Autisme et problèmes de couple
Publié : mar. juil. 28, 2020 6:31 pm
Salut
Je me suis engueulé il y a deux jours avec mon compagnon. Depuis le début de notre relation, moi et mon entourage rencontrons de grosses difficultés avec lui. Je me sens complètement dépassé et j'écris ici pour vider un peu mon sac.
Ça fait 3 ans maintenant que je suis en couple avec lui. Nous avons tous les deux le syndrôme d'Asperger. Pour ceux qui ne savent pas, il s'agit d'une forme d'autisme. Moi, je suis relativement bien adapté socialement, mais mon compagnon est beaucoup plus en situation de handicap. À ceci s'ajoute le fait que je vis à l'étranger, et qu'il y a un océan entre nous. Là, je viens juste de rentrer en France pour quelques mois, et ça me fait grave chier qu'on se soit brouillés seulement au bout d'une semaine.
Pour vous donner une idée, voici à quoi ressemble mon compagnon quand il est en état de stress :
- Il se renferme sur lui même. Dans le meilleur des cas, il nous fait répéter plusieurs fois quand on lui parle, et dans le pire des cas, il devient complètement non-verbal.
- Il devient incapable de faire le moindre choix. Par exemple, si on lui demande de choisir entre fromage ou dessert, il nous répond qu'il ne sait pas et impossible d'obtenir une autre réponse. Quand on lui demande de poser ses affaire dans la chambre, ce n'est pas assez précis pour lui et il faut presque lui dessiner une croix sur le sol.
- Il se scarifie "inconsciemment". En fait, il se gratte jusqu'à s'en arracher la peau et à saigner. Je ne crois pas que le but soit de se blesser réellement, mais le résultat est là : il a les bras entièrement recouverts de cicatrices de grattage.
- Il fait des blocages autistiques. Par exemple, il y a deux jours, on devait rentrer sur Paris en voiture depuis la province. Il a décidé de monter devant. Nous, ça ne nous arrangeait pas, mais impossible de l'en faire démordre. Il a fallu céder à son caprice pour qu'on puisse enfin partir.
- Il devient irritable et désagréable et il reproche à tout le monde de ne pas être compris, de ne pas avoir anticipé les problèmes responsables de son stress, de ne pas avoir pensé à lui donner telle ou telle information, que "Mais vous savez pourtant bien que...". Ça peut même aller jusqu'à reprocher aux gens des trucs complèment surréalistes : un jour, il a raté un rendez-vous chez le médecin (il est arrivé avec 30 minutes de retard, après la fermeture, et sans avoir prévenu) et le médecin bien sûr s'était barré. Il m'a soutenu que c'était la faute du médecin qui n'avait pas anticipé qu'il allait arriver en retard, et qu'il aurait dû quand même le recevoir. Et ce jour là, on s'est engueulé parce que je lui ai dit que non, c'était sa responsabilité d'arriver à l'heure ou à minima de prévenir en cas de retard. Ça peut même aller jusqu'à faire des arrangements avec la réalité : il y a deux jours, quand il a fait son "caprice" pour monter devant, eh bien sa version des faits à lui, c'est qu'il ne savait pas où il devait se mettre et que c'est ma meilleure amie qui lui a demandé de se mettre devant.
Sur le dernier point, c'est le truc avec lequel j'ai le plus de mal, parce que c'est vraiment très compliqué de discerner ce qui relève du handicap de ce qui relève vraiment de la mauvaise foi. Et dans la mesure ou mon copain est également surdoué, je me demande souvent s'il ne mélange pas plus ou moins consciemment les deux pour manipuler.
Bref. Donc il y a deux jours, il était tout simplement ingérable. Mes deux parents et ma meilleure amies, qui pourtant ont l'habitude avec moi de cotoyer des personnes avec autisme, se sont plaints de son comportement. Du coup, quand on est arrivé à Paris et qu'on s'est retrouvé seuls, je lui en ai touché deux mots. Il avait entamé un suivi avec un spécialiste il y a un an, mais le psy a arrêté les suivis à cause du confinement. Comme j'étais à l'étranger, le besoin qu'il fasse ce travail était moins pressant, mais maintenant que nous sommes à nouveau réunis, ce besoin fait à nouveau surface. donc je lui ai dit en gros que son comportement posait problème, et je lui ai dit que j'aimerais bien qu'il fasse un travail dessus en reprenant un suivi.
Que n'avais-je pas dit là !!!
Ça s'est passé en plusieurs phases. Première phase, il s'est mis en colère en disant qu'il n'était pas responsable quand les autres autour de lui font n'importe quoi, que j'était responsable de ne pas lui dire les trucs qui ne vont pas sur le moment, et que de toute façon, il y avait déjà un suivi en place et que c'était pas de sa faute si le psy avait suspendu les séances.
Deuxième phase : je lui ai répondu qu'il était dans ce cas possible d'en chercher un autre en soulignant le fait qu'un suivi, ça ne marche que si on voit le psy régulièrement. Il m'a alors rétorqué que de toute façon, ça servait à rien, qu'il avait été suivi depuis des années et qu'il avait toujours ses difficultés, que des psys spécialisés dans le syndrome d'Asperger, il n'y en a pas des masses et qu'il aura vite fait le tour.
Ensuite, 3em acte, il s'est prostré sur le lit en se grattant et sans desserrer les dents pendant une bonne demi-heure.
4em acte, il s'est mis à pleurer, et à me dire que de toute façon, je ne le méritait pas. Ça m'a saoulé, alors je lui ai dit que j'allais sortir faire une course, mais c'était surtout pour ne plus l'avoir sur le dos.
acte final : il a pris ses affaire et il est parti sans même dire au revoir. Depuis, plus de nouvelles.
De mon côté, un de mes principaux problèmes, c'est que je ne sais pas dire les choses. On m'a souvent reproché d'être très cruel, même quand j'essaie d'être bienveillant, mais je ne m'en rend pas compte. On m'a aussi reproché d'envoyer chier les gens sans aucun tact quand je suis énervé. Du coup, je ne sais pas si c'est moi qui ai eu une parole maladroite sans m'en rendre compte, ou si c'est vraiment lui qui monte tout en épingle. Probablement les deux.
Toujours est il que depuis deux jours, on ne se parle plus. Je me sens très en colère contre lui parce qu'au départ, je lui donnait juste un retour sur son comportement, en soulignant que c'était problématique et que j'aimerais bien qu'il fasse un travail dessus avec un spécialiste. Sur une échelle de gravité, on était pour moi à 3/10. Mais il a complètement surréagi au truc et s'il n'est même pas capable de recevoir un simple feedback sur son attitude, ça va vraiment être très compliqué pour la suite.
En plus, il est parti en claquant la porte. Je crois qu'il boude et je n'ai pas du tout supporté le mélo qu'il m'a fait en mode "De toute façon, je te mérite paaaaaaaaaaaas snif snif !". Si je le recontacte, pour le coup, je vais être en colère contre moi même d'avoir cédé à son chantage affectif.
Bref. Il me gave, mais il me manque aussi, et je sais pas quoi faire. Qu'est ce que vous feriez dans cette situation vous ?
EDIT : Je viens d'apprendre que mon père a envoyé un mail à ma meilleure amie pour s'excuser du comportement de mon copain.
Je me sens furieux. Finallement, il vaut mieux qu'il reste à bouder dans son coin parce que là, j'ai juste envie de le défoncer
Je me suis engueulé il y a deux jours avec mon compagnon. Depuis le début de notre relation, moi et mon entourage rencontrons de grosses difficultés avec lui. Je me sens complètement dépassé et j'écris ici pour vider un peu mon sac.
Ça fait 3 ans maintenant que je suis en couple avec lui. Nous avons tous les deux le syndrôme d'Asperger. Pour ceux qui ne savent pas, il s'agit d'une forme d'autisme. Moi, je suis relativement bien adapté socialement, mais mon compagnon est beaucoup plus en situation de handicap. À ceci s'ajoute le fait que je vis à l'étranger, et qu'il y a un océan entre nous. Là, je viens juste de rentrer en France pour quelques mois, et ça me fait grave chier qu'on se soit brouillés seulement au bout d'une semaine.
Pour vous donner une idée, voici à quoi ressemble mon compagnon quand il est en état de stress :
- Il se renferme sur lui même. Dans le meilleur des cas, il nous fait répéter plusieurs fois quand on lui parle, et dans le pire des cas, il devient complètement non-verbal.
- Il devient incapable de faire le moindre choix. Par exemple, si on lui demande de choisir entre fromage ou dessert, il nous répond qu'il ne sait pas et impossible d'obtenir une autre réponse. Quand on lui demande de poser ses affaire dans la chambre, ce n'est pas assez précis pour lui et il faut presque lui dessiner une croix sur le sol.
- Il se scarifie "inconsciemment". En fait, il se gratte jusqu'à s'en arracher la peau et à saigner. Je ne crois pas que le but soit de se blesser réellement, mais le résultat est là : il a les bras entièrement recouverts de cicatrices de grattage.
- Il fait des blocages autistiques. Par exemple, il y a deux jours, on devait rentrer sur Paris en voiture depuis la province. Il a décidé de monter devant. Nous, ça ne nous arrangeait pas, mais impossible de l'en faire démordre. Il a fallu céder à son caprice pour qu'on puisse enfin partir.
- Il devient irritable et désagréable et il reproche à tout le monde de ne pas être compris, de ne pas avoir anticipé les problèmes responsables de son stress, de ne pas avoir pensé à lui donner telle ou telle information, que "Mais vous savez pourtant bien que...". Ça peut même aller jusqu'à reprocher aux gens des trucs complèment surréalistes : un jour, il a raté un rendez-vous chez le médecin (il est arrivé avec 30 minutes de retard, après la fermeture, et sans avoir prévenu) et le médecin bien sûr s'était barré. Il m'a soutenu que c'était la faute du médecin qui n'avait pas anticipé qu'il allait arriver en retard, et qu'il aurait dû quand même le recevoir. Et ce jour là, on s'est engueulé parce que je lui ai dit que non, c'était sa responsabilité d'arriver à l'heure ou à minima de prévenir en cas de retard. Ça peut même aller jusqu'à faire des arrangements avec la réalité : il y a deux jours, quand il a fait son "caprice" pour monter devant, eh bien sa version des faits à lui, c'est qu'il ne savait pas où il devait se mettre et que c'est ma meilleure amie qui lui a demandé de se mettre devant.
Sur le dernier point, c'est le truc avec lequel j'ai le plus de mal, parce que c'est vraiment très compliqué de discerner ce qui relève du handicap de ce qui relève vraiment de la mauvaise foi. Et dans la mesure ou mon copain est également surdoué, je me demande souvent s'il ne mélange pas plus ou moins consciemment les deux pour manipuler.
Bref. Donc il y a deux jours, il était tout simplement ingérable. Mes deux parents et ma meilleure amies, qui pourtant ont l'habitude avec moi de cotoyer des personnes avec autisme, se sont plaints de son comportement. Du coup, quand on est arrivé à Paris et qu'on s'est retrouvé seuls, je lui en ai touché deux mots. Il avait entamé un suivi avec un spécialiste il y a un an, mais le psy a arrêté les suivis à cause du confinement. Comme j'étais à l'étranger, le besoin qu'il fasse ce travail était moins pressant, mais maintenant que nous sommes à nouveau réunis, ce besoin fait à nouveau surface. donc je lui ai dit en gros que son comportement posait problème, et je lui ai dit que j'aimerais bien qu'il fasse un travail dessus en reprenant un suivi.
Que n'avais-je pas dit là !!!
Ça s'est passé en plusieurs phases. Première phase, il s'est mis en colère en disant qu'il n'était pas responsable quand les autres autour de lui font n'importe quoi, que j'était responsable de ne pas lui dire les trucs qui ne vont pas sur le moment, et que de toute façon, il y avait déjà un suivi en place et que c'était pas de sa faute si le psy avait suspendu les séances.
Deuxième phase : je lui ai répondu qu'il était dans ce cas possible d'en chercher un autre en soulignant le fait qu'un suivi, ça ne marche que si on voit le psy régulièrement. Il m'a alors rétorqué que de toute façon, ça servait à rien, qu'il avait été suivi depuis des années et qu'il avait toujours ses difficultés, que des psys spécialisés dans le syndrome d'Asperger, il n'y en a pas des masses et qu'il aura vite fait le tour.
Ensuite, 3em acte, il s'est prostré sur le lit en se grattant et sans desserrer les dents pendant une bonne demi-heure.
4em acte, il s'est mis à pleurer, et à me dire que de toute façon, je ne le méritait pas. Ça m'a saoulé, alors je lui ai dit que j'allais sortir faire une course, mais c'était surtout pour ne plus l'avoir sur le dos.
acte final : il a pris ses affaire et il est parti sans même dire au revoir. Depuis, plus de nouvelles.
De mon côté, un de mes principaux problèmes, c'est que je ne sais pas dire les choses. On m'a souvent reproché d'être très cruel, même quand j'essaie d'être bienveillant, mais je ne m'en rend pas compte. On m'a aussi reproché d'envoyer chier les gens sans aucun tact quand je suis énervé. Du coup, je ne sais pas si c'est moi qui ai eu une parole maladroite sans m'en rendre compte, ou si c'est vraiment lui qui monte tout en épingle. Probablement les deux.
Toujours est il que depuis deux jours, on ne se parle plus. Je me sens très en colère contre lui parce qu'au départ, je lui donnait juste un retour sur son comportement, en soulignant que c'était problématique et que j'aimerais bien qu'il fasse un travail dessus avec un spécialiste. Sur une échelle de gravité, on était pour moi à 3/10. Mais il a complètement surréagi au truc et s'il n'est même pas capable de recevoir un simple feedback sur son attitude, ça va vraiment être très compliqué pour la suite.
En plus, il est parti en claquant la porte. Je crois qu'il boude et je n'ai pas du tout supporté le mélo qu'il m'a fait en mode "De toute façon, je te mérite paaaaaaaaaaaas snif snif !". Si je le recontacte, pour le coup, je vais être en colère contre moi même d'avoir cédé à son chantage affectif.
Bref. Il me gave, mais il me manque aussi, et je sais pas quoi faire. Qu'est ce que vous feriez dans cette situation vous ?
EDIT : Je viens d'apprendre que mon père a envoyé un mail à ma meilleure amie pour s'excuser du comportement de mon copain.
Je me sens furieux. Finallement, il vaut mieux qu'il reste à bouder dans son coin parce que là, j'ai juste envie de le défoncer