Evil, mad : Comment et pourquoi en êtes vous venu là ?

Pour parler de tout et de rien, pas de thème imposé.
spécimen
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Message par spécimen »

Brutaldeath a écrit :Je parle plutôt au niveau des relations avec les gens, des découvertes sur soi-même, etc.

Je veux dire, d'un point de vue intensité, certains que je connais ont eu des vies assez mouvementées avec pas mal de crasse, de malchance, d'erreurs, etc.

Bon, c'est mon point de vue, mais je trouve que c'est ça une vie "intéressante", parce que, par exemple, avoir un boulot que l'on garde toute sa vie, ou une relation avec la même personne toute sa vie, c'est passablement ennuyeux pour moi. Bref, des gens ayant eu une vie comme celle-là, tout sensibles et capables d'empathie qu'ils sont, ils auront toujours eu des périodes noires où ils auront eux-même fait des choses pas clean aux autres.
Ah ben là aussi je crois j'ai donné puisque j'en suis déjà à mon 3ème travail différent, refusant de rester plus de 5 ans au même poste. Pour ce qui est des crasses et de la malchance, je crois j'ai aussi beaucoup donné au niveau familial, santé, juridique et même administratif :shock:

D'un point de vue intensité, je crois que tout ce que je vis, de par ma sensibilité, c'est intense, que ce soit au travail ou aux loisirs.
Au niveau relationnel, de par ma "bougeotte" et de par mon taf', j'ai été, et je suis amené à avoir du relationnel avec beaucoup de personnes très différentes, venant d'horizons très différents. Après cela reste assez superficiel comme relationnel vu que je bouge souvent. Je ne garde un contact profond qu'avec un nombre très limité de personnes.

Bref, je crois je correspond à quelque uns de tes critère, et pourtant, je peux t'assurer que des crasses pas clean du tout, je n'en ai pas faites. Je suis désolé :roll:
M'enfin, je sais ce que ça fait de recevoir des crasses, et cela depuis tout petit. Je pense cela m'a même marqué au fer rouge, d'une trace indélébile qui modifie profondément ton regard sur les autres.

Pour en avoir souffert, le pire que j'ai jamais fait à quelqu'un c'est de mettre des moustiques dans un micro-onde et de laisser mes phares droits pour éblouir ceux qui refusent de les baisser en face.

Pour l'anecdote de Lulu, j'ai fait part à ma mère d'une situation que je ne pouvais plus supporter, et qui était à l'origine des nombreuses crasses que l'on me faisait depuis tout petit. Je pense je l'ai énormément déçue ce jour là, mais pour autant ce n'était pas une crasse, c'était l'expression d'un profond malaise qui me vaut encore aujourd'hui des difficultés relationnelles dans ma façon d'aborder les gens.
lestump
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Message par lestump »

tiens ce topic viens des directions bizarres !! en passant par les antilles, le kurdistan, et je ne sais plus quoi... est ce le moment de se demander pourquoi parler du mal qu'on est capable de provoquer sembe si difficile... on en est toujours à la justification, on justifie d'abord et ensuite on parle de notre côté sombre, comme si nous étions déja conditionné a celà....
spécimen
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Message par spécimen »

Ben justement, on est bien d'accord, il n'y a pas de justifications à faire des crasses.

"Ne fais pas à autrui ce que tu ne souhaites pas que l'on te fasse"
lestump
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Message par lestump »

oui, mon pére... :lol:
spécimen
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Message par spécimen »

C'est vrai je me faisais la remarque, ça fait assez catho cette expression :roll: je vais finir dans les ordres :lol: j'irai gonfler les rangs des curés pd ! :^^:
Kliban
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Message par Kliban »

[vaguement édité ce même jour)

C'est quoi "faire du mal" ? Et pourquoi est-ce qu'on s'en garde, ou pourquoi est-ce qu'on le valorise ?

Allez chercher du côté de la souffrance (ne pas la confondre avec la douleur, qui est juste une sensation). On le trouve là. Tout ce qui diminue votre capacité à vivre. Et ici : le moi est haïssable.

Mais

Il y a plusieurs intensités.

Le mal ordinaire, celui qui continue à faire de nous des crottes de nez à poils, il a sa source juste dans votre petit ego tout fripé, qui se prend régulièrement pour la lune. Petit ego suintant la suffisance et la merde, oui. Petit ego péteux pars en vacance. Petit ego fait une colère. Petit ego mange sa soupe avec une cuiller, qu'il est fier. Petit ego passe son bac. Petit ego baise une meuf, un keuf, un veuf, un œuf. Petit ego voyage autour du monde. Petit ego est trop fier de son dernier appendice en PHP. Petit ego ne veut pas mourir. Petit ego meurt. La gueule ouverte (toujours) et le cul serré sur des entrailles qui ne lui appartiendront bientôt plus. Des milliards d'humains. Le même petit ego. Et moi, et moi, et moi. Premier nid de toute souffrance.

Le second nid, on le trouve en allant chercher un peu plus avant. Les ptits egos ne sont pas égaux face à la souffrance reçue. Certains la bouffent, la digèrent, et continuent à vivre en souriant. On parle de résilience, c'est un mot à la mode. Et d'autres ne peuvent pas. Ils la stockent, s'en repaissent, la ruminent, la fixent. On parle de névrose. C'est un mot qui a été à la mode - un peu moins, aujourd'hui, va comprendre. Toute névrose est une source vive de souffrance, pour qui la vit et pour ceux qui la subissent. C'est comme cela. La souffrance, ça se propage - surtout dans nos sociétés, totalement infirmes, totalement aveugles, par rapport aux traitements possibles. Une société qui a valorisé la souffrance de son Dieu est une société prompte à dispenser la souffrance. Société de névrosés.

Le troisième nid, je ne souhaite à personne de le connecter de trop près. On l'expérimente très très très vaguement quand on arrache les ailes des mouches, ou qu'on se réjouit de la douleur qu'on procure. Mais en général, on n'y reste pas fixé. En général. Le troisième nid, c'est lorsque la souffrance infligée devient un plaisir - et parmi ces plaisirs, laisser entendre que c'est la victime qui est responsable. Le troisième nid, c'est la perversité. On a aussi dit "le diabolique" ou "le démoniaque". C'est pareil. Et ça existe. Vraiment. Ne souhaitez pas croiser la route d'un (authentique) pervers. Il en est de moins visibles que les serial killers.

Et puis il y a les dimensions collectives d'organisation de la souffrance. Elles trouvent ancrages individuels sur les dimensions précédentes. Elles peuvent parfois prendre des proportions monstrueuses. Les mécanismes mêmes du lien qui font de nous une espèce sociale propagent / restreignent la souffrance dans les troupes/troupeaux/groupes humains. Si on veut s'attaquer aux racines du mal, c'est là qu'il faut chercher. Quant à nous Occidentaux, civilisation du stress et d'un dieu crucifié, il ne m'étonne guère que nous soyons, bien plus profondément que nous ne pouvons l'admettre, des infirmes du bonheur humain.


Cela dit, tout cela n'a pas grand intérêt. Aucune fascination n'a d'intérêt, et la souffrance est toujours fascinante. Amusez-vous de ce hochet - c'est extérioriser vos peurs tout en les cultivant. (souffrance/peur : c'est la dyade du "mal", que nous lègue l'évolution)

Bien plus intéressante à mes yeux et mon cœur la recherche de ce point où la peur est définitivement vaincue.
Dernière modification par Kliban le dim. juil. 12, 2009 5:53 pm, modifié 5 fois.
nouuu

Message par nouuu »

OFF-Topic :
Kliban vient de foutre une droite monumentale à nos egos respectifs.
Du coup je me sens légère.
Merci Kliban !
Points.de.suspension
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Message par Points.de.suspension »

Tout ce que tu dis, Kliban, me ramène à un livre que je viens de terminer, et qui m'a dérangée, justement, par sa cruauté, sa violence, qui se rapproche très souvent du "troisième nid". Je serais bien incapable de développer, mais c'est le genre de bouquins qui vous confronte à vos peurs (ou aux miennes, du moins), qui donne à s'interroger sur la nature humaine et cette capacité qu'ont certain de faire du mal. C'est La Reine de la Nuit, de Marc Behm, qui raconte l'ascension d'une jeune femme pendant la période nazie. Pour commencer, elle est lesbienne. Mais elle est aussi extrêmement nymphomane, et dans ce livre, tous les personnages - ou presque - sont des obsédés sexuels. Les hommes y sont dépeints comme des "cochons d'enculés" et les femmes des lesbiennes nymphomanes en puissance (comme l'héroïne, donc).

Mais le plus étrange, c'est que les sentiments à l'égard de l'héroïne justement sont très partagés : on la déteste, on l'apprivoise, on ne peut pas la cerner. Elle assiste à des scènes de torture avec l'envie de vomir mais achève le condamné. Elle tombe profondément amoureuse mais condamne son amante. Un personnage très paradoxal, donc. Comme nous tous, finalement, sauf qu'heureusement, on ne tombe pas tous dans cette espèce de folie, de pathologie... Enfin de toute façon, ils sont tous dégénérés, là-dedans.
Drlrleu
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Message par Drlrleu »

nouuu a écrit :
OFF-Topic :
Kliban vient de foutre une droite monumentale à nos egos respectifs.
Du coup je me sens légère.
Merci Kliban !
Moi il m'a surtout offert une bonne tranche de rire.
Quel boute-en-train, quand même, quand il s'en donne la peine !
Drlrleu
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Message par Drlrleu »

Zal-e-Dastan a écrit :
Drlrleu a écrit : Lequel ? Ne rien faire parce que tu as la trouille ? Quel plan diabolique !
Ne rien faire parce que c'est vain et c'est se fatiguer pour si peu.
Quand je pense que je t'ai pris pour un lâche ! Tu es là, prêt à bondir pour casser ton agresseur en deux et...
...tu prends sur toi pour ne rien faire parce que c'est vain et c'est se fatiguer pour si peu. Tu es héroïque.
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