L'amitié, c'est une forme d'amour. Plus exigeante et plus forte encore que l'amour charnel. Etre trahi par un(e) ami(e), c'est bien pire que d'être trahi par un amour.
Mais c'est vrai qu'en dehors de ça, c'est très difficile à définir. On peut juste donner quelques grandes lignes.
Je crois qu'une des caractéristiques qu'on peut donner, c'est le désintéressement total : en amitié, on ne cherche pas à séduire, à obtenir quelque chose ; c'est un don réciproque dans la plus grande gratuité.
Un(e) ami(e), c'est quelque chose de rare et de précieux. On en a très peu dans une vie. Ceux qui prétendent avoir beaucoup d'amis sont à mon avis de grands naïfs, ou ne savent pas hiérarchiser les rapports humains.

On a beaucoup de connaissances, de copins et de copines, mais très peu de vrais amis.
Un(e) vrai(e) ami(e), est là dans les bons comme les mauvais moments. C'est une personne à qui on peut tout confier, avec qui on peut tout partager, chose qui est très dangereuse à faire par contre dans un couple.

Et quelle que soit la distance géographique, même si pour des raisons quelconques on se voit peu à certains moments de la vie, on sait que l'autre est là et quand on se retrouve, rien n'a changé dans la complicité et les sentiments.
Personnellement, comme un certain nombre d'entre vous je crois, j'ai surtout des amitiés avec des femmes. Question de sensibilité, je crois...
La limite, c'est l'ambiguité entre amitié et amour. Dès qu'il y a désir de l'un, l'amitié ne peut pas se maintenir, ou en tout c'est très difficile. Autre limite : la possessivité. Un(e) ami(e) possessif (ve), ça peut tout gâcher.
J'ai vécu il y a peu une histoire de ce genre. J'avais une amie peintre dont j'étais très proche, nous avions beaucoup de choses en commun (idées, parcours, goûts, centres d'intérêt...). Malheureusement, elle était très possessive et très envahissante ; elle ne supportait pas que je puisse voir d'autres personnes, faire des choses sans elle, ou simplement avoir des moments sans elle. Je sais aujourd'hui qu'elle était en fait amoureuse de moi, sans se l'avouer ; pourtant, j'ai toujours été clair sur ma sexualité, et elle semblait l'admettre. Bref, de scène de jalousie en scène de jalousie, je me suis détaché d'elle et notre amitié s'est terminée dans le chaos le plus total. Aujourd'hui, je refuse de la revoir ; je lui ai donné plusieurs chances de repartir à zéro, et à chaque fois ça recommencé. C'est dommage, et ça m'a fait souffrir bien plus encore qu'une séparation amoureuse, surtout quand elle s'est mise à me casser auprès de gens que nous connaissions tous deux...