Ok, aussi teintée soit-elle de relativisme, aussi anthropomorphique qu'elle soit, nous sommes donc d'accord qu'une moralité existe.
Nous sommes également d'accord pour écrire que la moralité sert de référentiel pour juger tel ou tel acte, tel ou tel comportement. Seulement, nous sommes moins sûrs de comment est perçu ce même acte, ce même comportement par l'auteur lui-même alors que les victimes/témoins le trouveront mauvais.
C'est bien là la difficulté, c'est bien là qu'il faudra se garder de juger bien trop rapidement un acte que l'on trouvera aux premiers abords négatif.
C'est sans doute là que le mot "
pardon" a dû être créé par l'Homme pour justement faire la part des choses
Quand bien même. Je vais rebondir sur les premiers posts, notamment celui de Guillaume, puisque c'était là l'origine de ce thread qui m'a complètement débordé

pour une phrase dont je ne me souvenais même plus qu'elle était de Hobbes

S'marrant à ce sujet, je connais (encore) Calvin et Hobbes, le "tigre" et le gamin, mais le philosophe ?

'fin bref, pardonnez-moi, je m'égare.
Le post donc de Guillaume
Guillaume86 a écrit :Par contre : "Est-ce que les bonnes_poires_à_la_ramasse sont condamnées à être écrasées par ceux qui sont manipulateurs ?". Oui, évidemment. Quelqu'un qui ne sait pas se défendre ou au moins faire abstraction de la cruauté des autres se fera bouffer. Le coup du "Pouce" et du "Drapeau blanc", ça ne fonctionne pas, faut pas trop se leurrer. Au contraire, plus on voit que le gars passe pour une victime, plus on a envie de l'enfoncer. C'est naturel. Cf le chat : si la souris lui foutait un gros coup de dents dans les *******, ça le calmerait. Bref, "défends-toi pour avoir la paix, ou tais-toi et souffre".
Et concernant la dernière question, il se peut que tu vives dans une telle naïveté que des trucs totalement banaux (le mensonge, l'hypocrisie) t'apparaissent comme des comportements presque diaboliques. Là je n'ai qu'un conseil : sors de ta carapace et apprends à utiliser les armes qui ont fait leurs preuves. Ça peut aussi être des armes pacifiques, mais c'est une voie plus difficile (Gandhi pourrait t'en parler s'il étaient encore là) et qui n'apporte pas plus de reconnaissance.
Pourquoi bon sang, faut-il être "mauvais" pour monter ? J'ai des exemples en tête de gens "bons" qui sont arrivés en haut, mais ils sont trop peu nombreux par rapport à ceux qui ont écrasé leurs collègues pour monter ?
Car, si l'on raisonne selon l'échelle de valeurs de notre société capitaliste, ce qui fonctionne aujourd'hui c'est l'efficacité (j'écrirais même peut être l'efficience, mais c'et un autre sujet !). On peut être efficace en étant bon ! Mais sans doute est-on efficient en étant mauvais

arf! argh! dur là
Guillaume préconise de faire de même

Mais quand ce n'est pas inscrit dans les gènes, comment qu'on fait ?
Et enfin, troisième et
dernière question. Comment détecte-t-on les "mauvais" à l'avance. Combien de fois dans un passé pas si lointain, des collègues m'ont dit, fait gaffe à lui ou à elle, il(elle) va te bouffer tout cru. Et moi justement, sûr de mes "pouces" et de mon "drapeau blanc" (pour rependre ton expression Guillaume

), je me rétame lamentablement ? Et cela se finit bien souvent (pour ne pas dire toujours) à mes dépens...
Il faut se forcer et agresser pour se défendre ? Pour dire comment c'est pathologique chez moi

, prenons l'exemple d'un Warcraft / Starcraft / Settler, des jeux que les connaisseurs qualifieraient de stratégiques. Combien de fois j'organisais une défense et une chaîne d'approvisionnement solides, combien de fois je me faisais lapider par le méchant en face ? Je me contentais uniquement de saper ses sources d'appro... Et étonnamment, dès que je passais à la stratégie offensive, en face il s'écroule

Ça m'énerve !

D'autant plus que ce n'est pas dans ma nature, d'autant plus que je dois me forcer !
Idem aux échecs ! Il n'y a que contre les pas bons que j'arrive à dresser une défense solide. Et d'épuisement (ou de lassitude, ou d'étourderie) en face le mec s'effondre et passe à la faute. Contre les bons, je dois devenir agressif si je veux gagner ! Bon, ce sont des exemples plus que simplistes face à la complexité des relations humaines/travail, mais l'idée est là !
Et combien de fois, en gagnant par l'agressivité, je me suis retrouvé très mal à l'aise toute la journée d'avoir ainsi abusé de la force pour gagner ! Je m'en voulais ! Je sais je suis con mais c'est comme ça, c'est inscrit en moi ! Je préfère gagner quand en face il fait une faute, plutôt que quand je suis contraint/forcé de détruire son système d'organisation.
NB : je me souviens quand j'étais gamin au jeu de dames avec mon grand-père. Le jeu
par excellence (cela dépend des règles en fait) où la stratégie gagnante est basée sur la faute de l'autre. On présente un pion tout gentil, tout honnête et derrière c'est une chaîne de pions adverse qui se fait descendre en flèche

Vous voyez ce que je veux écrire ? Je trouve bien plus gratifiant intellectuellement de faire progresser l'autre à ses dépens (au jeu hein

) en montrant ses erreurs que de gagner par la force.
Il n'y a pas de place pour les gentils sur Terre ?