J'avais pas vu ce topic avant vu qu'il était "planqué" dans la section filles que je ne vais pas visiter très souvent... sur ce point là, j'ai jamais vraiment ressenti autour de moi que l'addiction à une drogue était plus mal vue chez une femme que chez un homme, par contre pour l'alcool y'a peut-être encore une vieille influence histriquo-vitico-culturelle si je puis dire, mais je crois que ça disparait gentilment avec le temps.
Je voulais surtout réagir sur le plan cannabis, j'ai été un très gros fumeur de pétards et je fume toujours assez régulièrement, mais différemment. Pas trop de solutions à amener sur un plateau, je voulais simplement raconter mon parcours de fumeur (c'est très narcissique je sais mais c'est le fond de commerce des forums et puis je crois que ça fait presque un an que je n'ai rien posté

)
Donc ça fait 10 ans que j'ai commencé, avec une progression les premières années, je suis passé d'un joint toutes les une à deux semaines à environ 4 à 6 joints par soir/nuit, certains jours si je ne faisais rien d'autre ça pouvait dépasser les 10. J'arrivais à peu près à avoir une activité à côté (boulot/études), en général je ne fumais pas avant (le matin, enfin quand je me levais...hum), mais elle était affectée négativement, bien entendu. Par contre, côté vie sociale, c'était la cata, mais ça m'est encore difficile de savoir aujourd'hui quelle part venait de la fumette et quelle part venait du reste de mes autres problèmes qui sont ici hors sujet.
Je crois que c'est surtout la suite qui est importante, la manière dont ça a évolué pour moi ces deux dernières années. L'année dernière, j'ai totalement arrêté le cannabis, paradoxalement sans conviction ou volonté particulière d'arrêter. Il faut dire que j'étais nettement plus au clair avec moi-même, et surtout j'avais fait mon coming-out, d'abord à moi-même, ensuite aux autres, et en quelques mois c'est devenu de moins en moins un problème (merci et-alors.net

), je l'ai accepté assez facilement. C'est là que je vois un lien assez fort entre fumette et homosexualité non acceptée. Mais il y a des limites à ce lien, tout de même...
C'est à partir de ce paragraphe que je vais peut-être choquer. A la fin de cette année "clean", j'ai été déçu. Déçu, parce que je pensais que si le cannabis était la cause de mon isolement (j'ai pas d'amis et je reste chez moi, pour simplifier...), alors en arrêtant le cannabis, ça devait m'aider à rompre cet isolement, à retourner vers les autres. Et ça n'a pas été le cas, à la place du cannabis, il n'y avait... rien
Est-ce que c'est parce que j'avais fumé trop et trop longtemps avant ? Parce que je n'avais pas arrêté depuis assez longtemps (un an ne suffit pas peut-être ?), parce que c'était trop tard pour reconstruire une vie sociale à partir de rien ? En tout cas, je m'attendais à une plus grande "valeur ajoutée" à l'arrêt du cannabis.
En fait, là où je me retrouve aussi dans ce que tu dis par rapport à ma situation actuelle, c'est que la seule chose qui marche pour moi, c'est le boulot. J'ai des collègues, je suis tout à fait sociable avec eux... mais on ne se voit pas en dehors du boulot car ce n'est pas possible (j'explique pas pourquoi, c'est hors sujet). Arrivé chez moi, BAM. Vide, rien.
Alors, si je me remet pas au boulot dans ces moments là (car je fais un job que je trouve très intéressant et motivant maintenant), je vais me balader, je vais lire des forums, dévorer 45 pages de Wikipédia ou d'un vrai bouquin, enfin bref, je sais m'occuper, mais pas socialement. Et il y a toujours un manque... je pense que c'est ça, la dépendance psychologique à l'oeuvre, et même un an après.
Donc au début de cette année, je recommence à fumer, mais différemment. Au lieu de fumer tous les jours, les périodes où je fume sont concentrées sur quelques jours (genre un long week-end), et puis après plus rien pendant deux ou trois semaines. Et puis quand j'ai de nouveau envie, je recommence. C'est pas pour autant que je dis que je suis pas dépendant, mais l'avantage sans dépendance physique c'est que c'est relativement facile de "gérer" une fois que les problèmes (psychologiques) de fond sont maitrisés.
Au final je fume quand même nettement moins qu'avant, mais je sais toujours pas clairement si je dois voir le cannabis comme une béquille ou un fardeau. En tout cas c'est une substance très ambivalente... quant à l'influence sur la vie sociale elle est en tout cas pas bénéfique, le problème c'est qu'il suffit pas d'arrêter pour la regagner, cette vie sociale. Faut se bouger le popotin autrement, c'est clair. Pour l'instant, je n'y arrive pas, mais c'est pas grave, je ne désespère pas
Bon courage à toi, en tout cas.