Clara, le texte de Roberto Benigni est trop formidable : je le copie ici :
Ensuite bienvenue à Tinx (je commençais à m'inquiéter, tu avais disparu où ?? On bizouille et on oublie le forum !Mais heureusement il y a aussi la traduction du discours de Roberto Benigni sur gayclic!!!
J'ai corrigé quelques petites fautes...
Voilà je voulais dire, si vous me permettez, parce que je suis chez vous, je suis votre hôte, et donc je fais ce que Vous voulez ; je veux dire, je peux aussi aller voir Mme Zanicchi [nom d'une chanteuse], ce que vous voulez, quoi qu’il en soit... j’ai entendu quelques polémiques, naturellement parce que nous vivons... moi je suis tout ce qui se passe parce que ça me plait évidemment, et je salue avec tant d’amour tout ce pays que j’aime vraiment à mourir. Mais ce n’est pas une chose rhétorique, mais je le dis puisque vraiment l’amour rend l’homme libre. Faites moi dire ces choses sensibles […] qui sont belles à dire.
Voilà. Nous disions. Lorsque l’Homme est amoureux, il devient un Homme libre. J’ai entendu cette polémique sur les homosexuels [due à la chanson « Luca era gay »]. Toujours est-il que c’est une histoire, celle des homosexuels, qui n’est pas croyable, car se poursuit depuis des millénaires. Depuis des millénaires, les homosexuels, je le dis avec joie, ils ne sont pas en dehors du plan de Dieu, ce n’est pas un péché, de péché il n’y a que la stupidité. Les homosexuels nous ont donné énormément, énormément, et je leur sais gré, comme je le sais également aux hétérosexuels, c’est la même chose.
Pour donner une idée de ce dont nous sommes en train de parler : l’absurdité, mais vraiment, le ridicule, parfois... vous vous imaginez, les homosexuels ont subi tous les sévices, ils ont été torturés, ils sont morts dans les camps de concentrations, vous savez pourquoi ? Parce qu’ils aimaient une autre personne. Il n’y a pas de délit plus infâme. [Maintenant] imaginez la même chose pour les hétérosexuels. Prenons le cas d’un hétérosexuel, moi, une femme ou l’un d’entre vous, qui tombe amoureux à 18 ans, à 16 ans, à 15, à l’âge que vous voulez, évidemment, rien ne régit ça, d’une autre personne, l’homme d’une femme, la femme d’un homme. [Imaginez] si les choses étaient inversées, à un certain moment, lorsque l’un d’entre vous tombe amoureux, on le prend, on le torture et on le tue parce qu’il est tombé amoureux. Voilà la raison, il n’y en a pas d’autre. Les homosexuels ont été torturés parce qu’ils aimaient une autre personne. Laisse de côté le sexe, c'est leur problème, ce sont des adultes. Extraordinaire. Mais regardez, c’est une absurdité ! [applaudissements]
C’est tellement incroyable que l’on parle encore comme cela des homosexuels, incroyable la portée de cette allusion. Ce sont des personnes qui aiment, qui aiment [d’autres] personnes du même sexe. L’espèce ne s’éteint pas, comme quelqu’un l’a dit. Ce serait une découverte darwinienne, que les dinosaures se soient éteints parce qu’ils étaient tous homosexuels, "Dino et Saure" [comme si c'étaient les prénoms d'un couple de mâles], non, non, il y a d’autres raisons [rires].
Je voulais dire, puisque dans l’histoire de l’humanité, les homosexuels nous ont donné énormément et nous ont aussi guidé (ceci comme les hétérosexuels, il n’y a aucune différence), je pourrais en citer 500, nous resterions surpris par la beauté... voilà [ce que] je voulais dire, il n’y a de péché que la stupidité.
C’est littéralement le sentiment de l’amour qui caractérise les homosexuels, le plaisir c’est une autre chose, nous l’avons nous aussi, mais [là], c’est l’amour et quand il y a de l’amour, [alors] tout devient grand, il n’y a plus de médiocrité, et alors, ce n’est pas de la foi, la foi ne rassure pas, seul l’amour rassure, bien plus que la foi.
Moi, pour cette occasion, je voulais vous lire une lettre adressée à nous tous, écrite à la fin du siècle dernier, par une personne qui aimait une autre personne du même sexe, adulte, un jeune homme de 20, 21 ans, alors qu’il en avait 35. Il a été pris, torturé, mis en prison, en Angleterre, où il y avait une loi qui jusqu’à peu voulait mettre en prison les homosexuels. L’Angleterre a mis en prison, [envoyé] aux travaux forcés le plus grand poète de son époque, la plume la plus fine de cette époque où il y avait de si grands écrivains ; il s’appelle Oscar Wilde, il a été envoyé aux travaux forcés et ensuite, lorsqu’il est sorti, il est mort de privations après deux ou trois ans. Dans cette prison il a écrit une lettre à la personne pour laquelle il avait subi ces sévices, [pour laquelle il avait] été torturé, humilié, offensé, envoyé aux travaux forcés, et tué, simplement parce qu’il aimait, comme un homme [aime] une femme, une femme [aime] un homme, un homme [aime] un homme, une femme [aime] une femme... une autre personne. Et la lettre qu’a écrite Oscar Wilde, adressée à nous tous, se raconte plus ou moins comme suit :
« Mon très cher garçon,
[Je t’écris] ceci pour t’assurer de l’amour immortel et éternel que j’ai pour toi. Demain tout sera fini. Si la prison et le déshonneur constituent mon destin, rappelle-toi que cette idée, l’amour que j’ai pour toi, et cette conviction, encore plus divine, que tu m’aimes en retour, me rendront capable de supporter mes souffrances, et je l’espère, ma douleur ; puisque cette idée, c'est-à-dire la certitude de te revoir encore dans un autre monde, est la destinée et l’encouragement de ma vie actuelle. Ô puissé-je continuer à vivre dans ce monde pour cette idée.
Aujourd’hui un ami cher est venu me voir, je lui ai transmis tant de messages pour toi. Il m’a dit une chose qui m’a rassurée : que ma mère ne manquera jamais de rien. J’ai toujours pourvu à son maintien, et l’idée qu’elle pût souffrir de ces privations me rendait malheureux.
Quant à toi, gracieux garçon au cœur digne d’un Christ, quant à toi, je te prie, à peine auras-tu fait ce que tu peux faire, ne reste pas ici, ne reste en Angleterre pour aucune raison au monde, pars pour l’Italie et conquiers le calme, composes-y ces beaux poèmes come tu sais les faire avec cette grâce étrange qui t’appartient. Si un jour, à Corfu ou dans quelqu’autre île enchantée nous pouvions trouver une maison où vivre ensemble, ah, la vie serait bien plus douce qu’elle ne l’a jamais été. Ton amour a de grandes ailes, et il est fort. Ton amour me parvient à travers les barreaux de ma prison et me réconforte. Ton amour est la lumière de toutes mes heures.
Si tout cela se produit [la prison, à la veille du verdict du procès], il y aura quelqu’un qui écrira, je le sais, que j’ai eu une mauvaise influence sur ta vie. Si cela advient, tu écriras, tu diras à ton tour que ce n’est pas vrai. Notre amour est toujours resté noble et beau. Si j’ai été la cible d’une terrible condamnation, c’est parce que la nature de cet amour n’a pas été comprise. Je tends une main vers toi, ô puissé-je vivre pour toucher tes cheveux et tes mains. Je crois que ton amour veillera sur ma vie. Ton amour est la lumière de toutes mes heures.
Si je devais mourir, je veux que tu vives une vie sereine et pacifique, en quelque lieu parmi les fleurs, les livres et tant de travaux. Fais-moi parvenir au plus vite de tes nouvelles. Je t’écris cette lettre au milieu de si grandes souffrances.
Mon très cher garçon, tant aimé et si aimable, je suis à présent et comme toujours depuis le jour où nous nous sommes connus, ton dévoué, avec mon amour immortel,
Oscar »
Pis voilà que la niaiserie se philosophe et que les Niais disent des choses formidables !!
Je vous aime tous !!