

Je rentre juste du concert de Katie Melua au Palais des Congrès et, même si c'était la 4ème fois que je la voyais en concert, je suis toujours autant sous le charme.
Il y a un vrai paradoxe chez Katie Melua. Elle a un physique de finaliste de la starac', on dirait qu'elle vient de fêter son 16e anniversaire, elle a grandi dans les années 90, quand on entendait les Spice Girls et les World Apart à la radio. Bref, elle avait de fortes probabilités de finir au mieux choriste de Justin Timberlake, affublée d'un mini-short et d'un t-shirt mouillé. Oui, mais non. Parce que Katie, toute la musique qu'elle aime, elle vient de là, elle vient du blues, et elle est plus proche d'une réincarnation de Robert Johnson née sur les bords de la Mer Noire que de Britney.
Et c'est cet anachronisme ambulant, cette absence de minauderie (elle s'habille chez Oxfam lol), et surtout un talent monstrueux, teinté d'une légère timidité, qui la rendent absolument irrésistible.
Je craignais que le Palais des Congrès ne soit trop grand pour elle. Autant lors de concerts précédents, je l'avais trouvée très à l'aise au Grand Rex ou au Festival de Jazz de Nice, autant je l'avais trouvée trop intimidée par l'Olympia. Mais en 18 mois, elle a beaucoup gagné en assurance et en maturité. La salle était équipée d'écrans géants d'une super qualité et on ne se lasse pas des gros plans sur Katie (et sa petiote fossette au menton

Je trouvais son dernier album un peu en deça des deux précédents, parce plus pop et moins blues, mais il trouve tout son sens sur scène. Sinon le jazz-blues c'est bien, mais je me demande si elle ne devrait pas opter davantage pour le rock. Les meilleurs moments du concert pour moi étant ceux qui bougeaient le plus, notamment "Perfect circle" ou "Spider's web". Elle fait aussi une reprise d'anthologie, après le premier rappel, du "Kosmic Blues" de Janis Joplin.
Elle est entourée d'une bande de super musiciens disposant d'à peu près tous les instruments possibles (flûte, contrebasse, mandoline, violon, piano, synthé, guitares en tout genre, percussions, batterie et je dois en oublier).
Un seul petit bémol parce que nobody's perfect : je n'ai pas été trop convaincue par les images projetées sur l'écran derrière, parfois proches du n'importe quoi, sauf les images de Chaplin et des "United Artists" pendant "Mary Pickford" ou du "Cabinet du Dr. Caligari" pendant "Scary films", puisqu'elle nous a conté son addiction aux films d'horreur et aux grand-huits. Cela devrait d'ailleurs intéresser un psy cette volonté de ressentir artificiellement des émotions fortes...
Un petit aperçu de Kosmic Blues
(Constance, on ne peut plus objective...).