S'orienter.

Pour elles
shaya
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Re: S'orienter.

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Miamol a écrit :Je vois tout à fait ce que tu veux dire par "code" et "je ne sais pas ce que l'on attend de moi." J'ai ressenti la même chose pendant longtemps. Et par ailleurs j'étais l'angoisse personnifiée lol.
Ah, tu me rassures, vu les posts au-dessus je commençais à me demander si j'étais pas un peu dingue !
Miamol a écrit :Le truc, en fait, quand on se reconnait lesbienne, c'est que l'on associe directement cela à la séduction. On se dit instantanément , "oh mon dieu je sais comment plaire aux hommes mais les femmes n'ont pas les mêmes désirs/envies que ceux des hommes!" A la grande question; Qu'est-ce que veulent les femmes? je réponderais que cela dépend de chaque personnalité, de la situation et de la période dans la vie d'une femme car on ne désire sans doute pas la même chose à 20 qu'à 30 ans par exemple. Je pense que cela dépend aussi de ce que l'autre veut que l'on voit d'elle. Certaines ont une grosse carapace pour se protéger et ne laisse pas facilement accéder à leur sphère intime ce qui peut faire peur quand rien n'est clair dans la mesure où certaines nouvelles lesbiennes ou peu expérimentées tel un minet dans la jungle cherchent à être guidées par l'autre. Attitude innocente mais dangereuse car on vient à accorder sa confiance trop facilement.
C'est vrai, mais pour ce qui est de la confiance, il me semble que c'est aussi et peut-être surtout une question de personnalité avant tout. Je ne suis pas tout à fait d'accord quand au fait d'associer directement sa reconnaissance en tant que lesbienne à la séduction. C'est une part oui, mais ne serait-ce pas lié au fait de tomber amoureuse ou au moins d'être attirée, et en conséquence logique, de vouloir plaire ?
Miamol a écrit :Là où je pense qu'il faut réflechir surtout, c'est à cette façon de réduire (inconsciemment) le lesbianisme à la séduction. Ce n'est pas parce qu'on se découvre lesbienne qu'il faut automatiquement "essayer" d'emblée avec une fille qui nous plaise potentiellement. Je trouve cela effrayant à juste titre de s'aventurer à chercher quelqu'une lorsqu'on se sent fragile, on risque de se laisser aliéner par l'autre si je puis dire.
Totalement d'accord là dessus. A vrai dire, il me semble quelque peu étrange en quelque sorte de "devoir" coucher avec une fille pour reconnaître vraiment en quelque sorte son orientation.
Miamol a écrit :D'autre part, tu soulèves un point interessant en parlant de télépathie. On rêve de savoir ce que pense l'autre car il y a un réel déficit de communication. On n'ose pas se dire ce que l'on pense par peur de blesser l'autre ou d'être blessée, d'où je pense l'importance de la prudence à vouloir plaire à quelqu'une en qui on ne peut avoir confiance puisqu'aucune ne parle vraiment d'elle, de ses craintes, angoisses etc.
Oh que oui, c'est tout à fait ça, mais d'un autre côté, n'est-ce pas aussi plus intéressant de ne pas tout savoir de l'autre en face de soi ? Pour moi du moins, même si c'est très angoissant, c'est aussi une part du jeu, d'essayer de savoir. Le second point que tu soulèves, ça dépend aussi du degré de confiance qu'on accorde. On peut être très attirée par une personne, voire même enêtre amoureux, sans pour autant avoir une confiance aveugle dans la personne. Là encore, ça dépend de la personne de base, à mon sens.
Miamol" a écrit :Je crois qu'il est presque nécessaire d'apprivoiser ces désirs avant de se laisser séduire car risqué pour la construction de son identité, de sa nouvelle identité de lesbienne.
En revanche, aiguiser son sens de l'observation aide toujours pour se guider. Apprendre à connaitre les femmes, à se connaitre soi, permet d'oser s'aventurer un peu plus près. En ce qui me concerne, je suis toujours claire à dire à d'éventuelles rencontres et à moi même par la même occasion que même si je suis célibataire, je ne cherche pas forcément de relation amoureuse car sinon c'est laisser trop d'espace à l'autre dans la séduction. Or, ce n'est pas parce qu'on est lesbienne qu'on peut s'autoriser à séduire toute lesbienne qui passe sous nos yeux sous prétexte qu'on est seule. :roll:
Oui, mais choisit-on de se laisser séduire ? Choisit-on de succomber au sourire d'une personne qu'on connait depuis peu, d'avoir des sentiments ? Et à partir du moment où cette attirance ou ces sentiments démarrent, pourquoi devrait-on obligatoirement s'y refuser ? C'est simplement profiter de la vie, et elle est trop courte pour refuser de le faire.
Miamol a écrit :Je pense que tout est dans la clarté de ses propres attentes, des limites qu'on interdit ou pas à l'autre de dépasser dans la protection de sa sphère intime. Rien de mieux pour cela que l'honnêteté, plutôt que de jouer la comédie...
La patience dans chaque relation, qu'elle soit amicale ou plus est la clé mais je peux que trop bien comprendre l'envie de s'abandonner pleinement au désir et plaisir de se sentir plus vivant dans une relation qui nous convienne davantage.
Vrai, mais parfois la patience c'est casse-pied et difficile, même si effectivement, elle peut donner des résultats inattendus.
Miamol a écrit :Ce qui est déstabilisant à la découverte de son homosexualité est que l'on peut se sentir invariablement attirée par toutes les femmes, là encore je crois qu'une plus grande conscience de ce qui nous attire chez l'autre aide à faire baisser le rythme cardiaque. :euh:
Par ailleurs, la gêne à ressentir de l'attirance pour une hétéro peut être vraiment très forte car toujours peur que cela soit ressenti comme une agression. Il faut bien distinguer de quelle genre d'attirance il s'agit car il se peut que sous prétexte d'homosexualité on ne sache plus si l'attirance est d'ordre sexuel ou non, du coup on angoisse au moindre élan.
Pour le coup, j'ai pas du tout été attirée par toutes les femmes, donc, je ne peux rien dire.
Miamol a écrit :Pour finir, malgré tout le tapage autour de la séduction, je crois que dans le fond (consciemment ou non) tout ce qu'un être humain désir avant toute forme de plaisir, est de se sentir en confiance, de se reconnaitre en l'autre et inversement, de communier en toute innocence mais cela demande du temps, on ne peut/doit s'accorder d'être trop vulnérable d'emblée.

Les peurs ne sont jamais là par hasard, elles sont un signal d'alarme. Il faut construire sa confiance en soi dans le sens où inconsciemment ou consciemment quand on sait/sent que l'on va faire des choix judicieux pour un réel épanouissement, on cesse d'avoir peur mais pour cela il faut apprendre à connaître ce dont on a vraiment besoin, se méfier de l'attirance pour l'attirance, du plaisir pour le plaisir.

C'est mon avis :D

Voilou :huhu:
Ouais alors là je ne suis pas tout à fait d'accord. On a beau savoir que le choix est le bon, que c'est la chose à faire pour s'épanouir derrière, mais l'angoisse ne disparaît toujours pour autant, ça serait trop facile sinon. Le problème avec la confiance en soi, c'est que dans mon cas, je n'ai plus la patience d'attendre. J'en ai marre d'attendre qu'un jour tout aille merveilleusement bien, que du jour au lendemain, ben hop, les relations avec les gens, ça sera devenu facile tout ça. A mon sens, ça n'évoluera pas vraiment, et les difficultés resteront en partie. Elles vont évoluer au fur et à mesure des situations, c'est certain, mais la personne super expansive et à l'aise dans un groupe, ça ne sera jamais moi (du moins, sobre)
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shaya
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Re: S'orienter.

Message par shaya »

Miamol a écrit :Citer:
C'est vrai, mais pour ce qui est de la confiance, il me semble que c'est aussi et peut-être surtout une question de personnalité avant tout. Je ne suis pas tout à fait d'accord quand au fait d'associer directement sa reconnaissance en tant que lesbienne à la séduction. C'est une part oui, mais ne serait-ce pas lié au fait de tomber amoureuse ou au moins d'être attirée, et en conséquence logique, de vouloir plaire ?

Le second point que tu soulèves, ça dépend aussi du degré de confiance qu'on accorde. On peut être très attirée par une personne, voire même enêtre amoureux, sans pour autant avoir une confiance aveugle dans la personne. Là encore, ça dépend de la personne de base, à mon sens.

Oui, mais choisit-on de se laisser séduire ? Choisit-on de succomber au sourire d'une personne qu'on connait depuis peu, d'avoir des sentiments ? Et à partir du moment où cette attirance ou ces sentiments démarrent, pourquoi devrait-on obligatoirement s'y refuser ? C'est simplement profiter de la vie, et elle est trop courte pour refuser de le faire.

Ce que je crois, personnellement, est que la confiance, dès lors que l'on veut plaire à une personne, on l'accorde presque malgré soi. Car vouloir plaire sous entend se modeler à l'image des attentes de l'autre (même si on ne s'en rend pas toujours compte sur le moment) ce qui en d'autres termes est une forme de sacrifice de soi. Et en effet, la séduction est la conséquence logique du fait de vouloir plaire mais que j'associe à quelque chose de presque dangereux à partir du moment où l'on se sent déjà bien avec soi même, à moins donc de tomber sur une personne en qui on se reconnait déjà ou de vouloir changer par l'influence de l'autre sur soi (ce qui te correspond potentiellement puisque tu souhaites te débarasser de toutes tes angoisses.) Chacun encourt les risques qu'il juge bon ou non de prendre, ce qui rejoint mon idée de ne pas forcément se laisser séduire (par choix) car ce n'est jamais sans conséquence.
En ce qui me concerne je n'associe pas le fait de profiter de la vie à un plaisir éphémère basé sur de mauvaises raisons éventuelles qui peuvent accuser d'un contre coup, à l'image du lendemain d'une bonne cuite.
Je comprends ce que tu veux dire, mais je ne le partage pas complètement. Pour moi, vouloir plaire, c'est renvoyer une image de soi attirante pour la personne que l'on veut séduire. Ces changements, ce sacrifice en quelque sorte pour correspondre à l'autre, c'est pour moi une chose qui vient plus tard dans une relation. Et je maintiens ce que j'ai dit dans mon précédent post, il y a des niveaux de confiance. Je ne partagerai pas certaines parts de moi avec l'autre, justement pour me protéger, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver. Enfin oui tout le monde ne fonctionne pas comme ça, mais je ne fais plus confiance aux autres pour m'aider à changer, tout comme je ne peux donner une vraie confiance à quelqu'un qui me séduit ou que je séduis. Quand au profit de la vie, c'est simplement un simple point de vue.
Miamol a écrit :
A vrai dire, il me semble quelque peu étrange en quelque sorte de "devoir" coucher avec une fille pour reconnaître vraiment en quelque sorte son orientation.


Je crois que valider dans son ressenti, dans ses sensations, une orientation ou identité construite étape par étape peut se considérer comme le point ultime de cette construction et dès lors être le début d'une nouvelle construction fondée sur plus de confiance en soi.
Le piège est que cette sensation qui procure parfois un sentiment de réelle libération peut nous amèner à tomber amoureux de personnes potentiellement "dangereuses" pour sa sphère intime, toujours avec cette idée d'aliénation à l'autre.
Tu as certainement raison là-dessus, même si dans ma tête, les sentiments que j'ai pu éprouver sont quelque en sorte mon point ultime temporaire de cette construction. Tomber amoureux de personnes dangereuses pour nous, n'est-ce pas un risque aussi qu'il faut prendre de temps à autre ? Mon point de vue est peut-être totalement, mais parfois se mettre en danger, ça peut être bénéfique. Ca peut nous faire évoluer, nous faire comprendre certaines choses, et donc avancer. Je développerai ça plus après.
Miamol a écrit :
n'est-ce pas aussi plus intéressant de ne pas tout savoir de l'autre en face de soi ? Pour moi du moins, même si c'est très angoissant, c'est aussi une part du jeu, d'essayer de savoir.
C'est un point de vue défendu par beaucoup de monde mais qui n'est pas le mien car je n'associe par les rapports amoureux à un jeu d'une part et d'autre part découvrir au fur et à mesure le mystère étant déja engagée dans la relation est source de déception et d'insatisfaction dans la mesure où je pense qu'on ne se sent jamais vraiment connecté à l'autre quand on cache une part de soi. En fait, je pense que le désir de garder le mystère est surtout révélateur de cette peur d'aliénation à l'autre (d'où ce fameux besoin de contrôle sur la confiance que l'on accorde) , car tant que l'on garde sa part la plus intime de soi pour soi, il est plus facile par la suite de se détacher de l'autre.
Je pense également qu'il faut se méfier de l'idéalisation possible induite par le mystère, ne collant rarement voire jamais à la réalité, on peut se laisse aliéner malgré soi.
C'est totalement vrai. Il est loin d'être évident d'accepter de tout dévoiler à quelqu'un.
Miamol a écrit :
Pour le coup, j'ai pas du tout été attirée par toutes les femmes, donc, je ne peux rien dire.


J'ai sans doute trop caricaturé mon propos, car moi non plus évidemment je ne suis pas attirée par toutes les femmes :euh: , ce que je voulais dire est que lorsque l'on découvre son attirance sexuelle pour les femmes au sens large, on peut ne plus savoir de prime abord lorsque l'on est attiré dans le sens d'un désir sexuel ou dans le sens où l'on s'identifie à la personne et finir par faire l'amalgame en mettant les attirances par processus d'identification dans le même sac que le premier sous pretexte d'homosexualité. Cela peut rendre beaucoup de femmes intimidantes dès lors que l'on mélange le fait de vouloir plaire/séduire au fait de vouloir être reconnue/se reconnaitre en quelqu'un, qui pour cette dernière catégorie ne nécéssite par forcément l'ingrédient sexuel ou sensuel. Les deux catégories sont sans doute d'emblée fortement liés au vu de mon développement sur l'aliénation à l'autre et sont même peut être à lier à long terme lorsque l'on a trouvé la partenaire qui nous convient réellement. ( J'en suis là pour ma part à tenter de démêler tout ça :^^: .)
Pour le coup, je me reconnais aussi là dedans. Pas évident de différencier des sentiments amoureux à une identification à l'autre. Après, je ne suis pas certaine que sur du long terme, ça soit forcément la bonne solution, s'il en existe une d'ailleurs.
Miamol a écrit :
Ouais alors là je ne suis pas tout à fait d'accord. On a beau savoir que le choix est le bon, que c'est la chose à faire pour s'épanouir derrière, mais l'angoisse ne disparaît toujours pour autant, ça serait trop facile sinon. Le problème avec la confiance en soi, c'est que dans mon cas, je n'ai plus la patience d'attendre. J'en ai marre d'attendre qu'un jour tout aille merveilleusement bien, que du jour au lendemain, ben hop, les relations avec les gens, ça sera devenu facile tout ça. A mon sens, ça n'évoluera pas vraiment, et les difficultés resteront en partie. Elles vont évoluer au fur et à mesure des situations, c'est certain, mais la personne super expansive et à l'aise dans un groupe, ça ne sera jamais moi (du moins, sobre)
Je crois que le savoir et à fortiori le savoir de ce qui est bon/vrai ou mauvais/faux, peut recouvrir un caractère illusoire. L'Histoire en regorge de preuves et par conséquent la connaissance de soi (qui est un savoir) n'est pas d'emblée acquise sinon, pour reprendre tes termes, "ce serait trop facile" :souris: .
Mon intuition est que les émotions au même titre que notre conscience des choses, parlent, ont en quelque sorte un avis sur nos choix, et décider de ne pas les comprendre ou, pour reprendre les termes d'Edith Piaf dans La môme, décider de "dire à son corps de fermer sa gueule" est dangereux. Je crois que notre seul vrai guide dans la vie sont nos émotions, il n'y a qu'à elles que l'on peut véritablement se fier dès lors qu'on part du principe que le savoir peut être illusoire. C'est à nous de décrypter ses messages, et donc d'ajuster sa conscience des choses à ses émotions et non l'inverse au risque d'un contre coup proportionnel à la tentative de muselage car en un sens, le corps (intrinséquement lié aux émotions) gagne toujours puisqu'il finit par tuer notre conscience à l'heure de notre mort. ( Voir pour plus d'infos: Le corps ne ment jamais d'Alice Miller, psychanalyste américaine.)
Par ailleurs, tu ne pourras effectivement pas changer du jour au lendemain et l'on comprend bien pourquoi; imagine te réveiller un matin en étant complètement différente de celle que tu étais la veille, le choc psychologique de ne pas se reconnaitre serait complètement ingérable. Pour autant, on peut choisir de ne pas sous estimer la plasticité de l'identité humaine et s'autoriser à croire à un changement dès lors qu'on lâche prise avec ce que l'on croit "qu'il faille" absolument faire pour cela.
Je t'ai donné une éventuelle piste qui fonctionne pour ma part, libre à toi de la valider ou non et de faire comme tu l'entends.
En tout cas, je te souhaite bon courage pour la suite. :gentil:
[/quote]

C'est difficile d'exprimer mon point de vue, parce qu'à la fois je suis d'accord, et à la fois pas. Disons que je suis d'accord avec le fait que nous sommes guidés par nos émotions, et que notre corps y réagit, mais je crois aussi que parfois il faut se contraindre à dépasser son corps, et à lui dire de fermer sa gueule en effet. En tant qu'angoissée de la vie, c'est quelque chose que parfois, je suis obligée de faire, parce que derrière, je sais que ça sera bénéfique, que pour un exemple tout con, j'ai flippé comme une malade avant d'aller passer la porte d'une association, et pourtant c'était bien. Par là, ça m'oblige à admettre que non, mes émotions n'ont pas toujours raison, que je ne peux tout simplement pas me laisser contrôler par l'angoisse, que parfois il est obligatoire de me mettre mentalement un gros coup de pied au derrière, mais d'un autre côté, ces émotions-là me le feront payer d'une manière ou d'une autre, comme par exemple, en me contraignant à mettre des mots sur elles, à les exposer quelque part.

En tout cas je te remercie pour la piste, juste une petite question, à regarder un peu le livre de Miller sur le net, j'ai eu l'impression que ça traitait énormément de la petite enfance et des maltraitances, est-ce réellement le cas ?
Juuune
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Re: S'orienter.

Message par Juuune »

shaya a écrit : Je pense qu'on ne parle pas des mêmes codes. Comment expliquer. Qu'on le veuille ou non, toute relation sociale est régie par des règles inconscientes, il suffit de voir les ami(e)s, la règle, c'est de prendre des nouvelles, de les écouter quand ça va pas, et tellement d'autres choses qui varient selon les situations. Et c'est la même chose quand on cherche à séduire quelqu'un, même si ce sont des choses totalement informelles, et sans doute assez peu conscientes pour la majeure partie des gens. L'ennui, c'est que le social n'est pas mon fort. C'est à peu près facile tant qu'on reste sur une situation "balisée", en quelque sorte. Et quand ça sort de ces balises-là, c'est compliqué.
Tout d'abord, "plop shaya".
- Je comprends qu'aimant les femmes et seulement les femmes (à l'exception d'un homme dans le passé, mais mettons ça de côté), ce soit plus difficile de trouver des "codes" dans lesquels se couler pour que la séduction ne soit pas quelque chose de compliqué. Sur ce plan-là je suis entrée en panique quand je me suis rendu compte que je pouvais tomber amoureuse d'une fille. Parce que je connaissais d'autres codes, des codes d'amitié entre filles hétéros, et rien d'autre, et cette "ignorance" m'a rendue maladroite, un peu paralysée. Ce qui m'a pas mal aidée, mine de rien, c'est, à une certaine période (pas si lointaine), de ne regarder que des films qui parlaient d'histoires entre nanas. Y a moyen de trouver des films à thématique lesbienne, y en a pas mal en fait. Si tu veux je te file des liens par mp. C'est tout bête mais de voir comment font les autres filles, comment elles s'y prennent pour déjouer les pièges de l'absence de codes... ça aide.

- Les codes de séduction entre filles ne sont pas inexistants. Suffit d'aller dans un bar lesbien pour s'en rendre compte... Parfois, la moindre fringue possède telle ou telle valeur de "signe". Je suis allée toute seule dans un bar lesbien, c'était assez traumatisant. Mais ensuite, j'y suis allée avec des potes, et là, c'était beaucoup plus rassurant pour moi, je pouvais à la fois m'imprégner des codes ambiants et ne pas me sentir extraterrestre pour autant. Cela dit, perso, c'est pas mon truc, la sociabilité lesbienne... justement parce que je trouve ça surcodé, dans ces lieux "exclusifs", il y a des codes qui circulent partout et je trouve que ça laisse peu de place à la rencontre spontanée, sans laquelle l'idée de séduction n'a pas de sens pour moi.

- Ensuite, justement, je ne suis pas sûre que le surcodage soit plus confortable. Les codes hétéros, je les trouve limite encore plus paralysants que la rareté des codes lesbiens. Je vais prendre mon propre exemple, ce sera plus simple : étant bi, mon attirance non pour "les hommes" (ces généralités me gênent souvent) mais pour "quelques hommes, de temps en temps" ne fait pas seulement partie du passé mais du présent. Et plus je "grandis", plus je m'aperçois que les codes hétéros classiques sont incompatibles avec ma manière d'être attirée par les garçons qui me plaisent, et plus je me sens "hors cadre". L'idée "virilité de l'homme et féminité de la femme" par exemple exerce une forme de terreur sur moi, surtout quand je vois ce qu'on doit entendre par "féminité" (être belle, porter une jupe, s'affirmer, mais pas trop quand même, être douce, ne pas trop draguer les mecs), mais aussi parce que je vois le poids que l'idéal de "virilité" exerce sur les mecs (il faut qu'ils soient "responsables", qu'ils aient de l'ambition, que la drague soit quelque chose qui leur revienne etc). Et je suis convaincue que s'il y avait moins de codes, moins de présupposés sur le rôle et la fonction de l'homme et de la femme hétéros, il y aurait beaucoup plus de place pour inventer des relations nouvelles, inédites, pour respirer, en fait. Bref, pour le faire court, ces codes, je les trouve plus stressants et absurdes qu'utiles. Sans parler du fait qu'ils tuent parfois la spontanéité et le charme de la rencontre dans l'oeuf, parce qu'on sait déjà ce qui est "attendu". J'avais une copine (avec laquelle on ne s'entend plus d'ailleurs) qui se disait "féministe" mais qui ne supportait pas l'idée que son mec puisse pleurer, parce que bon, il devait être un "mec". Ces genres de codes rigides, je ne suis pas sûre qu'ils favorisent des rencontres authentiques. Personnellement j'ai tendance à fuir si je sens qu'un mec veut trop "jouer aux bons petits hétéros" avec moi, parce que ça me stresse. Par exemple j'ai pas du tout envie qu'on me protège.

Peut-être qu'entre filles (en dehors des clubs lesbiens) on a justement cette chance d'avoir moins de "prérequis", moins de codes, et que ce n'est pas du tout quelque chose auquel il faudrait remédier, mais l'occasion de sortir d'un chemin tout tracé qui peut être étouffant dans les relations hétéros. Nan ?

Et là j'ai tendance à dire, en dehors toute considération sur "la confiance" qui a été évoquée ci-dessus, que quand quelqu'un nous plaît vraiment, qu'on soit hétéro ou homo ou autre chose, il y a un moment où on fait l'expérience d'une perte de repères, d'une ligne de fuite, d'un trou-noir, on se sent face à une nouveauté désarmante, à quelque chose dont on ne peut pas répondre, qui nous échappe. Et ça je pense qu'on en fait tous l'expérience. Que ça débouche ou pas sur une relation amoureuse. Et c'est dans ce moment où les choses nous échappent, où on ne "maîtrise" plus les codes, que se produisent des intensités intéressantes.

Après j'ai conscience que ça ne résout pas ton problème...
Mais c'est juste histoire de garder ces considérations dans un coin de la tête.
Histoire de ne plus se dire que "les codes sont la solution". Car les codes peuvent être sclérosants.
Dernière modification par Juuune le ven. janv. 06, 2012 1:20 pm, modifié 1 fois.
Miamol
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Re: S'orienter.

Message par Miamol »

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Re: S'orienter.

Message par Œil-de-nuit »

C'est intéressant ce débat sur les codes. J'avoue que pour ma part, j'aurais été très malheureux d'être hétéro pour voir que constamment en face l'autre attend que tu fasses tout ou presque. Comme tu l'as dit Juuune, pour nous il y a beaucoup moins de codes et c'est pas plus mal au final une fois qu'on a surmonté les difficultés initiales ;)
shaya
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Re: S'orienter.

Message par shaya »

Juuune a écrit :Peut-être qu'entre filles (en dehors des clubs lesbiens) on a justement cette chance d'avoir moins de "prérequis", moins de codes, et que ce n'est pas du tout quelque chose auquel il faudrait remédier, mais l'occasion de sortir d'un chemin tout tracé qui peut être étouffant dans les relations hétéros. Nan ?
Peut-être qu'en effet, pour toi, ces codes t'étouffent et te gênent, et c'est totalement compréhensible. Pour moi, ces codes et leur connaissance sont presque un besoin, parce que je ne sais globalement pas me comporter avec les autres, parce que la preuve en est ma "relation" actuelle, essayer de se fier à moi-même, ça marche pas. J'ai parfaitement conscience que tout le monde n'est pas comme moi, loin de là, mais personnellement, ne pas avoir de codes est terriblement angoissant, tout simplement parce que ça ne me laisse rien à quoi me raccrocher.
Juuune a écrit :Et là j'ai tendance à dire, en dehors toute considération sur "la confiance" qui a été évoquée ci-dessus, que quand quelqu'un nous plaît vraiment, qu'on soit hétéro ou homo ou autre chose, il y a un moment où on fait l'expérience d'une perte de repères, d'une ligne de fuite, d'un trou-noir, on se sent face à une nouveauté désarmante, à quelque chose dont on ne peut pas répondre, qui nous échappe. Et ça je pense qu'on en fait tous l'expérience. Que ça débouche ou pas sur une relation amoureuse. Et c'est dans ce moment où les choses nous échappent, où on ne "maîtrise" plus les codes, que se produisent des intensités intéressantes.
Sans doute, mais c'est aussi quelque de terrifiant, du moins pour moi. De ma frêle expérience, ce sont aussi dans ces moments-là que c'est difficile à supporter, voire même que l'angoisse se fait la plus marquante dans ma vie. Et l'angoisse, c'est pas franchement tripant, à moins d'aimer les heures d'insomnie, ou encore les soirs passés à se coucher le plus tard possible, pour être suffisamment crevée et savoir qu'on va tomber comme une masse dans le sommeil.

Miamol, je trouve ta réflexion intéressante, même si j'ai du mal à la partager. On va essayer d'être claire. Ca fait très certainement partie de mon caractère, mais je ne suis pas une personne expansive, et la définition d'un(e) ami(e), un(e) vrai, c'est que c'est quelqu'un que je peux appeler n'importe quand, que je peux emmerder pour aller squatter un soir et boire des verres pour être écoutée pendant des heures s'il le faut, c'est quelqu'un à qui je peux tout dire sans crainte. Or, quelqu'un dont je suis amoureuse, c'est une personne qui va me causer de l'angoisse, et de l'angoisse que je ne partagerai pas avec l'autre. Parce que j'estime que ça n'est pas assez important pour être partagé, pour faire porter ce souci à quelqu'un que j'aime, très simplement. Ma façon d'être et d'aimer est très certainement loin d'être bonne, j'ai pu le constater par le passé, mais c'est ainsi que je fonctionne pour le moment, et il est assez difficile de faire changer les choses en moi même en sachant que la chose est bénéfique.

Edit : si mon message s'avère incompréhensible because écrit à un horaire indécent, n'hésitez pas à le signaler.
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Re: S'orienter.

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Re: S'orienter.

Message par shaya »

Miamol a écrit :Je crois comme l'a dit Juuune qu'il n'y a pas vraiment de codes en effet, et tant que tu t'acharneras à essayer de trouver la bonne attitude, les bons mots à dire aux bons moments, le geste idéal, la meilleure façon de s'habiller etc etc etc... Tu vas te gâcher la vie, mais t'inquiète je comprends tout à fait cette idée que l'existence de codes puisse être rassurante. Il y en a surement mais dans les tréfonds de notre inconscient et sans doute que pour vivre confortablement en attendant que l'être humain n'ait plus aucun mystère, il convient d'accepter et de reconnaître cette façon qu'on a de se sentir perdu, d'avoir peur de mal faire ou mal dire.
Et je crois que si tu tombes amoureuses d'une fille qui n'a pas compris ça elle, en effet tu risques de ne jamais te défaire de tes angoisses, car tu essaieras continuellement de te modeler selon ses envies, alors imagine que dans le fond elle soit perdue elle aussi, tous ces faux semblants ne seraient qu'un jeu d'apparences , et le mérite reviendrait à celle qui semble le plus avoir connaissance de la meilleure façon de se comporter dans un couple.
Il y a quelque chose de l'ordre du comique dans cette idée "tout le monde fait semblant de savoir mais personne ne sait vraiment".
Comme tu le dis, ce serait problématique, mais j'apprécierais qu'on ne me dise pas que je me gâche la vie avec soi. J'ai abordé le problème des codes, mais ces codes là me manquent dans un domaine précis, qui est celui de la séduction, lorsqu'on est encore à la découverte de la personne, qui reste un peu inconnue pour nous. Il me semble qu'après, libre à soi de se comporter comme on le souhaite et on verra bien. Du moins, être en couple avec quelqu'un ne me demande pas de connaître des codes.
Miamol a écrit :Il n'y a rien de plus libérateur et bénéfique à mon sens que de se sentir libre d'être soi même - avec ses défauts et ses qualités, ses problèmes et ses réussites, son droit à l'erreur et à l'amélioration - avec sa partenaire amoureuse, car enfin on comprend ce qu'est la vraie confiance et jamais on ne se sera senti autant en sécurité dans cette insécurité de ne pas savoir.
Hum, tentons d'expliquer mon point de vue un peu mieux. Ce n'est pas une question de confiance, mais de caractère. Je fais partie des gens qui refusent de pleurer en public, qui n'aiment pas qu'on les prenne dans les bras, qu'on veuille me forcer à confier, tout ça. Je suis aussi le genre de filles qui va rester enfermée pendant des heures quand ça ne va pas, et qui va se contenter d'un écran et de ses larmes plutôt que d'appeler quelqu'un. Et aussi, le genre de personnes qui croit fermement que lorsqu'on est avec d'autres personnes, même si ça ne va pas, on contraint ses lèvres à faire un sourire, et à faire comme si. Donc, même si je comprends ton point de vue, je ne le partage pas.
Miamol a écrit :C'est pour ça que je prône sans cesse la sincérité. :souris: Et Shaya, j'entends bien ce que tu dis, mais je ne comprends pas bien quel bénéfice tu peux tirer de ta façon de penser et des angoisses qui l'accompagnent. :^^: Mais peut être tu voudras nous expliquer. :wink:
Ce que j'en retire ? Pas grand chose à vrai dire. Mais ça fait partie de mon fonctionnement interne, et pour l'instant c'est ainsi. L'angoisse, c'est une compagne de longue date, et à force, on apprend à l'apprivoiser et à lutter contre elle. Peut-être parce que depuis l'enfance, je n'en parle que très peu autour de moi, même si ces dernières années, ça s'est un peu amélioré. J'ai conscience que ma façon de faire peut être blessante pour certaines personnes qui ne comprennent pas, mais il est difficile de modifier des choses ancrées en soi depuis longtemps.
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Re: S'orienter.

Message par Miamol »

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Dernière modification par Miamol le mer. juil. 16, 2014 8:06 pm, modifié 1 fois.
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