Dis donc jeunette, va falloir se calmer avec les auto qualifications de vieillasserie à 32 ans !
Bon, le soucis c'est qu'il peut arriver un moment où on est fatiguée de s'être démenée pour arriver à une forme d'idéal de vie qu'on s'était forgé dans la tête, pour n'arriver finalement qu'à une situation qu'on estime être un échec.
À 32 ans, je ne pensais pas encore à ça. J'avais un boulot, une vie de couple, une relative vie sociale, des projets ...donc sur le papier c'était ok, ça collait à peu près à ce qu'il "fallait" MAIS j'avais pas ce sentiment. Ça ne collait pas, j'avais l'impression de vivre comme une vieille avec sa petite routine, son avenir sans surprise. C'était pas encore ça. Pourtant, j'en avais bavé pour arriver à ce "simple" résultat.
À 35 ans, je vivais seule, j'avais pris du galon professionnellement, je m'étais un peu bougée le cul pour rencontrer du monde. Des fois, on me faisait me sentir vieille, j'ai commencé à criser à cause de l'âge mais c'était plutôt pas si mal tout ce mouvement.
La, depuis deux ans, j'ai une sensation de stagnation qui me fait me sentir moyennement bien. J'ai eu une grande période de grosse fatigue dans le courant de l'année dernière , tout le temps épuisée, trop fatiguée pour le bouger vraiment, trop bouffée par le taf, et plus l'envie d'avancer vraiment, plus l'énergie...
Je me suis rendue compte que je me faisais littéralement vampiriser l'énergie par des tas de trucs toxiques extérieurs ET par la complaisance que j'avais vis à vis de ça. La bonne excuse quelque part.
Il y a beaucoup de choses qui viennent de l'état d'esprit. Quand on " se fait du bien" en bonne élève, en mangeant ses 10 fruits et légumes , en faisant du sport, en se couchant tôt...oui ça fait du bien mais jusqu'à un certain point où, à force de contrôle, on s'use si on ne se lâche pas un peu de temps en temps. L'esprit ne suit pas si c'est pas ça qui lui manque.
Se faire du bien, c'est aussi mettre sur pause ce qui nous bouffe de l'énergie et du temps, et des émotions. Virer les trucs toxiques. Arrêter de perdre son temps avec ce qui nous éloigne de nos véritables besoins. Je crois qu'on peut parfois avoir tendance à s'éloigner volontairement de soi, un peu mode autruche ( "je peux pas faire mieux chuis occupée ailleurs"). Au final, c'est pas ce que tu peux ou ne peux pas selon une conception déformée des choses, mais vraiment ce dont tu aurais besoin pour te sentir bien et retrouver ton énergie vitale.
Un projet, un renouveau professionnel, cultiver une passion, chercher à rencontrer du monde, se prendre une bonne cuite pourquoi pas...mais quelque chose qui induit le mouvement, même un petit mouvement, c'est déjà s'aider a trouver un état d'esprit positif.
La vie rêvée qui correspond à une norme, c'est juste une idée et y parvenir n'est pas un gage de "réussite". La réussite c'est le bien être, les moments où on se sent bien avec soi même, où on s'éclate. On peut d'éclater en ayant un boulot pas top et en vivant seule pour peu qu'on fasse des choses en dehors avec lesquelles on se sent en adéquation. Il n'y a pas qu'une façon pré établie de réussir sa vie en remplissant un cahier des charges précis. On obtient pas nécessairement la vie qu'on voudrait mais je pense sincèrement qu'on a la vie qui nous ressemble au final.
Il y a quelque chose en toi qui te dit que tu ne veux pas simplement de la vie de bonne élève / bonne fille que tu t'impose. Rien ne dit non plus que tes actions à venir seront forcément couronnées de succès , mais au moins ça serait "quelque chose" et je pense qu'il te manque "quelque chose" pour te donner la motivation de quitter l'état d'enfoncement dans l'épuisement quotidien.