Mais pourquoi suis-je si muet ?
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fredouille
- Messages : 8234
- Inscription : mer. juin 29, 2005 8:31 pm
arf, ca veut dire que les petites phrases et les petites lettres fonctionnent aussi.
Ceci etant gaffe de pas te laisser bouffer aussi... Dans ces cas là, il faut trouver une juste limite entre ce qui n'appartient qu'à toi et ce que tu leur doit comme tu le dois a tout ton entourage... Et la limite on la cherche souvent tout au long de notre vie
Ceci etant gaffe de pas te laisser bouffer aussi... Dans ces cas là, il faut trouver une juste limite entre ce qui n'appartient qu'à toi et ce que tu leur doit comme tu le dois a tout ton entourage... Et la limite on la cherche souvent tout au long de notre vie
Ca donne ça...
Puisque je n’arrive pas à parler, je vais écrire, ce sera peut-être plus facile pour moi.
Premièrement, je ne vous ai jamais considérés comme des cons, et je ne le ferai jamais. Ca ne m’est jamais venu à l’idée. Je n’ai jamais eu honte de vous. Si je n’amène personne à la maison, c’est parce que tous ceux qui pourraient venir habitent à Caen, Cherbourg ou Alençon et qu’ils n’ont pas envie de venir, et sûrement pas parce que je ne veux pas qu’ils vous rencontrent.
Je ne me suis jamais senti supérieur à qui que ce soit, et encore moins à vous et à Hugues. Je sais très bien que je n’ai encore rien fait de ma vie, que je suis ignorant et que je n’ai encore rien vu. Je sais très bien que la prépa ne fait pas de moi quelqu’un de supérieur. Je n’ai pas la grosse tête. Je n’ai jamais pensé que nous n’étions plus du même monde. Si je ne vous parle pas de ce que j’apprends, c’est parce que j’en suis imprégné à longueur de semaine et que la plupart du temps ça n’a pas d’intérêt (en tout cas les maths et la physique).
Si je ne parle pas de ma vie à Caen, c’est parce qu’elle est quasiment inexistante. Je sors une fois toutes les trois semaines à peu près, le reste du temps je reste à l’internat, je mange à l’internat, je dors à l’internat, je travaille à l’internat.
Vous n’avez rien à vous reprocher, je pense que le problème vient de moi, et je ne sais pas ce qui l’a causé. Je ne sais pas exprimer mes sentiments et ma reconnaissance, mais ils sont là. Je suis conscient de tous les sacrifices que vous faites pour moi, et je vous en remercie.
Je ne sais pas ce qui me bloque, je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça.
En tout cas je n’aurais pas voulu d’autres parents que vous. Croyez-le ou pas, mais je vous aime. Et je vais essayer de changer.
Puisque je n’arrive pas à parler, je vais écrire, ce sera peut-être plus facile pour moi.
Premièrement, je ne vous ai jamais considérés comme des cons, et je ne le ferai jamais. Ca ne m’est jamais venu à l’idée. Je n’ai jamais eu honte de vous. Si je n’amène personne à la maison, c’est parce que tous ceux qui pourraient venir habitent à Caen, Cherbourg ou Alençon et qu’ils n’ont pas envie de venir, et sûrement pas parce que je ne veux pas qu’ils vous rencontrent.
Je ne me suis jamais senti supérieur à qui que ce soit, et encore moins à vous et à Hugues. Je sais très bien que je n’ai encore rien fait de ma vie, que je suis ignorant et que je n’ai encore rien vu. Je sais très bien que la prépa ne fait pas de moi quelqu’un de supérieur. Je n’ai pas la grosse tête. Je n’ai jamais pensé que nous n’étions plus du même monde. Si je ne vous parle pas de ce que j’apprends, c’est parce que j’en suis imprégné à longueur de semaine et que la plupart du temps ça n’a pas d’intérêt (en tout cas les maths et la physique).
Si je ne parle pas de ma vie à Caen, c’est parce qu’elle est quasiment inexistante. Je sors une fois toutes les trois semaines à peu près, le reste du temps je reste à l’internat, je mange à l’internat, je dors à l’internat, je travaille à l’internat.
Vous n’avez rien à vous reprocher, je pense que le problème vient de moi, et je ne sais pas ce qui l’a causé. Je ne sais pas exprimer mes sentiments et ma reconnaissance, mais ils sont là. Je suis conscient de tous les sacrifices que vous faites pour moi, et je vous en remercie.
Je ne sais pas ce qui me bloque, je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça.
En tout cas je n’aurais pas voulu d’autres parents que vous. Croyez-le ou pas, mais je vous aime. Et je vais essayer de changer.
C'est une belle lettre.
Mais ce que je ne comprends pas c'est qu'ils semblent te reprocher de ne pas raconter ta vie, c'est ça?
Pourtant même au sein d'une famille chacun devrait être libre de partager ou non son quotidien, de garder son petit jardin secret, respecter la vie privée même dans une famille, je trouve cela essentiel.
Ca me rappelle un truc que j'avais vu ou les parents d'un ado rentraient sans prévenir dans la salle de bain quand il y était, en se disant:
"Bahhh c'est mon enfant, il n'a pas de secret pour moi, je l'ai mis au monde..."
Bref, tu as le droit d'avoir une vie privée et de vouloir préserver ton intimité.
Sinon j'ai l'impression qu'ils prennent en plus cela un peu comme une attitude hautaine de ta part, du genre:
"Maintenant qu'il a fait des études, il nous juge pas assez bien pour partager avec nous son quotidien."
j'ai connu un peu ça, et c'est pas toujours évident. :/
Enfin bon ta lettre semble relativement complète et j'espère qu'ils réaliseront la chance qu'ils ont d'avoir un enfant comme toi si ce n'est pas déjà le cas.
Mais ce que je ne comprends pas c'est qu'ils semblent te reprocher de ne pas raconter ta vie, c'est ça?
Pourtant même au sein d'une famille chacun devrait être libre de partager ou non son quotidien, de garder son petit jardin secret, respecter la vie privée même dans une famille, je trouve cela essentiel.
Ca me rappelle un truc que j'avais vu ou les parents d'un ado rentraient sans prévenir dans la salle de bain quand il y était, en se disant:
"Bahhh c'est mon enfant, il n'a pas de secret pour moi, je l'ai mis au monde..."
Bref, tu as le droit d'avoir une vie privée et de vouloir préserver ton intimité.
Sinon j'ai l'impression qu'ils prennent en plus cela un peu comme une attitude hautaine de ta part, du genre:
"Maintenant qu'il a fait des études, il nous juge pas assez bien pour partager avec nous son quotidien."
j'ai connu un peu ça, et c'est pas toujours évident. :/
Enfin bon ta lettre semble relativement complète et j'espère qu'ils réaliseront la chance qu'ils ont d'avoir un enfant comme toi si ce n'est pas déjà le cas.
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fredouille
- Messages : 8234
- Inscription : mer. juin 29, 2005 8:31 pm
Bonsoir Guillaume,
Déjà, même si ça ne t’avance pas à grand-chose, bon courage !
Ensuite, à ce niveau de non communication, il me semble que c’est un peu exagéré de porter la totalité de la responsabilité de la situation sur
Tes épaules, tes parents doivent aussi se poser des questions. Je trouve que te dire ça comme ça de but en blanc pendant le repas, c’est quand même aller trop loin….
Je ne suis pas en train de dire que tu n’as rien à te reprocher et que tu peux tout leur renvoyer à la gueule mais fais gaffe de ne pas prendre toute la culpabilité sur toi.
Enfin, concernant, la lettre tu fais état d’un certain nombre de reproche. Là, je me pose une question : sont-ce des reproches qu’ils t’ont clairement faits ? Ou bien est-ce toi qui interprête / imagine ?
T’ont-ils déjà explicitement reprochés d’avoir honte d’eux ? T’ont-ils déjà dit que tu avais la grosse tête ?
Es-tu sûr que c’est là que se situe le problème ?
Si tel est le cas, je comprends mieux pourquoi ils réagissent ainsi. Je suppose en effet que pour un parent, sentir que son enfant ne l’aime pas / a honte de lui doit être la pire des blessures.
Néanmoins, une fois que tu leur auras dit ou fais lire ce que tu as mis dans ta lettre, je ne vois pas ce que tu pourrais faire de plus.
Tu vas pas non plus leur raconter tout ce que tu partages avec tes amis juste pour les rassurer. Tu as aussi le droit de te conserver un espace privé en dehors de la famille.
Il suffit juste qu’ils comprennent que cela n’a rien à voir avec eux mais que c’est simplement ton caractère.
Et sinon, en as-tu parlé avec ton frère ?
Qu’en pense-t-il ?
Ca peut être bien d’avoir son avis étant donné qu’il voit tes parents quand tu n’es pas là.
Voilà, je ne sais trop quoi te conseiller de plus sinon de tenir le coup.
Je ne sais pas si tu leur auras donné cette lettre quand tu liras mon message. Si oui, j’espère que ça s’est bien passé.
A bientôt
Déjà, même si ça ne t’avance pas à grand-chose, bon courage !
Ensuite, à ce niveau de non communication, il me semble que c’est un peu exagéré de porter la totalité de la responsabilité de la situation sur
Tes épaules, tes parents doivent aussi se poser des questions. Je trouve que te dire ça comme ça de but en blanc pendant le repas, c’est quand même aller trop loin….
Je ne suis pas en train de dire que tu n’as rien à te reprocher et que tu peux tout leur renvoyer à la gueule mais fais gaffe de ne pas prendre toute la culpabilité sur toi.
Enfin, concernant, la lettre tu fais état d’un certain nombre de reproche. Là, je me pose une question : sont-ce des reproches qu’ils t’ont clairement faits ? Ou bien est-ce toi qui interprête / imagine ?
T’ont-ils déjà explicitement reprochés d’avoir honte d’eux ? T’ont-ils déjà dit que tu avais la grosse tête ?
Es-tu sûr que c’est là que se situe le problème ?
Si tel est le cas, je comprends mieux pourquoi ils réagissent ainsi. Je suppose en effet que pour un parent, sentir que son enfant ne l’aime pas / a honte de lui doit être la pire des blessures.
Néanmoins, une fois que tu leur auras dit ou fais lire ce que tu as mis dans ta lettre, je ne vois pas ce que tu pourrais faire de plus.
Tu vas pas non plus leur raconter tout ce que tu partages avec tes amis juste pour les rassurer. Tu as aussi le droit de te conserver un espace privé en dehors de la famille.
Il suffit juste qu’ils comprennent que cela n’a rien à voir avec eux mais que c’est simplement ton caractère.
Et sinon, en as-tu parlé avec ton frère ?
Qu’en pense-t-il ?
Ca peut être bien d’avoir son avis étant donné qu’il voit tes parents quand tu n’es pas là.
Voilà, je ne sais trop quoi te conseiller de plus sinon de tenir le coup.
Je ne sais pas si tu leur auras donné cette lettre quand tu liras mon message. Si oui, j’espère que ça s’est bien passé.
A bientôt
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samikenzzz
- Messages : 295
- Inscription : jeu. juin 30, 2005 9:25 pm
Toi de l'ingratitude !!!
c'est une blague ?
Peu expressif au niveau des sentiments admettons, tu gardes ce que tu ressens pour toi mais c'est ton choix et à ce niveau là tu n'as rien à te reprocher.
Ce qui est sûr c'est que toi et tes parents devez rétablir une communication plus continue, ça semble être le coeur du problème. Ta lettre est claire, si c'est ce que tu ressens (et c'est le principal) alors lis leur cette lettre, et si tu penses ne pas pouvoir le faire alors donne la leur. Ce post n'a sûrement aucune utilité puisque tu dois déjà avoir agis et tu n'es plus chez toi, cela dit le fait est que tu as décidé de faire quelquechose et c'est déjà pas mal. T'auras fait le premier pas quand tu liras ce message , après ce sera à eux de continuer.
Ce qui est sûr c'est que si la situation s'est dégradée à ce point tu ne peux pas en être seul responsable, admettons que tu n'es rien fait pour empêcher ça ils ne semblent pas avoir beaucoup réagit non plus.
Je te souhaite qu'une seule chose, c'est que ça s'arrange parce que tes parents ont l'air d'être des gens bien et te connaissant faut pas que tu te tortures autant. Ils t'aiment et tu les aimes, il manque seulement les mots pour le dire, entre vous.
c'est une blague ?
Peu expressif au niveau des sentiments admettons, tu gardes ce que tu ressens pour toi mais c'est ton choix et à ce niveau là tu n'as rien à te reprocher.
Ce qui est sûr c'est que toi et tes parents devez rétablir une communication plus continue, ça semble être le coeur du problème. Ta lettre est claire, si c'est ce que tu ressens (et c'est le principal) alors lis leur cette lettre, et si tu penses ne pas pouvoir le faire alors donne la leur. Ce post n'a sûrement aucune utilité puisque tu dois déjà avoir agis et tu n'es plus chez toi, cela dit le fait est que tu as décidé de faire quelquechose et c'est déjà pas mal. T'auras fait le premier pas quand tu liras ce message , après ce sera à eux de continuer.
Ce qui est sûr c'est que si la situation s'est dégradée à ce point tu ne peux pas en être seul responsable, admettons que tu n'es rien fait pour empêcher ça ils ne semblent pas avoir beaucoup réagit non plus.
Je te souhaite qu'une seule chose, c'est que ça s'arrange parce que tes parents ont l'air d'être des gens bien et te connaissant faut pas que tu te tortures autant. Ils t'aiment et tu les aimes, il manque seulement les mots pour le dire, entre vous.
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Xochipilli
- Messages : 536
- Inscription : sam. déc. 31, 2005 3:59 am
Courage, j'ai eu droit exactement au même commentaire, sauf qu'en général ma mère le disait haut et fort elle-aussi, au moins aussi fort que mon père (enfin, mon père criait, mais ma mère a une manière de parler qui fait mal beaucoup plus profondément).Guillaume86 a écrit :A table mon père m'a dit que si je n'avais plus l'intention de rentrer à la maison, ce n'était pas plus mal. Ma mère le pense aussi.
Courage, je maintiens mon conseil: ne garde pas tout en toi, ne culpabilises pas, c'est juste un mauvais moment à passer qui est le résultat du cumul des mandats: stress de la prépa, solitude de la prépa (la prépa est un épreuve solitaire même si on peut y avoir de bons amis), éloignement de la famille (souvent pour la première fois... et famille qui ne comprends pas ce que l'on traverse parce qu'on n'a pas envie de parler de la prépa pendant les rares moments de liberté...) et règle d'or de l'internat: ce qui se fait à l'internat ne sort pas de l'internat (comment mes parents auraient pû comprendre que l'on se saôule tous ensemble jusqu'aux vomissements, par exemple? comment pourraient-ils accepter que leur fils passe des nuits entre internes jusqu'à 4h du mat' à chanter sur les quais avec guitare et bouteille de whisky ou de vodka à la main? Tout ça pour s'évader un peu, déstresser...). Bref, période d'incompréhension complète. Courage, oublie tout ça, mets de côté les "épisodes week-end", travaille pour oublier, fais ce que tu veux mais ARRETE D'Y PENSER ET DE TE MORFONDRE! Rien ne redra tes parents plus fiers de toi que si tu s bien placé aux concours ou que tu réussis une Ecole du premier coup! Les miens étaient encore + contents que moi
Courage!
ah oui c'est tout à fait Guillaume ça, tout pareil!Max_ter a écrit : (comment mes parents auraient pû comprendre que l'on se saôule tous ensemble jusqu'aux vomissements, par exemple? comment pourraient-ils accepter que leur fils passe des nuits entre internes jusqu'à 4h du mat' à chanter sur les quais avec guitare et bouteille de whisky ou de vodka à la main? Tout ça pour s'évader un peu, déstresser...).
hum
bon, plus sérieusement j'ai pas de conseil à ajouter à ceux qui ont déja été donnés. moi non plus je cause pas avec mes parents, mais moi c'est parce que je passe mon temps planté devant mon ordinateur, les moments de discussions y'en a jamais (ce qui explique aussi pourquoi je vois pas comment leur faire de CO, m'enfin ca c'est pas très grave)
Guillaume, on est tous avec toi! Force et courage! j'ai pas volé la réplique à quelqu'un la? ...
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Xochipilli
- Messages : 536
- Inscription : sam. déc. 31, 2005 3:59 am
J'ai pas dit que c'était Guillaume
C'était juste des exemples pour dire que la prépa en général et que la prépa en internat en particulier, c'est un autre monde. D'ailleurs, je n'avais jamais fait ce genre de choses avant et je ne l'ai jamais refait depuis. C'était la seule manière que j'avais trouvée pour oublier le quotidien et m'évader de toute la réalité dont parle Guillaume et dans laquelle je me reconnais et qui m'a conduit droit vers la dépression et au bord du suicide (enfin, les relations avec les parents n'étaient qu'en partie responsables et n'ont fait que s'ajouter à mes problèmes d'acceptation de ma sexualité). C'est pour ça que j'ai dit dans mon premier post que c'était dangereux de tout garder pour soi.
C'était juste des exemples pour dire que la prépa en général et que la prépa en internat en particulier, c'est un autre monde. D'ailleurs, je n'avais jamais fait ce genre de choses avant et je ne l'ai jamais refait depuis. C'était la seule manière que j'avais trouvée pour oublier le quotidien et m'évader de toute la réalité dont parle Guillaume et dans laquelle je me reconnais et qui m'a conduit droit vers la dépression et au bord du suicide (enfin, les relations avec les parents n'étaient qu'en partie responsables et n'ont fait que s'ajouter à mes problèmes d'acceptation de ma sexualité). C'est pour ça que j'ai dit dans mon premier post que c'était dangereux de tout garder pour soi.