TEXAS à Bercy

La section des mélomanes mais aussi des fans de Farmer.
Constance Petersen
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TEXAS à Bercy

Message par Constance Petersen »

J'étais hier au concert. Texas et moi, c'est une longue histoire, puisque c'était mon troisième concert en leur compagnie. Je peux me la péter en disant que je les ai découvert dans une petite salle de la banlieue de Bordeaux en 1990, quand Sharleen Spiteri était encore toute timidette et se cachait derrière sa mèche et sa guitare. Je les ai ensuite revus en 2001 à Bercy (là où a été enregistré le dvd "Texas-Paris") ; Sharleen était désormais devenue une star, le savait et en jouait, au risque peut-être d'en faire parfois un peu trop. Quid alors du cru 2006 ? Et bien, même s'il n'y a pas eu de grosses surprises, j'ai beaucoup aimé, c'est le concert de la maturité en fait.

Il faut dire que la France aura toujours une place à part dans le cœur de nos amis écossais, et Sharleen nous a très chaleureusement remerciés pour cela. Après le carton de "I don't want a lover", ils n'avaient plus tant de succès, sauf en France. (Ensuite il y a eu le carton de "White on blonde" qui marque la deuxième partie de leur carrière et le succès retrouvé au Royaume-Uni). Sharleen a d'ailleurs des origines françaises et a habité un moment à Paris. Cela lui permet de s'exprimer dans un petiot mélange d'anglais et de français, avec accent écossais intégré, ce qui donne par exemple "I don't do lingerie" quand le public se demandait ce qu'il y avait sous sa veste lol.

Il m'a semblé que le public avait un peu vieilli (moi aussi, diront les mauvaises langues lol) et s'est "bobo-isé" (moi aussi ?). Texas aussi a beaucoup changé depuis ces débuts, passant du blues-rock avec slide guitare à la soul-pop un brin électro, en caricaturant. J'avoue une grande tendresse pour les trois premiers albums : "Southside" reste pour moi un joyau. Mais enfin quand l'évolution produit des titres aussi monstrueux que "Halo" ou "Black eyed boy", je dis "vive le changement" lol.

J'étais bien placée, assise (j'ai passé l'âge de gesticuler dans la fosse) en face de la scène, les écrans géants latéraux étaient de qualité, mais le fond qui projetait des trucs psychédéliques n'apportait pas grand-chose. En revanche, j'ai un coup de gueule à passer : deux premières parties, c'est trop ! Ou alors il faut qu'elles s'enchaînent très rapidement ou qu'elles fassent moins de chansons. Ça gonfle tout le monde et ça a eu pour seul résultat d'entendre le deuxième groupe se faire siffler.

Sharleen, toujours aussi petiote avec son éternelle mèche en bataille (c'est une ancienne coiffeuse lol) sait tenir son public de main de maître. Elle parle beaucoup, improvise avec beaucoup d'humour, parfois à la limite de la moquerie (comme "so called friend" repris à la demande de ses plus fidèles fans, mais arrêté juste avant la fin). Toutefois, quand on autant de tubes au compteur et une telle présence, on peut bien se permettre d'être un peu caustique... Pendant ce temps-là, Ally McErlaine, le guitariste, et Johnny McElhone, le bassiste, font ce qu'ils ont à faire et ils le font bien, mais préfèrent définitivement rester dans l'ombre. Les deux pianistes ont eu leur quart d'heure de célébrité puisque Sharleen nous a proposé de les départager à l'applaudimètre, l'un chantant du Elton John, l'autre du Bowie, ce qui contre toute attente fut un des moments les plus sympathiques du concert.

Sans vouloir relancer les rumeurs sur le "pourcentage" spiterien, disons juste que Sharleen sait surfer sur l'ambiguïté et assume à fond son statut d'icône gay. Après Elvis en 2001, elle a opté pour les uniformes cette année lol : version couture d'abord avec une veste à brandebourg rouge et noire (droit sortie du "Prisonnier de Zenda" ou de "Tintin et le sceptre d'Ottokar" lol), puis après le rappel, l'uniforme blanc d'officier de l'US Navy, modèle Richard Gere dans "Officier et Gentleman" (d'ailleurs parodié dans son dernier clip). Et quand elle fera chanter alternativement filles et garçons, on verra nettement la différence lol.

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La setlist comprenait logiquement pas mal de chansons du dernier album (cinq si j'ai bien compté) et les grands classiques du groupe. Il fait une entrée d'enfer sur un "I don't want a lover" très maîtrisé et enchaîne sur "Getaway". Les rappels n'étaient pas loin de la perfection avec "Sleep", l'obligatoire "Summer son" et "Say what you want".

Sharleen s'accompagne à la guitare électrique, mais aussi au piano et à la guitare acoustique. Ce fut d'ailleurs mes moments préférés sur "Tired of being alone" ou "So called friend". Je suggère d'ailleurs une prochaine tournée unplugged dans des petites salles (cf. aussi le dvd de "Red book"). J'ai regretté l'absence de "Everyday now", "Prayer for you" ou "The thrill has gone", mais on ne peut pas tout avoir...

Pour finir, j'ai quand même été frappée du nombre de chansons "potentiellement tubesques" (même si elles ne l'ont pas toutes été), à la fois mélodiques, populaires et de qualité, que le groupe a écrites depuis vingt ans (et oui, déjà). Et là je pousse mon deuxième coup de gueule, comment se fait-il que ce groupe (que certes beaucoup envieraient déjà) ne soit pas davantage reconnu ? On devrait donner leur nom à l'aéroport de Glasgow, ils auraient du être anoblis par la Reine, chanter pendant la pub du Superbowl, composer le générique de fin du "Da Vinci Code" (enfin pour la dernière option, ils vont réfléchir...) et j'en oublie.

(Constance, "she's so pretty, her hair is a mess").
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