Le rêve de cette nuit était assez poétique. J'étais dans une sorte de calèche, avec trois travestis. Travestis, mais on ne savait pas "dans quel sens" (mtf ? ftm? mtx? ftx? xtx?). Ils/elles prenaient sans cesse un petit air malicieux, de drôles de poses. Ils/elles m'ont proposé du tabac, j'ai dit non, que je venais d'arrêter de fumer. Ensuite ils/elles m'ont proposé du cannabis, toujours avec moult regards espiègles, j'ai dit non. Alors, celui/celle qui était assis-e en face de moi me dit, mi-figue mi-raisin : "et des hormones, ça te tente ? ça t'irait bien tu sais". Là je lui demande de quelle sorte d'hormones il/elle parle. Il/elle répond : "ah, on ne peut jamais savoir à l'avance. Regarde mes ami-e-s et moi. Soit on prend de la barbe, soit on prend des seins. Nous, on a oublié quel était notre sexe d'origine, mais on continue à prendre des hormones de temps en temps, et on prend tantôt de la barbe, tantôt des seins, et on ne peut jamais déterminer à l'avance si on va devenir plus féminin-e-s ou plus masculin-e-s. Ce sont les hasards de la vie". Je me dis que c'est un peu comme dans
Alice au pays des merveilles quand Alice ne sait pas à l'avance, en buvant les flacons de
DrinkMe, si elle va grandir ou rapetisser. Je refuse poliment.
Et là, celui/celle assis-e à côté de moi sort de son sac un sandwich :
"Et un sandwich ? lance-t-elle/il avec un regard qui en dit long. Ça ne te tente vraiment pas, un sandwich, un délicieux sandwich ? Tu ne peux pas dire non ! Le sandwich, c'est le collège, c'est le lycée, tu comprends ! la salade, les tranches de fromage, c'est toute l'adolescence !"
Je refuse le sandwich. Mais je sens que ça ne prête pas vraiment à conséquence. (Je ne les prends pas pour des fous/folles pour autant. Ce qu'ils disent fait sens dans le rêve.)
Nous arrivons dans une sorte de centre gigantesque (un centre de quoi ?). Je m'aperçois que j'en suis la directrice. Il y a mon bureau avec des casiers remplis de dossiers. C'est un centre qui inspire méfiance. Il y a des gens en blouses blanches dedans. Je finis par comprendre que mes trois ami-e-s sont des "patient-e-s" de ce centre, qui tente de faire du travestissement une "maladie" à "guérir" en interdisant toutes sortes de choses aux "patient-e-s", variables selon les individus. Par exemple, une fois arrivé-es dans mon bureau, l'un-e de mes trois ami-e-s de la calèche me dit, en pleurant : "ils veulent m'empêcher de faire de la natation. Moi, nager, c'est ce que je préfère dans la vie ! Ils m'ont interdit de piscine pour me punir parce que je me travestis. Ils ont confisqué mon brevet de natation, il est dans ce dossier, là-bas, dans l'armoire."
Je bondis sur le dossier, j'en sors le brevet de natation (qui visiblement équivaut à un "permis de nager") et le tends à son/sa propriétaire reconnaissant-e, qui part en courant. Et je me dis : je vais faire ça pour chacun-e d'eux, à chaque fois, je vais pervertir tout le système de contrôle, et j'organiserai des évasions. Niark niark niark
