Juste une réflexion sur la nature de l'Homme

Pour parler de tout et de rien, pas de thème imposé.
spécimen
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Message par spécimen »

Phoenix85 a écrit :Dois-tu la vérité un quelqu'un qui te ment ? Dois-tu être honnête avec quelqu'un qui te manipule ? Ce qui m'amène à objecter : ce devoir n'est valable qu'envers ceux qui le respectent, eux aussi. Le mal reste encore une notion relative, qui ne trouve sens que dans la situation.
Cela fait partie de mes principes Phoenix, en effet. Peu m'importe si la personne respecte ou non ce devoir, je n'ai pas à mentir. Tout dépend dans quel état d'esprit l'on se place. Personnellement, je ne conçois pas la vie comme donnant donnant ou gagnant gagnant. J'ai une conduite à tenir, je pars du principe qu'il est plus simple de vivre sans mal agir. Je m'y applique donc. Pour moi l'adage, ne fait pas aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on fasse à toi-même, prend ici toute son ampleur.

J'irai même plus loin Phoenix en écrivant que ceux qui ne sont pas capables de différencier un acte bien d'un acte mal, pire, ceux qui justifient/légitiment un acte mauvais en prétextant que dans un futur plus ou moins proche, plus ou moins hypothétique, du bien en ressortira, sont justement ceux qui sont les plus prompts à mal agir, pour servir un besoin, une jouissance, un intérêt (le leur sans doute directement ou indirectement par retour d'ascenseur par exemple)
Phoenix85 a écrit :des comportements moraux jugés a priori comme bons (la gentillesse, l'honnêteté, ...) peuvent avoir des répercussions négatives. Être trop honnête, c'est risquer de froisser et de blesser l'autre. Être trop gentil, c'est risquer de conforter l'autre dans la paresse.
Procès d'intention ? Procès d'opinion ? Quel est l'intérêt de virer mythomane ? La vérité n'est-elle justement pas là pour aider l'autre à se remettre en question ? N'est ce pas aussi rendre service à l'autre que lui faire prendre conscience de sa réalité ? De la même façon pour la gentillesse versus la paresse. Laisser agir l'autre de manière à ce qu'il prenne conscience de ses actes et des conséquences qu'ils peuvent avoir ? N'est ce pas plutôt juste de laisser libre d'agir l'autre en fonction de sa volonté ? Intellectuellement parlant Phoenix, n'est-il pas plus constructif de raisonner l'autre à agir en autonome, plutôt que de le contraindre à le faire par la force ? La pédagogie, c'est sans doute là la nuance ! Je parierais même que la personne, agissant d'elle-même, sera bien plus efficace que si elle le faisait sous le coup de la coercition !
Phoenix85 a écrit :Alors, je vois une contradiction : si on peut distinguer le Bien et le Mal comme deux entités imperméables, comment expliques-tu que des comportements puissent être bons et mauvais à la fois ?
Je ne pense pas non plus que ces deux entités sont imperméables. Se recouvrent elles totalement, je ne pense pas non plus. Dans tous les cas, cela ne remet pas en question ma question du départ.
Fade Out a écrit :(1) ces exemples sont tirés du Principe de Lucifer d'Howard Bloom, (qui titre lui même ses exemples de différentes publications scientifiques). Ce livre répond d'ailleurs assez bien à l'interrogation posée par Spécimen, mais sans aborder du tout la philosophie et la morale, ce que je trouve très fort.
Et encore un conseil de lecture ! Merci Fade Out :^^:

Pour l'exemple des abeilles, des dauphins, des singes, les blessures de combats chez les gorilles, je ne vois pas d'actes mauvais Fade Out. Il s'agit pour moi (ce n'est pas de la mauvaise foi de ma part, ni une tentative d'éluder), du jeu de la sélection naturelle et de la Loi du plus fort dans le cadre de l'Evolution par rapport aux conditions environnementales.
Seulement, l'Homme, par son intelligence et les technologies qu'il maitrise s'est considérablement affranchi du principe de l'Evolution dans la mesure où il sait traiter les maladies/handicap mortels, sauver des vie invivables. Aujourd'hui, l'Homme n'a pas besoin d'être soumis à la Loi du plus fort pour sélectionner uniquement les individus les plus résistants qui survivront aux conditions environnementales sélectives.
En revanche, je ne parviens pas à comprendre les fourmis esclavagistes et la femelle dominante qui tue un petit d'une femelle gorille soumise. Peut être un rôle de dominant dominé dans les 2 cas pour ne privilégier que les lignées les plus fortes ? Mais non je n'ai pas d'explications. Dans tous les cas, je pense que de tels cas relèvent plutôt de l'instinct et non de la volonté réelle et objective de faire mal, de faire du mal.

Par contre, je ne lis pas d'exemple de trahison, de manipulation, la sournoiserie, la bassesse.
Luka & Fade Out a écrit :Là où je rejoins Luka, c'est que l'homme est l'animal qui a la meilleure capacité de prévoir le comportement des autres (prévoir ce qu'il va faire, prévoir ce que va faire l'autre en fonction de ce qu'il fait ou sait, etc...). Ses stratégies sont donc plus élaborées, mais pas fondamentalement différentes de celle des autres animaux.
Entièrement d'accord ! :D
Phoenix85 a écrit :Je trouve un peu mesquin de ta part de réduire un débat philosophique
A la base, je ne souhaitais pas partir sur de la philosophie... Je souhaitais juste synthétiser une question et un développement en une seule phrase :roll:
Fade Out a écrit :Dans la question initiale de Spécimen, il n'y avait pas que la question de philosophie "qu'est-ce que le mal".
Il y avait aussi l'idée (erronée à mon avis) que seul l'homme était mauvais, tandis que les animaux étaient bons (ou en tout cas nettement moins mauvais)
Certainement j'ai mal formulé mon interrogation. Je n'ai pas voulu écrire que les animaux étaient bons par opposition à l'Homme qui était mauvais. Ce que je souhaitais vous soumettre, c'est que je ne retrouve pas chez les animaux des exemples d'actes clairement et objectivement mauvais commis par l'Homme. Génocide, apartheid, déplacement massif de populations, on a rien de tout ça dans le monde animal. + tous les autres actes initialement cités dans ce thread. Je me suis servi alors de l'intelligence, exclusivement réservée à l'Homme, comme origine/cause de la réalisation d'actes mauvais car justement l'intelligence, comme l'a pertinemment signifié Luka, permet de mettre en perspective la stratégie, permet de dessiner une succession d'évènements qui conduira à un but, à un objectif précis au service de son auteur.
Et sans doute c'est Luka qui se rapproche le plus de ce que je souhaite souligner. Je me suis contenté de citer l'intelligence comme l'étincelle initiale de l'acte mauvais, et Luka a apporté le comment. L'acte s'inscrivant dans une suite logique pour atteindre un but.
Fade Out a écrit :Je voulais juste insister sur le fait qu'au point de vue des actes, en particulier ceux qu'on juge mauvais chez les hommes, on ne peut pas distinguer clairement le comportement des hommes de celui des animaux.
J'avoue, j'aimerais que tu développes cette partie là Fade Out.
Fade Out a écrit :J'en arrive à une conclusion proche de la tienne, je pense, que les notions de bien et de mal sont des jugements propres à l'homme et variables dans le temps, tandis que les actes jugés comme bons ou mauvais sont communs à tous les animaux. Bref que la notion de bien est de mal est une construction, des idées, pas quelque chose d'absolu.
Raaaah j'ai du mal avec cette phrase :( encore plus avec ce terme "absolu" employé dans la négative :( C'est sans doute là le cœur de mon interrogation en fait :? J'ai du mal car quand je vois que pour un même acte, il déclenchera le même type de réaction, le même type d'émotion quelque soit l'origine, l'ethnie, la culture, le passif du témoin. Prenons l'exemple d'un meurtre, d'un vol, d'une trahison. Alors bien sûr il y a des circonstances "atténuantes" qui aideront à tolérer cet acte mauvais. Mais moi je parle d'un acte purement mauvais. Une vieille dame vulnérable qui se fait voler, et non un connard arriviste de première. Je parle d'une trahison d'un frère gentil et respectable, et non d'un enfoiré de première etc etc....
Fade Out a écrit :La morale serait une idée en construction, en évolution permanente, qui se construirait par une sorte de consensus par adhésion à la représentation qu'on se fait de la morale de ceux qui nous entourent. Ce consensus se formerait très rapidement, et serait donc connu et partagé par (presque) tous à un endroit et à un moment donné.
Oui ! Et cela n'invalide pas pour autant ma question initiale ! à laquelle je n'ai toujours pas de réponse :^^:

Désolé d'avoir été si long, mais ce sujet me tient à cœur, car l'allumage du troisième étage de mon développement n'a pas encore eu lieu :roll:

PS : et cela doit être bourré de fautes, j'en suis désolé, c'est un manque de respect... Mais là je fatigue, je corrigerai alors plus tard :?

Edit : pour corriger les nombreuses fautes laissées hier soir :?
Dernière modification par spécimen le ven. déc. 19, 2008 8:18 pm, modifié 1 fois.
oxygene
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Message par oxygene »

Un peu dans le ton du debut de ce fil...

J'ai pu lire "J'ai ete decu par l'Homme"...

Il existe une maxime a ce propos... "Ceux qui ne sont pas misanthropes a 30 ans, n'ont jamais vraiment aime l'etre humain" :D

Bon, un aspro, et au pieu...
spécimen
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Message par spécimen »

:ah:
Fade Out
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Message par Fade Out »

phoenix85 a écrit :Très certainement mais on peut aussi objecter que ce concept n'explique pas tout. Si l'on considère le "droit" pénal comme l'expression la plus frustre de la morale (étant donné que les interdits moraux sociaux sont nettement plus complexes), on remarque assez vite qu'il y a des interdits qui restent dans le temps, quelque soit la société, l'époque ou les personnes. Par exemple, le plus ancien "code" qui nous soit parvenu (c'est plutôt un ensemble de jurisprudence mais je permets une petite assimilation, je m'en excuse), le code Hammurabi (environ 1750 Av J.C) condamnait déjà le vol.

Néanmoins, c'est à relativiser. On peut mesurer la pression de cet interdit moral à la sanction imposée en cas de trangression. Et c'est fortement relatif, toujours selon les situations. Pour reprendre l'exemple du vol, les personnages comme Robin des Bois ont toujours attiré une certaine sympathie. Le jugement moral reste donc assez relatif.

De plus, l'universalité des condamnations morales reste toujours relative. Même l'inceste, pourtant considéré comme un tabou inviolable, n'a pas forcément un caractère universel (comme Bronislaw Malinowsky et ses travaux sur les "Argonautes du Pacifique" le suggèrent).

Je ne sais si je suis clair ! En fait, je suis d'accord avec Fade Out et j'ai essayé de montrer que même les interdits moraux que l'on peut croire universels (vol, inceste, meurtre, ...) restent en fait relatif à l'époque, la culture, la situation, ...
Si si c'est clair ! Et très intéressant !
La législation subit une évolution proche de celle de la morale, mais à un autre rythme, plus lent, et s'inspire des textes antérieurs, on peut même parler de mutation :lol:
Concernant les invariants entre les différentes morales (ou législation), c'est peut être que les interdits qu'ils définissent confèrent aux personnes ou aux sociétés qui les adoptent un avantage concurrentiel par rapport aux autres qui n'ont pas ces interdits.
Prenons deux groupes sociaux isolés de puissance équivalente, "A" qui tolère le meurtre au sein de son groupe, et "B" qui ne le tolère pas, réussit à l'interdire (ou du moins à le limiter). Au bout d'un certain nombre de générations, "B" deviendra largement majoritaire. Cet exemple est forcément réducteur mais montre comment les idées utiles à la conservation d'un groupe se propagent naturellement par un mécanisme proche de l'évolution.
(notez d'ailleurs comme la meurtre au sein du groupe est toujours condamné, tandis que le meurtre d'individus en dehors du groupe n'est pas aussi clairement condamné, voire est favorisé : tuer un ennemi lors de la guerre n'est pas considéré comme une faute morale, c'est un principe commun à presque tous les peuples)

Je n'ai pas le temps de te répondre, spécimen, mais... je suis en désaccord avec presque tout :lol:
(et sinon je n'était pas faché pour le "Fade" c'était juste une remarque comme ça ;-) )
Fade Out
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Message par Fade Out »

OFF-Topic :
[quote="captain"]captain est allongé par terre, dans le coma, après s'être pris une Zeitgeist dans la tête[/quote]
Avec un peu de Viandox et du Sriracha ça passe mieux, c'est très efficace contre la gueule de bois :lol:
spécimen
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Message par spécimen »

Fade Out a écrit :Je n'ai pas le temps de te répondre, spécimen, mais... je suis en désaccord avec presque tout :lol:
Heureusement que tu n'es pas d'accord :^^: Sinon il n'y aurait pas de discussion :D Le consensus sur un forum, c'est chiant.
Kefka
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Message par Kefka »

Ouah ! J'en ai des réponses à apporter !

Tout d'abord ...
Spécimen a écrit :A la base, je ne souhaitais pas partir sur de la philosophie... Je souhaitais juste synthétiser une question et un développement en une seule phrase
En fait, je ne parlais pas ce débat mais de celui sur l'âme. J'ai pas été clair, désolé !

Et ensuite ...
Cela fait partie de mes principes Phoenix en effet. Peu m'importe si la personne respecte ou non ce devoir, je n'ai pas à mentir. Tout dépend dans quel état d'esprit l'on se place. Personnellement je ne conçois pas la vie comme donnant donnant ou gagnant gagnant. J'ai une conduite à tenir, je pars du principe qu'il est plus simple de vivre sans mal agir. Je m'y applique donc. Pour moi l'adage, ne fis pas aux autres ce que tu n'aimerais pas que l'on fasse à toi-même prend ici toute son ampleur.

J'irais même plus loin Phoenix en écrivant que ceux qui ne sont pas capables de différencier un acte bien d'un acte mal, pire, ceux qui justifient/légitiment un acte mauvais en prétextant que dans un futur plus ou moins proche, plus ou moins hypothétique, du bien en ressortira, sont justement ceux qui sont les plus prompts à mal agir, pour servir un besoin, une jouissance, un intérêt (le leur sans doute directement ou indirectement par retour d'ascenseur par exemple)
Un toute petite remarque ...
Ce développement m'a fait sourire parce que s'il est juste, je suis assuré de virer mauvais ! J'ai du soucis à ma faire ! :lol:
Enfin, soyons plus sérieux. Je ne justifie pas l'action mauvaise. Je tente juste de montrer que respecter la morale n'apporte pas toujours les meilleurs résultats. Je n'ai écrit qu'il fallait systématiquement sortir de ces limites. La morale est un jugement sociétal. Tu ne peux pas y échapper : certains approuveront, d'autres non. Mais si tout la majorité désapprouve tes actes, tu te retrouves seul et sans plus aucun moyen d'agir. Il ne faut pa confondre justification de l'action "mauvaise" et banalisation de celle-ci.
Je défends une certaine pratique de "l'immoralité" parce que parfois, c'est un gage de meilleurs résultats. Mais je n'ai jamais écrit : "soyez le systématiquement". L'exception ne se justifie que parce que c'est une exception. Si tu banalises, c'est sûr que là, il y a du mouron à se faire.
Procès d'intention ? Procès d'opinion ? Quel est l'intérêt de virer mythomane ? La vérité n'est-elle justement pas là pour aider l'autre à se remettre en question ? N'est ce pas aussi rendre service à l'autre que lui faire prendre conscience de sa réalité ? De la même façon pour la gentillesse versus la paresse. Laisser agir l'autre de manière à ce qu'il prenne conscience de ses actes et des conséquences qu'ils peuvent avoir ? N'est ce pas plutôt juste de laisser libre d'agir l'autre en fonction de sa volonté ? Intellectuellement parlant Phoenix, n'est-il pas plus constructif de raisonner l'autre à agir en autonome, plutôt que d ela contraindre à le faire par la force ? La pédagogie, c'est sans doute là la nuance ! Je parirais même que la personne agissant d'elle-même sera bien plus efficace que si elle le faisait sous le coup de la coercition !


Je n'ai écrit "ont un effet négatif" mais "peuvent avoir un effet négatif". Je ne distingue pas de lien systématique entre gentillesse et paresse ou entre vérité et blessure narcissique mais ce lien possible est évident. A quelqu'un qui fait un régime, qui a perdu quelques kilos mais qui reste encore nettement trop gros, tu ne vas pas dire, même si c'est la vérité : "Tu as peut-être perdu du poids mais tu restes encore trop gros/se". A quelqu'un qui a pris l'habitude de venir te demander ton aide, il faudra bien dire à un moment "non" et te montrer égoïste (pas envie, pas le temps, contradiction avec la méthode de l'apprentissage, ...). Tu auras beau avoir d'excellentes raisons de dire "non", tu risques d'être couvert d'un flot d'insultes et/ou d'être boudé par la personne (je connais et j'ai connu). Il n'y pas d'intérêt à devenir mythomane (il y en a à devenir égoïste par contre ! :lol: ) mais dire "la vérité, rien que la vérité, toute la vérité" constamment, ce n'est pas bon pour les relations sociales. Le mensonge comme forme d'encouragement ...

Un comportement, un changement peut se forcer (une analogie qui me parait frappante : la suppression de la peine de mort a été forcée : si tu attendais une évolution sociale, je suis persuadé que l'on aurait encore dans notre droit pénal). Le changement est une violence faite dans le train-train quotidien et rassurant de nos vie. Il n'est pas forcément bien pris (sauf quand il est souhaité). Tout ça pour dire que l'autonomie peut donc se provoquer. Ce n'est pas du tout une qualité gagnée d'avance. Il n'y a qu'à voir : certains ados sont plus autonomes que des adultes. A partir d'un moment, on ne peut plus prêter des intentions à une personne : c'est le meilleur moyen d'être déçu. Et donc le forcer à adopter un comportement (par la coercition) peut aussi avoir de bons résultats (si tu restes permanent dans ton comportement). Ceci n'est pas une apologie de la sanction. Se sentir obligé n'est pas une bonne motivation. Mais quand je dis "non" pour une aide quelconque, pour faire évoluer mon interlocuteur, je n'ai pas vraiment l'impression de mal agir.
spécimen
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Message par spécimen »

Phoenix85 a écrit :Je défends une certaine pratique de "l'immoralité" parce que parfois, c'est un gage de meilleurs résultats.
Même parfois, je ne veux pas croire que suivre l'immoralité assure de meilleurs résultats. D'ailleurs, je ne vois pas en quoi l'immoralité serait plus efficace que la moralité... Si ce n'est que l'immoralité peut blesser autrui, le léser, le spolier, voire le mépriser.
Quoique intéressant à développer comme aspect, on s'éloigne du sujet principal de ce thread.
Phoenix85 a écrit :A quelqu'un qui fait un régime, qui a perdu quelques kilos mais qui reste encore nettement trop gros, tu ne vas pas dire, même si c'est la vérité : "Tu as peut-être perdu du poids mais tu restes encore trop gros/se".
Euuh si désolé :roll: Moi je le dis en tout cas. C'est mal ? :oops:
Personnellement je ne le pense pas et ce n'est pas lui rendre service que lui dire que c'est efficace alors qu'il faut justement être rigoureux et redoubler d'effort.
Phoenix85 a écrit :A quelqu'un qui a pris l'habitude de venir te demander ton aide, il faudra bien dire à un moment "non" et te montrer égoïste
Euuh non... :roll: Si la personne revient demander mon aide, c'est peut être que je me suis mal pris pour enseigner le savoir. Je me remets donc en question et j'analyse là où j'ai fauté pour m'adapter et corriger. Si effectivement la personne prend l'habitude de venir demander car plus facile ainsi, j'aurais beaucoup de difficultés, mais je finirai sans doute par lui dire au prix d'un énorme effort c'est clair, tellement ce n'est pas dans mes habitudes de refuser d'apporter de l'aide.
Phoenix85 a écrit :Tu auras beau avoir d'excellentes raisons de dire "non", tu risques d'être couvert d'un flot d'insultes et/ou d'être boudé par la personne
Euh non là encore :roll: Il suffit d'accompagner ton "non" et l'étayer. Il y a le fond et la forme du "non" Phoenix, il ne faut négliger ni l'un, ni l'autre.
Phoenix85 a écrit :Il n'y pas d'intérêt à devenir mythomane (il y en a à devenir égoïste par contre ! :lol:) mais dire "la vérité, rien que la vérité, toute la vérité" constamment, ce n'est pas bon pour les relations sociales. Le mensonge comme forme d'encouragement ...
Encore une fois non Phoenix :roll: Je ne partage pas du tout cet avis et les exemples que tu viens d'utiliser ne sont pas, à mes yeux, ceux qui justifieront de transgresser la moralité.

La suppression de la peine de mort n'a pas été forcée Phoenix, elle a été votée au Parlement par 369 voix pour et 113 voix contre. Mieux ! En 1968, la population y était favorable (à la suppression), mais une succession d'actes criminels inversa très vite la tendance.

Le changement est certes une violence face au train train de la vie quotidienne et au conservatisme humain, mais il ne justifie pas l'acte mauvais ou la violence pour y parvenir. Bien souvent, le conservatisme résulte d'une ignorance qu'il suffit de compenser en sensibilisant les populations. Là encore, je privilégie et préfère largement la voie douce.
Phoenix85 a écrit :certains ados sont plus autonomes que des adultes.
S'il n'y a pas de pathologie chez ces adultes, c'est qu'ils ont été mal éduqués, c'est qu'on leur a mal montré.

Avec tout cet échange plus que très instructif, plus que très enrichissant, je n'ai toujours pas de réponse à mes questions initiales... :roll:
Kefka
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Message par Kefka »

Spécimen a écrit :La suppression de la peine de mort n'a pas été forcée Phoenix, elle a été votée au Parlement par 369 voix pour et 113 voix contre. Mieux ! En 1968, la population y était favorable (à la suppression), mais une succession d'actes criminels inversa très vite la tendance.
Certes mais par référendum ? Le Parlement n'est pas toujours représentatif de la volonté générale (ou ça se saurait). Le nombre de "oui" ou de "non" n'est pas représentatif de la volonté nationale. Ce que je voulais dire, c'est que les évolutions sociétales majeures s'imposent souvent de fait.
Phoenix a écrit :Tu auras beau avoir d'excellentes raisons de dire "non", tu risques d'être couvert d'un flot d'insultes et/ou d'être boudé par la personne
Euh non là encore Il suffit d'accompagner ton "non" et l'étayer. Il y a le fond et la forme du "non" Phoenix, il ne faut négliger ni l'un, ni l'autre.
Euh si ... Testé et approuvé, même avec les meilleures raisons du monde.
Il ne s'agit pas d'être convaincu de ses agissements, il faut aussi en convaincre l'autre. Et ce n'est jamais gagné, voire à la limite de l'impossible.
Pareil pour l'exemple de l'aide. Ce n'est pas un bon service (à mon avis) à rendre que de toujours apporter de l'aide à quelqu'un, surtout s'il en a pris l'habitude. L'adversité, ça s'affronte ("ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort", j'adore cette phrase !)

Je n'ai pas le temps (ni le courage) de développer, surtout que le débat commence arriver au point mort. Ca me fait penser à mes engueulades avec ma mère (rien de vexant Spécimen, je t'assure ! :lol: ) sur le même sujet. Personne ne bouge d'un iota, on se contredit toujours avec les mêmes arguments, rien ne change. C'est un débat sans fin, et il n'y a pas de réponse. Je continurai à mentir pour encourager à évoluer, et sans remords en plus ! :twisted:

Et enfin, pour ta question "l'intelligence rend-elle mauvais ?", tu confonds à mon avis l'outil et l'utilisation qui en faite. L'intelligence humaine a permis d'avancer, de faire des découvertes, de mieux comprendre le monde. Et bien sûr, tu as eu l'utilisation inverse. Mais là encore pas de réponse claire à apporter. Ce serait trop simple et donc pas stimulant, à mon avis.
OFF-Topic :
[quote="Spécimen"][quote="Phoenix"]Je défends une certaine pratique de "l'immoralité" parce que parfois, c'est un gage de meilleurs résultats. [/quote]
Même parfois, je ne veux pas croire que suivre l'immoralité assure de meilleurs résultats. D'ailleurs, je ne vois pas en quoi l'immoralité serait plus efficace que la moralité... Si ce n'est que l'immoralité peut blesser autrui, le léser, le spolier, voire le mépriser. [/quote]

Il vaut mieux une injustice à un désordre. Et que périsse un homme plutôt que cent de l'avoir sauvé (par exemple)
Dernière modification par Kefka le ven. déc. 19, 2008 8:38 pm, modifié 1 fois.
Manchette
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Message par Manchette »

Je suis d'accord avec vous sur le droit pénal.

Mais on doit aussi y ajouter le droit civil.
La révolution a crée le mariage civil et le divorce (ce que l'Eglise n'a toujours pas digéré). On pourrait aussi parler du pacs, inconcevable 30 ou 40 plus tôt.
Il suffit d'ailleurs de se souvenir des déclarations immondes de certains députés lors des débats sur le pacs, comme celui qui disait que c'était une patate chaude que l'on se passerait de service social en service vétérinaire, ou encore le "Stérilisez les !", quand on avait rappelé qu'il n'ouvrait pas le droit à l'adoption.
La suppression de la peine de mort n'a pas été forcée Phoenix, elle a été votée au Parlement par 369 voix pour et 113 voix contre. Mieux ! En 1968, la population y était favorable (à la suppression), mais une succession d'actes criminels inversa très vite la tendance.
Heureusement, l'inscription de son abolition dans la Constitution a rassemblé une majorité beaucoup plus large.
N'oublions pas non plus qu'en 1908, on n'est pas passé loin de l'abolition. Clémenceau (président du conseil), Briand (ministre de la justice) et Armand Fallières (président de la république, le seul à avoir gracié tous les condamnés à mort) étaient pour l'abolition de la peine de mort. Malgré le soutien des socialistes, par la voix de Jaurès (fidèle à la tradition abolitionniste du mouvement ouvrier) et son sublime discours, l'abolition a été rejetée.
Il y avait eu la tentative limitée de 1848 (interdiction de la peine de mort pour les crimes politiques, allègrement violée par le Président d'alors : Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III).
Puis l'incendie des guillotines lors de la Commune de Paris, et les tentatives vaines de la minorité d'arracher l'abolition.
Et puis bien sûr le premier grand débat sous la Révolution, qui vit Robespierre et Saint-Just défendre l'abolition.
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