pas disponible pour une rencontre sérieuse avec un autre.
zphyr a écrit :D'accord avec flo.
Je comprends ton désarroi (je vivrais je pense la même chose) d'autant que "S" a eu un rôle régulateur et stabilisateur de ta sexualité. Il t'a mis le pied à l'étrier d'une vie homo sentimentale et plus uniquement sexuelle. Et là, c'est lui qui déconne. je dis ça parce qu'il me semble (mais je peux me tromper) que le polyamour ne fonctionne que sur un principe d'égalité, en tout cas de répartition acceptée par tous. Ce n'est pas le cas ici. Tu es la dernière roue du carrosse, la prime, le complément peut-être indispensable, mais le complément quand-même !
Alors que tu donnes tout à "S" (ta famille y compris) lui t'accorde un peu de temps. C'est terriblement déséquilibré, en tout cas, moi je serais très frustré de ça.
Comme dit flo, il n'y a plus qu'à tout mettre sur la table, et je le crains (perce que je ne vois pas comment il peut rétablir l'équilibre) prendre des décisions difficiles... J'espère me tromper !
Courage !

Je suis d'accord avec ce que tu dis, mais... je sais que S a un compte ici et qu'il m'a déjà lu par le passé, mais je ne sais pas s'il lira ceci et interviendra. Alors je vais prendre un tout petit peu sa défense, tâcher de me trouver des tords. Tout d'abord, concernant ses sentiments pour moi, je sais qu'ils sont vrais. Il me couvre de cadeaux, de mots d'amour, d'attentions...
De mon côté, je ne lui donne pas (plus ?) tant que cela. Au début de la relation, je n'en faisais pas trop car je freinais ce démarrage rapide par crainte de la distance. Lorsque mes sentiments se sont ancrés et que la distance n'a plus été un problème insurmontable, c'est sa relation poly-amoureuse qui m'a fait me "désengager" partiellement : je ne suis donc pas du tout l'amant attentionné, tendre, câlin que je devrais / pourrais être, un peu comme si j'avais une sorte de rancune contre lui.
Je me sens "pris au piège" : si je poursuis la relation, je sais que mon mal-être risque d'empirer. Et rompre me fait peur : j'aurais l'impression de trahir après tout ce qu'il a fait pour moi et je sais qu'il en souffrirait considérablement. De mon côté, la perspective de tout perdre, de devoir affronter à nouveau la solitude alors que je me vois mal accorder ma confiance une nouvelle fois me fait l'effet d'un grand vide en perspective. Et je ne vois pas trop comment présenter les choses avec mes enfants, mon ex-femme. Il est important pour moi d'avoir une vie stable, c'est un élément qui pèse dans la qualité de ma relation avec mon ex-femme et l'éducation de mes enfants (hors de question pour moi de multiplier les relations pseudo-sérieuses qui ne durent que quelques mois.). Bref, je ne vois pas d'issue satisfaisante.
Banaman a écrit :Bonjour Lolo,
Bon tout d'abord grosse pensée pour toi en cette situation très délicate. Je vais te donner mon opinion, qui aura une saveur de déjà vu, mais bon je pense que tu as besoin de beaucoup d'avis pour prendre un maximum de recul, chose que tu as déjà fait.
Tout d'abord tu oublies de marquer un point dans ton récit c'est la distance qui vous sépare, les interventions précédentes le soulignent bien, il est possible que le fait qu'il soit poly-amoureux supplante cette autre "difficulté" mais tu as l'air de tenir le poly-amour comme responsable certains aspects de ton couple qui ne sont ce qu'ils sont qu'à cause de la distance je pense.
Oui, tout à fait, je crois que j'ai besoin de plusieurs points de vue pour y voir nu peu plus clair !
Concernant la distance et le poly-amour, je pense que c'est leur association qui pose le plus de problème. Avant qu'il renoue avec sa copine, je m'étais fait aux contraintes de la distance. Lorsque nous n'étions pas ensembles, je savais qu'il pensait à moi, j'étais touché par ses petits messages d'amour. Avec sa relation poly-amoureuse, lorsque nous ne sommes pas ensembles, j'ai le sentiment que nous ne sommes effectivement "pas ensembles", car je sais qu'il est avec elle. Et du coup ses petits mots d'amour n'ont pas du tout la même saveur.
Banaman a écrit :
Après, bon de la part d'un gamin de 17 ans ça n'a guère de sens, mais tu n'as pas besoin de te sentir coupable de tenir à certains idéaux. Personnellement cette image du levée de jour dans les bras de l'autre je la partage. Je ne veux pas tomber dans la facilité et te dire ce que tu as à faire, on ressent très bien que tu l'aimes passionnément, qu'il compte énormément pour toi et qu'il t'a apporté beaucoup, je dirais même que tu l'aimes un peu trop car ton altruisme te pousse à laisser de la place pour "l'autre".
Corneille disait : "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années.". Tu n'as pas à rougir de penser par toi même et d'avoir de l'empathie pour les autres à ton âge. C'est plutôt de bons atouts que tu as là !
Tu as peut-être raison, mais par honnêteté je ne peux pas m'empêcher de penser que je ne suis pas si altruiste que cela : par ma réserve, ma froideur, je lui fais payer cher, très cher, sa relation poly-amoureuse. La douleur que je ressent use grandement la profondeur de mes sentiments, qui se teintent salement de rancune avec le temps.
Banaman a écrit :
Cela fait un peu "citation vide de sens" mais chaque relation, chaque couple implique son lot de différences. Les différences ne sont pas un problème en elles-mêmes, c'est la façon de les appréhender par chacun qui peut s'avérer problématique. Malheureusement il n'y a pas de miracle je pense, il va falloir discuter pour que chacun expose son point de vue, son ressenti par rapport à la situation, mais plus que tout il va falloir ressortir de tout cela comment l'autre considère le point de vue de celui qui ne pense pas comme lui. Il semblerait que la situation a commencé à dépérir et finalement nous n'avons que ton point de vue. Il va falloir parler, quitte à faire mal je pense? Qu'en est-il de lui ? Et d'elle ? Perçoivent-ils ta détresse ?
On a déjà essayé de discuté, mais ... j'ai du mal à verbaliser tout cela. La dernière fois que je lui ai dis que je ne supportais pas la situation, il a fait une dépression, il voulait nous quitter tous les deux, disant que tout était de sa faute, et j'ai bien cru qu'il pouvait faire une connerie. Elle, je l'ai rencontré. Je pense qu'elle est heureuse de l'avoir "récupéré". Je pense qu'elle est heureuse qu'il soit mieux, plus équilibré. Et je pense également, même si elle le cache mieux que moi (elle le connait depuis plus longtemps, a plus d'expérience et de patience), qu'elle ne vit pas mieux que moi les moments où il n'est pas avec elle.
Pour ce qui est de ma détresse, ils l'ont bien perçu lorsqu'il y a eu crises, mais je ne crois pas qu'ils se rendent compte qu'elle est tout aussi présente aujourd'hui.
Banaman a écrit :
En tout cas les compromis que te propose cette relation ne te conviennent pas... et finalement il n'a pas l'air d'avoir renoncé à autant de choses que toi. pour ta part tu as dû renoncer à tes rêves et à ta conception de la vie en couple alors que la sienne est intacte... Enfin Zphyr a déjà dit tout ça : c'est très déséquilibré.
Attention ce que je vais dire n'est pas une critique de ce que tu dis : tu termines en parlant d'équilibre, et ça me donne l'impression de tourner en rond. En effet, lorsque j'ai compris qu'il revoyait son ex-copine et que je l'ai "invité à m'en parler", je lui ai longuement parlé de cette notion d'équilibre. Arriverons-nous à le trouver un jour ? Suis-je trop impatient ? En ce qui me concerne, les façons d'y parvenir auxquelles j'avais pensé (une forme de libertinage) ne m'apportent rien en la matière, et je n'ai pas d'autre piste en vue.
Encore merci à vous ! C'est vraiment rassurant de pouvoir parler comme ça et recevoir des témoignages.