
"Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement homosexuel en France. Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie. Tous deux s'aiment, se haïssent puis se détruisent sous les yeux de la narratrice, journaliste, et de son amant, un intellectuel médiatique. Nous assistons avec eux à la naissance joyeuse et à la fin malade d'une période décisive de l'histoire de la sexualité et de la politique en Occident.
Ce conte moral n'est pas une autofiction. C'est l'histoire, que je n'ai pas vécue, d'une communauté et d'une génération déchirées par le Sida.
C'est le récit fidèle et violent de trahissons, le portrait de la pire part des hommes et - en négatif - de la meilleure."
Tristan Garcia
J'ai lu ce roman il y a quelques semaines et... j'ai été très déçu. L'idée de départ est plutôt intéressante, l'auteur met en scène quatre personnages : Dominique Rossi (derrière lequel on peut reconnaître Didier Lestrade, le fondateur d'Act-Up), William Miller (derrière lequel on peut reconnaître Guillaume Dustan, écrivain trash qui a eu son quart d'heure de gloire), Jean-Michel Leibowitz (derrière lequel se dessine Alain Finkielkraut) et la narratrice (une journaliste, collègue de Rossi, ami de Miller et amante de Leibowitz). L'auteur nous emmène au coeur des années 90 et brasse des thèmes comme la communauté homosexuel face au Sida, l'émergence du barebacking, les retournements de veste politiques, etc. Les Inrockuptibles ont été très élogieux à la sortie de ce livre il y a deux ans, têtu en a longuement parlé, divers médias ont aussi été très positifs, le livre a même reçu le prix de Flore 2008. Et moi je reste perplexe : J'ai trouvé que l'auteur n'avait aucun style, que c'était plat, embrouillé et que ça ne décollait jamais. Les personnages sont foncièrement antipathiques, caricaturaux la plupart du temps. Et je ne parle pas de la narratrice, qui a autant de personnalité qu'une serpillère (elle est carrément insupportable à plus d'une reprise, on a juste envie de la secouer dans tous les sens). Je me dis que des choses ont dû m'échapper, qu'il m'a manqué des clés pour entrer dans ce bouquin (même si pour être franc, je ne vois vraiment pas lesquelles, c'est quand même très simple à lire).
Quelqu'un a-t-il lu ce livre ? Si oui, qu'en a-t-il pensé ?