alors la suite ...
Rentrée de Terminale.
Et là ça devient tout de suite moins marrant je vous préviens. Néanmoins je suis un peu obligée d’en parler parce que, que je le veuille ou non ça fait partie de moi et sans ça je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Donc …
Toujours en galère avec les matières scientifiques je retourne au centre, ou ma responsable pédagogique est ravie de me revoir… faut dire que je lui ramène pas mal de soussous , elle a le droit d’être contente
Et moi qui pensait que mes sentiments se serait atténués, grosse erreur, le naturel revient sur son cheval

et il veut pas me lâcher.
Le problème c’est qu’elle ne me voit pas, pas comme je le voudrais en fait, elle est gentille et attentionnée (et canon

) mais elle l’est aussi avec les autres élèves du centre.
Comment faire pour qu’elle me remarque ?
Et le Bac, pourquoi tant de pression autours de moi ? qu’est-ce que je veux faire plus tard… Mais franchement j’en sais rien, arrêtez de me poser la question.
Je commence à faire du sport pour évacuer tout ça, je vais courir dès que j’ai le temps et que j’en ressens le besoin… et je commence à perdre du poids. Une bonne surprise donc je continu. Tiens et si j’adapter mon alimentation à ce nouveau style de vie ? Mais oui pourquoi pas ? Plus de fast-food, plus de frites, plus de gâteaux, plus de grignotages… jusque-là de bonnes résolutions ma foi.
Et puis après tout, je peux aussi supprimer les féculents, j’ai vu que ça fait grossir, et le pain aussi, certains fruits comme la banane, et les yaourts aussi, ah et puis tous les laitages en fait…
Et voilà comment je me suis retrouvée à me nourrir de soupes pendant tout l’hiver, oui des soupes, seulement des soupes, pas toutes, seulement celle avec un apport calorifique peu élevé. Les courses deviennent tendues, je regarde les calories sur absolument tout ce que j’achète, mes parents n’en peuvent plus.
Ma mère s’inquiète, je l’entends en parler avec mon père quand je monte dans ma chambre, je crois qu’elle pleure… oui c’est ça elle pleure, elle dit que c’est de sa faute, qu’elle n’aurait jamais dû me laisser commencer ce stupide régime.
Mon père est là il l’écoute mais il ne relève pas, il est très absent en ce moment, je n’arrive pas à lui parler, il dit qu’il n’a jamais le temps, mais quand il l’a il ne veut pas le passer avec nous de toute façon.
Mes vêtements ne me vont plus, ils sont trop grands, j’en veux d’autres, je vais en acheter avec ma mère, taille 34, XS, « je ne peux pas t’acheter ça, tu vas reprendre du poids quand même… nan ? » dit-elle les larmes au bord des yeux. Non je ne reprendrais pas de poids, ce n’est pas dans mes plans, désolée maman.
Passage chez le médecin obligé, ma mère insiste, depuis que je n’ai plus mes règles…
Je ne m’étais jamais faite engueuler par mon médecin et je dois dire que n’ai pas apprécié, faut dire qu’elle n’a pas été tendre avec moi. Elle avait raison, ils avaient tous raison, mais je n’écoutais pas.
Ils pensent que tout ça c'est du à la pression du Bac, je ne vais pas les contredire, si c’est ce qu’ils veulent croire, ça les regarde. Mais moi je sais, je sais que ce n’est pas ça. Chaque samedi, je la vois et ça me rappelle qui je suis, ce que je ne veux pas être.
Et ça ne va pas en s’arrangeant, la semaine je suis libre de mon alimentation, personne ne me surveille, donc je ne mange pas, tout simplement, je m’éloigne de mes amies. Je suis en train de les perdre car je ne suis plus la même.
Le dimanche c’est une autre histoire, ma mère m’oblige à manger, alors je mange pour lui faire plaisir, et ensuite je m’enferme dans la salle de bain en pleurant, je me penche au-dessus de la baignoire, prête à commettre un acte dont je ne me serais jamais cru capable.
Cet acte, je l’ai reproduis, de nombreuses fois, car c’était devenu naturel.
Ma mère s’inquiète, vraiment, elle me le dit, elle pleure, je n’ai jamais voulu la faire pleurer, non jamais, je ne lui montrais pas, mais ses pleurs me déchiraient de l’intérieur. Impossible d’arrêter, pas toute seule, pas comme ça.
Mon père, lui il ne pense qu’à son travail, ça lui prend tout son temps.
Cette année-là, je me souviens que je prenais des cours de guitare, le jour du spectacle de fin d’année, ma mère est venue seule, pour me voir jouer et chanter : et elle a adoré, d’autres membres du public m’ont félicité, et mes amis aussi, ouaah

ça fait un bien fou.
Mon père est resté à la maison, il y avait un match à la télé ce soir-là, son équipe fétiche j’imagine…
Bac en poche, et orientation choisie pour l’année suivante (orientation scolaire j’entends ^^), me voilà en vacance, ma mère m’emmène chez mes grands-parents car je lui ai dit que j’avais besoin de changer d’air. Elle a quand même pris la peine de les appeler avant pour les prévenir du changement physique : mais ça n’a pas suffi vu la façon dont ils m’ont regardé quand je suis arrivée.
Mes cousins arrivent la semaine suivante, en attendant je suis seule et je n’ai qu’une seule chose en tête et eux aussi n’ont qu’une seule chose en tête : me faire manger, à tout prix.
Alors je mange, je les vois me surveiller, je déteste ça, je n’aurais jamais dû venir.
Ah oui ça pour manger, je mangeais, le fond de leur jardin s’en souvient encore…
Mes cousins arrivent, mon oncle est avec eux… enfin un peu de compagnie
Oui mais voilà ils sont passés chez mes parents avant de venir et leur plus grand sujet de conversation c’était moi. Ils ont même demandé à ma cousine de 2 ans ma cadette de me surveiller, ba voyons, elle s’est surtout empresser de me le répéter.
Pendant ces quelques semaines, j’ai découvert une autre facette de mon oncle, celle d’un père. Il a vite compris qu’il y avait un problème, il m’a écouté, et je l’ai écouté (oui car lui aussi avait des problèmes à l’époque), je lui ai dit pour mon père absent (son frère) il a dit qu’il ne savait pas ce qu’il loupait et qu’il avait tort. Ça m’a fait un bien fou de parler avec lui, il aurait pu être mon premier CO, mais je me suis retenue car je n’étais pas vraiment prête pour ça. Mais je savais que si jamais je lui disais, ça ne changerais rien pour lui, et en soi c’était déjà ça.
Mon oncle a été mon père pendant 2 mois… et depuis nous n’en sommes que plus proches.
J’ai passée deux semaines de vacances seule avec mes parents après ça, j’en avais besoin, j’avais vraiment besoin de les retrouver : j’ai arrêté de compter les calories pendant ces 2 semaines, j’étais bien.
la suite plus tard ( pour rassurer les plus inquiets, ça s'arrange...)