Je viens de terminer «
W ou le Souvenir d’Enfance » de Georges Perec.
Ce sont deux récits entrecroisés, le premier est l’autobiographie de la jeunesse de l’auteur, lequel a perdu très jeune ses parents dont sa mère, exterminée dans les camps nazis. Ce récit est extrêmement pauvre, sec, de pauvres souvenirs d’une enfance volée, pendant la dernière guerre, des souvenirs parfois empruntés à d’autres enfants tellement l’auteur en a peu à propos de sa propre enfance.
Le second récit, dont les chapitres alternent avec ceux du premier, commence comme une utopie inventée par un adolescent : celle d’une société idéale, sur l’île W, basée uniquement sur le sport et les fêtes qui consacrent les olympiades et les autres compétitions. Cette société devient rapidement suspecte, suscite un malaise, puis tourne au cauchemar quand est décrit l’envers du décor : la brutalité de cette société, sa profonde injustice, la ségrégation et finalement la déchéance et la mort des plus faibles.
La réalité progressivement révélée de cette société barbare proche du nazisme met en relief les pauvres souvenirs d’enfance de l’écrivain, son manque affectif, la douleur indicible … pudiquement abordée.
Beau et glaçant. Une réussite.