Ma mère n'accepte pas mon handicap

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Mad Angel
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Ma mère n'accepte pas mon handicap

Message par Mad Angel »

Bonjour.
Alors pour résumer, j'ai plusieurs handicaps invisibles (autisme, maladie et troubles psy). Et à cause de ces handicaps, je ne peux pas travailler de façon viable et durable. De plus, me forcer à bosser "coûte que coûte" aggrave systématiquement ma maladie physique et ma dépression.

Et oui, même en temps partiel, même avec des aménagements, etc etc.

Ma mère refuse de l'accepter. J'ai eu beau lui expliquer mes symptômes dans tous les sens, lui montrer des vidéos sur le sujet, essayer d'amener le sujet en douceur ou au contraire de lui dire cash "non je ne vais pas travailler"... Rien ne marche.

Parce qu'elle ne VEUT pas l'accepter. Ce n'est pas un problème de manque de compréhension mais de mauvaise volonté.

Je précise aussi qu'elle avait appris que j'avais un handicap dans l'enfance et me l'avait caché en espérant que ça passe tout seul, et qu'elle choisi de faire un déni total.
C'est seulement en 2018 que j'ai eu des diagnostics (adulte), et là, après plusieurs mois, elle a fini par admettre de mauvaise grâce que je suis handi. Mais toujours pas que je ne peux pas travailler de façon viable.
C'est passé de "Tu as pas de handicap" à "Oui d'accord, t'as un handicap mais tu peux vivre normalement hein".

Et je ne peux pas couper les ponts parce que j'ai besoin de l'aide financière de mes parents (mon allocation est à peine suffisante pour le loyer, la bouffe, les frais médicaux ; et surtout elle n'est pas garantie à vie donc si je la perdais j'aurais besoin des parents à nouveau...).



Comment je peux faire pour lui faire réellement admettre (que je suis handi, sans emploi, à l'AAH et que ça va pas changer) ? Et qu'elle arrête de me faire chier avec ça ?

Si vous avez des conseils je suis preneur...
Norma
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Re: Ma mère n'accepte pas mon handicap

Message par Norma »

Hello.

Bon, d'abord : c'est nul, soutien :gentil:

Ensuite : je séparerais ta question en 2.

1. Ce qui m'interresse le plus : stratégies efficace de survie.
2. Qui m'interresse moins : gestion d'une relation humaine.

1. Tu touches l'AAH.
Tu as besoin pour être autonome sans travailler de couvrir loyer, nourriture, frais médicaux et factures (énergie, communication). Dégager une enveloppe "loisir" et "imprévus" serait également bienvenue.
Tu n'as aucune perspective dans l'avenir de revenus supérieurs à l'AAH puisque tu ne peux pas travailler.
Si tu perds l'AAH, tu devras donc faire avec RSA + CAF.
Tu t'en sors actuellement grace au soutien intrafamiliale, mais il n'est pas acquis à vie car, déjà, ta mère peut t'en priver selon le résultat de vos relations, et, ensuite, ta mère n'es pas éternelle.
Soit tu projette un héritage suffisament important pour te permettre à la mort de ta mère de vivre durablement de façon autonome, soit ce n'est pas le cas et le problème se reposera dans quelques années d'une façon beaucoup plus urgente et douloureuse.

Il faut que tu trouves une stratégie qui te permettes en cas de réducation à minima de tes ressources de ne pas te retrouver en situation de grande précarité.
C'est à dire qu'il faut que tu trouves un moyen dans ton mode de vie de t'en sortir avec uniquement l'AAH (donc 900€) et idéalement avec le montant que tu aurais pour RSA + APL (750€ au mieux).
Pour tes frais médicaux, n'oublies pas la CMU si tu y as droit.

C'est pas impossible.
Mais il faut calibrer un lieu de vie peu cher, des frais de bouche sous controle, etc.
Prend le temps d'élaborer cette stratégie de long terme puisque tu sais que tu ne pourras pas, jamais, travailler.

2. Les relation avec ta mère.
Patience et pédagogie. Lui faire exprimer ses conceptions, lui faire remarquer les élements de réalité tangibles qui ne collent pas avec ses conception, la laisser dépasser le conflit cognitif que ça comporte.
Trouver des alliers dans la famille pour appuyer tes propos.
Aucune garantie de réussite ni temporalité prévisible.
D'autant plus qu'avec un TSA, se mettre à la diplomatie ou à convaincre quelqu'un c'est particulièrement difficile donc ça limite tes chances d'y arriver facilement.
Peut être une grosse dépense d'énergie et une source de rumination.
Mad Angel
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Re: Ma mère n'accepte pas mon handicap

Message par Mad Angel »

Coucou, merci de la réponse.

Donc, sur le point 1 (survie).
Actuellement je suis en coloc avec mon partenaire (et une 3e personne) avec un loyer relativement bas (la proprio étant la mère de mon partenaire). Mon partenaire est celui qui gère la coloc (donc en pratique, quand il y a besoin, il recherche et choisit les autres colocs).

Il m'a dit que pour deux ans minimum (et peut-être plus) on pourrait continuer ainsi (au-delà il aura peut-être besoin que je parte, pour des raisons perso à lui). Le moment venu, si il veut récupérer ma chambre, il attendra que j'aie un HLM ou autre logement (pérenne) avec un loyer que je puisse me payer, et ne me laissera pas sans rien. Au pire, il me demandera de m'installer sur le canapé en attendant.
Et il me préviendra suffisamment en avance pour que je puisse déposer un dossier HLM.

Pour ce qui est de l'héritage, mon père va sans doute mourir en premier (étant plus âgé de 10 ans que ma mère). Sauf problème de santé imprévu, ça devrait arriver dans 10 ans ou plus tard. Il a un appartement dans une ville petite-bourgeoise de banlieue, qui vaut entre 300000 et 400000€ + une quantité d'argent inconnue sur son compte (retraite modérée, peu dépensier). Avec les frais de succession, je ne sais pas exactement combien il resterait. Je ne sais pas non plus si ce serait viable de garder l'appart (en fonction des frais de succession mais aussi des charges évidemment).

Ma mère, elle, logiquement devrait mourir dans 20 ans environ (sauf imprévu encore une fois). Elle a un appart haussmannien dans Paris, et des économies, mais je ne saurais pas dire combien ça fait au total.

Bref, les héritages, sans être une solution miracle, seront sûrement très utiles quand ils arriveront, mais a priori c'est pas pour demain quoi (et j'espère ^^).

Pour les frais médicaux, l'essentiel est couvert par la CSS (aka la CMU, qui a changé de nom^^). Mais je pense surtout à l'ergothérapie et psychomotricité, j'économise tant bien que mal pour me le payer car c'est pas remboursé (sauf peut-être en hôpital, j'ai trouvé des infos vagues et contradictoires sur le sujet, et surtout je n'ai trouvé aucun ergo ou psychomot hospitalier sur Paris.
Donc tout en continuant à chercher des infos sur le sujet (je vais poser la question à une assistante sociale de la mairie et j'ai déjà demandé à mon médecin traitant), je m'attends à devoir le payer de ma poche ou y renoncer.
Après ces frais ne représentent pas une urgence, mais tout de même une nécessité (pour limiter la progression de ma maladie physique et être moins handicapé au quotidien chez moi).

Pour le choix du lieu de vie, j'ai clairement besoin que ce soit proche de Paris (avec métro de préférence, et RER au pire, à proximité), pour ma vie sociale mais aussi pour mes rdv médicaux (avec de multiples spécialistes qui sont eux-mêmes à Paris ou petite couronne).

Bref, sur le point "survie" je suis dans le flou sur les détails, mais j'ai aussi plusieurs filets de sécurité (tous précaires mais au moins multiples) : aide de ma mère, aide de mon père, mon partenaire, et l'AAH (éventuellement remplaçable par RSA+APL).

--

Sur le point 2 (relations avec ma mère)
Patience et pédagogie. Lui faire exprimer ses conceptions, lui faire remarquer les élements de réalité tangibles qui ne collent pas avec ses conception, la laisser dépasser le conflit cognitif que ça comporte.
C'est déjà ce que j'ai fait pendant plusieurs mois (là tout de suite j'ai un peu lâché l'affaire et j'essaie d'esquiver autant que possible les conversations sur ce sujet parce qu'à chaque fois ça part en sucette, et c'est d'ailleurs elle qui finit toujours par y revenir pour me pousser à travailler ...).

Pour les alliés dans la famille, le meilleur candidat est mon père.
Au début il était un peu partagé, et maintenant il a enfin réellement compris et accepté pleinement mon handicap... du moins quand on n'est que tous les deux. Dès que ma mère est là, son premier réflexe est au choix de ménager la chèvre et le chou, ou de prendre carrément son parti à elle (même si ça contredit les opinions qu'il exprime seul).
Ceci dit, je peux toujours essayer de le travailler au corps pour qu'il accepte de me soutenir devant elle.

La famille maternelle (oncles, tantes etc), on n'a plus de contact avec (ils habitent loin et on n'en est pas proches).
Norma
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Re: Ma mère n'accepte pas mon handicap

Message par Norma »

Hello.

Interressant ton cas.

Alors, de ce que je sais, si tu es suivi en hopital de jour, l'ergo et le psychomotricien font partie du "pack" et tu n'as pas de reste à charge.

C'est une piste qu'il te pourrait être interressante de creuser.

Ton plan herbergement avec ton partenaire me semble un poil complexe mais tu semble dire que c'est un arrangement stable pour au moins 2 ans donc : bien. Cela veut dire que tu peux te permettre certaines distances parentales en cas de besoin sans trop trop de craintes.

L'attente HLM ... je serais toi je compterais pas trop dessus. C'est possible d'en avoir un. C'est aussi possible qu'ils mettent 6 ans à te proposer un truc qui sera pas adapté physiquement à tes besoins et hyper loin de tes lieux de soin, que tu seras forcé de refuser et qui te sortira des listes.
Disons que c'est bonus si ça se passe bien, mais faut penser sans.

Je ne sais pas combien de frère et soeurs tu as, mais pour parler héritage :
Si le bien de ton père vaut 400K€, et que l'appartement de ta mère (haussmanien paris, dépend de la surface mais c'est pas délirant) vaut autant, on est sur un patrimoine de 800K€.
En tant qu'enfant héritier handicapé, tu as de très belles exaunérations sur l'héritage, donc les frais de succession ce sera peanuts.
Même si ta mère te déshéritait au max qu'elle puisse (50% de ta part), si tu es enfant unique il te resterait 600k€.

S'il te reste au moment de l'héritage 60 ans d'espérance de vie, tu t'achète un petit F2 à Bar le DUC, 80K€, il te reste 750€/mois pour vivre.
Même avec zéro aides, pas d'RSA, pas d'AAH :
Bref, tranquille Emile.

La seule question est l'interstice entre aujourd'hui et l'héritage, mais dans l'absolue ... tu es dans une situation de serenité puisque quoi qu'il arrive, à la fin, tu seras sauvé. Peut-être au prix de quelques compromis, mais en tout cas : le pire, c'est à dire la grande précarité, est évité.
Ca permet même de contracter des emprunts en cas de besoin urgent, puisque un jour où l'autre tu seras solvable.

Enjoy.

Relationnellement parlant, je te conseillerrais au contraire d'éviter les techniques d'harcelement, mais plutôt d'utiliser un mélange de fermeté et de distance.
A chaque fois que ton père prend le partie de ta mère, lui dire, aprés, en solo, que tu aimerais et trouverais juste qu'il t'apportes son soutien, et qu'en son âme et conscience, il sait que c'est la bonne chose à faire.
Qu'à chaque fois que ta mère te fait une remarque déplacé, tu lui dise qu'elle peut bien observer que c'est faux, qu'elle peut prendre rdv avec les professionnels de soin qui t'accompagnent pour mieux comprendre tes maladies si elle le souhaites, mais que toi, si elle s'acharne à nier la vérité, tu devras pour te préserver prendre des distances et la voir moins souvent, même si c'est à contre coeur.

Et laisses-lui l'espace de faire son petit bonhomme de chemin.
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