max62 a écrit :on s'en prend souvent aux profs, mais si on s'en prenait pour une fois aux élèves...
ce matin, après avoir étudié un texte sur la Joconde, à la question "où se trouve le tableau?" (réponse attendue: au Louvre, bien sûr), un élève m'a répondu : "elle est accrochée au mur"
Et bien en ce qui me concerne je la trouve très jolie cette réponse.
Et vachement plus perspicace que la question.
On dirait presque une réponse de Morellet ou de Rutault .
Et puis :
1) Si la Joconde a souvent été accrochée…
Elle ne l'est [accrochée] au Louvre que depuis deux siècles.
Autrement dit, même pas la moitié de sa vie.
Donc l'affirmation
"La Joconde est accroché au mur" est d'une certaine façon plus pertinente que
"La Joconde est au Louvre". La Joconde n'ayant pas toujours été indissociable du Louvre.
2) L'ego de la joconde (et du Louvre) en prend par conséquent un petit coup. Ce qui n'est pas si mal, puisque ce n'est même pas le tableau le plus sympathique de Léonard.
Ni du Louvre.
Ni du monde.
3) La Joconde est donc une croûte comme une autre. Accrochée à un mur, et c'est déjà pas mal. Elle pourrait être en réserve. D'ailleurs…
4) Est-ce la vraie Joconde que l'on voit au Louvre ? Si ce n'est pas le cas alors cela démontre que décidément le corps physique (le tableau, le vestige) importe peu, pourvu qu'il y ait donnée testimoniale (le faux, le produit dérivé) et survie intellectuelle de l'œuvre.
5) En parlant de produits dérivés : le torchon imprimé d'une Joconde essuie tout aussi bien que celui d'une d/m de Rutault. C'est ce que prétend ce dernier en tout cas.
6) Et puis : les murs du Louvre sont aussi parfois des œuvres. Quand il
sont peints par Daniel Walravens.
C'est important un mur.
7)D'où :
définition/méthode-je-ne-sais-plus-combien : une toile d'artiste ancien et réputé, à repeindre de la même couleur que le mur sur lequel elle est accrochée (cf : Rutault)
8 ) Conclusion : l'art est définitivement potache.
9) Conclusion bis : Vesper doit prendre des vacances.