Je n’avais rien de tout cela. Pour mes parents, ces jouets-là étaient synonymes de bordel qu’il faudrait ranger jour après jour.
Résultat, j’avais des livres, des encyclopédies. Mes parents d’ailleurs étaient bavards et parlaient avec moi de n’importe quel sujet comme si j’étais un adulte (mes parents sont spéciaux, légèrement misanthropes et déconnectés des réalités. A bien y réfléchir, ils se croyaient encore un peu au XVIIe siècle).
J’avais toutefois une boîte de lego et quelques peluches (bon d’accord, j’avoue, une centaine de peluches, mais je ne jouais jamais avec).
J’avais aussi un kit du petit biologiste (que j’avais tellement voulu). Il y avait des boîtes de pétri, un microscope, un vrai scalpel. Je m’amusais à faire toute sortes d’expériences (ma mère m’avait toutefois conseillé de ne rien faire brûler, mais je me souviens avoir dévalisé la pharmacie et d’avoir acheté de l’alcool à brûler, seul, dans une épicerie non loin). Ca et à prendre plein de petits animaux morts et insectes trouvés dans le jardin (cela a servi, j’avais 19 de moyenne en SVT et j’étais le seul à avoir joué franchement du scalpel lorsqu’il a fallu dépecer et éviscérer cette pauvre petite souris, ou cette sardine, ou cette oeil et ce coeur de boeuf).
Je m’occupais aussi d’entretenir le jardin quand on en avait un. J’adorais m’occuper des plantes. Mais je criais comme une petite fille dès que je voyais un ver ou une araignée (je déteste ce qui est petit. Et vivant).
J’avais ça aussi :

Des prismacolor. Des crayons de grande qualité et très fragiles. Mes grands-parents m’en offraient une boîte chaque année à mon anniversaire. Et c’était le seul cadeau que j’avais d’eux pour l’année. (et je n’ai plus rien aujourd’hui. Par ailleurs, ma mère m’a fait savoir que j’ai été légèrement déshérité vu qu’un compte bien garni par mes grands-parents pour mes études universitaires à bel et bien disparu).
Il me reste encore deux boîtes et une trousse pleine. Ma mère les utilisaient exclusivement aussi quand elle était jeune (elle a également une boîte où il ne reste que des bouts de crayons, mais assez pour avoir le numéro et le nom de la couleur).
Je passais des heures à dessiner tout et n’importe quoi. J’adorais aussi reprendre des plans de ville et les refaire à mon goût, ou dessiner les plans de palais. (oui, rien qu’avec ça, on doit voir que je n’avais pas d’ami, et que j’avais des idées de grandeur).
Lorsque j’habitais chez mes grands-parents dans un village perdu du Québec, il n’y avait pas de jeux et mes occupations étaient les mêmes qu’en France (sauf que le dimanche j’étais forcé d’aller à l’église, ou sinon, on devait faire quatre heure de route aller pour aller déjeuner avec un grand-oncle, moine bénédictin). Maintenant que j’y pense, quand j’étais enfant, j’allais aussi au catéchisme (cette expérience me sort toujours de la tête vu que pratiquement personne ne croit en Dieu dans ma famille, surtout mes parents).
Sinon, pour être moderne, il y avait ça :

Mes parents y jouaient autant que moi. Voir davantage.
La seule fois où j’ai vu autant de jouets, c’était chez mes cousins. Ils étaient gâtés par mes grands-parents et rien n’était trop beau pour eux. J’étais jaloux. Heureusement, leurs parents ont divorcé, ils ont sombré dans la drogue, ont abandonné les études sans finir le CEGEP et vivent de petits boulots minables.