Relation ...[trouvez le bon terme!]

Pour eux.
Lolo
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Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par Lolo »

OFF-Topic :
Je poste ici, mais... il faudra peut-être changer ce topic de place. Il y est question de bisexualité, de poly-amour, de relation mal vécue. Je ne voyais pas trop où mettre ça, donc comme je suis un garçon (si, si), je mets ça dans "Garçons", mais ça n'a rien de spécifiquement mâle
Par où commencer ? Je pourrais commencer par retracer les choses de façon chronologiques, ou bien je parts de la situation actuelle. Oui, je vais faire comme ça : un cliché froid et larmoyant, un rien lyrique (j'aime me faire mal).

Je vais mal.

Je m'exprime avec légèreté, comme toujours, mais ne vous y trompez pas, je vais mal. Très mal. De ce mal-être qui me fait prendre des risques pour ma santé. Foutu réflexe d'auto-destruction qui me fait faire plein de conneries quand je vais mal.

Je ne vois pas le bonheur venir, je ne l'imagine pas venir de sitôt. C'est la désillusion, la réalité qui me frappe en pleine face : "Lolo, mon p'tit gars, il ne suffit pas de s'accepter soi-même pour devenir heureux !", qu'elle me jette comme ça, cette foutue réalité.

Mais pourquoi donc ? Vu de dehors, tout me sourit : je me suis accepté tel que je suis, je m'entends à merveille avec mon ex-femme et sa famille, j'ai trouvé un emploi stable correctement rémunéré, j'ai un copain qui m'aime. Cela, je ne peux pas lui enlever, il m'aime, je n'en doute pas un seul instant.

Ce tableau est merveilleux, mais quand on gratte la croute, il y a un truc qui cloche avec la toile, elle est pourrie, et la peinture craquèle.

Mon copain est bi.

Vous croyez que c'est ça le problème ? Et bien non, c'était juste pour faire un effet. Vous êtes nombreux ici à savoir que ce n'est pas un problème, donc je n'insiste pas trop sur ce point : on peut très bien être bi et avoir une relation stable, harmonieuse. D'ailleurs, pour mon copain, il s'agit bien d'une relation stable et harmonieuse.

Mon copain est poly-amoureux.

Ça, oui, c'est un problème. Je n'écris pas ça pour lancer un gros débat sur le poly-amour : je me suis déjà renseigné sur ce sujet (vous pensez bien!). Les "défenseurs" du poly-amour vont arguer qu'on n'aime pas moins fort lorsqu'on aime plusieurs personnes. Ceux qui ont une relation avec un poly-amoureux doivent apprendre la compersion, être heureux à l'idée que leur amour soit bien avec d'autres...
C'est bien gentil tout ça. Mais en pratique, le rêve qui m'a fait m'accepter gay, ce rêve de me réveiller tous les matins dans les bras de mon homme, de faire des projets de vie avec lui, et bien ce rêve, je peux me le mettre en papillote quelque-part.
Quid du toit commun ? D'une union consacrée ? Il n'y a pas de projet de vie envisageable avec un poly-amoureux.

Il y a quelques mois, mon copain a su me convaincre, faire naître les sentiments alors que je freinais des deux pieds le démarrage d'une relation à distance. Il sortait d'une relation avec une femme. J'ai rapidement senti que cette relation n'était pas clairement fermée, car il me parlait trop souvent d'elle. Et de fait, étant donné qu'ils sont amis depuis plus de quinze ans, qu'ils habitent à 10min. l'un de l'autre, et qu'ils travaillent ensemble...... il se sont revu. En cachette d'abord. Jusqu'à ce que je comprenne, et que je lui tire les vers du nez.

Au début, j'ai voulu construire plutôt que démolir. D'autant qu'entre temps, la confiance étant là, mes enfants ont fait sa connaissance, ainsi que le reste de ma famille. (c'est la première fois que ma famille est confrontée clairement à mon homosexualité). Je tiens tout particulièrement à conserver la confiance et la qualité de ma relation avec mon ex-femme : il n'est pas question de lui présenter tous les 6 mois une nouvelle relation "sérieuse" à qui nos enfants seront confrontés.

Nous avons donc été présentés, sa copine, et moi, afin d'établir une relation de confiance et tenter de pérenniser cette relation. J'ai lourdement insisté auprès de mon copain pour lui faire comprendre que c'était à lui de trouver le bon équilibre pour que cette relation particulière marche, tout en expliquant que quoiqu'il arrive, il n'était pas certain qu'on y arrive. A ce stade, je lui ai annoncé que je m'autoriserai donc des rencontres plus ou moins sérieuses de mon côté. J'ai réalisé plus tard qu'en fait, c'était surtout une manière de lui mettre la pression, de le pousser à choisir une des deux relations. Car mes rencontres ne m'ont pas apporté l'équilibre que je souhaitais : on est bien loin de mon rêve initial, "le réveil tous les matins dans les bras de mon homme". Oui je sais, c'est un cliché bisounours. Mais sans cela, je ne me serais jamais accepté comme je suis.

Les mois ont passé. J'ai pu profiter d'une période d'inter-contrat pour être très souvent avec lui, cela a fait "passer la pilule". Mais le rythme normal a repris, et je sens que je vais craquer. Il passe ses semaines avec elle, et nous nous voyons le week-end. Je pourrais le rejoindre chez lui en semaine une soirée de temps en temps, mais..... sans spontanéité. par exemple hier après-midi, ça m'a traversé l'esprit : aller directement chez lui (1h de route c'est pas méchant) en quittant le travail assez tôt. Ce projet a été enterré dans l’œuf, j'avais peur de tomber sur porte close, qu'il soit chez elle. Vous me direz que j'aurai pu l'appeler pour savoir. Mouaif. C'est super romantique de demander à son copain si on peux venir chez lui ou s'il est chez son autre moitié. Soit il m'aurait annoncé la vérité, soit il aurait dit oui de façon gênée en décommandant avec elle, soit il aurait prétexté autre chose (belle ambiance). Au final, j'ai bien fait, car il était effectivement chez elle, ce qui confirme que son quotidien spontané, c'est elle (je n'ai pas envie de prendre rendez-vous pour trouver une place dans son agenda). Ce qui confirme également que notre relation sera bornée dans le temps : le week-end (pas toujours entier), et certaines vacances.

Bref, me voila avec mes sentiments qui s'émoussent à une vitesse effrayante, écartelé entre un certain équilibre qu'il apporte dans ma vie, le fait que tout le monde l'adore dans ma famille, et le constat de mon bonheur qui s'échappe. Cela se ressent d'ailleurs sur notre relation : consciemment ou non, je suis moins câlin, moins tendre (avec les mots aussi), un peu comme si je le poussais lui à se recentrer sur sa copine, à m'abandonner. En gros, je suis en train de baisser les bras, de laisser la relation pourrir doucement au lieu d'essayer de construire quelque chose.
floridjan
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Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par floridjan »

Le poly-amour, à mon sens, cela ne peut marcher que si les partenaires sont tous d'accord, consentants, sur la même longueur d'onde, etc. A partir du moment où y en a un que ça gêne, qui ne le fait pas pour lui mais pour faire plaisir à l'autre, pour ne pas le perdre, etc. ça ne peut que se casser la gueule, engendrer frustration, amertume, désillusions... C'est valable pour le poly-amour mais pour n'importe quelle autre situation amoureuse : faut être sur la même longueur d'onde, en avoir tous les deux envie. Et clairement, là, vous ne l'êtes pas, et sur quelque chose de primordiale : votre projet de vie en commun. Toi tu veux le shéma "classique" : toi et lui ensemble, relation stable et fidèle, dodo ensemble tous les soirs puis petit déjeuner l'ami ricoré le matin, etc. (je ne dis pas ça en me moquant hein^^ C'est un choix de vie de couple et de famille tout ce qu'il y a de plus estimable, que beaucoup de gens souhaitent).
Lui il souhaite apparemment autre chose : une relation avec toi qu'il aime, et avec sa copine qu'il aime aussi. Tu as fait l'effort d'essayer mais ça ne pouvait pas marcher longtemps parce que ce n'est pas ce tu souhaites et visiblement tu ne peux pas supporter.
Faut pas que tu laisses pourir ça : y a pas moyen, faut que tu en discutes avec lui, que tu lui dises que tu supportes pas, que tu ne veux pas/ ne peut pas continuer ce type de relation. Ensuite, c'est à lui de voir s'il peut/veut sacrifier sa relation avec sa copine pour sa relation avec toi, ou pas.
Je pense que tu dois envisager la rupture. ça va faire mal mais là, vous n'êtes pas d'accord quand au type de relation que vous souhaitez, et celui qui "sacrifie" son besoin pour l'autre finit souvent par en souffrir. Mieux vaut se dire d'emblée : "on ne veut pas la même chose, stoppons là", plutôt que faire des compromis, des concessions, sur des choses où il ne peut pas y avoir de concessions.
inconnu n

Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par inconnu n »

Je vais tenter la réponse la plus objective possible.

D'abord, définir exactement ce qu'est le problème pour toi. Tu dis que tu voudrais pouvoir voir ton copain sans avoir à prendre rendez-vous, et sans craindre qu'il soit "chez elle", et que du coup il ait à décommander pour toi ou à refuser.

Mais tu mélange deux trucs : la distance et le polyamour. Ce que je veux dire c'est que, il serait monogame, le problème serait le même. Tu ne pourrais pas non plus débarquer chez lui comme ça sans prévenir, parce qu'il pourrait très bien être chez des amis, ou avoir rendez-vous avec des gens, ou être plus tard au boulot, etc. Et donc, tu l'aurais dans le baba en arrivant (avec lui pas dispo pour te reçevoir).

Et je sais que beaucoup de niais font ça, décommander leurs amis quand ils apprennent que leur copain/ine qui vit ailleurs arrive, mais si il le faisait ce serait super irrespectueux pour eux. Au bout d'un moment ses amis le jetteraient et en plus, ils auraient raison. Donc, la distance fait que vous vous voyez peu et avez à prendre rendez-vous pour respecter les emplois du temps de chacun.

La solution serait qu'il habite plus près de chez toi (ce qui pourrait être compliqué à cause de son autre relation, certes) ou toi plus près de chez lui (mais tu as des gosses, et donc déménager c'est pas forcément simple). Et puis basiquement, déménager ça peut poser des problèmes autres (professionnels ou personnels) dans vos deux cas, que j'ignore. La troisième option serait de rester ainsi, à distance, tant bien que mal (et en essayant de se voir au maximum).

Maintenant, le problème du polyamour. D'abord, il faut pas oublier que si il voit plus sa copine (enfin, je suppose) c'est qu'ils habitent près. Si tu habitais près aussi, il te verrais autant.

Ensuite, à supposer que vous habitiez plus près, et qu'il continue à être poly, certes tu ne pourrais pas te réveiller TOUS les matins dans les bras de ton homme et vivre avec lui, mais tu pourrais avoir quelque chose de très approchant. Il y a plein de couples qui habitent près et se voient beaucoup.

Autre chose, le cliché bisounours comme tu dis, de te lever dans les bras de ton homme, a été un moyen d'acceptation pour toi, mais c'est pas PARCE QUE ça t'a aidé à t'accepter que tu dois t'y accrocher à tout prix. Faut que tu restes sur cette idée si tu en as envie maintenant, mais pas parce que ça a été une béquille dans le passé. Je sais pas si je suis clair sur ce point, sinon hésite pas à me le dire.

Enfin, dernière chose sur ce point. Sans vouloir juger ou faire des sous-entendus (je n'ai aucune idée de la réponse), demande toi pourquoi le fait qu'il ait une autre relation te gêne. Et pas seulement les raisons qui paraissent évidentes, mais les vraies raisons profondes, dans les méandres du cerveau.

Conclusion : Si après toute cette réflexion, tu découvres que tu ne peux pas supporter cette situation, alors oui il vaut mieux rompre. Mais dans ce cas, si tu ne veux pas le faire souffrir, évite de le mettre devant un choix impossible, en le laissant décider "Elle ou moi". Dis-lui plutôt, en gros, "JE décide de partir". Parce que si c'est lui qui doit choisir et qu'il te choisit, ce sera lui qui la fera et se fera lui-même souffrir, et finira par t'en vouloir.
zphyr
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Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par zphyr »

D'accord avec flo.
Je comprends ton désarroi (je vivrais je pense la même chose) d'autant que "S" a eu un rôle régulateur et stabilisateur de ta sexualité. Il t'a mis le pied à l'étrier d'une vie homo sentimentale et plus uniquement sexuelle. Et là, c'est lui qui déconne. je dis ça parce qu'il me semble (mais je peux me tromper) que le polyamour ne fonctionne que sur un principe d'égalité, en tout cas de répartition acceptée par tous. Ce n'est pas le cas ici. Tu es la dernière roue du carrosse, la prime, le complément peut-être indispensable, mais le complément quand-même !
Alors que tu donnes tout à "S" (ta famille y compris) lui t'accorde un peu de temps. C'est terriblement déséquilibré, en tout cas, moi je serais très frustré de ça.

Comme dit flo, il n'y a plus qu'à tout mettre sur la table, et je le crains (perce que je ne vois pas comment il peut rétablir l'équilibre) prendre des décisions difficiles... J'espère me tromper !

Courage ! :copain: :copain: :copain:
Banaman
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Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par Banaman »

Bonjour Lolo,

Bon tout d'abord grosse pensée pour toi en cette situation très délicate. Je vais te donner mon opinion, qui aura une saveur de déjà vu, mais bon je pense que tu as besoin de beaucoup d'avis pour prendre un maximum de recul, chose que tu as déjà fait.

Tout d'abord tu oublies de marquer un point dans ton récit c'est la distance qui vous sépare, les interventions précédentes le soulignent bien, il est possible que le fait qu'il soit poly-amoureux supplante cette autre "difficulté" mais tu as l'air de tenir le poly-amour comme responsable certains aspects de ton couple qui ne sont ce qu'ils sont qu'à cause de la distance je pense.

Après, bon de la part d'un gamin de 17 ans ça n'a guère de sens, mais tu n'as pas besoin de te sentir coupable de tenir à certains idéaux. Personnellement cette image du levée de jour dans les bras de l'autre je la partage. Je ne veux pas tomber dans la facilité et te dire ce que tu as à faire, on ressent très bien que tu l'aimes passionnément, qu'il compte énormément pour toi et qu'il t'a apporté beaucoup, je dirais même que tu l'aimes un peu trop car ton altruisme te pousse à laisser de la place pour "l'autre".

Cela fait un peu "citation vide de sens" mais chaque relation, chaque couple implique son lot de différences. Les différences ne sont pas un problème en elles-mêmes, c'est la façon de les appréhender par chacun qui peut s'avérer problématique. Malheureusement il n'y a pas de miracle je pense, il va falloir discuter pour que chacun expose son point de vue, son ressenti par rapport à la situation, mais plus que tout il va falloir ressortir de tout cela comment l'autre considère le point de vue de celui qui ne pense pas comme lui. Il semblerait que la situation a commencé à dépérir et finalement nous n'avons que ton point de vue. Il va falloir parler, quitte à faire mal je pense? Qu'en est-il de lui ? Et d'elle ? Perçoivent-ils ta détresse ?

En tout cas les compromis que te propose cette relation ne te conviennent pas... et finalement il n'a pas l'air d'avoir renoncé à autant de choses que toi. pour ta part tu as dû renoncer à tes rêves et à ta conception de la vie en couple alors que la sienne est intacte... Enfin Zphyr a déjà dit tout ça : c'est très déséquilibré.
Lolo
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Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par Lolo »

Merci pour vos réponses :copain:

Je vais tenter d'apporter des éclairages supplémentaires en réagissant à ce que vous me répondez :
N.S. a écrit :D'abord, définir exactement ce qu'est le problème pour toi. Tu dis que tu voudrais pouvoir voir ton copain sans avoir à prendre rendez-vous, et sans craindre qu'il soit "chez elle", et que du coup il ait à décommander pour toi ou à refuser.

Mais tu mélange deux trucs : la distance et le polyamour. Ce que je veux dire c'est que, il serait monogame, le problème serait le même. Tu ne pourrais pas non plus débarquer chez lui comme ça sans prévenir, parce qu'il pourrait très bien être chez des amis, ou avoir rendez-vous avec des gens, ou être plus tard au boulot, etc. Et donc, tu l'aurais dans le baba en arrivant (avec lui pas dispo pour te reçevoir).
En fait pendant les premiers mois de notre relation, j'avais les clés de chez lui, je pouvais venir à l'improviste, sûr que même s'il était de sortie, il me trouverait à réchauffer les draps à son retour. Comme tu le dis plus bas, j'ai voulu un moment lui faire faire un choix, et je lui ai rendu les clés, que je ne reprendrai pas. Cela ne me gêne aucunement de savoir qu'il a une vie à lui, qu'il sorte avec des amis, qu'il ne puisse pas être toujours avec moi : il a eu beaucoup de mal à me faire accepter les contraintes d'une relation à distance (j'avais déjà eu une relation qui avait capoté en grande partie à cause de la distance), mais je m'y suis fait. L'essentiel est dans cette énorme différence : auparavant, j'aurais pu aller chez lui sans qu'il soit là, et qu'il me trouve à son retour, même si au final dans le cas d'une sortie de sa part on se serait à peine vu. Désormais, si d'aventure l'idée d'aller le rejoindre un soir en semaine me prenait, j'aurais une chance sur deux de me réveiller seul. Ce n'est donc pas tant la distance que le polyamour qui me gêne. Je crois même que je pourrais accepter (peut-être ?) le poly-amour, s'il n''y avait pas la distance en plus : c'est l'addition de ces deux facteurs qui est lourde.
N.S. a écrit : Et je sais que beaucoup de niais font ça, décommander leurs amis quand ils apprennent que leur copain/ine qui vit ailleurs arrive, mais si il le faisait ce serait super irrespectueux pour eux. Au bout d'un moment ses amis le jetteraient et en plus, ils auraient raison. Donc, la distance fait que vous vous voyez peu et avez à prendre rendez-vous pour respecter les emplois du temps de chacun.
Au début de notre relation, nous allions ensemble chez ses amis, et si ce n'était pas possible, cela ne me gênait pas de rester seul chez lui, attendant sagement son retour. Le fait que notre relation était exclusive et que j'ai eu une grosse période d'inter-contrat a fait que nous nous voyions au moins 4 jours par semaine.
Sa relation poly-amoureuse et le retour à un rythme de travail plus normal pour moi a changé tout cela : il peut aller voir ses amis ou sa famille avec elle aussi, alors que moi je suis beaucoup moins disponible du fait de mon travail. En gros, il ne nous reste plus que le week-end. Ne pas pouvoir me pointer à l'improviste une fois dans la semaine est du coup une pilule difficile à avaler.
N.S. a écrit : La solution serait qu'il habite plus près de chez toi (ce qui pourrait être compliqué à cause de son autre relation, certes) ou toi plus près de chez lui (mais tu as des gosses, et donc déménager c'est pas forcément simple). Et puis basiquement, déménager ça peut poser des problèmes autres (professionnels ou personnels) dans vos deux cas, que j'ignore. La troisième option serait de rester ainsi, à distance, tant bien que mal (et en essayant de se voir au maximum).
Tu as tout bon ici : c'est la troisième option qui s'est instaurée, et cela marchait très bien jusqu'à ce que son autre relation prenne de plus en plus de place.
N.S. a écrit : Maintenant, le problème du polyamour. D'abord, il faut pas oublier que si il voit plus sa copine (enfin, je suppose) c'est qu'ils habitent près. Si tu habitais près aussi, il te verrais autant.

Ensuite, à supposer que vous habitiez plus près, et qu'il continue à être poly, certes tu ne pourrais pas te réveiller TOUS les matins dans les bras de ton homme et vivre avec lui, mais tu pourrais avoir quelque chose de très approchant. Il y a plein de couples qui habitent près et se voient beaucoup.
Oui, je crois que si nous habitions près l'un de l'autre, je ne vivrais pas la chose si mal.
N.S. a écrit : Autre chose, le cliché bisounours comme tu dis, de te lever dans les bras de ton homme, a été un moyen d'acceptation pour toi, mais c'est pas PARCE QUE ça t'a aidé à t'accepter que tu dois t'y accrocher à tout prix. Faut que tu restes sur cette idée si tu en as envie maintenant, mais pas parce que ça a été une béquille dans le passé. Je sais pas si je suis clair sur ce point, sinon hésite pas à me le dire.
Tu es tout à fait clair sur ce point ! Ce cliché bisounours a eu énormément d'influence sur mon acceptation. Je suis tout à fait conscient que ce rêve a peu de chance de se réaliser sur le long terme. Mais y renoncer maintenant sans connaître une telle expérience est vraiment un crève-cœur pour moi. C'est là que la relation poly-amoureuse devient insupportable : elle m'ôte tout espoir de voir ce rêve se réaliser un jour. Sans la relation poly-amoureuse, il aurait été possible d'envisager cette vie, même dans un lointain avenir. La relation poly-amoureuse est en soi une fin de non recevoir pour un éventuel mariage, l'achat d'une maison etc.
N.S. a écrit : Enfin, dernière chose sur ce point. Sans vouloir juger ou faire des sous-entendus (je n'ai aucune idée de la réponse), demande toi pourquoi le fait qu'il ait une autre relation te gêne. Et pas seulement les raisons qui paraissent évidentes, mais les vraies raisons profondes, dans les méandres du cerveau.
Je vais essayer d'être clair, sans pudeur (ce lieu est tout à fait indiqué pour cela :oops: ) : il y a probablement une bonne dose de jalousie dans cette affaire. Cela ne m'aurait pas vraiment gêné qu'il casse la routine en allant, vulgairement, péter le c**" d'un inconnu de temps en temps. Ce qui me gêne, c'est qu'ils s'aiment pour la vie. Ils se connaissent depuis plus de 15 ans, ont déjà été ensemble pendant 1 an, et j'ai le sentiment d'être une parenthèse. Je sais bien qu'il m'aime, mais en même temps, j'ai l'impression d'être une béquille. De son aveu à lui, comme à elle, ils sont beaucoup mieux ensemble tous les deux depuis qu'il m'a. Que je doive renoncer à mon rêve est dans l'ordre des chose, avec le temps. Mais là, c'est un peu brutal, comme retour à la réalité. Il ne se rend pas compte à quel point c'est dur de recevoir un sms tout gentil le soir alors que je sais que quelques minutes plus tard, ils s'étreindront d'amour quand je serai tout seul dans mon lit.
N.S. a écrit : Conclusion : Si après toute cette réflexion, tu découvres que tu ne peux pas supporter cette situation, alors oui il vaut mieux rompre. Mais dans ce cas, si tu ne veux pas le faire souffrir, évite de le mettre devant un choix impossible, en le laissant décider "Elle ou moi". Dis-lui plutôt, en gros, "JE décide de partir". Parce que si c'est lui qui doit choisir et qu'il te choisit, ce sera lui qui la fera et se fera lui-même souffrir, et finira par t'en vouloir.
J'avais déjà refusé lorsque j'ai découvert leur relation de lui imposer un choix, en lui disant exactement la même chose. Comme ça devenait trop dur pour moi, un moment ou j'étais mal je lui ai demandé de faire ce choix, ce qui l'avait anéanti lui, et elle. Je suis revenu en arrière, me disant qu'il fallait prendre le temps de voir, et m'efforçant de croire que je pourrai trouver un certain équilibre en trouvant quelque amant (ce qui en soi l'angoisse, au passage, et me culpabilise). Mais avec le (peu de) temps, je réalise déjà que mes rencontres ne m'apportent aucun réconfort : les rencontres furtives ne m'amusent plus vraiment, et je ne me sens pas disponible pour une rencontre sérieuse avec un autre.
zphyr a écrit :D'accord avec flo.
Je comprends ton désarroi (je vivrais je pense la même chose) d'autant que "S" a eu un rôle régulateur et stabilisateur de ta sexualité. Il t'a mis le pied à l'étrier d'une vie homo sentimentale et plus uniquement sexuelle. Et là, c'est lui qui déconne. je dis ça parce qu'il me semble (mais je peux me tromper) que le polyamour ne fonctionne que sur un principe d'égalité, en tout cas de répartition acceptée par tous. Ce n'est pas le cas ici. Tu es la dernière roue du carrosse, la prime, le complément peut-être indispensable, mais le complément quand-même !
Alors que tu donnes tout à "S" (ta famille y compris) lui t'accorde un peu de temps. C'est terriblement déséquilibré, en tout cas, moi je serais très frustré de ça.

Comme dit flo, il n'y a plus qu'à tout mettre sur la table, et je le crains (perce que je ne vois pas comment il peut rétablir l'équilibre) prendre des décisions difficiles... J'espère me tromper !

Courage ! :copain: :copain: :copain:
Je suis d'accord avec ce que tu dis, mais... je sais que S a un compte ici et qu'il m'a déjà lu par le passé, mais je ne sais pas s'il lira ceci et interviendra. Alors je vais prendre un tout petit peu sa défense, tâcher de me trouver des tords. Tout d'abord, concernant ses sentiments pour moi, je sais qu'ils sont vrais. Il me couvre de cadeaux, de mots d'amour, d'attentions...
De mon côté, je ne lui donne pas (plus ?) tant que cela. Au début de la relation, je n'en faisais pas trop car je freinais ce démarrage rapide par crainte de la distance. Lorsque mes sentiments se sont ancrés et que la distance n'a plus été un problème insurmontable, c'est sa relation poly-amoureuse qui m'a fait me "désengager" partiellement : je ne suis donc pas du tout l'amant attentionné, tendre, câlin que je devrais / pourrais être, un peu comme si j'avais une sorte de rancune contre lui.

Je me sens "pris au piège" : si je poursuis la relation, je sais que mon mal-être risque d'empirer. Et rompre me fait peur : j'aurais l'impression de trahir après tout ce qu'il a fait pour moi et je sais qu'il en souffrirait considérablement. De mon côté, la perspective de tout perdre, de devoir affronter à nouveau la solitude alors que je me vois mal accorder ma confiance une nouvelle fois me fait l'effet d'un grand vide en perspective. Et je ne vois pas trop comment présenter les choses avec mes enfants, mon ex-femme. Il est important pour moi d'avoir une vie stable, c'est un élément qui pèse dans la qualité de ma relation avec mon ex-femme et l'éducation de mes enfants (hors de question pour moi de multiplier les relations pseudo-sérieuses qui ne durent que quelques mois.). Bref, je ne vois pas d'issue satisfaisante.
Banaman a écrit :Bonjour Lolo,

Bon tout d'abord grosse pensée pour toi en cette situation très délicate. Je vais te donner mon opinion, qui aura une saveur de déjà vu, mais bon je pense que tu as besoin de beaucoup d'avis pour prendre un maximum de recul, chose que tu as déjà fait.

Tout d'abord tu oublies de marquer un point dans ton récit c'est la distance qui vous sépare, les interventions précédentes le soulignent bien, il est possible que le fait qu'il soit poly-amoureux supplante cette autre "difficulté" mais tu as l'air de tenir le poly-amour comme responsable certains aspects de ton couple qui ne sont ce qu'ils sont qu'à cause de la distance je pense.
Oui, tout à fait, je crois que j'ai besoin de plusieurs points de vue pour y voir nu peu plus clair !
Concernant la distance et le poly-amour, je pense que c'est leur association qui pose le plus de problème. Avant qu'il renoue avec sa copine, je m'étais fait aux contraintes de la distance. Lorsque nous n'étions pas ensembles, je savais qu'il pensait à moi, j'étais touché par ses petits messages d'amour. Avec sa relation poly-amoureuse, lorsque nous ne sommes pas ensembles, j'ai le sentiment que nous ne sommes effectivement "pas ensembles", car je sais qu'il est avec elle. Et du coup ses petits mots d'amour n'ont pas du tout la même saveur.
Banaman a écrit : Après, bon de la part d'un gamin de 17 ans ça n'a guère de sens, mais tu n'as pas besoin de te sentir coupable de tenir à certains idéaux. Personnellement cette image du levée de jour dans les bras de l'autre je la partage. Je ne veux pas tomber dans la facilité et te dire ce que tu as à faire, on ressent très bien que tu l'aimes passionnément, qu'il compte énormément pour toi et qu'il t'a apporté beaucoup, je dirais même que tu l'aimes un peu trop car ton altruisme te pousse à laisser de la place pour "l'autre".
Corneille disait : "Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années.". Tu n'as pas à rougir de penser par toi même et d'avoir de l'empathie pour les autres à ton âge. C'est plutôt de bons atouts que tu as là !
Tu as peut-être raison, mais par honnêteté je ne peux pas m'empêcher de penser que je ne suis pas si altruiste que cela : par ma réserve, ma froideur, je lui fais payer cher, très cher, sa relation poly-amoureuse. La douleur que je ressent use grandement la profondeur de mes sentiments, qui se teintent salement de rancune avec le temps.
Banaman a écrit : Cela fait un peu "citation vide de sens" mais chaque relation, chaque couple implique son lot de différences. Les différences ne sont pas un problème en elles-mêmes, c'est la façon de les appréhender par chacun qui peut s'avérer problématique. Malheureusement il n'y a pas de miracle je pense, il va falloir discuter pour que chacun expose son point de vue, son ressenti par rapport à la situation, mais plus que tout il va falloir ressortir de tout cela comment l'autre considère le point de vue de celui qui ne pense pas comme lui. Il semblerait que la situation a commencé à dépérir et finalement nous n'avons que ton point de vue. Il va falloir parler, quitte à faire mal je pense? Qu'en est-il de lui ? Et d'elle ? Perçoivent-ils ta détresse ?
On a déjà essayé de discuté, mais ... j'ai du mal à verbaliser tout cela. La dernière fois que je lui ai dis que je ne supportais pas la situation, il a fait une dépression, il voulait nous quitter tous les deux, disant que tout était de sa faute, et j'ai bien cru qu'il pouvait faire une connerie. Elle, je l'ai rencontré. Je pense qu'elle est heureuse de l'avoir "récupéré". Je pense qu'elle est heureuse qu'il soit mieux, plus équilibré. Et je pense également, même si elle le cache mieux que moi (elle le connait depuis plus longtemps, a plus d'expérience et de patience), qu'elle ne vit pas mieux que moi les moments où il n'est pas avec elle.
Pour ce qui est de ma détresse, ils l'ont bien perçu lorsqu'il y a eu crises, mais je ne crois pas qu'ils se rendent compte qu'elle est tout aussi présente aujourd'hui.
Banaman a écrit : En tout cas les compromis que te propose cette relation ne te conviennent pas... et finalement il n'a pas l'air d'avoir renoncé à autant de choses que toi. pour ta part tu as dû renoncer à tes rêves et à ta conception de la vie en couple alors que la sienne est intacte... Enfin Zphyr a déjà dit tout ça : c'est très déséquilibré.
Attention ce que je vais dire n'est pas une critique de ce que tu dis : tu termines en parlant d'équilibre, et ça me donne l'impression de tourner en rond. En effet, lorsque j'ai compris qu'il revoyait son ex-copine et que je l'ai "invité à m'en parler", je lui ai longuement parlé de cette notion d'équilibre. Arriverons-nous à le trouver un jour ? Suis-je trop impatient ? En ce qui me concerne, les façons d'y parvenir auxquelles j'avais pensé (une forme de libertinage) ne m'apportent rien en la matière, et je n'ai pas d'autre piste en vue.

Encore merci à vous ! C'est vraiment rassurant de pouvoir parler comme ça et recevoir des témoignages.
inconnu n

Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par inconnu n »

Mais avec le (peu de) temps, je réalise déjà que mes rencontres ne m'apportent aucun réconfort : les rencontres furtives ne m'amusent plus vraiment, et je ne me sens pas disponible pour une rencontre sérieuse avec un autre.
De toute façon, il faut pas que tu cherches des relations avec d'autres mecs par dépit/jalousie/envie de le rendre jaloux, mais seulement que tu en aies (des relations autres) par envie réelle. Ou pas, si tu n'as pas envie.

Par ailleurs, je vais peut être paraître indélicat, mais tu devrais attendre plus encore que tu ne le fais avant de présenter des mecs à ton ex-femme et tes enfants. Parce que si après, tu dois te dire "Merde, je les ai présentés, je peux plus rompre parce que sinon ça va pourrir la relation avec mon ex-femme", ou "Je m'engage pas dans cette relation parce que ça risque de pas être stable et donc d'impacter la vie de famille", c'est malsain. Attendre plus pour la rencontre ex-femme/enfants/mec t'enlèverait cette pression dans les relations. Et là je ne parle pas de S, mais en général.

Et puis, là je vais en quelque sorte me mêler de l'éducation de vos gosses, mais puisque tu en parles... Si tes enfants voient que tu as des relations qui durent peu pour X ou Y raisons, ce n'est pas dit que l'effet soit positif ou négatif pour eux, tout dépend de comment tu (vous) leur présente(z) la chose. Au moins, ils ne seront pas élevés dans l'idée que l'amour dure forcément longtemps et doit durer à tout prix, et comprendront que parfois, il faut savoir rompre pour le bien des deux (ou même son propre bien à soi) -ce qui veut pas dire rompre sur un caprice hein. De mon expérience perso, côté enfant, ma mère a eu plusieurs relations courtes qu'elle m'a présenté après mon père, et je n'en ai jamais souffert.

Ce que je cherche maladroitement à dire (je n'ai jamais été parent mais j'ai été et suis encore enfant à charge), c'est que pour l'éducation de tes gosses, le plus important est qu'ils voient que tu gères tes relations de façon mature. En ne cassant pas du sucre sur les dos de tes ex, en ne faisant pas des coups de pute, en respectant tes partenaires, en étant honnête (et tout ça tu le fais déjà). En revanche, la durée de tes relations, ça n'a que l'importance qu'on lui donne dans l'image que tu leur renvoies.

Alors que si tu es malheureux dans une relation (là encore, je ne parle pas de S mais en général), mais ne rompt pas par peur de l'image auprès des enfants, de une, ils risquent de sentir ton malheur, et de deux, ils risquent d'intégrer l'idée que "rompre c'est mal" et donc que c'est nécessaire de s'accrocher à tout prix.

-------------

Mais bref, je m'éloigne du sujet, qui est ta relation avec S. N'y aurait-il pas de moyen (je pose la question en toute ignorance des situations précises de S, sa copine et toi-même) pour que S déménage à un endroit relativement équidistant entre vous deux, par exemple ?

Certes, il y aurait encore le souci (bien que largement moins grand) de risquer de tomber sur elle en allant chez S à l'improviste, mais vous vous verriez plus. Et surtout, il vous verrait autant l'un que l'autre. Par ailleurs, il ferait un sacrifice (en déménageant) pour toi et toi seul.

Enfin, je réitère mon conseil : vaut mieux que ce soit TOI qui fasse le choix de rompre, unilatéralement, plutôt que de lui imposer a LUI le choix entre vous deux.
zphyr
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Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par zphyr »

Lolo a écrit :
cela marchait très bien jusqu'à ce que son autre relation prenne de plus en plus de place.

La relation poly-amoureuse est en soi une fin de non recevoir pour un éventuel mariage, l'achat d'une maison etc.

j'ai le sentiment d'être une parenthèse. Je sais bien qu'il m'aime, mais en même temps, j'ai l'impression d'être une béquille. De son aveu à lui, comme à elle, ils sont beaucoup mieux ensemble tous les deux depuis qu'il m'a. Il ne se rend pas compte à quel point c'est dur de recevoir un sms tout gentil le soir alors que je sais que quelques minutes plus tard, ils s'étreindront d'amour quand je serai tout seul dans mon lit.


c'est sa relation poly-amoureuse qui m'a fait me "désengager" partiellement : je ne suis donc pas du tout l'amant attentionné, tendre, câlin que je devrais / pourrais être, un peu comme si j'avais une sorte de rancune contre lui.

Je me sens "pris au piège" : si je poursuis la relation, je sais que mon mal-être risque d'empirer.

Avec sa relation poly-amoureuse, lorsque nous ne sommes pas ensembles, j'ai le sentiment que nous ne sommes effectivement "pas ensembles", car je sais qu'il est avec elle. Et du coup ses petits mots d'amour n'ont pas du tout la même saveur.

La dernière fois que je lui ai dis que je ne supportais pas la situation, il a fait une dépression, il voulait nous quitter tous les deux, disant que tout était de sa faute, et j'ai bien cru qu'il pouvait faire une connerie.

Pour ce qui est de ma détresse, ils l'ont bien perçu lorsqu'il y a eu crises, mais je ne crois pas qu'ils se rendent compte qu'elle est tout aussi présente aujourd'hui.
Voilà : en ne faisant que te citer, on peut voir la dose de frustration et de souffrance que la situation t'inflige. Et aussi le sens unique de celle-ci.
Et rompre me fait peur : j'aurais l'impression de trahir après tout ce qu'il a fait pour moi et je sais qu'il en souffrirait considérablement. De mon côté, la perspective de tout perdre, de devoir affronter à nouveau la solitude alors que je me vois mal accorder ma confiance une nouvelle fois me fait l'effet d'un grand vide en perspective. Et je ne vois pas trop comment présenter les choses avec mes enfants, mon ex-femme. Il est important pour moi d'avoir une vie stable, c'est un élément qui pèse dans la qualité de ma relation avec mon ex-femme et l'éducation de mes enfants (hors de question pour moi de multiplier les relations pseudo-sérieuses qui ne durent que quelques mois.). Bref, je ne vois pas d'issue satisfaisante.
C'est le deuxième problème. Le plus lourd, en fait : quitter le peu de chaleur, de stabilité familiale (pour ce dernier point, l'analyse de NS est très juste) au risque de se retrouver seul est très difficile. mais au lu de tes réactions, de la façon dont tu en parles, je crois qu'il faut l'envisager très sérieusement.

Tu n'es pas homme à rester seul : ton parcours homo depuis peu en fait, le prouve. je crois que tu trouveras une relation plus épanouissante. Celle-ci a eu de gros effets bénéfiques sur toi, et elle t'a montré que c'est possible. Il te faut regarder tout cela avec courage et lucidité...
Lolo
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Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par Lolo »

N.S. a écrit :
Mais avec le (peu de) temps, je réalise déjà que mes rencontres ne m'apportent aucun réconfort : les rencontres furtives ne m'amusent plus vraiment, et je ne me sens pas disponible pour une rencontre sérieuse avec un autre.
De toute façon, il faut pas que tu cherches des relations avec d'autres mecs par dépit/jalousie/envie de le rendre jaloux, mais seulement que tu en aies (des relations autres) par envie réelle. Ou pas, si tu n'as pas envie.
Pour mes rencontres, je crois avoir un problème d'ordre psychologique... C'est une compulsion. Envie ou pas, je sorts, je rencontre, je consomme :erm:
N.S. a écrit : Par ailleurs, je vais peut être paraître indélicat, mais tu devrais attendre plus encore que tu ne le fais avant de présenter des mecs à ton ex-femme et tes enfants. Parce que si après, tu dois te dire "Merde, je les ai présentés, je peux plus rompre parce que sinon ça va pourrir la relation avec mon ex-femme", ou "Je m'engage pas dans cette relation parce que ça risque de pas être stable et donc d'impacter la vie de famille", c'est malsain. Attendre plus pour la rencontre ex-femme/enfants/mec t'enlèverait cette pression dans les relations. Et là je ne parle pas de S, mais en général.
Non non tu n'es pas indélicat : tu parles à la fois avec franchise et tact, je ne demande pas mieux !
En fait à l'origine je voulais attendre un petit peu plus pour faire les "présentations" : je souhaitais que mon ex-femme fasse connaissance avec S avant de le présenter aux enfants. Mais cet hiver, un matin, le verglas en a décidé autrement : S n'a pas pu partir, mon ex-femme est venu m'amener les enfants... Sur le moment je n'avais aucun regret, car c'était de toute façon dans l'ordre des choses à cette époque, car la relation prenait vraiment une bonne tournure (c'était après que j'ai accepté la distance, et avant qu'il commence à revoir son ex-copine)
N.S. a écrit : Et puis, là je vais en quelque sorte me mêler de l'éducation de vos gosses, mais puisque tu en parles... Si tes enfants voient que tu as des relations qui durent peu pour X ou Y raisons, ce n'est pas dit que l'effet soit positif ou négatif pour eux, tout dépend de comment tu (vous) leur présente(z) la chose. Au moins, ils ne seront pas élevés dans l'idée que l'amour dure forcément longtemps et doit durer à tout prix, et comprendront que parfois, il faut savoir rompre pour le bien des deux (ou même son propre bien à soi) -ce qui veut pas dire rompre sur un caprice hein. De mon expérience perso, côté enfant, ma mère a eu plusieurs relations courtes qu'elle m'a présenté après mon père, et je n'en ai jamais souffert.
Je suis d'accord avec toi, et heureux d'avoir un témoignage qui m'indique que quelques relations courtes ne seraient pas "dommageables" pour les enfants. Le souci, c'est surtout que la qualité de ma relation avec mon ex-femme dépend aussi de sa propre perception de la chose, et là, c'est un peu plus difficile. Elle a déjà eu beaucoup à accepter, en deux ans seulement.
N.S. a écrit : Ce que je cherche maladroitement à dire (je n'ai jamais été parent mais j'ai été et suis encore enfant à charge), c'est que pour l'éducation de tes gosses, le plus important est qu'ils voient que tu gères tes relations de façon mature. En ne cassant pas du sucre sur les dos de tes ex, en ne faisant pas des coups de pute, en respectant tes partenaires, en étant honnête (et tout ça tu le fais déjà). En revanche, la durée de tes relations, ça n'a que l'importance qu'on lui donne dans l'image que tu leur renvoies.
100% ok
N.S. a écrit : Alors que si tu es malheureux dans une relation (là encore, je ne parle pas de S mais en général), mais ne rompt pas par peur de l'image auprès des enfants, de une, ils risquent de sentir ton malheur, et de deux, ils risquent d'intégrer l'idée que "rompre c'est mal" et donc que c'est nécessaire de s'accrocher à tout prix.
C'est d'autant plus malheureux de m'entendre dire cela que c'est du déjà vécu en quelque sorte : il m'a fallu intégrer l'idée il y a deux ans qu'il était préférable que nous nous séparions (d'avec mon ex-femme) et ayons une chance de devenir heureux chacun de notre côté, et que ce serait bénéfique pour les enfants. A ce jour, j'ai pu vérifier que c'est vrai (je suis un bien meilleurs papa depuis mon acceptation).
N.S. a écrit : Mais bref, je m'éloigne du sujet, qui est ta relation avec S. N'y aurait-il pas de moyen (je pose la question en toute ignorance des situations précises de S, sa copine et toi-même) pour que S déménage à un endroit relativement équidistant entre vous deux, par exemple ?

Certes, il y aurait encore le souci (bien que largement moins grand) de risquer de tomber sur elle en allant chez S à l'improviste, mais vous vous verriez plus. Et surtout, il vous verrait autant l'un que l'autre. Par ailleurs, il ferait un sacrifice (en déménageant) pour toi et toi seul.
Non, le déménagement est impensable je pense. Il est très attaché au superbe appartement idéalement situé qu'il possède à quelques minutes à pieds du logis de sa mère et à proximité de son lieu de travail.
N.S. a écrit : Enfin, je réitère mon conseil : vaut mieux que ce soit TOI qui fasse le choix de rompre, unilatéralement, plutôt que de lui imposer a LUI le choix entre vous deux.
Oui, tu as raison. Surtout que j'ai déjà essayé de lui demander de choisir. Mais je n'arrive pas à m'y résoudre.... Il faudrait effectivement que j'arrive à trouver le temps de mettre tout cela à plat avec lui. Mais on se voit déjà si peu depuis la rentrée...

zphyr a écrit :
Lolo a écrit :
cela marchait très bien jusqu'à ce que son autre relation prenne de plus en plus de place.

La relation poly-amoureuse est en soi une fin de non recevoir pour un éventuel mariage, l'achat d'une maison etc.

j'ai le sentiment d'être une parenthèse. Je sais bien qu'il m'aime, mais en même temps, j'ai l'impression d'être une béquille. De son aveu à lui, comme à elle, ils sont beaucoup mieux ensemble tous les deux depuis qu'il m'a. Il ne se rend pas compte à quel point c'est dur de recevoir un sms tout gentil le soir alors que je sais que quelques minutes plus tard, ils s'étreindront d'amour quand je serai tout seul dans mon lit.


c'est sa relation poly-amoureuse qui m'a fait me "désengager" partiellement : je ne suis donc pas du tout l'amant attentionné, tendre, câlin que je devrais / pourrais être, un peu comme si j'avais une sorte de rancune contre lui.

Je me sens "pris au piège" : si je poursuis la relation, je sais que mon mal-être risque d'empirer.

Avec sa relation poly-amoureuse, lorsque nous ne sommes pas ensembles, j'ai le sentiment que nous ne sommes effectivement "pas ensembles", car je sais qu'il est avec elle. Et du coup ses petits mots d'amour n'ont pas du tout la même saveur.

La dernière fois que je lui ai dis que je ne supportais pas la situation, il a fait une dépression, il voulait nous quitter tous les deux, disant que tout était de sa faute, et j'ai bien cru qu'il pouvait faire une connerie.

Pour ce qui est de ma détresse, ils l'ont bien perçu lorsqu'il y a eu crises, mais je ne crois pas qu'ils se rendent compte qu'elle est tout aussi présente aujourd'hui.
Voilà : en ne faisant que te citer, on peut voir la dose de frustration et de souffrance que la situation t'inflige. Et aussi le sens unique de celle-ci.
Quand je lis ton résumé... ça me fait "gloups" :snif:
zphyr a écrit :
Et rompre me fait peur : j'aurais l'impression de trahir après tout ce qu'il a fait pour moi et je sais qu'il en souffrirait considérablement. De mon côté, la perspective de tout perdre, de devoir affronter à nouveau la solitude alors que je me vois mal accorder ma confiance une nouvelle fois me fait l'effet d'un grand vide en perspective. Et je ne vois pas trop comment présenter les choses avec mes enfants, mon ex-femme. Il est important pour moi d'avoir une vie stable, c'est un élément qui pèse dans la qualité de ma relation avec mon ex-femme et l'éducation de mes enfants (hors de question pour moi de multiplier les relations pseudo-sérieuses qui ne durent que quelques mois.). Bref, je ne vois pas d'issue satisfaisante.
C'est le deuxième problème. Le plus lourd, en fait : quitter le peu de chaleur, de stabilité familiale (pour ce dernier point, l'analyse de NS est très juste) au risque de se retrouver seul est très difficile. mais au lu de tes réactions, de la façon dont tu en parles, je crois qu'il faut l'envisager très sérieusement.

Tu n'es pas homme à rester seul : ton parcours homo depuis peu, en fait, le prouve. je crois que tu trouveras une relation plus épanouissante. Celle-ci a eu de gros effets bénéfiques sur toi, et elle t'a montré que c'est possible. Il te faut regarder tout cela avec courage et lucidité...
quitter le peu de chaleur, de stabilité
: cela me terrorise. Je ne supporte vraiment, vraiment pas la solitude.
Trouver une relation plus épanouissante, c'est objectivement du domaine du possible, mais à vrai dire pour l'heure c'est la désillusion qui prime, je n'y crois plus. S'il n'y avait cette relation poly-amoureuse, je conçois difficilement trouver meilleurs compagnon de vie que lui. Je sais que si je romps, il me faudra des mois pour m'en remettre, et plus encore avant de pouvoir accorder ma confiance à nouveau. Et durant toute cette période... un sombre et froid hiver sentimental.
inconnu n

Re: Relation ...[trouvez le bon terme!]

Message par inconnu n »

Personnellement, je suis pas d'accord avec zphyr. Enfin si, mais en partie.

Pour moi, faut clairement envisager la rupture comme une option possible et pas improbable, et le faire si ça se révèle nécessaire. Mais maintenant tout de suite, tout n'est pas perdu.

Par rapport au déménagement, certes ce serait un sacrifice pour S (appartement idéalement placé, près de chez les parents et sa copine). Mais ça réduirait le sacrifice que toi tu dois faire. C'est ça aussi, l'équilibre. Ceci dit, c'est peut être financièrement impossible j'en sais rien. D'autre part, lui n'a pas de gosses je crois, donc ce serait quand même plus simple pour lui de bouger. Pour toi, avec les gosses et l'ex-femme, c'est peu envisageable.

Une autre piste de solution serait que vous vous voyiez plus, en semaine, et qu'il te consacre plus de temps. Même si c'est pas spontané et sur rendez-vous, ce sera quand même mieux que si il le faisait pas. Dans l'idéal, que vous vous voyiez un minimum de deux à trois fois par semaine. Et qu'il recommence à t'inviter pour voir ses potes (pas chaque fois hein mais plus souvent). Enfin, tu vois l'idée quoi.

Je me doute bien que pour toi c'est pas trop simple de bouger beaucoup, avec les gosses, le boulot, peut-être les finances je ne sais pas. Mais il peut AUSSI bouger hein (il le fait peut-être déjà mais dans tes descriptions tu en parle pas, alors que l'inverse si). Même si il a pas de bagnole (j'en sais rien) et que c'est compliqué niveau train et bus, il peut quand même prendre les transports au pire (quitte à ce que t'ailles le chercher à la gare par ex). Dans l'absolu ça devrait même être "moitié-moitié".

D'autant que, même si il te consacre plus de temps et fait des déplacements chez toi réguliers, je pense que ça l'empêchera pas de voir sa copine et d'avoir une vie sociale pour autant (même si un peu moins).

J'espère que je dis pas trop de conneries dans mes conseils.
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